Amm. l. 21, c. 7.]

Après une longue délibération, Constance s'en tint à son premier

plan: c'était de terminer d'abord la guerre contre les Perses pour

ne laisser derrière lui aucun sujet d'inquiétude. Il devait ensuite

revenir sur ses pas, traverser rapidement l'Illyrie et l'Italie, et

fondre tout à coup sur Julien. Tels étaient les projets dont il se

faisait illusion et dont il amusait ses officiers. Cependant pour

s'assurer de l'Afrique, province importante dans une guerre civile,

il y envoya Gaudentius[324], qui lui avait servi d'espion dans la

Gaule. Gaudentius, timide et intéressé, avait sujet de craindre le

ressentiment de Julien; et persuadé que Constance resterait victorieux,

comme personne n'en doutait alors, il ne pouvait manquer de zèle pour

le servir. Aussi s'acquitta-t-il parfaitement de sa commission. Dès

qu'il fut arrivé, il instruisit des ordres de l'empereur le comte

Crétion et les autres commandants; il leva de bons soldats; il fit

venir des coureurs de la Mauritanie; il garnit de camps volants les

côtes opposées à la Gaule et à l'Italie, et tant que Constance vécut,

il ferma aux ennemis l'entrée du pays, quoique la côte de Sicile,

depuis le Cap de Lilybée jusqu'à celui de Pachyn, fût bordée des

troupes de Julien, qui ne cherchaient que l'occasion de débarquer en

Afrique.

[Note 324: Il était _notarius_ ou secrétaire-d'état. _Per mare

notarium misit Gaudentium, quem exploratorem actuum Juliani per Gallias

aliquamdiu fuisse præstrinximus._ Amm. Marc. l. 21, c. 7.--S.-M.]

[Note latérale: XXXI. Il passe en Mésopotamie.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 248 / 331 题