God. in Prosop. Cod. Th. t. 6, p. 365.]

L'année suivante le consulat fut d'abord la récompense et enfin

l'écueil de deux ambitieux, qui ne méritaient que des châtiments. Cette

dignité avait été promise à Taurus, s'il venait à bout de corrompre

les évêques assemblés à Rimini. Constance lui tint parole; il lui

donna pour collègue Florentius, qui avait acheté les bonnes graces de

l'empereur en traversant les desseins que Julien avait formés pour le

soulagement de la Gaule. Taurus était déja préfet du prétoire d'Italie:

Florentius venait d'être revêtu de la même charge en Illyrie, où il

avait succédé à Anatolius. Leur fortune tomba, avant la fin de leur

consulat, comme on le verra dans la suite. Constance qui se proposait

de combattre cette année Sapor et Julien, faisait de très-grands

préparatifs: il levait des milices dans toutes les provinces; il

obligeait tous les ordres, toutes les conditions de contribuer pour

la solde des troupes, et pour les fournitures d'habits, d'armes, de

machines, de vivres et de chevaux. Il prodigua l'or et l'argent aux

rois et aux satrapes d'au-delà du Tigre[322] pour les gagner. Arsace

roi d'Arménie, et Méribanès roi d'Ibérie[323], étaient les plus à

craindre, s'ils se fussent déclarés pour les Perses. Constance leur

envoya des ambassadeurs chargés de riches présents. Hermogène, préfet

d'Orient, étant mort, il nomma Helpidius en sa place. Celui-ci était de

Paphlagonie: son extérieur n'avait rien d'avantageux; il s'énonçait

mal, mais il était digne de sa fortune par sa droiture, par sa fermeté

à rendre la justice, et par sa douceur. On dit qu'ayant reçu de la

bouche même de Constance l'ordre de mettre à la torture un homme qu'il

savait être innocent, il supplia instamment l'empereur d'accepter

la démission de sa charge, et d'en revêtir quelqu'un qui fût plus

propre que lui à exécuter des ordres de cette nature. Il paraît que

cette généreuse franchise arrêta le cours de l'injustice. Helpidius

fut ensuite dépouillé de sa dignité par Julien, qui ne put l'engager

à renoncer au christianisme. Sa femme Aristénète ne fut pas moins

illustre. Saint Jérôme en fait un grand éloge; et Libanius, trop ennemi

des chrétiens pour rendre toujours justice à Helpidius, n'a pu refuser

des louanges à cette épouse vertueuse.

[Note 322: _Transtigritanos reges et satrapas._ Amm. Marc. l. 21,

c. 6.--S.-M.]

[Note 323: On ne retrouve point ce roi dans les divers extraits

que nous possédons des chroniques géorgiennes. Il se pourrait que

les compilateurs modernes de ces histoires l'eussent confondu avec

l'un de ses prédécesseurs appelé Mihran, celui qui établit en Ibérie

le culte de J.-C. (Voyez l. IV, § 65.). Leur nom est en effet le

même. _Méribanès_ ne diffère réellement pas de _Mirvan_, dénomination

fort commune chez les Géorgiens, et qui n'est qu'une corruption de

_Mirian_, qui n'est guère moins usitée. Celle-ci n'est elle-même qu'une

altération du nom arménien et persan _Mihran_, qui se présente dans les

auteurs byzantins sous la forme _Mirranès_, et dans les anciens sous

celle de _Mithrinès_. Ils dérivent tous du nom du dieu Mithra, qui est

en persan et en arménien _Mihr_ ou _Mihir_.--S.-M.]

[Note latérale: XXX. Il s'assure de l'Afrique.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 247 / 331 题