Till. not. 46.]

Le combat dura tout le jour. Sur le soir les deux partis s'étant

retirés, Constance passa la nuit dans de violentes agitations. D'une

part il sentait l'importance de ne pas laisser les Perses maîtres d'une

place qui faisait de ce côté-là le plus fort boulevard de l'empire: de

l'autre tous les ouvrages étaient ruinés, et la saison avancée. Il se

détermina à tenir la place bloquée, espérant de la prendre par famine.

C'était s'exposer à souffrir lui-même plus de maux qu'il n'en pouvait

faire aux assiégés: son armée aurait été détruite avant qu'elle eût

pu réduire la place. Bientôt de violents orages, la terre détrempée

par des pluies continuelles, le froid de l'hiver qui se faisait sentir

de plus en plus, les partis ennemis qui lui enlevaient ses convois,

les murmures des soldats rebutés de tant de fatigues, l'obligèrent à

lever le siége. Couvert de honte, il revint passer le reste de l'hiver

à Antioche. Il était le 17 de décembre à Hiérapolis en Syrie[318].

Les Ariens attribuaient ces mauvais succès à l'exil de plusieurs de

leurs évêques; les catholiques, à la persécution suscitée contre les

orthodoxes; les païens, à la destruction de leurs temples: et, si l'on

en croit Julien, Constance les regarda lui-même comme une punition du

meurtre de ses proches, et surtout de Gallus, dont la fin tragique

commençait à lui causer des remords. Étrange condition de ce prince,

que tous les partis et sa propre conscience elle-même trouvassent dans

sa conduite de quoi l'accuser d'avoir mérité ses malheurs!

[Note 318: C'est ce que nous apprenons d'une loi donnée dans cette

ville, et datée du 16 des calendes de janvier (17 décembre), _decimo

sexto kal. jan._, au lieu de _decimo sexto kal. jun._, le 16 des

kalendes de juin (le 17 mai) qu'on y lit par erreur. Cette remarque

est de Tillemont, _Histoire des Empereurs_, t. IV, Constance, note

46.--S.-M.]

[Note latérale: XXVII. Fin malheureuse d'Amphilochius.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 243 / 331 题