Le jour de son arrivée, les principaux officiers de la ville et de la
cour s'empressèrent, selon la coutume, à lui rendre leurs hommages.
L'histoire qui se plaît à rapporter la ruine des favoris qui ont
abusé de la confiance des princes, nous instruit à cette occasion de
l'affront qu'essuya Amphilochius, et de sa fin funeste. Il avait été
cause de la mort du jeune Constantin, par la haine mortelle qu'il avait
inspirée contre lui à Constant, son frère. Comme il s'avançait avec
assurance pour se présenter à l'empereur, il fut reconnu et repoussé:
on murmurait de sa hardiesse; on disait hautement que ce fléau de
la famille impériale ne méritait pas de voir le jour: _Laissez-le
approcher_, dit Constance, _je le crois coupable, mais il n'est pas
convaincu: s'il est criminel, mes regards réveilleront les reproches
de sa conscience; il saura bien se punir lui-même_. Le lendemain dans
les jeux du Cirque, Amphilochius était assis vis-à-vis de l'empereur.
Au cri qui s'éleva à la vue d'un cocher célèbre, comme il se penchait
sur la balustrade, elle se rompit tout à coup; et ce malheureux étant
tombé dans l'arène avec plusieurs des spectateurs, fut trouvé mort sous
les autres, qui tous n'étaient que légèrement blessés. Sur la foi de
cet événement et sur celle des flatteurs, Constance se crut un grand
prophète.
[Note latérale: XXVIII. Mort d'Eusébia et mariage de Faustine.
Amm. l. 21, c. 6 et 16.
Chrisost. ad Phil. hom. 25, t. 11, p. 317.
Zon. l. 13, t. 2, p. 23.
Cedren. t. 1, p. 302.