Amm. l. 21, c. 6.]

Le jour de son arrivée, les principaux officiers de la ville et de la

cour s'empressèrent, selon la coutume, à lui rendre leurs hommages.

L'histoire qui se plaît à rapporter la ruine des favoris qui ont

abusé de la confiance des princes, nous instruit à cette occasion de

l'affront qu'essuya Amphilochius, et de sa fin funeste. Il avait été

cause de la mort du jeune Constantin, par la haine mortelle qu'il avait

inspirée contre lui à Constant, son frère. Comme il s'avançait avec

assurance pour se présenter à l'empereur, il fut reconnu et repoussé:

on murmurait de sa hardiesse; on disait hautement que ce fléau de

la famille impériale ne méritait pas de voir le jour: _Laissez-le

approcher_, dit Constance, _je le crois coupable, mais il n'est pas

convaincu: s'il est criminel, mes regards réveilleront les reproches

de sa conscience; il saura bien se punir lui-même_. Le lendemain dans

les jeux du Cirque, Amphilochius était assis vis-à-vis de l'empereur.

Au cri qui s'éleva à la vue d'un cocher célèbre, comme il se penchait

sur la balustrade, elle se rompit tout à coup; et ce malheureux étant

tombé dans l'arène avec plusieurs des spectateurs, fut trouvé mort sous

les autres, qui tous n'étaient que légèrement blessés. Sur la foi de

cet événement et sur celle des flatteurs, Constance se crut un grand

prophète.

[Note latérale: XXVIII. Mort d'Eusébia et mariage de Faustine.

Amm. l. 21, c. 6 et 16.

Chrisost. ad Phil. hom. 25, t. 11, p. 317.

Zon. l. 13, t. 2, p. 23.

Cedren. t. 1, p. 302.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 244 / 331 题