Dès que Constance avait appris les premiers mouvements de Sapor, il
avait levé des recrues et assemblé ses troupes; il demanda même du
secours aux Goths, en leur offrant une grosse solde[313]. Maximien
Galérius avait déja employé contre les Perses les troupes de cette
nation. Avant que de sortir de Constantinople, l'empereur célébra,
le 15 de février, la dédicace de la grande église, qu'il avait fait
bâtir auprès de celle de la Paix: il les renferma toutes deux dans la
même enceinte, et n'en fit qu'une seule église, consacrée à la sagesse
divine sous le nom de Sainte-Sophie. Elle fut depuis rebâtie par
Justinien avec magnificence. L'Arien Eudoxe nouvellement élevé sur le
siége de Constantinople, qui présidait à cette solennité, la déshonora
par les impiétés qu'il eut la hardiesse de débiter devant le peuple
dans la chaire de vérité; et l'empereur se rendit plus coupable en
tolérant ces blasphèmes, qu'il n'eut de mérite à enrichir cette église
d'ornements précieux, et à répandre à cette occasion des libéralités
sur le clergé, sur les vierges, sur les veuves consacrées à Dieu, et
sur les hôpitaux.
[Note 313: _Auxilia Scytharum poscebat mercede vel gratiâ_, dit
Ammien Marcellin, l. 20, c. 8. Beaucoup d'auteurs donnaient encore, à
cette époque, le nom de Scythes aux Goths.--S.-M.]
[Note latérale: XXIII. Constance en Mésopotamie.
Amm. l. 20, c. 11.
Ath. ad monach. t. 1, p. 385.