Fier de ces succès, il s'empara de plusieurs châteaux, et vint assiéger
Virtha ou Birtha, ancienne forteresse sur le Tigre. On disait qu'elle
avait été bâtie par Alexandre-le-Grand. Elle était différente d'une
ville du même nom placée à l'occident de l'Euphrate[312]. En lisant la
description qu'Ammien Marcellin fait des murailles de cette ville, on
croit voir une de nos places modernes flanquée de bastions. Un grand
nombre de machines en défendait les approches. Ce fut le terme des
conquêtes de Sapor. En vain mit-il en œuvre les promesses, les menaces,
toute la force et toute l'ardeur de ses troupes; il fut contraint de
se retirer avec plus de perte pour lui que pour les assiégés, et il
repassa le Tigre.
[Note 312: Les géographes modernes ne connaissent que deux villes
de ce nom; celle dont parle Ammien Marcellin, placée par Ptolémée
sur les bords du Tigre, et une autre, que le même géographe met
dans l'Arabie Déserte, sur la rive gauche de l'Euphrate, au sud de
Thapsaque. Celle-ci se retrouve dans Zosime (l. 3, c. 19). Il faut y
en joindre une troisième mentionnée dans le _Synecdemus_ d'Hiéroclès
(_ad calc. itin. Anton._ p. 715). Cette dernière est le fort de Birah,
sur la rive droite de l'Euphrate, à l'endroit où maintenant on passe
ce fleuve pour aller dans la Haute Asie, en venant de Syrie. D'Anville
croit (Géogr. abrég. t. 2, p. 201) que la _Virta_ d'Ammien, est la
ville actuelle de Tekrit. Je doute beaucoup qu'elle ait été autant au
midi. Gibbon (t. IV, p. 50) adopte sans difficulté cette synonymie
très peu probable. Le nom de _Birtha_ signifie en syriaque _château_,
_forteresse_. Il peut ainsi s'appliquer à beaucoup de localités, et
l'on voit par ce que j'ai dit qu'il en fut effectivement ainsi.--S.-M.]
[Note latérale: XXII. Dédicace de Ste-Sophie.
Amm. l. 20, c. 8.
Hier. chron.
Idat. chron.
Socr. l. 2. c. 16 et 43.
[Soz. l. 4, c. 26.]
Chron. Alex. vel Pasch. p. 293.