Lupicinus n'était pas alors en Gaule; Julien l'avait fait passer
avec quelques troupes dans la Grande-Bretagne[273], pour arrêter les
incursions des Scots et des Pictes, qui, s'étant tenus tranquilles
pendant dix-sept ans depuis l'expédition de Constant, recommençaient
leurs ravages. Lupicinus partit de Boulogne [_Bononia_] au milieu de
l'hiver[274], aborda à _Rutupias_, aujourd'hui le port de Richborow, et
se rendit à Londres [_Lundinium_]. Ce général savait la guerre; mais
c'était un homme hautain, fanfaron, aussi avare que cruel.
[Note 273: Julien n'osait passer la mer en personne, parce qu'il
craignait de laisser la Gaule exposée sans défenseur, aux attaques
des Allemans, qui la menaçaient toujours. _Verebatur ire subsidio
transmarinis_, dit Ammien Marcellin, l. 20, c. 1, _ne rectore vacuas
relinqueret Gallias, Alamannis ad sævitiam etiamtum incitatis et
bella_.--S.-M.]
[Note 274: Lupicinus avait avec lui des troupes légères, Hérules
et Bataves, et deux légions ou plutôt deux bataillons de la Mœsie (les
légions n'étaient alors fortes que de mille à douze cents hommes).
_Moto velitari auxilio, Ærulis scilicet et Batavis, numerisque
Mœsiacorum duobus._ Amm. Marc. l. 20, c. 1.)--S.-M.]
[Note latérale: V. Julien se dispose à obéir.
Amm. l. 20, c. 4.
Jul. ad Ath. p. 282, et seq.
Liban. or. 8, t. 2, p. 240. et or. 10. p. 283, 284 et 285.