Pendant ces sanglants combats, Ursicin, qui s'était sauvé à Édesse,
pressait Sabinianus de partir en diligence avec les troupes légères, et
de marcher secrètement par le pied des montagnes, pour enlever quelque
poste aux ennemis dont la circonvallation était très-étendue, ou pour
faire diversion par des alarmes fréquentes. Sabinianus opposait à ces
bons conseils les ordres de l'empereur, qui lui avait, disait-il,
recommandé de ne pas exposer les troupes. Mais la vraie raison d'une
inaction si honteuse, c'étaient d'autres ordres secrets qu'il avait
reçus des eunuques, de fermer à son prédécesseur toutes les voies
d'acquérir de la gloire, même en servant l'état. Ces lâches ennemis
aimaient mieux voir périr les plus belles provinces, que de laisser à
ce brave capitaine l'honneur de les sauver. Ursicin envoyait en vain
à Amid des courriers qui n'y pénétraient qu'avec peine: toutes les
mesures qu'il prenait pour secourir la ville, restaient sans exécution.
[Note latérale: LXIV. Nouvelle attaque.