Zon. l. 13, t. 2, p. 20.]

Le retour des prisonniers fut le fruit de ces glorieuses expéditions.

C'était un spectacle touchant de voir revenir par bandes ces

malheureux, saluant leur patrie par des cris d'allégresse, caressés de

leurs maîtres qui leur avaient fait sentir au-delà du Rhin le plus dur

esclavage, se prosternant aux pieds de leur libérateur, embrassant avec

larmes leurs pères, leurs femmes, leurs enfants qui pleuraient aussi

de joie. Il en revint près de vingt mille. On demandait compte aux

Barbares de ceux qu'ils ne ramenaient pas; et ils étaient obligés de se

justifier en prouvant que ceux-là étaient morts, par le témoignage de

ceux qu'ils ramenaient. La Gaule reprit une face nouvelle: les villes

se relevaient; c'était pour Julien autant de trophées; et ce qu'il

y avait de plus glorieux et de plus nouveau, c'est que les Barbares

qui les avaient ruinées travaillaient à les rebâtir. Les campagnes

auparavant désertes et incultes se repeuplaient et se ranimaient; on

voyait refleurir les arts; les revenus publics augmentaient; ce n'était

que mariages, fêtes, assemblées; et l'hiver suivant fut une saison de

joie et de plaisir.

[Note latérale: XLIV. Malice des courtisans.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 198 / 331 题