Des succès si brillants et si soutenus ne faisaient pas taire l'envie.
Le compte que Julien était obligé de rendre à l'empereur, quelque
modeste qu'il fût, semblait toujours exagéré et plein de vanité: et
tandis que la Gaule retentissait des éloges du César, il n'était à
la cour qu'un fanfaron, un poltron qui s'enorgueillissait de faire
fuir devant lui des sauvages encore plus timides. Mais ces lâches
courtisans, attentifs à flatter la basse jalousie de l'empereur,
travaillaient malgré eux à la gloire de Julien. Il lui eût manqué un
trait de ressemblance avec les plus grands hommes, s'il n'eût pas eu
des envieux et des ennemis.
[Note latérale: ΑN 359.