Alsat. illustr. p. 408.]

Julien plus touché du triste état de ses troupes, qu'offensé de

leurs murmures, ne songea qu'à les soulager, au lieu de les punir.

L'obéissance et le respect revinrent avec l'abondance. On jeta un pont

sur le Rhin, on entra sur les terres des Allemans. Sévère perdit toute

sa gloire dans cette expédition. Ce vieux général qui jusqu'alors avait

inspiré le courage par ses paroles et par son exemple devint tout à

coup lâche et timide: il était toujours d'avis de ne point combattre;

il n'avançait qu'à regret; il corrompit même secrètement les guides, et

les obligea par les plus terribles menaces à dire unanimement qu'ils

ne connaissaient pas les chemins. Ces obstacles ralentissaient la

marche de l'armée; mais la terreur avait saisi les ennemis. Suomaire,

un de leurs rois, prince auparavant féroce et ardent au pillage, se

crut fort heureux de conserver son pays, situé entre le Rhin et le

Mein. Il vint au-devant de Julien avec l'extérieur d'un suppliant,

et, se jetant à ses genoux, il protestait qu'il était prêt à accepter

toutes les conditions qu'on voudrait lui imposer. Julien exigea de lui

qu'il rendît les prisonniers, et qu'il fournît des vivres. Il voulut

même qu'il s'assujettît à prendre des quittances, et que, faute de

les représenter quand il en serait requis, il s'obligeât à faire une

seconde fois les mêmes fournitures. Suomaire ne refusa rien, et fut

fidèle à l'exécution.

[Note latérale: XLII. Hortaire réduit à demander la paix.

Amm. l. 17, c. 10.

Zos. l. 3, c. 4.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 196 / 331 题