Zos. l. 3, c. 6.]

Les Romains, pour ouvrir la campagne, attendaient les convois de

vivres qui leur venaient d'Aquitaine, et qui ne pouvaient arriver

avant le mois de juillet. Julien, voulant surprendre l'ennemi, se

détermine à partir avant la saison. Il fait prendre à ses soldats du

biscuit pour vingt jours, et marche vers la Toxandrie. Il était déja à

Tongres [_Tungros_] lorsqu'il rencontra les députés des Saliens, qui

l'allaient trouver à Paris où ils le croyaient encore. Ils étaient

chargés de lui offrir la paix, à condition qu'il leur laisserait la

possession tranquille du pays où ils s'étaient établis. Le prince entre

en conférence avec eux; et sur des difficultés qu'il sut bien faire

naître, il les renvoie avec des présents pour retourner prendre de

plus amples instructions, leur laissant croire qu'ils le retrouveraient

à Tongres. Mais à peine sont-ils en chemin, qu'il se met en marche sur

leurs pas; et ayant détaché Sévère pour côtoyer les bords de la Meuse,

il paraît subitement au milieu du pays. Les Saliens, pris au dépourvu,

se rendent à discrétion, et sont traités avec clémence.

[Note latérale: XXXVIII. Hardiesse de Charietton.

Zos. l. 3, c. 7.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 192 / 331 题