Fleury, Hist. ecclés. l. 14, art. 9.]

Nicomédie étant détruite, on résolut d'abord d'assembler les évêques

à Nicée. Mais Eudoxe avait repris faveur par le crédit de l'eunuque

Eusèbe. Les Anoméens bannis furent rappelés; ils achetèrent leur grace

aux dépens de leur maître Aëtius qu'ils excommunièrent, quoiqu'ils

demeurassent fidèles à sa doctrine. Eudoxe s'empare à son tour de

l'esprit de l'empereur: il le détermine à partager le concile dans deux

villes, l'une pour les évêques d'Orient, l'autre où s'assembleraient

ceux d'Occident. Le prétexte était d'épargner des fatigues aux évêques,

et des dépenses à l'empereur, qui les défrayait dans ce voyage. Mais

le véritable motif était la facilité que les Anoméens trouveraient

à diviser les esprits dans deux conciles séparés, et à les tromper

par de fausses relations portées d'un concile à l'autre. De plus

si toute l'église était réunie, ils ne se flattaient pas que leur

parti eût l'avantage du nombre; au lieu que, si elle était partagée,

ils espéraient que, s'ils ne pouvaient gagner les deux conciles, du

moins ils pourraient échapper à l'un des deux. La ville de Rimini

[_Ariminum_] fut acceptée pour l'Occident: pour l'Orient il n'était

plus question de Nicée; l'alarme qu'y avait répandue la destruction

de Nicomédie, et les secousses qui s'y étaient communiquées, mettaient

cette ville hors d'état de recevoir les évêques. On proposa Tarse,

Ancyre, et enfin Séleucie, capitale de l'Isaurie. On s'en tint à cette

dernière, et Constance donna ses ordres pour l'ouverture du double

concile au commencement de l'été de l'année suivante. Il ordonna

qu'après les séances on envoyât de part et d'autre à la cour dix

députés pour lui rendre compte des décrets: il voulait, disait-il,

juger s'ils étaient conformes aux saintes écritures, et décider sur ce

qu'il y aurait de mieux à faire. C'est ainsi que ce prince se rendait

l'arbitre des conciles, et que ces lâches prélats consentaient à le

reconnaître pour juge de la foi.

[Note latérale: XXXVI. Troisième campagne de Julien.

Jul. ad Ath. p. 279 et 280.

Liban. or. 10, t. 2, p. 280.

Zos. l. 3, c. 5 et 6.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 190 / 331 题