--[Tant de crimes avaient irrité contre Arsace les princes arméniens
et l'Arménie toute entière. Couvert du sang de son père et de ses
neveux, toujours environné et dirigé par des hommes pervers, il était
devenu l'objet d'une haine universelle. Elle se manifesta par une
révolte presque générale. Les princes de la race de Camsar, chéris des
Arméniens à cause de leur noble origine et de leurs belles qualités,
redoutables par leurs vastes possessions et par leur valeur, en
donnèrent le signal. Nerseh, fils d'Arschavir, se mit à la tête des
peuples soulevés; un général persan, envoyé par Sapor, lui amena
des troupes, et leurs forces réunies vinrent attaquer Arsace, qui,
tranquille dans sa ville d'Arschagavan, s'y abandonnait sans inquiétude
à ses honteuses voluptés. Surpris dans sa retraite, il eut à peine
le temps de s'échapper, et, suivi du seul Vasag, il se réfugia chez
les Ibériens au milieu du Caucase. Arschagavan fut livré aux flammes;
on rasa ses édifices jusque dans leurs fondements, et ses habitants,
objets de l'exécration de l'Arménie entière, furent tous égorgés,
hommes et femmes. Les enfants seuls furent redevables de la vie aux
pressantes sollicitations de Nersès.
[Note latérale: XIX. [Apostasie de Méroujan prince des Ardzrouniens.]
[Faust. Byz. Hist. Arm. l. 4, c. 23.