--[Sapor n'avait cependant pas encore perdu tout espoir de détruire
les préventions d'Arsace, et de l'engager à rentrer dans son alliance.
Vartan le Mamigonien vint en Arménie avec des lettres du roi de Perse,
remplies des plus fortes assurances de son attachement. Arsace allait
encore donner une nouvelle preuve de son inconstance; il avait de
l'inclination pour Vartan, il n'en fallait pas davantage pour le gagner
et le faire consentir à renouer avec Sapor. Arsace, ébranlé, était près
de céder, quand le connétable Vasag revint à la cour: il suffit de sa
présence pour tout changer. Il convainquit sans peine le roi que Vartan
était un traître, dont le dessein secret était de le livrer au prince
persan, et qu'il devait se hâter de s'en défaire, s'il ne voulait
perdre et lui et l'Arménie. La reine, qui avait beaucoup de pouvoir sur
l'esprit d'Arsace, acheva de le persuader; elle n'avait pas oublié la
part que Vartan avait prise au meurtre de Gnel, et d'ailleurs redoutant
pour elle et pour son père les conséquences de l'alliance persanne,
elle se joignit à Vasag. Ils l'emportèrent dans l'esprit irrésolu du
roi, la mort de Vartan fut décidée, le caractère d'ambassadeur ne put
le protéger contre la jalousie et la haine de son frère, qui ne tarda
pas à le faire assassiner en vertu des ordres d'Arsace. Ce dernier
attentat acheva de rendre les deux rois irréconciliables.
[Note latérale: XVIII. [Les princes arméniens se révoltent contre
Arsace.]
[Mos. Khor. Hist. Arm. l. 3, c. 27.