Mesrob, Hist. de Nersès, c. 2.]]

--[L'alliance des deux rois semblait cimentée pour jamais, Sapor ne

cessait de montrer à Arsace des preuves de son amitié, et enfin, après

avoir pris l'avis de son conseil, il se proposait pour resserrer

encore leur union, de lui donner sa fille en mariage. Ce qui devait en

apparence assurer leur bonne intelligence, fut au contraire la cause

de leur rupture. Antiochus fut alarmé du projet de Sapor; voyant son

crédit et l'état de sa fille fortement compromis s'il s'exécutait, il

prit ses mesures pour y mettre obstacle. Tandis que Sapor pressait

Arsace de le suivre dans l'Assyrie pour y jouir des honneurs qu'il lui

préparait et pour y devenir l'époux de sa fille, Antiochus avisait au

moyen de les rendre irréconciliables. Il parvint à force d'argent à

corrompre un des conseillers de Sapor, qui s'introduit mystérieusement

dans le camp d'Arsace, et lui fait part des prétendues trahisons

que le roi de Perse machinait contre lui, ajoutant qu'elles ne

tarderaient pas d'être mises à exécution, et qu'il ne lui restait que

le temps d'y échapper par la fuite. Arsace récompense cet officieux

conseiller, et, saisi d'une terreur panique, il s'empresse de faire

connaître à ses généraux l'avis important qu'il vient de recevoir.

Ceux-ci, déja impatients de rentrer dans leur patrie, furent tous

d'avis de partir sans différer: on décampe au milieu de la nuit, on

abandonne précipitamment les tentes et la plupart des objets qu'elles

contenaient; on n'emporte que les armes. Arsace était déja bien loin

avant que les Perses s'aperçussent de sa retraite précipitée. Ils

n'en furent avertis qu'au lever de l'aurore; ils durent être étonnés

d'une fuite aussi prompte et que rien ne paraissait motiver. Le

roi, mieux instruit de la faiblesse et de la versatilité d'Arsace,

soupçonna les causes d'une conduite aussi étrange; et, pour ne pas

jeter le trouble dans son armée, il feignit de croire que c'était une

opération concertée entre eux, puis il dépêcha un messager chargé de

rassurer Arsace par les plus grands serments pour l'engager à revenir

et le prémunir contre les faux rapports qui lui avaient été faits.

Les instances de cet envoyé furent inutiles; les terreurs d'Arsace

l'emportèrent encore une fois sur les protestations de Sapor, il

continua sa marche vers ses états, et depuis il n'eut plus aucune

relation d'amitié avec ce prince.

[Note latérale: XVII. [Arsace fait assassiner Vartan envoyé de Sapor.]

[Faust. Byz. Hist. Arm. l. 4. c. 18.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 176 / 331 题