Liban. or. 10, t. 2, p. 278.]

Cette glorieuse campagne se termina par un nouveau succès. Le général

Sévère revenant à Rheims [_Rhemos_] par Cologne [_Agrippina_] et par

Juliers [_Juliacum_], rencontra un parti de Francs de six cents,

d'autres disent de mille hommes, qui faisaient le dégât dans tout ce

pays qu'ils trouvaient dégarni de troupes. Les glaces et les neiges de

l'hiver, ou les fleurs du printemps, tout est égal pour la bravoure des

Francs, dit un auteur de ce temps-là[127]. A l'approche des Romains

ils se renfermèrent dans deux forts abandonnés, situés sur la Meuse

[_Mosa_], où ils résolurent de se bien défendre. Le César crut qu'il

était important pour l'honneur de ses armes, et pour la sûreté du pays,

de tirer raison de ces ravages. Il se joint à Sévère, et assiége ces

Barbares, qui soutinrent toutes les attaques avec une opiniâtreté

incroyable. Le siége dura cinquante-quatre jours, pendant les mois de

décembre et de janvier. La Meuse était couverte de glaçons; et comme

Julien craignait que, venant à se prendre tout-à-fait, elle n'offrît

un pont aux Barbares, qui pourraient s'évader à la faveur de la nuit,

il faisait courir sur le fleuve, depuis le soleil couchant jusqu'au

jour, des barques légères chargées de soldats pour rompre les glaces et

prévenir les sorties. Enfin les assiégés abattus par la disette, par

les veilles, et le désespoir, furent contraints de se rendre. On les

mit aux fers. Ce fut un spectacle nouveau, la nation des Francs s'étant

fait une loi de vaincre ou de périr[128]. On en tint compte à Julien

autant que d'une grande victoire. Il les envoya comme un rare présent

à l'empereur, qui les incorpora dans ses troupes. C'étaient des hommes

de haute stature, et qui paraissaient, dit Libanius, comme des tours au

milieu des bataillons Romains[129]. Une armée de Francs qui accourait

au secours, ayant appris que les forts étaient rendus, rebroussa chemin

sans rien entreprendre.

[Note 127: Οἷς ταυτὸν εἰς ἡδονὴν χιών τε καὶ ἂνθη. Liban, orat. 10,

tom. 2, p. 298, ed. Morel.--S.-M.]

[Note 128: Καὶ γὰρ ἐκείνοις νόμος, νικᾶν ἢ πίπτειν. Liban. orat.

10, t. 2, p. 278, ed. Morel.--S.-M.]

[Note 129: Ἐκείνους μὲν οὖν ὁ λαβών βασιλεὺς δῶρα τε ὠνόμαζεν

καὶ τοῖς αὐτοῦ λόχοις ἀνέμιξε, πύργους τινὰς σφίσιν ἐγκαταμιγνύναι

πιστεύων. Ibid.--S.-M.]

[Note latérale: LI. Julien soulage les peuples.

Amm. l. 17, c. 3.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 157 / 331 题