Zos. l. 3, c. 2.]

Constance revenait d'Illyrie à Milan, lorsqu'on lui présenta sur son

chemin un captif fameux. C'était Chnodomaire roi des Allemans, que

Julien lui envoyait comme un hommage de sa victoire. Il est temps de

reprendre la suite des exploits de ce prince, et de rendre compte

de la seconde campagne qu'il fit dans la Gaule. Marcellus ayant

été rappelé, Eusébia profita du mécontentement vrai ou apparent de

l'empereur, pour l'engager à donner à Julien un pouvoir plus étendu; et

Constance y consentit, parce qu'il n'attendait de ce jeune prince que

de médiocres succès. Il n'en souhaitait pas davantage. Il lui laissa

donc le commandement absolu, et la pleine disposition de toutes les

opérations militaires. Il lui envoya Sévère en la place de Marcellus,

pour agir sous ses ordres. Ce général était un vieux guerrier, habile

dans le métier des armes, mais sans orgueil, sans jalousie, disposé à

obéir comme un simple soldat, plutôt que de troubler les affaires par

un faux point d'honneur. Julien ne fut pas aussi content des officiers

chargés du gouvernement civil. Florentius préfet du prétoire, homme

injuste, intéressé, insensible à la misère du peuple, s'accordait mal

avec le caractère équitable, généreux, compatissant, que montrait

le César. Pentadius autre officier dont on ignore l'emploi, et qui

était peut-être le même qui avait eu tant de part à la mort de Gallus,

esprit remuant et dangereux, ne cessait d'agir sourdement contre

Julien, parce que ce prince éclairait ses démarches et s'opposait à

ses entreprises. Au milieu de ces contradictions et de ces cabales,

Julien eut un bonheur qui arrive rarement aux princes; il trouva un

ami: c'était Salluste, Gaulois de naissance, plein de fidélité, de

lumières et de franchise. Ce sage et zélé confident partageait ses

peines et ses plaisirs, l'éclairait de ses conseils, le reprenait de

ses défauts; et toujours tendre, mais toujours libre, il savait prêter

à la vérité toutes les graces qui la rendent utile en la rendant

aimable. L'empereur en envoyant Sévère rappela à la cour Ursicin, qui

s'ennuyant d'être inutile en Gaule, revint avec joie à Sirmium. Il fut

renvoyé en Orient avec le titre de général, pour consommer, s'il était

possible, l'ouvrage de la paix dont Musonianus donnait des espérances.

Julien avait pendant l'hiver augmenté ses troupes; il avait enrôlé

beaucoup de volontaires; et ayant découvert dans une ville de la Gaule

un magasin de vieilles armes, il les avait fait réparer et distribuer à

ses soldats.

[Note latérale: XXXIV. Succès de Julien.

Amm. l. 16, c. 11.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 151 / 331 题