Till. Arian. art. 62 et suiv.]

L'hérésie soutenue de la puissance souveraine triomphait avec

insolence. La nouvelle capitale ne fut pas exempte de troubles.

Macédonius obtint de l'empereur un édit, qui ordonnait de chasser des

villes les défenseurs de la consubstantialité, et d'abattre leurs

églises. Armé de cet édit, le prélat impitoyable mit en œuvre les

plus extrêmes rigueurs pour forcer les catholiques à communiquer avec

les Ariens. La persécution s'étendit sur les Novatiens, attachés

comme les catholiques à la foi du consubstantiel. Cette conformité

de souffrances unissait leurs cœurs; elle aurait même réconcilié

leurs esprits, sans la jalousie de quelques schismatiques qui s'y

opposèrent. En exécution du nouvel édit, on abattit une église que les

Novatiens avaient à Constantinople[77]. Ils s'assemblent aussitôt,

hommes, femmes, enfants: et sans résister à l'ordre de l'empereur,

ils laissent démolir l'église; mais ils en recueillent les matériaux,

les transportent au-delà du golfe dans le quartier nommé _Syques_,

et ils l'eurent rebâtie en ce lieu presque en aussi peu de temps

qu'il en avait fallu pour la détruire. Julien leur ayant rendu dans

la suite l'ancienne place, ils y reportèrent les mêmes matériaux,

reconstruisirent l'église et la nommèrent _Anastasie_, c'est-à-dire

_la Résurrection_. Macédonius poursuivait partout les Novatiens. Ayant

appris qu'ils étaient en grand nombre dans la Paphlagonie, et surtout à

Mantinium, il y envoya avec la permission de l'empereur quatre cohortes

de soldats pour les exterminer, ou les forcer à faire profession

d'arianisme. Les habitants de Mantinium, échauffés d'un zèle plus

ardent que conforme à l'Évangile, s'arment à la hâte de tout ce qui se

présente sous leurs mains, marchent contre ces troupes, se battent en

désespérés, perdent beaucoup de leurs gens, mais taillent en pièces

presque tous les soldats. Ce malheureux succès indisposa l'empereur. Un

autre événement acheva de l'irriter. L'église des Saints-Apôtres, où

reposait le corps de Constantin, menaçait déja ruine. Macédonius fit de

sa propre autorité transporter le corps dans l'église de Saint-Acacius.

Le peuple se divisa en deux factions: les uns s'écriaient que c'était

un sacrilége de remuer les cendres de leur fondateur; les autres

prenaient le parti de l'évêque. La querelle devint meurtrière. Il y

eut un furieux combat dans l'église même de Saint-Acacius. Le portique

et le parvis furent inondés de sang. L'empereur imputa ce massacre à

Macédonius; il le taxa d'une témérité criminelle pour avoir entrepris,

sans sa permission, de déplacer le corps de son père. Ce prélat

brouillon et violent voulut être hérésiarque. Il s'accordait avec les

semi-Ariens sur la ressemblance de substance entre le Père et le Fils,

mais il niait la divinité du Saint-Esprit. Les sectateurs de cette

nouvelle erreur furent appelés tantôt Macédoniens, tantôt Marathoniens,

parce que Marathonius, évêque de Nicomédie, aida beaucoup à la

naissance de cette hérésie, et la défendit avec chaleur. Cette secte,

qui s'étendit parmi le peuple et jusque dans plusieurs monastères,

n'eut cependant ni évêque ni église particulière jusqu'au règne

d'Arcadius.

[Note 77: Un certain Agellius était alors leur évêque.--S.-M.]

[Note latérale: XII. Julien dans la Gaule.

Amm. l. 16, c. 1.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 132 / 331 题