Till. Arian. art. 47-61. et vie de S. Hilaire, art. 6 et 7.]

Les Ariens croyaient n'avoir rien fait, tant qu'ils n'auraient pas

dompté Osius, qu'on appelait le père des évêques et le chef des

conciles. Constance le mande, l'exhorte, le prie. Osius déconcerte

l'empereur par la force de ses paroles, et retourne à son église. Les

Ariens aigrissent le prince: il écrit, il caresse, il menace. Osius

demeure ferme. Constance mande de nouveau ce vieillard âgé de cent ans,

et le retient en exil à Sirmium pendant une année entière. On tint dans

la Gaule un concile à Béziers [_Biterræ_], où saint Hilaire de Poitiers

confondit les Ariens, et leur chef Saturnin d'Arles, qui présidait au

concile. La plupart des évêques de la Gaule se séparent de Saturnin

et des Ariens. Mais ceux-ci mettent dans leur parti le César Julien,

qui ne regardait que de loin ces orages de l'église; et Constance

trompé par une fausse relation exile Hilaire et Rhodanius, évêque de

Toulouse; il les relègue en Phrygie. Il fait meurtrir de coups les

clercs de l'église de Toulouse. Leur évêque meurt dans son exil. Ce

fut, selon quelques auteurs, dans cet exil même, que saint Hilaire

composa contre Constance le livre dont nous avons parlé; quoiqu'il soit

plus vraisemblable que cet ouvrage n'a été fait qu'après son retour en

360. Cet écrit a sans doute besoin d'excuse pour les traits injurieux

qui sont lancés sans ménagement contre la personne de l'empereur: mais

il renferme un témoignage précieux, qui fait honneur à ces saints

évêques. Saint Hilaire y fait voir à Constance l'abus de la violence

en fait de religion, par ces belles paroles: _Dieu nous a enseigné à

le connaître; il ne nous y a pas contraints. Il a donné de l'autorité

à ses préceptes en nous faisant admirer ses opérations divines: il ne

veut point d'un consentement forcé. Si l'on employait la violence pour

établir la vraie foi, la doctrine épiscopale s'élèverait contre cet

abus; elle s'écrierait: Dieu est le Dieu de tous les hommes; il n'a pas

besoin d'une obéissance sans liberté; il ne reçoit pas une profession

que le cœur désavoue: il ne s'agit pas de le tromper, mais de le

servir. Ce n'est pas pour lui, c'est pour nous que nous devons lui

obéir._ Tels étaient aussi les sentiments de saint Athanase. Tous ces

illustres exilés essuyèrent les traitements les plus durs et les plus

cruels. Le comte Joseph, à Scythopolis, fut le seul qui osa conserver

de l'humanité à leur égard: il retira dans sa maison saint Eusèbe de

Verceil, persécuté par l'évêque Patrophile.

[Note latérale: XI. Nouvelle hérésie de Macédonius.

Socr. l. 9, c. 27 et 38.

Soz. l. 4, c. 20 et 26.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 131 / 331 题