Sulp. Sev. l. 2, c. 53.]

Constant, inviolablement attaché à la vérité dans le sein même du

désordre, avait enchaîné la fureur de l'hérésie, et forcé son frère

de rendre la paix aux fidèles, et les vrais pasteurs à leur troupeau.

Sa mort ouvrit une libre carrière à la malignité des Ariens. La

haine de Constance contre les orthodoxes n'avait été que plus aigrie

par la contrainte. Cependant ce prince, ayant honte de se dédire si

promptement, garda encore quelques mesures. On accusait Athanase

d'avoir animé Constant contre son frère; d'entretenir de secrètes

intelligences avec Magnence; d'avoir porté le mépris qu'il faisait

de l'empereur, jusqu'à célébrer sans sa permission la dédicace de la

grande église, nommée la Césarée, que Constance venait de faire bâtir

à Alexandrie; d'exciter des mouvements en Egypte et en Libye, et de se

former une monarchie ecclésiastique, en établissant des évêques dans

des provinces qui n'étaient pas soumises à sa jurisdiction. Il était

aisé au saint prélat de détruire ces calomnies; il le fit pleinement

six ans après par une véhémente apologie qu'il adressa du fond des

déserts à l'empereur. Mais dans ces commencements il n'en eut pas même

besoin. L'empereur occupé de la guerre contre Magnence, craignant de

révolter l'Egypte en maltraitant le métropolitain, lui écrivit pour le

rassurer. Il envoya même par le comte Astérius et Palladius, maître

des offices, des lettres adressées à Felicissimus duc d'Egypte, et au

préfet Nestorius, les chargeant tous deux de veiller à la conservation

d'Athanase. Les Ariens ne se rebutèrent pas. Ils avaient regagné

Ursacius et Valens, qui n'eurent pas honte de se déshonorer, en

révoquant la rétractation authentique qu'ils avaient donnée de leurs

erreurs et de leurs calomnies en présence de deux conciles. Ces deux

évêques prétendirent faussement que Constant les avait forcés à cette

démarche; et Constance se trouva très-disposé à les en croire sur leur

parole. De concert avec plusieurs autres évêques ariens, ces imposteurs

tournaient à leur gré l'esprit de l'empereur; et Valens surtout, depuis

la bataille de Mursa, en était écouté comme un prophète. Ils lui

répétaient sans cesse que leur parti se décréditait, et qu'il allait

lui-même passer pour un hérétique: ils lui représentaient l'union des

évêques avec Athanase, comme une cabale dangereuse.

[Note latérale: LVIII. Exil et mort de Paul de C. P.

Ath. ad monach. t. 1, p. 348, et de fuga sua, p. 322.

Zos. l. 2, c. 46.

Socr. l. 2, c. 26.

Theod. l. 2, c. 5.

Soz. l. 4, c. 2.

Theoph. p. 36.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 120 / 331 题