Greg. Naz. or. 4, t. 1, p. 111.]

Après la disgrace tragique de son frère, on s'assura de sa personne,

comme je l'ai déja raconté; et il vécut dans une espèce de captivité

pendant sept mois, dont il passa la plus grande partie à Milan.

L'eunuque Eusèbe avait juré sa perte: mais l'impératrice Eusébia eut

pitié de son infortune. Elle engagea son mari à ne le pas condamner

sans l'entendre; elle rassura Julien, et le présenta à l'empereur.

Constance ne l'avait encore vu qu'une fois, en Cappadoce: il le reçut

assez favorablement et lui promit une seconde audience. Mais l'eunuque,

craignant que l'empereur ne se laissât attendrir à la voix du sang et

de l'innocence, vint à bout de l'empêcher. Tout ce que sa protectrice

put obtenir en sa faveur, ce fut la liberté de retourner sur les

terres de sa mère en Bithynie ou en Ionie. Pendant qu'on préparait son

voyage, il alla passer quelques jours à Côme près de Milan. Mais sur

la fausse nouvelle qui se répandit alors de la révolte d'Africanus,

Constance changea d'avis; il voulait le retenir, et ce ne fut qu'avec

peine qu'Eusébia obtint qu'il irait en Grèce. On regarda même ce

voyage comme un exil, parce que Julien n'avait en ce pays ni terres

ni maison. Pour lui, il préférait le séjour de la Grèce à celui de

la cour: c'était la patrie de ses dieux, la scène où son imagination

prenait plaisir à s'égarer. D'ailleurs il espérait trouver à Athènes

les maîtres les plus habiles, et, ce qui redoublait son empressement,

des magiciens supérieurs, même à ceux de l'Asie.

[Note latérale: LI. Julien à Athènes.

Liban. or. 5, t. 2, p. 175, et or. 10, p. 268.

Greg. Naz. or. 4, t. 1, p. 121 et 122.

Basil. ep. 41, t. 3, p. 124.

Amm. l. 25. c. 4.

Eunap. in Max. t. 1, p. 52 et 53, ed. Boiss.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 112 / 331 题