Après la mort de Silvanus, on poursuivit ses prétendus complices: on
mit aux fers tous ceux qu'on voulut soupçonner, et les délateurs firent
très-bien leur devoir. Proculus, officier de la garde de Silvanus, se
signala par son courage. Il était d'une faible complexion. Dès qu'on
le vit exposé à la torture, on craignit que la rigueur des tourments
ne le fît mentir aux dépens de beaucoup d'innocents. Mais la probité
lui prêta des forces: la plus violente torture ne lui arracha aucune
parole qui pût nuire à personne; il persista même à justifier Silvanus,
protestant que la nécessité seule l'avait forcé à la révolte: il le
prouvait en faisant remarquer que cinq jours avant de prendre le titre
d'Auguste, ce général avait payé la montre aux soldats au nom de
Constance, et qu'il les avait exhortés à continuer d'être braves et
fidèles. Péménius qui avait si bien défendu contre Décentius la ville
de Trèves, Asclépiodote et deux comtes francs, Lutton et Maudion,
furent mis à mort avec plusieurs autres. Cependant on épargna les jours
du fils de Silvanus encore enfant; et le généreux Malarich échappa à
cette sanglante proscription.
[Note latérale: XLVI. Intrépidité de Léontius, préfet de Rome.