Silvanus était à Cologne[52], où il apprenait tous les jours quelque
nouvel outrage que ses gens recevaient d'Apodémius. Il ne douta
plus qu'on ne l'eut ruiné dans l'esprit de l'empereur, et qu'il ne
fût bientôt condamné selon l'usage de Constance, sans être entendu.
Craignant moins les Barbares qu'une cour corrompue, il songea à se
jeter entre leurs bras. Mais le tribun Laniogaise, cet homme fidèle,
qui seul avait accompagné Constant jusqu'au dernier soupir, lui
représenta que les Francs ne manqueraient pas de le faire périr comme
un compatriote infidèle, ou de le vendre à ses ennemis. Silvanus, au
désespoir, crut que l'unique moyen qui lui restait d'éviter la peine du
crime dont on l'accusait faussement, était de le commettre. Il gagne
secrètement à force de promesses les premiers officiers, et ayant
assemblé les troupes, il arrache la pourpre d'un drapeau[53], s'en
enveloppe, et se fait proclamer empereur.
[Note 52: Nommée _Colonia Agrippina_, ou simplement
_Agrippina_.--S.-M.]
[Note 53: _Cultu purpureo a draconum et vexillorum insignibus
abstracto._--S.-M.]
[Note latérale: XLI. Ursicin envoyé contre Silvanus.