Zon. l. 13, t. 2, p. 19.]

Silvanus était à Cologne[52], où il apprenait tous les jours quelque

nouvel outrage que ses gens recevaient d'Apodémius. Il ne douta

plus qu'on ne l'eut ruiné dans l'esprit de l'empereur, et qu'il ne

fût bientôt condamné selon l'usage de Constance, sans être entendu.

Craignant moins les Barbares qu'une cour corrompue, il songea à se

jeter entre leurs bras. Mais le tribun Laniogaise, cet homme fidèle,

qui seul avait accompagné Constant jusqu'au dernier soupir, lui

représenta que les Francs ne manqueraient pas de le faire périr comme

un compatriote infidèle, ou de le vendre à ses ennemis. Silvanus, au

désespoir, crut que l'unique moyen qui lui restait d'éviter la peine du

crime dont on l'accusait faussement, était de le commettre. Il gagne

secrètement à force de promesses les premiers officiers, et ayant

assemblé les troupes, il arrache la pourpre d'un drapeau[53], s'en

enveloppe, et se fait proclamer empereur.

[Note 52: Nommée _Colonia Agrippina_, ou simplement

_Agrippina_.--S.-M.]

[Note 53: _Cultu purpureo a draconum et vexillorum insignibus

abstracto._--S.-M.]

[Note latérale: XLI. Ursicin envoyé contre Silvanus.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 105 / 331 题