L'empereur, en étant instruit, ordonne une nouvelle information
par-devant les juges de son conseil, et tous les officiers de guerre.
Les juges, pour ne pas commettre leur infaillibilité, daignaient à
peine jeter la vue sur la prétendue lettre de Silvanus qu'ils avaient
déja eue sous les yeux. Mais Florentius, fils de Nigrinianus, et
lieutenant du grand-maître des offices[50], la considérant avec
plus d'attention, découvrit des traces de la première écriture, et
dévoila toute la fourberie. L'empereur, ayant enfin entr'ouvert les
yeux, commence par déposer le préfet du prétoire; il ordonne qu'il
soit appliqué à la question: mais les amis du préfet obtiennent la
révocation de cet ordre. Eusèbe et Edésius souffrirent la torture; le
premier s'avoua complice; l'autre persista dans la négative et fut
déclaré innocent. L'affaire n'eut pas d'autre suite. Le préfet fut
seul puni par la perte de sa charge. Lollianus déja consul fut mis en
sa place. Dynamius, qui méritait mille morts, fut récompensé comme
un sujet de grande ressource pour les coups d'état; on lui donna le
gouvernement de la Toscane[51].
[Note 50: _Agens pro magistro officiorum._--S.-M.]
[Note 51: Le commandant de cette province portait le titre
de Correcteur. _Cum Correctoris dignitate regere jussus est
Tuscos._--S.-M.]
[Note latérale: XL. Révolte de Silvanus.
Amm. l. 15, c. 5.
Jul. ad Ath. p. 274, et or. 1, p. 48 et or. 2, p. 98 et 99.
Hier. chron.
Aurel. Vict. de Cæs. p. 180.
Vict. epit. p. 227.
Eutr. l. 10.
[Theoph. p. 37.]