Dans la recherche qui fut faite de tous ceux qui s'étaient prêtés
aux injustices du César, l'argent décida en grande partie du sort
des accusés. Plusieurs innocents furent punis, faute d'avoir de quoi
payer la justice qui leur était due. Mais Gorgonius chambellan de
Gallus, convaincu par ses propres aveux d'avoir secondé et quelquefois
conseillé les violences par l'entremise de sa fille qui avait grand
crédit sur l'esprit de Constantine, trouva un secours toujours assuré
dans la protection des eunuques qu'il sut mettre dans ses intérêts.
Pendant que ces jugements se rendaient à Milan, une autre commission
établie à Aquilée ne procédait pas avec plus d'équité. On avait amené
de l'Orient en cette ville une troupe d'officiers de guerre et de
courtisans de Gallus, chargés de chaînes, meurtris de leurs fers,
accablés de fatigues et de mauvais traitements, respirant à peine et
ne désirant qu'une prompte mort. On accusait ceux-ci d'avoir contribué
au massacre de Domitien et de Montius. Arborius et l'eunuque Eusèbe,
tous deux également fourbes, injustes et cruels, furent chargés de les
entendre. Ces commissaires, sans autre raison que leur intérêt ou leur
caprice, exilèrent les uns, dégradèrent les autres, en condamnèrent
plusieurs au dernier supplice; et revinrent avec confiance rendre
compte de leurs jugements, qui furent approuvés, comme ils avaient été
rendus, sans examen.
[Note latérale: XXXIV. Punition des habitants d'Antioche.
Amm. l. 14, c. 7, et l. 15, c. 13.
[Jul. misop. p. 370. ed. Spanh.]
Liban. vit. t. 2, p. 37. et or. 12, p. 399.