Amm. l. 15, c. 2.]

L'envie qui ne pardonne jamais au mérite, ne perdait pas de vue

Ursicin. On insinuait à Constance que le nom de l'empereur était

oublié dans tout l'Orient; qu'on n'y parlait que d'Ursicin, comme du

seul général redoutable aux Perses. Le prince prenait ombrage de ces

discours. Ursicin rassuré par sa vertu, se contentait de gémir en

secret du péril que courait l'innocence, et de la perfidie des amis de

cour, qui l'abandonnèrent dès le premier assaut. Le traître Arbétion

son collègue, homme d'une malice raffinée, avait trouvé pour le perdre

un moyen plus sûr que la calomnie; c'était de le louer à outrance;

il ne le nommait jamais que le grand capitaine. Ces éloges perfides

produisirent leur effet: c'était d'aigrir de plus en plus l'empereur.

Il fut décidé dans un conseil secret, qu'Ursicin serait la nuit

suivante enlevé de sa maison à petit bruit, pour ne point alarmer les

gens de guerre dont il possédait le cœur; et que sans forme de procès

on lui ôterait la vie. Tout était préparé; les assassins commandés

n'attendaient que le moment de l'exécution, lorsqu'il leur vint un

ordre contraire. Constance adouci par la réflexion, contre sa coutume,

avait jugé à propos de différer.

[Note latérale: XXXII. Et de Julien.

Amm. l. 15, c. 2.

Jul. ad Ath. p. 272.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 96 / 331 题