Gallus était averti qu'on préparait à Tyr un manteau impérial, sans
qu'on sût par qui il avait été commandé. Voulant donner à ses jugements
une couleur de justice, il choisit pour y présider Ursicin, général
de la cavalerie en Orient, connu par sa droiture. On le fit venir
de Nisibe, où il commandait. Ce ne fut qu'à regret que ce guerrier
généreux accepta une commission qui lui était tout-à-fait étrangère.
Intrépide dans les batailles, les procédures lui faisaient peur. Les
délateurs le menaçaient déja; il craignait d'être traîné devant ce
tribunal comme coupable, s'il refusait d'y présider. Mais quand il vit
que tout était concerté entre les accusateurs et les juges qu'on lui
donnait pour assesseurs, et que c'était autant de bêtes féroces qui
sortaient de la même tanière, il prit le parti d'instruire secrètement
Constance de ce mystère d'iniquité, et de lui demander du secours
contre l'injustice. Cette précaution ne produisit aucun effet: il était
déja, sans le savoir, suspect à la cour. Les flatteurs, ennemis par
état des gens de son caractère, avaient donné contre lui à Constance
des impressions sinistres, dont ce prince était fort susceptible, et
dont il ne revenait jamais.
[Note latérale: XXIII. Ils sont condamnés à mort.
Amm. l. 14, c. 9.