Amm. l. 14, c. 7.]

Montius en rendant les derniers soupirs avait plusieurs fois nommé

Epigonius et Eusèbe, comme les appelant à son secours. On cherchait

qui pouvaient être ces deux hommes. Il s'en trouva deux à Antioche,

qui pour leur malheur portaient ces noms. C'étaient un philosophe

de Lycie et un orateur d'Emèse[22]. Ceux que Montius avait nommés

étaient deux gardes de l'arsenal, qui lui avaient promis des armes

en cas qu'il en eût besoin pour soutenir l'officier de l'empereur.

Comme ils étaient peu connus, on ne songea pas à eux; et sur la seule

conformité des noms, on mit aux fers le philosophe Epigonius et

l'orateur Eusèbe. Apollinaire, gendre de Domitien, qui avait été peu

auparavant grand-maître du palais de Gallus, était en Mésopotamie: son

beau-père, rempli de soupçons, l'y avait envoyé pour rechercher si

l'on n'avait pas semé parmi les soldats de cette province des libelles

séditieux. Dès qu'Apollinaire eut appris ce qui s'était passé en Syrie,

il s'enfuit par la petite Arménie, et prit la route de Constantinople.

Mais ayant été arrêté en chemin, il fut ramené pieds et mains liés à

Antioche. Son père, gouverneur de Phénicie, eut bientôt le même sort,

comme complice d'une intrigue secrète.

[Note 22: Il était surnommé _Pittacas_, selon Ammien

Marcellin.--S.-M.]

[Note latérale: XXII. Ursicin obligé de présider à leur jugement.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 85 / 331 题