Constantine, fille et sœur d'empereurs, veuve d'un roi, décorée du nom
d'Auguste, avait apporté à Gallus avec l'orgueil de tant de titres une
ame cruelle, et des conseils pernicieux. C'était une furie altérée de
sang humain. Aussi avare qu'impitoyable, elle vendait la conscience de
son mari et la vie des plus innocents. Clématius d'Alexandrie, homme
vertueux, qui avait été gouverneur de Palestine, fut sollicité par sa
belle-mère embrasée d'un amour incestueux, et la rebuta. Cette femme
criminelle s'introduisit secrètement chez Constantine; elle lui fait
présent d'un collier de grand prix, et elle obtient un ordre adressé à
Honoratus, comte d'Orient, de faire condamner Clématius à la mort, sans
lui permettre de se défendre. Les mauvais juges ne sont pas rares sous
les mauvais princes; l'ordre ne fut que trop fidèlement exécuté.
[Note latérale: XI. Espions de Gallus.
Amm. l. 14, c. 1.
Liban. in Antiochico, t. 2, p. 387.
Dionys. Halic. l. 4.
Tac. ann. l. 4.
Dio-Cas. l. 58, t. 2, p. 887, ed. Reimar.