Zon. l. 13, t. 2, p. 18.]

Les alarmes que donnaient ces Barbares passaient avec eux, et ne

s'étendaient qu'à quelques contrées. Mais un mal perpétuel, attaché,

pour ainsi dire, aux entrailles, et qui se faisait sentir à tous

les membres, c'était le prince même qui gouvernait cette partie de

l'empire. Gallus, ayant rapidement passé d'un état d'oppression à la

dignité de César, devint tyran dès qu'il ne fut plus captif. Ebloui

de la splendeur de sa naissance, à laquelle sa double alliance avec

l'empereur ajoutait un nouvel éclat, héritier présomptif de tout

l'empire, il agissait déja en maître absolu. Dépourvu de lumières, et

d'autant plus attaché à son sens, il aimait la flatterie; son goût

pour les éloges allait jusqu'à obliger quelquefois les sophistes à

prononcer devant lui son propre panégyrique. Libanius fut redevable

de la vie à ce mauvais usage qu'il faisait de son éloquence. Accusé

faussement de plusieurs crimes, il trouva le prince qu'il avait loué

équitable pour cette fois; son accusateur qui s'était cru assez

fort devant le César, étant renvoyé aux tribunaux ordinaires, n'osa

s'y présenter. Le penchant de Gallus à la cruauté se fit d'abord

connaître dans les spectacles de l'amphithéâtre: plus ils étaient

sanglants, plus on voyait éclater sa joie. Une si funeste inclination

attira bientôt autour de lui un essaim de délateurs. Ces artisans de

calomnie imputaient à ceux qu'ils voulaient perdre, tantôt des complots

criminels, tantôt des opérations magiques, qui supposent autant

d'imbécillité dans le prince qui les craint, que dans le scélérat qui

les tente.

[Note latérale: X. Méchanceté de Constantine.

Amm. l. 14, c. 1.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 71 / 331 题