Cellar. l. 3, c. 14, p. 586.]

Du côté de l'Arabie les Sarrasins, que les Romains n'auraient voulu

avoir ni pour amis à cause de leur perfidie, ni pour ennemis à cause

de leur valeur, fondaient comme des oiseaux de proie sur toutes les

contrées voisines. Leur promptitude à se montrer et à disparaître

rendait également la précaution impossible et la poursuite inutile.

Cette nation, depuis si fameuse, et dont les Romains n'avaient appris

le nom que du temps de Marc-Aurèle, avait d'abord habité un canton de

l'Arabie Heureuse. Ensuite devenue très-puissante, elle donna son nom

à tous les Arabes qu'on appelait Nomades ou Scénites, parce qu'ils

étaient errants, et qu'ils n'avaient pour demeures que des tentes[20].

Ils s'étendaient alors le long du golfe, tant du côté de l'Egypte que

du côté de l'Arabie, jusqu'à l'Euphrate près de l'ancienne Babylone;

et les diverses hordes d'Arabes, répandues depuis long-temps dans la

Mésopotamie, s'étaient liguées avec eux. Les Sarrasins ne savaient ni

conduire la charrue ni cultiver les arbres. Tous guerriers, courant

sans cesse, nuds jusqu'à la ceinture, sans lois comme sans demeure

fixe, ils ne vivaient que de leur chasse, d'herbages, et du lait de

leurs troupeaux. La plupart ignoraient jusqu'à l'usage du pain et

du vin. Ils montaient des chevaux fort vîtes ou des dromadaires.

Les deux sexes étaient fort adonnés à l'amour: leur mariage n'était

qu'un engagement passager pour le nombre d'années dont les deux époux

convenaient. La femme apportait pour dot une lance et une tente: après

le terme expiré elle était la maîtresse de s'engager ailleurs. Toujours

en course avec son mari, ses enfants devenaient errants dès qu'ils

étaient nés.

[Note 20: Σχηνὴ, en grec signifie _tente_.--S.-M.]

[Note latérale: IX. Mauvaise conduite de Gallus.

[Julian. ad Athen. p. 271 et misop. p. 340.]

Amm. l. 14, c. 7.

Liban. vit. t. 2, p. 34.

Aur. Vict. de cæs. p. 180.

Eutr. l. 10.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 70 / 331 题