Grut. ins. p. 38, nº 6; p. 284, nº 8; p. 438, nº 1.]

Des maux si funestes n'excitaient que des murmures secrets; mais la

disette du vin souleva la populace de Rome. Memmius Vitrasius Orfitus

était préfet de cette ville, après avoir été proconsul d'Afrique.

C'était un homme d'esprit et de naissance, instruit dans les affaires,

mais très-peu dans les lettres; et cette ignorance qui porte la

grossièreté jusque dans la plus haute fortune, fut sans doute le

principe de l'arrogance qu'on lui reproche. Il était païen; il fit

bâtir ou plutôt réparer un temple d'Apollon. Sa fille fut mariée au

fameux Symmaque, le zélé défenseur du paganisme. On le voit deux

fois revêtu de la préfecture de Rome. Il entra dans cette charge pour

la première fois cette année, le 6 décembre. Le vin ayant manqué, le

peuple de Rome alors aussi frivole et aussi dissolu que ses ancêtres

avaient été sobres et sérieux, excita plusieurs émeutes fort vives

et fort tumultueuses. Nous apprenons cependant par les inscriptions,

que ce même peuple, sans doute après une meilleure vendange, fit

ériger de concert avec le sénat une statue au même Orfitus. Pendant ce

temps-là les Barbares continuaient de piller les Gaules; et les soldats

qui avaient servi sous Magnence, s'étant débandés après sa défaite,

infestaient tous les chemins.

[Note latérale: V. Révolte des Juifs.

Spon. misc. p. 202.

Hier. chron. Aur. Vict. de Gæs. p. 180.

Socr. l. 2, c. 33.

Soz. l. 4, c. 7.

Theoph. p. 33.

[Cedr. t. 1, p. 299.]]

Les Juifs y commirent aussi quelques désordres. Ils poignardèrent sur

les bords de la Durance[15] un officier, qui après avoir gouverné

l'Egypte venait en Gaule par ordre de l'empereur. C'était peut-être

une étincelle de l'incendie qui s'était peu auparavant allumé dans la

Palestine. Les Juifs de Diocésarée, ayant pris les armes, massacrèrent

la garnison pendant la nuit; se donnèrent pour roi un nommé Patricius,

firent des courses dans les contrées voisines, et égorgèrent un grand

nombre de Samaritains et d'autres habitants du pays. Gallus qui était

à Antioche envoya des troupes pour réduire ces furieux. Ils furent

passés au fil de l'épée; on n'épargna pas même l'âge le plus tendre. On

détruisit par les flammes Diocésarée, Tibériade, Diospolis et quelques

villes moins considérables.

[Note 15: Dans un endroit nommé _Vicus C. Petronii_, actuellement

Peyrvis. C'est un village du département des Basses-Alpes, sur la

droite de la Durance. On y a trouvé l'épitaphe de cet officier.--S.-M.]

[Note latérale: VΙ. Courses des Isauriens.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 67 / 331 题