Magnence ne trouvait pas même de sûreté dans les Gaules. D'un côté
les barbares voisins du Rhin, couraient tout le pays; de l'autre les
Gaulois soulevés par quelques-uns de leurs chefs, qui étaient restés
attachés à l'empereur, avaient conjuré sa perte. Les habitants de
Trèves, ayant fermé leurs portes à Décentius, avaient choisi Pœménius
pour les commander et les défendre. Dans cette extrémité Magnence se
serait volontiers sauvé en Mauritanie; mais outre qu'il manquait de
vaisseaux, et que les passages des Pyrénées étaient gardés, il apprit
que les Maures s'étaient soumis à Constance. Il essaya d'obtenir grace
de l'empereur, et lui députa un sénateur. Constance regarda cet envoyé
comme un espion, et lui refusa audience. Quelques évêques qui vinrent
ensuite, ne demandaient pour le vaincu que la vie et quelque emploi
dans les troupes. Pour toute réponse l'empereur mit en marche son
armée, qui fut bientôt grossie d'un grand nombre de déserteurs. Toutes
les places se rendaient; et dès cette année il ne resta plus rien à
Magnence au-delà des Alpes.
[Note latérale: XLIII. Il attente à la vie de Gallus.
Jul. or. 1, p. 39 et 40.