L'évêque Valens sut à l'occasion de cette bataille profiter de la
simplicité de Constance. Renfermé avec l'empereur dans l'église dont
j'ai parlé, il avait pris des mesures pour être le premier instruit
de l'événement. Son dessein était de se donner le mérite d'annoncer
au prince le gain de la bataille, ou d'avoir le temps de se mettre en
sûreté, si elle était perdue. Tandis que l'empereur et le petit nombre
de courtisans qui l'accompagnaient, transis de crainte et d'inquiétude,
attendaient l'issue du combat, il vient tout à coup leur dire que
l'ennemi prend la fuite. Constance demande à voir l'auteur de cette
heureuse nouvelle; l'hypocrite lui répond qu'elle lui a été apportée
par un ange. Le prince crédule conçut dès lors une haute opinion de la
sainteté d'un prélat qui était en commerce avec le ciel; et il répétait
souvent dans la suite qu'il était redevable de la victoire aux mérites
de Valens, bien plus qu'au courage de ses troupes.
[Note latérale: XXXIX. Suites de la bataille.
Jul. or. 1, p. 38 et or. 2, p. 58 et 97.