Le lendemain matin Constance monta sur une éminence, d'où il découvrait
tout le champ de bataille. Plus de cinquante mille morts jonchaient la
terre et comblaient le lit du fleuve. L'empereur moins sensible à la
joie d'un succès si important, qu'affligé d'un si horrible spectacle,
ne put retenir ses larmes. Il ordonna d'ensevelir sans distinction
amis et ennemis, et de n'épargner aucun secours à ceux qui respiraient
encore; il recommanda en particulier aux médecins le soin des soldats
de Magnence. Il déclara qu'il pardonnait à tous les partisans du
tyran, excepté à ceux qui avaient eu part à la mort de son frère. En
conséquence un grand nombre de bannis retournèrent dans leur patrie, et
rentrèrent en possession de leurs biens. Dans le même temps, la flotte
de Constance, qui avait couru les côtes d'Italie, ramena beaucoup
de sénateurs romains et d'autres personnes, qui étaient venues s'y
réfugier comme dans un asyle.
[Note latérale: XL. Magnence se retire en Italie.
Jul. or. 1. p. 38 et or. 2, p. 71.
Amm. l. 16, c. 6.
Idat. chron.