Constance y donnait un repas aux officiers de son armée, lorsque
Titianus se présenta de la part de Magnence. C'était un sénateur
romain, distingué par son éloquence et par ses dignités. Il avait
été gouverneur de Sicile et d'Asie, consul l'année de la mort de
Constantin, préfet de Rome et du prétoire des Gaules sous Constant.
S'étant attaché à Magnence, il en avait reçu de nouveau la préfecture
de Rome, et il l'avait conservée jusqu'au premier de mars de cette
année. Il apportait des propositions outrageantes, qu'il accompagna
d'un discours encore plus insolent. Après une injurieuse invective
contre Constantin et ses enfants, dont le mauvais gouvernement causait,
disait-il, tous les malheurs de l'état, il signifia à Constance
qu'il eût à céder l'empire à son rival, et qu'il devait se tenir
heureux qu'on voulût bien lui laisser la vie. L'empereur ne montra
jamais autant de fermeté d'ame que dans cette occasion; il répondit
tranquillement que la justice divine vengerait la mort de Constant, et
qu'elle combattrait pour lui. Il ne voulut pas même retenir Titianus
par droit de représailles.
[Note latérale: XXXV. Divers succès de Magnence.
Jul. or. 1, p. 48 et or. 2, p. 97.
Amm. l. 15, c. 5.
Aur. Vict. de Cæs. p.180 et 181.
Zos. l. 2, c. 50.