Zos. l. 2, c. 45.]

Dans le même temps que ces barbares occupaient Décentius, d'autres

bandes des mêmes nations, attirées par la solde et par l'espoir du

butin, grossissaient l'armée de Magnence. Celui-ci traînait à sa

suite les principales forces de l'Occident, et se croyait en état

d'envahir tout l'empire, et de porter la terreur jusque chez les

Perses. Plein d'ardeur et de confiance, il en avait autant inspiré à

ses troupes, en leur promettant le pillage de tous les pays dont il

allait faire la conquête. Il traverse les Alpes Juliennes, tandis que

l'empereur, au lieu de se mettre à la tête de son armée, s'arrêtait

à Sirmium, et s'occupait d'un concile. Les généraux de Constance

marchèrent au-devant de l'ennemi, et l'attendirent d'abord au pied

des Alpes. Ensuite se voyant supérieurs en cavalerie, ils feignirent

de prendre l'épouvante et reculèrent en arrière, pour l'attirer dans

les plaines de la Pannonie. Magnence, trompé par cette feinte, se mit

à les poursuivre, et s'exposa mal à propos dans un pays découvert.

Mais dans cette marche, il usa à son tour d'un stratagème dont il tira

quelque avantage. Il fit dire aux généraux ennemis que, s'ils voulaient

l'attendre dans les plaines de Siscia, ce serait un beau champ de

bataille pour terminer leur querelle. Constance, averti de cette

bravade, accepta le défi avec joie: le lieu ne pouvait être plus propre

à sa cavalerie. Il ordonna de marcher vers Siscia. Pour y arriver,

il fallait traverser le vallon d'Adranes, au-dessus duquel Magnence

avait posté une embuscade. Les troupes de Constance, qui marchaient

sans ordre comme sans défiance, s'y étant engagées, se virent bientôt

accablées de gros quartiers de rochers, qu'on roulait sur eux, et qui

en écrasèrent une partie; les autres furent obligés de retourner sur

leurs pas, et de regagner la plaine.

[Note latérale: XXXII. Propositions de paix rejetées par Magnence.

Zos. l. 2, c. 46 et 47.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 44 / 331 题