[Note latérale: [Eckhel, doct. num. vet. t. VIII, p. 123.]]
Tandis que Constance élevait Gallus au rang de César, et qu'il le
chargeait de la défense de l'Orient, Magnence qui était à Milan donnait
le même titre à son frère Décentius[9], et l'envoyait dans la Gaule
infestée par les courses des barbares. Si l'on en croit Libanius et
Zosime, qui ne sont pas moins suspects dans le mal qu'ils disent de
Constance, que dans les louanges excessives qu'ils prodiguent à Julien,
c'était l'empereur lui-même qui les avait attirés. Sacrifiant cette
belle province à sa colère contre Magnence, il les avait engagés par de
grandes sommes d'argent à passer le Rhin, et leur avait abandonné par
des lettres expresses la propriété des conquêtes qu'ils y pourraient
faire. Ce qu'il y a de certain, c'est que diverses bandes de Francs,
de Saxons, d'Allemans se répandirent dans la Gaule, et qu'ils y firent
de grands ravages. Il ne paraît pas qu'ils aient trouvé beaucoup
d'opposition de la part de Décentius, dont la bravoure n'est connue
que par le titre de _très-vaillant_ qu'on lit sur ses monnaies. Mais
l'histoire, qui ne s'accorde pas toujours avec ces monuments de
flatterie, nous apprend seulement que le César fut défait en bataille
rangée par Chnodomaire, roi des Allemans; que le vainqueur pilla et
ruina plusieurs villes considérables, et qu'il courut la Gaule sans
trouver de résistance, jusqu'à ce qu'il eût rencontré dans Julien un
ennemi plus formidable.
[Note 9: Il était seulement son parent, selon Zosime.--S.-M.]
[Note latérale: XXXI. Magnence se met en marche.
Jul. or. 1, p. 34, 35 et 36, et or. 2, p. 57 et 97.
Socr. l. 2, c. 28 et 29.