Zon. l. 13, t. 2, p. 15.]

L'empereur, avant son départ d'Antioche, reçut les députés de Magnence,

chargés de lui proposer un accommodement: c'étaient Servais évêque de

Tongres, un autre évêque de Gaule nommé Maxime, et deux seigneurs,

Clémentius et Valens. Ils étaient venus par l'Afrique, et à leur

passage par Alexandrie ils furent bien reçus d'Athanase: ce que les

Ariens ne manquèrent pas d'envenimer dans la suite, accusant le saint

prélat d'intelligence avec le tyran. Cette ambassade ne produisit aucun

effet; et Constance se mit en marche pour passer en Europe. Alors,

soit que Vétranion, se défiant de la complaisance de l'empereur, eût

cherché à s'appuyer du secours de Magnence, soit que celui-ci, pour

dérober à Constance les forces de l'Illyrie, eût prévenu Vétranion, les

deux usurpateurs se liguèrent, et envoyèrent de concert une nouvelle

députation. L'empereur traversa le Bosphore à Constantinople, qui

tremblait déja dans la crainte d'éprouver les mêmes désastres que

Rome avait deux fois essuyés. Il rassura la ville par sa présence, et

continua sa marche vers l'Illyrie. Il était à Héraclée, lorsqu'il reçut

l'ambassade des deux tyrans: elle était composée de Rufinus, préfet du

prétoire, de Marcellinus, général des troupes de Magnence, du sénateur

Nunécius et de Maxime. Ils apportaient à Constance des paroles de paix,

à condition qu'il abandonnerait aux deux nouveaux empereurs les pays

dont ils étaient en possession, et qu'il se contenterait du premier

rang entre les trois Augustes. Ils lui représentèrent _le danger auquel

il allait s'exposer en combattant deux capitaines pleins d'expérience,

unis ensemble et suivis de deux armées invincibles; qu'un seul serait

déja un ennemi trop redoutable; que la guerre civile allait armer

contre lui les mêmes bras auxquels son père avait été redevable de

tous ses triomphes; que pour eux ils souhaitaient qu'il ne voulût pas

éprouver sur lui-même ce que pouvaient contre l'empereur des généraux

qui avaient si vaillamment servi l'empire_. Constance venait de perdre

sa première femme: Magnence offrait de cimenter la paix par une double

alliance, en donnant sa fille à Constance, et en recevant de sa main

sa sœur Constantine. Ces propositions mêlées de menaces embarrassaient

l'empereur, naturellement timide et irrésolu: il balançait entre la

crainte du péril et l'intérêt de sa gloire. Rempli de ces inquiétudes

il s'endormit, et crut voir en songe Constantin, son père, qui lui

présentait Constant, et lui disait: «Mon fils, voilà votre frère que

Magnence a égorgé; vengez-le, et punissez le tyran. Songez à l'honneur,

sans vous effrayer du péril. Quelle honte pour vous de vous laisser

arracher une partie de votre héritage!» C'est le caractère des ames

faibles de résister à la raison, et de céder sans effort à tout le

reste: un songe fit ce qu'elle n'avait pu faire. Constance à son

réveil commande qu'on arrête les députés comme des rebelles, et qu'on

les charge de fers. Il ne renvoie que Rufinus; mais bientôt après il

relâche aussi les autres; et sans perdre de temps il arrive à Sardique.

[Note latérale: XXII. Vétranion dépouillé.

Jul. or. 1. p. 30 et or. 2. p. 76.

Amm. l. 21, c. 8.

Aur. Vict. de cæs. p. 179.

Vict. epit. p. 226.

Eutr. l. 10.

Zos. l. 2, c. 44.

Hier. chron.

Themist. or. 3, p. 45, et or. 4, p. 56.

Socr. l. 2, c. 18.

Soz. l. 4, c. 4.

Philost. l. 3, c. 22.

Idat. chron.

Chron. Alex. vel Pasch. p. 191 et 192.

Zon. l. 13, t. 2, p. 15 et 16.

Histoire du Bas-Empire. Tome 02 · 第 34 / 331 题