Constance donna ses ordres pour réparer les fortifications de la ville,
et pour récompenser la fidélité de ces braves citoyens. Il était alors
tout occupé des préparatifs de la guerre qu'il allait faire à Magnence.
Il employa près de dix mois à construire et à équiper une flotte, qui,
selon Julien, surpassait celle de Xerxès. Il rappela au drapeau tous
les soldats qui avaient obtenu leur congé sans avoir fourni le temps
de leur service, et sans cause de maladie. Quand il eut rassemblé ses
troupes, étant prêt à se mettre en marche, il exhorta tous ceux qui
composaient son armée à recevoir le baptême: «Le terme de la vie, leur
dit-il, toujours incertain, l'est surtout dans la guerre. La mort vole
sans cesse autour de nous et sur nos têtes; elle nous menace sous la
forme de toutes sortes d'armes. Que chacun de vous ne diffère donc pas
de se revêtir de la robe précieuse du baptême, sans laquelle il n'a
point de droit au triomphe céleste. Si quelqu'un refuse de se faire
baptiser, qu'il se retire. Je ne veux point de soldats qui ne soient
enrôlés sous les étendards de Jésus-Christ.» On peut remarquer, sans
en être surpris, que Constance fit alors pratiquer à ses soldats ce
qu'il se dispensa lui-même de pratiquer: il ne demanda le baptême que
lorsqu'il fut près de mourir.
[Note latérale: XXI. Députation de Magnence et de Vétranion.
Ath. apol. ad Const. t. 1, p. 300, et epist. ad monach. p. 34.
Jul. or. 1, p. 30 et or. 2, p. 76, ed. Spanh.
[Themist. or. 3, p. 42, et or. 4· p. 56.].
Petr. Patric. p. 27.