Constance était encore à Antioche, où il prenait des mesures pour
reconquérir l'Occident. Sur la nouvelle de la révolte, il avait quitté
la Mésopotamie toujours infestée par les Perses. Après la bataille de
Singara, Sapor, ayant pendant l'hiver réparé ses pertes, avait dès le
printemps repassé le Tigre. Constance de son côté passa l'Euphrate. On
sait en général que l'empereur reçut cette année-là plusieurs échecs;
mais on en ignore le détail. Il y a quelque apparence que le mauvais
succès de la bataille de Singara avait découragé les troupes romaines;
et l'incapacité de leur chef n'était pas propre à leur rendre le cœur.
Ce fut apparemment alors que les Perses prirent sur les Romains cette
supériorité, qu'ils conservèrent tant que Constance vécut. Ce prince
ne se montra plus sur les frontières de la Perse, que pour y recevoir
des affronts. Renfermé dans son camp et toujours prêt à prendre la
fuite, il laissait l'ennemi faire librement ses incursions. Les Romains
à qui il apprenait à trembler, s'accoutumèrent à se tenir cachés sous
leurs tentes, tandis qu'on enlevait jusqu'aux portes de leur camp les
habitants des villes et des campagnes qu'ils étaient venus défendre.
Ces braves soldats, qui jusqu'alors avaient préféré l'honneur à la vie,
commencèrent à ne plus craindre que la mort. Une nuée de poussière, qui
annonçait l'approche d'un escadron ennemi, les mettait en fuite. Ils
ne pouvaient soutenir la vue d'un Perse; le nom même de _Perse_ était
devenu un épouvantail, dont on se servait soit par raillerie, soit pour
leur faire interrompre le pillage.
[Note latérale: XIII. Siége de Nisibe.
Jul. or. 1. p. 27, et or. 2. p. 62-67, ed. Spanh.
Zos. l. 3, c. 8.
Theod. l. 2, c. 30. et vit.
Patr. c. 1.
Zon. l. 13, t. 2, p. 14, et 15.
Philost. l. 3, c. 23.
Theoph. p. 32. et 33.