«Ferrare, mercredi 18 septembre 1833.
«J'ai fait une course pour rencontrer la pauvre voyageuse. Arrivé
cette nuit, je retourne ce soir à Venise, d'où je partirai enfin
pour vous revoir. Vous sentez que j'ai à peine le temps de vous
écrire un mot, pour vous avertir de mes mouvements, et pour vous
dire que partout je pense à vous. Je suis ici auprès des amours, de
la folie et de la prison de votre poëte. Priez pour moi. Peut-être
trouverai-je quelques lignes de vous à Venise avant de quitter
cette ville, où je voudrais que l'on m'exilât avec vous.
«Jeudi 19.
«Tout est changé. _On_ veut absolument que j'aille jusqu'au terme
du voyage où l'_on_ n'ose arriver sans moi. Toutes mes résistances
ont été inutiles; il a fallu me résigner. Je pars donc. Cela
prolongera mon absence d'un mois. Je vais envoyer Hyacinthe à
Paris, qui vous portera une longue lettre et des détails. Rien ne
m'a plus coûté dans ma vie que ce dernier sacrifice, si ce n'est
celui de ma démission de Rome.»