«Rome, lundi 23 février 1829.
«Je vous dirai qu'hier ont fini les obsèques du pape. La pyramide
_de papier_ et les quatre candélabres étaient assez beaux, parce
qu'ils étaient d'une proportion immense et atteignaient à la
corniche de l'église. Le dernier _Dies iræ_ était admirable; il est
composé par un homme inconnu qui appartient à la chapelle du pape.
Aujourd'hui nous passons de la tristesse à la joie. Nous chantons
le _veni Creator_ pour l'ouverture du conclave qui a lieu ce soir,
puis nous irons voir tous les soirs si les scrutins sont brûlés, si
la fumée sort d'un certain poêle, et le jour où il n'y aura point
de fumée, le pape sera nommé, et j'irai vous retrouver. Voilà tout
le fond de mon affaire.
«Le discours du roi d'Angleterre est bien insolent pour la France!
Quelle déplorable expédition que cette expédition de Morée!
Commence-t-on enfin à le sentir? Guilleminot m'a écrit une lettre à
ce sujet, qui me fait rire, parce qu'il n'a pu m'écrire ainsi que
parce qu'il me présumait ministre.
«Écoutez bien ceci: si par hasard on offrait de me rendre le
portefeuille des Affaires étrangères,--ce que je ne crois
nullement,--_je ne le refuserais pas_. J'irais à Paris, je
parlerais au roi; _j'arrangerais_ un ministère dont _je ne serais
pas_, et je proposerais, pour moi et pour m'attacher _à mon
ouvrage_, une position qui vous conviendrait. Je pense, vous le
savez, qu'il convient à mon honneur _ministériel_, et pour laver
l'insulte que m'a faite Villèle, que le portefeuille des Affaires
étrangères me soit un moment rendu: c'est la seule manière
honorable que j'aie de rentrer dans l'administration; mais cela
fait, je me retire aussitôt, à la grande satisfaction de tous les
prétendants, et je passe en paix auprès de vous le reste de ma
vie.»