*Severus* se prend au sens actif, on ne plaisante pas; *serius*
a le sens neutre et s’entend de ce qui ne saurait être un sujet
de plaisanterie. *Severe* veut dire gravement; *serio*,
sérieusement. *Severus* se joint, comme épithète, à des noms de
personnes; *serius*, à des noms de choses. Hor. A. P. 107.
Decent vultum *severum* *seria* dictu. Un rôle grave ne souffre
que des propos sérieux. Sen. Tranq. 15. Nihil magnum, nihil
*severum* nec *serium* quidem ex tanto apparatu putat. Tout
compte fait, il ne reste à ses yeux rien de grand, rien de grave
ni même de sérieux sur ce vaste théâtre du monde. *Severus*
s’oppose à *hilaris*, à *remissus*, à *luxuriosus*; *serius*, à
*jucundus*, *jocosus*, et *serio*, à *joco*, *per jocum*. Tout
cela n’empêche pas qu’on ne rencontre à la place de *serius* le
positif *severus* et surtout le comparatif *severior*, le
superlatif *severissimus*, le substantif *severitas*, parce que
la langue latine n’a point tiré de *serius* des formes
correspondantes.
Sermo. Colloquium. Oratio.
*Sermo*, conversation qui a lieu par hasard ou du moins sans but
déterminé et sérieux; *colloquium*, entretien prémédité qui
roule sur un point convenu.
2. *Sermo*, discours familier; *oratio*, discours travaillé et
conforme aux règles de l’art. Qu’une personne prenne et conserve
un certain temps la parole dans une compagnie, c’est un *sermo*;
on ne doit guère qu’au hasard de ne pas être interrompu; mais
l’*oratio* a une étendue déterminée, un commencement, un milieu
et une fin; on compte qu’on ne sera pas interrompu. Le langage
de la vie commune est celui qui règne dans le *sermo*, soit en
prose, soit en vers, comme chez les comiques et dans les
*Sermonibus* d’Horace; dans l’*oratio*, c’est une langue choisie
et savante. Cic. Orat. 19. Mollis est *oratio* philosophorum et
umbratilis... Itaque *sermo* potius quam *oratio* dicitur. Les
discours des philosophes ont un fond de douceur et un goût de
retraite. Ils méritent plutôt le nom de causeries que celui de
discours. Tac. H. I, 19. Apud senatum non comptior Galbæ, non
longior... *sermo*; Pisonis comis *oratio*. Qu’il fût au sénat
ou à l’armée, Galba ne mettait ni plus de façon ni plus de temps
à ses discours; Pison soignait fort les siens.
—Sermo, v. *Lingua*.
—Servilis, v. *Vernalis*.
—Serpens, serpere, v. *Repere*.
Servus. Famulus. Mancipium. Minister. Ancilla. Servitus.
Servitium.
1. *Servus*, *ancilla*, *famulus* et *mancipium*, personne qui
n’est point libre, esclave; *minister*, serviteur libre,
subalterne. Plin. Ep. X, 97. *Ancillæ* quæ ministræ dicebantur.
Des femmes esclaves qu’on appelait des servantes. Il s’agit des
réunions des chrétiens.
2. *Servus*, l’esclave au sens politique et légal, comme soumis
au joug, par opposition à *dominus*, δοῦλος et δμώς; *famulus*,
au sens patriarcal, comme membre et partie de la famille, par
opposition à *herus*, οἰϰέτης; enfin, *mancipium*, au sens
économique, comme propriété et marchandise, ἀνδράποδον.
3. *Serva*, la femme esclave, quand il s’agit de faire ressortir
l’état légal; *ancilla*, la femme esclave dans la vie ordinaire,
comme féminin usuel de *servus*.
4. *Servitus*, l’esclavage, au sens indifférent, comme une
condition régulière, naturelle, légale; *servitium*, comme un
état extraordinaire, violent, honteux, avec une idée de mépris
ou de compassion. Mais la plupart des prosateurs n’emploient,
comme terme abstrait, que *servitus*, et ils se servent de
*servitium*, particulièrement de *servitia*, comme d’un terme
concret en lieu et place de *servi*.
Severitas. Gravitas. Strenuitas.
*Severitas*, la gravité qui tient à la manière de penser et de
juger; *gravitas*, celle qui impose aux gens; *strenuitas*,
celle qui paraît dans les actions.
—Severus, v. *Austerus* et *Serius*.
—Sica, v. Gladius.
—Sicarius, v. *Homicida*.
—Sidus, v. *Stella*.
—Siccus, v. *Aridus*.
—Signum, v. *Imago*.
Silere. Tacere. Reticere. Obticere.
1. *Silere*, ne faire aucun bruit, σιωπᾷν, par opposition à
*strepere*; *tacere*, ne dire mot, se taire, σιγᾷν, par
opposition à *loqui*, *dicere*. Le composé *reticere* signifie
se taire quand on a quelque chose à dire et qu’on le garde pour
soi, par opposition à *eloqui*, *proloqui*; le composé
*obticere*, *obticescere*, rester muet en face d’une personne
qui adresse une question ou qui attend une explication, par
opposition à *respondere*. Cic. Harusp. 28. Sed tamen facile
*tacentibus* cæteris *reticuissem*. Il m’eût été facile d’être
discret, si les autres avaient su se taire.
2. *Tacens* et *tacitus* présentent le silence comme un état
temporaire: *tacens* se dit de toute personne qui ne parle
point; *tacitus*, de celle qui, ayant sujet de parler, à dessein
ne parle point et observe un silence significatif; *taciturnus*
marque une qualité habituelle, comme silencieux et taciturne.
Silva. Saltus. Nemus. Lucus.
*Silva*, forêt en général, abondante en arbres qui fournissent
du bois, ὕλη; *saltus*, forêt considérée comme un lieu sauvage,
bois de montagnes, νάπη; *nemus*, comme un lieu agréable,
bocage, parc; *lucus*, comme un lieu saint, bois consacré aux
dieux, ἄλσος, ἄλτις.
—Simpuvium, v. *Poculum*.
—Simul, v. *Una*.
—Simulatio, v. *Imitatio*.
—Sinere, v. *Ferre*.
—Simulacrum, v. *Imago*.
—Simultas, v. *Odium*.
—Singularis, v. *Eminens*.
—Singuli, v. *Quisque*.
Sinister. Lævus.
Ils s’entendent tous les deux du côté gauche. *Sinister* est le
terme usuel et prosaïque, comme ἀριστερός; *lævus*, le terme
choisi et poétique, comme σϰαιός. Au figuré *sinister* est le
symbole de la défaveur et de la mauvaise chance; *lævus*, celui
de la perversité et de la maladresse.
—Sinus, v. *Gremium*.
Sistere. Inhibere. Statuere.
*Sistere* et *inhibere*, rendre immobile, arrêter: *sistere*, en
parlant d’un être qui vit et qui court; *inhibere*, d’un objet
inanimé qui a été mis en mouvement. *Statuere*, fixer à demeure,
établir sur un pied solide.
—Situm esse, v. *Cubare*.
—Situs, v. *Lutum*.
—Societas, v. Fœdus
Socius. Sodalis. Sociennus. Amicus. Familiaris. Particeps.
Consors.
1. *Socii*, gens unis pour agir en commun par des intérêts
mutuels, compagnons, etc.; *sodales* et *socienni*, ἑταῖροι,
pour jouir en commun de la vie, parce qu’ils se plaisent
mutuellement, camarades: *sodalis*, terme noble; *sociennus*,
terme comique. *Socius* se joint à un génitif qui marque le but
de l’association ou *sociatio*; *sodalis*, à un génitif ou à un
adjectif possessif qui désigne l’autre *sodalis*: *socius
periculi*, *culpæ*, mais *sodalis meus*.
2. *Sodalis*, camarade avec lequel on a des rapports de société
et surtout des rapports agréables; *amicus*, ami avec lequel on
fait échange des sentiments sacrés de l’amour et de l’estime;
*familiaris*, ami intime avec lequel on n’a qu’un cœur et qu’une
âme, étant lié pour les affaires frivoles comme pour les
affaires sérieuses.
3. Le *socius rei* travaille ou souffre avec un autre; le
*particeps* et le *consors* partagent une jouissance ou une
possession: le *particeps*, par une intervention volontaire, par
opposition à *expers*, comme μέτοχος; le *consors*, parce qu’il
lui échoit une part, par opposition à *exsors*. Cic. Balb. 28.
Fuit hic multorum illi *laborum socius* aliquando; est fortasse
nunc nonnullorum *particeps commodorum*. Il a été à plusieurs
reprises le compagnon de ses nombreux travaux; peut-être veut-il
bien partager à présent quelques avantages avec lui. L’associé à
l’empire est un *socius imperii*, en ce sens qu’il aide à
expédier les affaires du gouvernement; c’est un *consors*, en ce
sens qu’il a dû être appelé à cette dignité.
—Socordia, v. *Ignavia*.
—Sodalis, v. *Socius*.
Solemnia. Feriæ. Dies festi. Festa.
*Solemnia*, les fêtes considérées comme des institutions
solennelles et périodiques; *feriæ*, comme des jours de repos et
de délassement; *festa*, ou en prose *dies festi*, comme des
jours de joie.
Solere. Consuevisse. Adsolere.
1. *Solere* s’emploie à propos d’événements et de toute sorte
d’actions, comme avoir coutume, φιλεῖν; *consuevisse* ne se dit
que d’une action personnelle, comme être habitué, εἰωθέναι. Dans
Liv. XXXVIII, 17. Hæc quibus *insolita* atque *insueta* sunt
Græci timeant. Les Grecs ne sont ni accoutumés ni habitués aux
maux qui les menacent: *insolitus* ne fait allusion qu’à la
fréquence du fait; *insuetus* marque qu’il faut que le sujet
soit actif, soit passif, se familiarise avec lui.
2. *Solet* se prend en bonne ou en mauvaise part; *assolet*
contient un éloge et revient à *recte* ou *rite solet*.
—Solers, v. *Sapiens*.
—Sollicitudo, v. *Cura*.
—Sollicitare, v. *Lacessere*.
Solitudo. Vasta. Deserta. Tesca.
*Solitudo* exprime la solitude d’un lieu dans un sens
indifférent ou avec éloge; *vasta*, *deserta*, *tesca loca* se
prennent en mauvaise part: *vasta loca*, lieux sans culture, par
opposition à *culta*; *deserta*, espaces inhabités, par
opposition à *habitata*; et *tesca*, *tesqua*, désert où règne
un silence effrayant, par opposition à *celebria loca*.
Solum. Fundus. Vadum. Fundamentum.
*Solum*, *fundus* et *vadum*, base et fond naturel: *solum*, le
sol sur lequel on a le pied ferme, par opposition aux éléments
mobiles, à l’air, à l’eau; *fundus*, fond d’un vase, par
opposition au reste de l’espace que le vase enferme; *vadum*,
fond d’un cours d’eau, d’un lac, de la mer, par opposition à
l’eau qui coule ou porte dessus. *Fundamentum*, fondement, base
artificielle sur laquelle repose un édifice, etc., et qui n’est
pas moins nécessaire que le sol même, *solum*, lorsqu’il s’agit
d’élever une construction. On dit proverbialement: Omnis res jam
in *vado* est, couler une affaire, à fond, par une métaphore
empruntée d’un nageur qui atteint le fond de l’eau; mais:
Largitio *fundum* non habet: Profusion n’a pas de fond, par une
métaphore empruntée au tonneau des Danaïdes. Cic. Brut. 74.
*Solum* et quasi *fundamentum* oratoris vides. Tu as sous les
yeux le sol et même le fondement sur lequel bâtit l’orateur.
—Solum, v. *Tellus*.
Somnus. Sopor. Somnium. Insomnium.
1. *Somnus*, terme usuel, prosaïque; *sopor*, terme choisi,
poétique, pour désigner le sommeil. *Sopor* n’a en prose que la
signification causative: c’est une drogue ou une influence
soporifique; ce n’est point un profond sommeil.
2. *Somnium*, le rêve, en prose, ὄναρ; *insomnium*, en poésie,
ἐνύπνιον.
—Sonitus, v. *Fragor*.
—Sopor, v. *Somnus*.
—Sospes, v. *Salvus*.
—Spatiari, v. *Ambulare*.
—Spectare, v. *Videre*.
—Sons, v. *Culpa*.
—Sordes, v. *Lutum*.
—Sparsi, v. *Passi*.
—Species, v. *Figura*.
Spectrum. Mostellum. Manes. Lemures.
Ces quatre termes se disent également d’un esprit qui revient
après la mort. Ils diffèrent en ce que *spectrum* renferme
l’idée d’une apparition surnaturelle; *mostellum*, celle d’une
apparition effrayante; *manes*, celle d’un esprit bienfaisant;
*lemures*, d’un esprit taquin.
—Speculator, v. *Explorator*.
Specus. Caverna. Antrum. Spelunca. Spelæum. Fovea. Scrobs.
1. *Specus* et *caverna*, cavités soit souterraines, soit au
niveau du sol, sorte de termes génériques, par rapport à
*antrum*, *spelunca* et *spelæum*, cavités à ouverture verticale
qui pénètrent dans une montagne, et à *scrobs*, *fovea* et
*favissa*, fosses à ouverture horizontale qui s’enfoncent sous
terre.
2. *Specus*, crevasse à ouverture longitudinale; *caverna*, trou
à ouverture ronde.
3. *Spelunca*, caverne, au sens physique, avec allusion à son
obscurité et à son aspect effrayant; *antrum*, grotte, au sens
esthétique, avec allusion à son aspect pittoresque et à sa
fraîcheur; enfin, *spelæum*, mot d’origine étrangère qui ne se
trouve que chez les poëtes, tanière et repaire des bêtes.
4. *Fovea*, fosse qu’on laisse ouverte ou qu’on recouvre pour
servir de magasin et surtout de piége pour prendre une bête
sauvage; *scrobs*, fosse que l’on comble sur-le-champ et qu’on
ne creuse que pour mettre quelque chose en terre, comme un plant
d’arbre ou un cadavre.
—Sperare, v. *Vereri*.
Spernere. Contemnere. Despicere. Aspernari. Recusare. Fastidire.
Negligere.
1. *Spernimus* rejicienda, fugienda, ut libidines. Nous
dédaignons ce qu’il convient de rejeter ou d’éviter, comme les
caprices. *Contemnimus* magna, metuenda, ut pericula, mortem.
Nous méprisons les maux qui effrayent par leur grandeur, comme
les dangers et la mort. *Despicimus* infra nos posita, ut vulgi
opiniones. Nous regardons de haut en bas ce qui est au-dessous
de nous, comme les opinions du vulgaire (Lambin). En d’autres
termes, *spernere*, *spernari*, *aspernari*, ne pas se soucier,
par opposition à *appetere*, *concupiscere*, à peu près comme
ἀποϐάλλειν; *contemnere*, et chez les poētes *temnere*, ne pas
craindre, par opposition à *timere*, *metuere*, comme
ϰαταφρονεῖν; enfin, *despicere*, *despectare*, ne faire aucun
cas, par opposition à *suspicere*, *revereri*, *admirari*, comme
ὀλιγωρεῖν.
2. *Spernere* présente le dédain sous l’aspect d’un sentiment
qui se contient; il est synonyme de *parvi putare*, *negligere*,
comme mépriser et dédaigner; *spernari* et *aspernari*, qui est
plus usité, se disent de l’expression du dédain; ils sont
synonymes de *recusare*, *abnuere*, *rejicere*, comme repousser.
L’idée saillante est dans *spernere* celle du peu d’estime; dans
*aspernari*, celle de l’aversion. *Spernere* se rapporte à un
objet qu’il ne tiendrait qu’à nous de posséder; *aspernari*, à
un objet qui nous est offert ou imposé.
3. *Aspernari*, avouer son aversion sans pousser les choses plus
loin; *recusare*, protester et refuser irrévocablement. Curt.
VI, 6, 7. Principes *aspernantes* quidem, sed *recusare* non
ausos Persicis ornaverat vestibus. Les chefs, qui ne cachaient
point leur aversion, mais qui n’osaient aller jusqu’à un refus,
se virent parés par ses mains du costume persan.
4. Le *spernens* obéit à une antipathie qu’autorisent la morale
et la raison; il a plus ou moins conscience des motifs qui lui
font dédaigner quelque chose; le *fastidiens* obéit à une
antipathie physique et instinctive, innée ou accidentelle, qui
provient d’un accès de satiété ou de quelque cause analogue;
enfin, le *negligens* n’obéit ni aux suggestions de la raison ni
à celles de l’instinct et du sentiment: il agit sans penser ni
vouloir.
—Sphæra, v. *Globus*.
—Spica, v. *Culmus*.
—Spiritus, v. *Anima*.
—Spissus, v. *Angustus*.
—Splendere, v. *Lucere*.
—Spolia, v. *Præda*.
—Spoliare, v. *Vastare*.
—Spondere, v. *Polliceri*.
Sponsor. Vas. Præs.
*Sponsor*, caution en général, garantissant n’importe quoi;
*vas* et *præs*, caution judiciaire ou légale: *vas*, celui qui
s’engage à faire comparaître en justice le demandeur ou le
défendeur; *præs*, celui qui fournit une caution exigée par
l’État.
Sponte. Ultro. Sua sponte. Voluntate. Libenter.
1. *Sponte*, de soi-même; *ultro*, soudainement. *Sponte* se
rapporte à l’impulsion qui fait agir; *ultro*, à l’effet. Liv.
X, 19. Orare ne collegæ auxilium, quod acciendum *ultro* fuerit,
sua *sponte* oblatum sperneretur. On le prie de ne point
dédaigner le secours de son collègue, qu’il aurait dû demander
par une résolution soudaine et qu’on lui offrait de bon cœur.
*Sponte accusare* veut dire être porté de soi-même à intenter
une accusation; *ultro accusare*, aller jusqu’à prendre le rôle
d’accusateur lorsqu’on devrait s’estimer heureux de n’être pas
accusé soi-même. Cette expression elliptique *ultro accusavit*
s’explique donc par la phrase complète: Haud contentus non
accusari ab altero *ultro* etiam progressus est, ut ipse
accusaret alterum, ou *ultro* progressus accusavit alterum.
2. *Sponte*, de propos délibéré, s’oppose à *casu*, à
*necessitate*; *sua sponte*, par sa propre impulsion et par
cette impulsion seule, αὐτομάτως, à *rogatus*, *provocatus* ou
*invitatus*.
3. *Sponte* et *spontaneus*, ἑϰὼν et ἑϰούσιος, présentent une
action volontaire et libre comme une affaire d’intelligence;
*voluntate* et *voluntarius*, ἐθελοντὴς, comme une affaire de
volonté, par opposition à *invite*; enfin, *libenter* et
*libens*, ἄσμενος, comme une affaire de sentiment, par
opposition à *tædio*.
—Squalor, v. *Lutum*.
—Statim, v. *Repente*.
—Statua, v. *Imago*.
—Statuere, v. *Destinare* et *Sistere*.
—Status, v. *Conditio*.
—Stagnum, v. *Lacuna*.
Stella. Astrum. Sidus.
*Stella*, toute étoile prise à part dans le nombre immense des
globes que contient l’univers, ἀστήρ; *astrum*, chacun des
grands corps lumineux qui sont au ciel, le soleil, la lune et
les principales étoiles distinguées par un nom propre, ἄστρον;
enfin, *sidus*, assemblage d’étoiles, constellation et même, à
cause de la parenté qu’il y a entre les idées de foule et de
grandeur, étoile de première grandeur, astre, τέρας, τείρεα.
*Astrum* et *stella*, étoiles, au sens physique, comme des corps
célestes lumineux; *sidus*, au sens astronomique et
astrologique, comme des météores dont l’apparition possède un
sens et exerce de l’influence sur les affaires de ce monde. Sen.
Helv. 9. Dum *ortus siderum*, occasus intervallaque et causas
investigare velocius meandi vel tardius, spectare tot per noctem
*stellas micantes* liceat. Pourvu qu’on me permette d’observer
le lever des constellations, leur coucher, leurs distances, les
causes qui accélèrent ou retardent leur marche, d’arrêter mes
regards sur cette foule d’étoiles qui brillent dans le cours de
la nuit.
—Stercus, v. *Lutum*.
—Stimulare, v. *Pungere*.
—Stilla, v. *Gutta*.
—Stipator, v. *Satelles*.
Stipes. Vallus. Palus. Sudes.
*Stipes* et *vallus*, gros pieu, poutre ou pilotis qui ne peut
être enfoncé qu’à l’aide d’un mouton: *stipes*, bon à différents
usages, à la guerre et ailleurs; *vallus*, façonné tout exprès
pour servir de palissade. *Palus* et *sudes*, menu pieu, perche
ou branche, facile à enfoncer: le *palus* s’emploie à toute
sorte d’usages, comme pieu de haie, surtout comme piquet,
échalas ou tuteur; le *sudes* sert spécialement par la pointe,
comme palis, pique ou javelot.
—Stipula, v. *Culmus*.
—Stiria, v. *Gutta*.
Stirps. Genus. Gens. Prosapia. Posteritas. Progenies. Proles.
Suboles.
1. *Stirps*, *genus* et *gens*, qui sont des termes abstraits et
collectifs par rapport à *majores*, désignent ordinairement la
race ou la ligne ascendante; *prosapia*, *progenies*, *propago*,
*proles*, *suboles*, la lignée ou la ligne descendante, ce sont
des termes abstraits et collectifs par rapport à *posteri*.
2. *Prosapia*, terme archaïque et pompeux qui n’est d’usage
qu’en parlant de familles d’une antique noblesse; *posteritas*,
terme usuel, prosaïque; *progenies*, terme choisi, noble;
*proles* et *suboles*, termes poétiques: *proles* présente les
enfants comme des fruits nouveaux, comme une jeune génération
destinée à vivre à côté de l’ancienne; *suboles*, comme des
rejetons destinés à remplacer la génération qui s’en va.
3. *Gens*, famille politique; *genus*, famille naturelle. La
*gens* se compose de familles que le fondateur de l’État a
réunies en communauté ou en association; le *genus*, d’espèces
et d’individus qui, en vertu de leurs caractères communs,
appartiennent à une seule et même classe.
Stirps. Truncus.
*Stirps*, la tige ou partie essentielle par laquelle l’arbre vit
et se conserve, par opposition aux branches et aux feuilles
considérées comme des excroissances et des dépendances;
*truncus*, le tronc, partie nue et sèche, par opposition aux
branches, aux feuilles, à la couronne qui servent de parure à
l’arbre. Il correspond au tronc du corps humain.
—Stolidus, v. *Stupidus*.
—Stolo, v. *Rami*.
—Stomachari, v. *Succensere*.
Strabo. Pætus.
*Strabo*, celui qui louche par nature, infirmité ou mauvaise
habitude; *pætus*, celui qui fait des yeux louches à dessein et
par espièglerie.
—Strages, v. *Ruina*.
—Strenuitas, v. *Severitas*.
—Strepitus, v. *Fragor*.
—Strues, v. *Acervus*.
Studium. Benevolentia. Favor. Amor. Gratia.
1. *Studium* désigne ordinairement l’amour et l’attachement de
l’inférieur pour le supérieur, du soldat pour son général, du
sujet pour son souverain, du disciple pour son maître, du
partisan pour son chef et son parti; *favor*, l’amour et la
faveur du supérieur pour l’inférieur, du public pour un
comédien, du peuple pour un candidat, du juge pour une des
parties; enfin, *benevolentia*, l’amour et la bienveillance pour
un égal. Dans Cic. Rosc. Com. 10. Quod *studium* et quem
*favorem* secum in scenam attulit Panurgus? Quel zèle et quelle
faveur quand Panurge entre en scène! il faut se représenter le
public d’abord comme auditeur, puis comme juge de l’acteur.
Orat. I, 21. Ego qui incensus essem *studio* utriusque vestrum,
Crassi vero etiam *amore*. Moi qui étais tout feu dans mon zèle
pour vous deux, dans mon amour pour Crassus.
2. *Studium*, *favor* et *benevolentia* expriment une
inclination passagère occasionnée et limitée par les
circonstances, calme ou même tiède; *amor*, un amour enraciné au
fond de l’âme et voisin de la passion. Cic. Fam. I, 9. Nihil est
quod *studio* et *benevolentia* vel potius *amore* effici non
possit. Je ne sais rien que le zèle et la bienveillance ou
plutôt l’amour ne soit capable d’accomplir. Att. V, 10. *Amores*
hominum in te et in nos quædam *benevolentia*. L’amour qu’on te
porte et une certaine bienveillance qu’on a pour nous.
3. *Favor*, faveur qu’on accorde, par opposition à *invidentia*;
*gratia*, faveur dont on jouit, par opposition à *invidia*.
Stupidus. Brutus. Bardus. Stultus. Fatuus. Stolidus.
*Stupidus*, *brutus* et *bardus* sont des termes exclusivement
négatifs qui marquent un défaut d’intelligence: *stupidus*,
celui de l’homme qui comprend difficilement, qui est épais,
ἀναίσθητος; *brutus*, celui de la brute et de l’homme qu’un vice
d’organisation ravale au niveau de la brute, qui n’entend rien,
qui est dépourvu de raison, ϐλὰξ, idiot; *bardus*, celui de
l’homme qui ne comprend qu’avec lenteur, qui n’a aucun talent,
ϐραδὺς, lourd. *Stultus*, *fatuus* et *stolidus* expriment une
qualité positive de l’esprit qui a des idées fausses et qui juge
de travers: *stultus*, un défaut de sagesse pratique qui est de
la déraison, μωρὸς, sot, par opposition à *prudens*; *fatuus*,
un défaut de bon sens qui est de la puérilité, comme nigaud;
*stolidus*, un défaut de convenance et de modération qui est de
la grossièreté, comme impertinent. Liv. XXV, 19. Id non
promissum magis *stolide* quam *stulte* creditum. Promesse
impertinente, sotte crédulité.
Suavis. Dulcis.
*Suavis* s’entend, comme ἡδὺς, d’une odeur agréable, et au
figuré d’un attrait qui se fait suivre; *dulcis* s’entend, comme
γλυϰὺς, d’une saveur agréable, et au figuré d’un charme qui
entraîne; il sert à renchérir sur *suavis* dans Plin. Ep. V, 8,
10. Hæc vel maxima vi, amaritudine, instantia; illa tractu et
*suavitate* atque etiam *dulcedine* placet. L’historien ne plaît
guère que par la force, l’austérité, la chaleur; l’orateur plaît
par l’abondance, l’agrément et la grâce. Plin. H. N. XV, 2732.
*Dulce* et pingue et *suave*. Le lait, qui n’est point
précisément un corps gras, ne flatte que médiocrement l’odorat
et la langue.
—Suavium, v. *Osculum*.
—Sublime, v. *Anima* et *Altus*.
—Subito, v. *Repente*.
—Suboles, v. *Stirps*.
Succensere. Irasci. Indignari. Stomachari.
*Succensere*, garder rancune, et *ægre*, *graviter*, *moleste*,
*difficiliter ferre*, prendre en mal, expriment un
mécontentement contenu; *irasci*, *indignari* et *stomachari*,
un mécontentement qui éclate. La colère, *ira*, porte
l’empreinte de la passion; elle a soif de vengeance;
l’indignation, *indignatio*, offre l’image du sentiment moral
qui se soulève ou se révolte; elle proclame sa désapprobation ou
son mépris; l’emportement, *stomachatio*, est la marque d’un
tempérament irritable, la bile déborde, la mauvaise humeur se
fait jour, on est bruyant et querelleur. L’*iratus* se présente
sous les traits d’un ennemi, il inspire de la crainte;
l’*indignabundus*, sous ceux d’un juge, il impose; le
*stomachans*, sous ceux d’un maniaque, il est ridicule.
—Sudes, v. *Fustis* et *Stipes*.
—Suffragium, v. *Sententia*.
—Sulcus, v. *Porca*.
—Suffugium, v. *Perfuga*.
Sumere. Capere. Prehendere. Accipere. Excipere. Recipere.
Suscipere. Recuperare.
1. *Sumere*, se munir d’un objet pour s’en servir, comme αἱρεῖν;
*capere*, s’en saisir pour le posséder, comme λαϐεῖν; enfin,
*prehendere*, mettre la main dessus pour en être physiquement
maître. Cic. Phil. XII, 7. Saga *sumpsimus*, arma *cepimus*.
Nous avons pris des habits de guerre, nous avons saisi nos
armes.
2. *Accipere*, recevoir ce qu’on nous offre, δέχεσθαι, on y met
de l’empressement; *excipere*, accueillir ce qui vient à nous,
ce que nous attendions, ὑποδέχεσθαι; *recipere*, prendre sous sa
protection, par générosité; *suscipere*, prendre un fardeau sur
soi, entreprendre par dévouement. L’*accipiens* prend dans la
main, l’*excipiens* dans les bras, le *recipiens* sur son cœur,
le *suscipiens* sur les bras ou sur le dos.
3. *Recipere*, recouvrer sans qu’il en coûte de la peine;
*recuperare*, regagner par ses efforts. Liv. XLII, 53. Urbem
*recipit*, par une simple occupation. Comparez XXVI, 39. Urbe
*recuperata*, par conquête.
Summus. Supremus.
*Summus*, marque le plus haut degré d’élévation dans un sens
indifférent, ce n’est qu’une question de lieu, ἄϰρος, par
opposition à *imus*; *supremus*, terme poétique et pompeux,
contient une idée accessoire de sublimité, comme ὕπατος, par
opposition à *infimus*.
Sumptus. Impensæ.
*Sumptus*, dépense qui ébrèche la fortune et le capital, voisine
de la prodigalité; *impensæ*, dépenses qui servent à atteindre
un but et qui tiennent du sacrifice.
—Superare, v. *Vincere*.
Superbia. Arrogantia. Fastus. Insolentia.
La *superbia* met les autres au-dessous d’elle par contentement
de soi-même, elle ne voit dans leurs qualités que des reflets de
ses propres mérites, c’est l’orgueil par opposition à
l’humilité; l’*arrogantia* veut se prévaloir aux dépens des
autres d’avantages ou de priviléges qui ne lui appartiennent
point, c’est l’arrogance opposée à la modestie; le *fastus*
repousse les hommes, comme s’ils n’étaient pas dignes d’entrer
en relation avec lui, c’est l’air superbe par opposition à la
simplicité; l’*insolentia* abuse grossièrement de sa supériorité
pour humilier le faible, c’est la hauteur par opposition à
l’humanité et à la générosité. Le *superbus* veut éclipser les
autres; l’*arrogans*, empiéter sur eux; le *fastosus* les
méprise; l’*insolens* les bafoue.
—Superesse, v. *Restare*.
—Supplementum, v. *Complementum*.
—Supplicare, v. *Rogare*.
—Supremus, v. *Summus*.
—Surripere, v. *Demere*.
—Surculus, v. *Rami*.
Sus. Verres. Scrofa. Porcus.
*Sus*, terme général, nom du cochon en histoire naturelle, ὗς;
*verres*, *scrofa*, *porcus*, termes d’économie rurale:
*verres*, verrat; *scrofa*, truie; *porcus*, jeune porc ou
goret. Le mot *sus* contient une idée accessoire de malpropreté;
le mot *porcus*, de graisse et d’embonpoint.
—Suscipere, v. *Sumere*.
—Suspicere, v. *Vereri*.
Suspirare. Gemere.
*Suspirare*, soupirer, s’entend d’une aspiration profonde et
d’une forte expiration, à la suite d’un serrement de cœur;
*gemere*, gémir, tient plus de la volonté, on donne de l’air à
une poitrine oppressée. Un soupir, *suspirium* exprime la gêne;
un gémissement, *gemitus*, la douleur. Cic. Att. II, 21. Cum diu
occulte *suspirassent*, postea jam *gemere*, ad extremum vero
loqui omnes et clamare cœperunt. A des soupirs longtemps
étouffés succèdent les gémissements, puis enfin, un concert de
plaintes et de cris.
—Sustinere, sustentare, v. *Ferre*.
T
—Taberna, v. *Deversorium*.
—Tacere, taciturnus, v. *Silere*.
—Tæda, v. *Fax*.
—Tæter, v. *Teter*.
—Talio, v. *Vindicta*.
—Tabulæ, v. *Axes*.
—Tædet, v. *Piget*.
—Talea, v. *Rami*.
—Tardare, v. *Manere*.
Tardus. Lentus.
*Tardus*, marque la lenteur qui perd du temps par opposition à
*citus*; *lentus*, celle qui prend ses aises et marche à pas
comptés, par opposition à *acer*.
Tellus. Terra. Solum. Humus.
*Tellus*, la terre considérée comme un tout, comme le centre du
monde, comme une déesse, par opposition à d’autres corps
célestes ou à d’autres divinités, γαῖα, γῆ; *terra*, comme
matière et élément par opposition aux autres éléments, γαῖα, γῆ;
*solum*, comme l’élément solide opposé particulièrement à l’eau,
πέδον; enfin *humus*, comme la partie la plus basse du monde
visible par opposition à la région de l’air. Les désinences des
dérivés *terrenus* opposé à *igneus*, *solidus* à *fluidus*,
*humilis* à *sublimis*, correspondent à ces différentes
significations.
—Temetum, v. *Vinum*.
—Tempestas, v. *Ventus*.
—Temperatio, v. *Modus*.
Templum. Fanum. Delubrum. Ædes. Sacellum.
1. *Templum*, *fanum* et *delubrum*, le temple avec le terrain
consacré qui l’entoure, ἱερόν; *ædes*, l’édifice même, ναός;
enfin, *sacellum*, emplacement consacré, sans édifice, avec un
simple autel.
2. Au sens restreint *templum*, temple monumental d’une grande
divinité; *fanum* et *delubrum*, temple modeste d’un dieu
inférieur ou d’un héros.
—Tempus, v. *Dies*.
—Tenebræ, v. *Obscurum*.
—Temulentus, v. *Ebrius*.
Tenere. Habere. Possidere.
*Tenere*, tenir dans sa main, c’est la possession physique;
*habere*, avoir en son pouvoir, c’est la possession de fait;
*possidere*, avoir en propriété, c’est la possession de droit.
Plin. Ep. I, 16. *Tenet*, *habet*, *possidet*. Saturninus
m’attache, me domine, me possède.
Tentare. Periclitari. Experiri. Periculum. Discrimen.
1. *Tentare* et *periclitari*, faire une tentative pour
s’éclairer: *tentare*, avec le désir de s’instruire, en prenant
de la peine, c’est un essai; *periclitari*, avec courage, en
méprisant le danger qu’il peut y avoir, c’est une épreuve;
*experiri*, acquérir des lumières par cette tentative, c’est une
expérience.
2. *Periculum*, le danger considéré dans sa durée; *discrimen*,
comme un simple point dans le temps, comme le moment critique et
le point culminant du *periculi*. Liv. VI, 17. In ipso
*discrimine* *periculi* destituat. Abandonner au plus fort de la
crise.
—Tenuis, v. *Exilis*.
—Tergum, v. *Dorsum*.
—Terere, v. *Lævis*.
Tergus. Cutis. Pellis. Vellus.
*Tergus* et *cutis*, couverture extérieure des chairs à l’état
de membrane nue et lisse: *tergus*, peau grossière des animaux
recouvrant une chair tendre et bonne à manger, le cuir δέρμα;
*cutis*, peau fine de l’homme protégeant la chair vive et
sensible, χρώς. *Pellis* et *vellus*, peau avec sa garniture:
*pellis*, peau garnie de poils ou *pili*, fourrure, δορά;
*vellus*, peau laineuse, garnie de flocons ou *villi*, toison,
μαλλός. On dit en parlant des hommes, *cutem*; des éléphants,
serpents, etc., *tergora*; des lions, chèvres, chiens, etc.,
*pelles*; des brebis, *vellera*. Juven. X, 192. Deformem pro
*cute* *pellem*. Une peau fine autrefois, pleine à présent de
rides et de poils.
—Termes, v. *Rami*.
—Terminare, terminus, v. *Finire* et *Finis*.
Teter. Fœdus. Turpis. Deformis.
*Teter*, *tæter*, ce qui nous paraît odieux parce qu’il trouble
notre sécurité en nous inspirant de la crainte ou en nous
donnant des frissons, à peu près comme effroyable, épouvantable,
ϐλοσυρός; *fœdus*, parce qu’il offense la nature, parce qu’il
excite en nous du dégoût ou de l’horreur, comme affreux, μιαρός;
*turpis*, parce qu’il offense le sens moral ou les convenances
en provoquant notre désapprobation ou notre mépris, par
opposition à *honestus*, *gloriosus*, comme laid, honteux,
αἰσχρός; *deformis*, parce qu’il blesse le goût et déplaît, par
opposition à *formosus*, comme mal fait, δυσειδής. Cic. Off. I,
34. Luxuria cum omni ætate *turpis*, tum senectuti *fœdissima*
est. La débauche honteuse à tout âge est affreuse dans la
vieillesse. Rep. II, 26. Tyrannus quo neque *tetrius* neque
*fœdius*... animal ullum cogitari potest. Un tyran, l’être le
plus effroyable, le plus affreux que l’imagination puisse
concevoir. Vatin. 3. Quanquam sis omni *diritate teterrimus*.
Quoique ta dureté fasse de toi un effroyable personnage. Vell.
P. II, 69. In Vatinio *deformitas corporis* cum *turpitudine*
certabat ingenii. Chez Vatinius la difformité allait de pair
avec la turpitude.
—Tesca, v. *Solitudo*.
—Tetricus, v. *Austerus*.
—Tignum, v. *Trabes*.
—Timere, timor, v. *Vereri*.
—Titubare, v. *Labare*.
—Tolerare, v. *Ferre*.
—Tormentum, v. *Cruciatus*.
—Torquere, v. *Vertere*.
—Torridus, v. *Aridus*.
—Torvus, v. *Atrox*.
—Totus, v. *Quisque*.
Toxicum. Venenum. Virus.
*Toxicum*, terme d’histoire naturelle, poison, sans idée
accessoire; *venenum*, liqueur ou potion empoisonnée qui peut
être douce et séduisante; *virus*, liqueur ou breuvage
malfaisant et repoussant. Liv. II, 52. Tribuni plebem agitare
suo *veneno*, agraria lege. Le peuple que travaille le poison
préparé par les tribuns, la loi agraire. Comparez Cic. Læl. 23.
Evomat *virus* acerbitatis suæ. Qu’il vomisse le venin de sa
misanthropie.
Trabes. Tignum.
*Trabes*, *trabs*, poutrelle longue et mince qui se rapproche de
la perche; *tignum*, poutre courte et épaisse qui se rapproche
de la bille. Un radeau se compose de *trabibus* et non point de
*tignis*; au contraire, les pièces de charpente destinées à
servir de supports dans une construction se composent de
*tignis* et non point de *trabibus*, car ce dernier terme
désigne de préférence les traverses supportées. Cæs. B. C. II,
9. Supra eum locum duo *tigna* transversa injecerunt, quibus
*suspenderent* eam contignationem, supraque ea *tigna* directo
transversas *trabes* injecerunt, easque axibus religaverunt. Ils
jetèrent par-dessus deux poutres[1] qui se croisaient à angle
droit et qui devaient supporter la plate-forme, sur les poutres
un grillage de poutrelles[2] reliées par des ais[3].
—1 Sablières.
—2 Longrines et traverses.
—3 Voliges.
—Tractus, v. *Locus*.
—Trames, v. *Iter*.
—Tragulum, v. *Missile*.
—Tranquillus, v. *Quies*.
Trans. Uls. Ultra.
*Trans* et *uls*, de l’autre côté, πέραν, par opposition à
*cis*; ce sont des prépositions qu’on n’accentue pas et qui
servent simplement à distinguer un côté de l’autre, elles
appartiennent à la même classe que *super*: *trans*, est le
terme usuel; *uls* a vieilli, il est tombé en désuétude.
*Ultra*, au delà, πέρα, par opposition à *citra*; on appuie sur
le mot pour donner une haute idée de l’éloignement de cet autre
côté au delà duquel il faut chercher l’objet, c’est une
particule de la même classe que *supra*. La séparation exprimée
par *ultra* fait songer à une frontière, la séparation exprimée
par *trans* à un obstacle. Tac. Germ. 29. Protulit magnitudo
populi Romani *ultra* Rhenum *ultra*que veteres terminos imperii
reverentiam... Non numeraverim inter Germaniæ populos, quamquam
*trans* Rhenum Danubiumque consederint, eos qui decumates agros
exercent. La grandeur du peuple romain a porté au delà du Rhin
et au delà des vieilles bornes le respect de son autorité... Je
ne compte point parmi les peuples de la Germanie, quoiqu’établis
de l’autre côté du Rhin et du Danube, ceux qui cultivent les
champs soumis à la dîme.
—Transfuga, v. *Perfuga*.
Transversus. Obliquus.
*Transversum*, perpendiculaire, ce qui se dirige à angles droits
à partir d’un point donné sur une droite; *obliquum*, oblique,
ce qui s’éloigne du même point en faisant un angle aigu ou
obtus.
—Tribuere, v. *Impertire*.
—Troicus, troius, v. *Achivi*.
—Truculentus, v. *Atrox*.
—Truncare, v. *Mutilare*.
—Trux, v. *Atrox*.
—Tristitia, v. *Dolor*.
—Trucidare, v. *Interficere*.
—Trudis, v. *Fustis*.
—Truncus, v. *Stirps*.
Tueri. Defendere.
*Tueri* ne suppose qu’un danger possible, comme protéger, par
opposition à *negligere*; *defendere*, suppose une attaque,
comme défendre, par opposition à *deserere*. Les mineurs ont des
protecteurs ou tuteurs, *tutores*, les accusés des défenseurs,
*defensores*. Le *tuens* fait preuve de sollicitude et d’amour
en cherchant à prévenir le danger; le *defendens*, de courage et
de force en faisant face au danger. Sen. Tranq. 11. Neque ille
solum militat qui in acie stat et dextrum lævumque *cornu
defendit*; sed et qui *portas tuetur*. Le nom de soldat n’est
pas exclusivement réservé à celui qui tient ferme à son rang de
bataille et qui défend l’aile droite ou l’aile gauche; il
convient également à celui qui garde les portes.
Tum. Tunc.
*Tum*, adverbe qui correspond à *is*, comme en ce temps-ci;
*tunc*, adverbe qui correspond à *ille*, comme en ce temps-là.
—Tumere, v. *Turgere*.
—Tumulus, v. *Collis*.
—Turba, v. *Caterva*.
Turbæ. Tumultus. Seditio. Secessio. Deficere. Desciscere.
1. *Turbæ* et *tumultus*, désordres de police: *turbæ*,
attentatoires au bon ordre; *tumultus*, à la tranquillité
publique. *Seditio* et *secessio*, mouvements politiques par
suite d’une différence d’opinions nette et tranchée, de
principes contradictoires: *seditio*, quand l’union vient
seulement d’être troublée et que la lutte des partis se passe
encore en paroles; *secessio*, quand on a renoncé à tout espoir
de conciliation et que les partis sont en présence prêts à se
battre ou qu’ils ont du moins rompu tout commerce.
2. Les *seditiosi* et les *secedentes* sont citoyens et membres
d’une communauté libre dont ils troublent seulement l’union; les
*deficientes* et *desciscentes* violent un contrat en qualité de
sujets qui se soulèvent ou d’alliés qui font défaut: *deficere*,
terme général, présente la défection par son côté moral, comme
une désertion qui provient d’infidélité, d’hésitation et de
lâcheté; *desciscere*, par son côté politique, comme un
changement de principes et de système.
—Turbo, v. *Ventus*.
Turgere. Tumere.
*Turgere*, exprime une augmentation de volume qui tient à un
excès de force et d’abondance, comme σπαργᾷν, σφριγᾷν; *tumere*,
contient l’idée du néant et du vide déguisés sous l’enflure,
comme οἰδᾷν. On appelle les voiles *turgida* lorsque le vent qui
les gonfle est considéré comme un corps réel, capable en effet
de les remplir, et *tumida*, lorsqu’on ne veut voir dans le même
vent que de l’air, un air qui n’est rien et qui paraît seulement
remplir les voiles.
—Turio, v. *Rami*.
—Turpis, v. *Teter*.
Tutus. Securus. Incuriosus.
1. *Tutus* se rapporte à la réalité de la chose et s’entend de
celui qui est en sûreté, comme ἀσφαλής; *securus* se rapporte à
la persuasion de l’esprit et s’entend de celui qui se croit en
sûreté. Au sens réfléchi, *tutus* arrive à exprimer l’idée de
prévoyance, et *securus* celle d’imprévoyance par euphémisme.
Sen. Ep. 97. *Tuta* scelera esse possunt, *secura* non possunt.
Le crime peut être en sûreté, mais il ne possède jamais la
sécurité. Cependant, comme il n’existe point de substantif tiré
de *tutus*, *securitas* se prend aussi par catachrèse dans le
sens de sûreté.
2. *Securus*, *securitas* expriment l’absence d’inquiétude et de
soucis comme un état de l’âme, c’est la sécurité, ἀμέριμνος, par
opposition à *sollicitus*; *incuriosus*, *incuria*, expriment le
manque de soin et d’attention, au point de vue pratique, comme
insouciant, ὀλίγωρος, par opposition à *cura*. Sen. Ep. 100.
Fabianus non erat *negligens* in oratione, sed *securus*. Il y
avait dans les discours de Fabianus un air je ne dis pas de
négligence, mais d’assurance.
U
—Uber, v. *Fœcundus*.
Udus. Uvidus. Humidus. Aquosus. Madidus.
1. *Uvidum* et *udum*, ὑγρὸν, humide, dans tout le sens du mot,
ce qui est entièrement composé d’eau ou d’un autre liquide, en
réalité, en apparence, ou encore par hyperbole, *humore
constans*; *humidum* et *humectum*, humide au sens restreint, ce
qui est seulement imprégné de parties aqueuses, humore mixtum.
Sen. N. Q. II, 25. Dicis nubes attritas edere ignem cum sint
*humidæ*, imo *udæ*. Tu dis qu’il sort du feu des nuages qui
sont chargés ou plutôt composés d’eau. *Udus*, qui a pour
opposés *sudus* et *solidus*, est synonyme d’*aquanus* dans
Tertullien; mais *humidus*, qui a pour opposé *aridus*, est
synonyme d’*aquosus*, à cette différence près qu’en employant
*aquosus*, on se représente encore le sec et l’humide comme
distincts; ils existent l’un à côté de l’autre, tandis qu’en
employant *humidus*, on se les représente comme mélangés et
confondus. *Pratum aquosum* signifierait une prairie où il y a
des mares et des étangs; mais *pratum humidum*, une prairie
arrosée.
2. *Udus* n’est qu’une contraction d’*uvidus*; *humectus* n’est
que le participe d’*humidus*. Pacuv. ap. Varr. Terra exhalabat
auroram *humidam*, *humectam*. La terre exhalait une vapeur
humide, chargée d’eau.
3. *Humidus*, *humens* se rapporte, comme humide. à la
constitution intérieure du corps; *madidus*, *madens*, μυδαλέος,
ruisselant, ne se rapporte qu’à l’extérieur et à la surface du
corps, par opposition à *siccus*. Cic. Phil. XIV, 3. *Imbuti*
sanguine gladii legionum exercituumque nostrorum, vel
*madefacti* potius duobus consulum, tertio Cæsaris prælio.
L’épée de nos légions et de nos armées est trempée dans le sang;
elle a ruisselé de sang dans les deux combats livrés par les
consuls, dans le troisième combat livré par César. *Imbuere*,
causatif d’*imbibere*, se rapporte, en effet, à l’humidité qui
pénètre à l’intérieur; *madefieri*, à celle qui s’amasse au
dehors et qui peut provenir indifféremment de deux causes,
savoir d’un trop-plein au dedans ou de la nature imperméable
d’une surface.
—Ulcus, v. *Vulnus*.
—Uligo, v. *Lacuna*.
Ulna. Lacertus. Brachium. Cubitus.
*Ulna*, le bras entier, depuis l’épaule jusqu’à la main, servant
à mesurer l’aune; *lacertus*, le haut du bras, depuis l’épaule
jusqu’au coude; *brachium*, l’avant-bras; *cubitus*, le pli
entre deux, le coude.
—Uls, ultra, v. *Trans*.
—Ultio, v. *Vindicta*.
—Ultimus, v. *Extremus*.
—Ultro, v. *Præterea* et *Sponte*.
—Umbrosus, v. *Obscurum*.
Una. Simul.
*Una*, ensemble, dans le même lieu, ὁμοῦ; *simul*, à la fois,
dans le même temps ou le même instant, ἅμα.
—Unctus, v. *Delibutus*.
Uncus. Hamus.
*Uncus*, grand crochet comparable à une ancre; *hamus*, petit
crochet comparable à un hameçon.
—Uncus, v. *Curvus*.
—Unicus, v. *Eminens*.
—Unda, v. *Aqua*.
—Universus, unusquisque, v. *Quisque*.
—Usque, v. *Semper*.
—Usura, v. *Fœnus*.
—Usurpare, v. *Uti*.
Uterque. Ambo. Utervis. Uterlibet.
1. *Uterque*, chacun des deux, s’applique à un tout dans lequel
on distingue deux unités, comme ἑϰάτερος; *ambo*, tous les deux,
à un tout dans lequel on distingue deux moitiés, comme ἄμφω.
Cic. Finn. II, 7. Hic, qui *utramque* probat, *ambobus* debuit
uti. Puisqu’on admet les deux points de fait, on devrait les
représenter tous les deux par un terme spécial. Ter. Ad. I, 2,
50. Curemus æquam *uterque* partem; tu alterum, ego item
alterum; nam *ambos* curare proреmоdum reposcere illum est quem
dedisti. Prenons chacun une part égale de la tâche; garde
Ctésiphon, moi Eschine. T’occuper ainsi de tous les deux, c’est
presque me redemander celui que tu m’as donné. La différence de
construction est visible dans Cic. Muren. 18, 37. Duæ res in
prætura desideratæ sunt, quæ *ambæ* in consulatu Murenæ
profuerunt... *Horum utrumque* ei fortuna ad consulatus
petitionem reservavit. Deux choses manquèrent à Muréna dans la
demande de la préture; et toutes deux l’ont merveilleusement
servi quand il a sollicité le consulat... La fortune lui
réservait chacun de ces deux avantages dans ses démarches pour
le consulat. Et Orat. III, 26. A *quibus utrisque* submittitur
aliquid. Le poëte et le compositeur sacrifient chacun à la
simplicité.
2. *Uterque* et *ambo* sont copulatifs et se décomposent en
*unus* et *alter*; l’attribut est nécessairement commun;
*utervis*, celui des deux que vous voudrez, et *uterlibet*,
celui des deux qu’il vous plaira, sont disjonctifs et se
décomposent en *unus vel alter*; l’attribut est commun par
accident. Ter. Andr. Prol. 10. Qui *utramvis* recte norit,
*ambas* noverit. Il suffit de posséder une de ces deux pièces de
Ménandre, celle que vous voudrez, pour les posséder toutes les
deux.
Uti. Usurpare. Frui. Frunisci.
*Uti* et *usurpare* expriment l’action de faire usage d’une
chose, d’en disposer à son avantage; mais *uti* se dit d’un
usage permanent; *usurpare*, d’un acte isolé. *Frui* et la
vieille forme *frunisci* expriment le sentiment agréable qui
accompagne cet usage, comme jouir: *frui* est le verbe primitif,
*frunisci*, le verbe inchoatif. Sen. Vit. B. 10. Tu voluptate
*frueris*, ego *utor*. Tu ne cherches dans le plaisir que la
jouissance, j’y cherche le profit. Flor. II, 6. Hannibal quum
victoria posset *uti*, *frui* maluit. Annibal pouvait user de sa
victoire, il aima mieux en jouir. Cic. Rosc. Am. 45, 131.
Commoda, quibus *utimur*, lucem, qua *fruimur*, spiritumque,
quem ducimus, a Deo nobis dari. Les avantages dont nous
profitons tous les jours, la lumière dont nous jouissons, l’air
que nous respirons sont des dons de Dieu. Cic. Cat. III, 2, 5.
Quorum opera... assidue *utor*. Je profite constamment de leur
activité. Comparez avec Finn. II, 35, 118. In ea, quam *sæpe
usurpabas*, tranquillitate degere omnem vitam. Laisser couler sa
vie entière dans la tranquillité que tu as su trouver en mainte
occasion. Cic. Orat. 51, 169. Post inventa conclusio est, qua
credo *usuros* veteres illos fuisse, si jam nota et *usurpata*
res esset. La période oratoire fut inventée plus tard; je crois
que les anciens en auraient fait usage s’ils l’avaient connue et
vu employer.
—Utique, v. *Plane*.
—Uxor, v. *Femina*.
—Uvidus, v. *Udus*.
V
Vacare. Otiari. Feriari. Cessare. Nihil agere.
*Vacare*, avoir son temps libre, par opposition à l’*occupatio*,
qui oblige au travail; *otiari*, n’avoir point d’affaires, par
opposition aux *negotia*, qui font du travail un devoir;
*feriari*, jouir du repos des jours de fête, par opposition à la
besogne journalière; *cessare*, cesser son travail et se
reposer, par opposition à la peine qu’on vient de prendre;
*nihil agere*, ne rien faire, par opposition à l’activité en
général.
—Vacuus, v. *Inanis*.
—Vacillare, v. *Labare*.
—Vadum, v. *Solum*.
—Vadere, v. *Ire*.
—Vagari, v. *Errare*.
—Vafer, v. *Astutus*.
—Vale, v. *Ave*.
—Valde, v. *Perquam*.
—Valere, v. *Posse*.
—Valens, v. *Salus*.
—Valetudo, v. *Æger*.
Validus. Firmus. Robustus.
1. *Validus*, fort, au sens actif, pour l’attaque et
l’exécution, vigoureux, par opposition à *imbecillis*, comme
σθεναρός; *firmus* et *robustus*, fort, au sens passif, pour la
défense, pour supporter quelque chose: le *firmum* tire sa force
d’une assiette inébranlable, on y met sa confiance, il s’oppose
à *labans*, *vacillans* et même à *imbecillus*, en grec ϐέϐαιος,
ferme; le *robustum* tire la sienne de sa nature compacte, de
l’impénétrabilité de sa matière, il dure, par opposition à
*tenerum*, comme ῥωμαλέος et ἰσχυρὸς, solide.
2. *Imbecillitas* convient à la faiblesse d’esprit;
*infirmitas*, à la faiblesse corporelle. Cic. Finn. V, 45. In
*infirma* ætate *imbecilla*que mente: un âge qui n’est point
fait, une intelligence qui n’a point de ressort. Et quand ils ne
se disent tous deux de l’esprit, *imbecillitas* signifie une
faiblesse naturelle de tête ou de cœur, par exemple, un défaut
de talent ou de courage; *infirmitas*, une faiblesse morale, par
exemple, la versatilité qui empêche qu’on ne se fie à nous. Cæs.
B. G. VII, 77. Nolite stultitia ac temeritate vestra aut
*imbecillitate* animi omnem Galliam prosternere. Ne cédez ni à
une folle hardiesse ni à une faiblesse d’esprit qui causerait la
chute de toute la Gaule. Comparez avec IV, 5. Cæsar
*infirmitatem* Gallorum veritus quod sunt in consiliis capiendis
mobiles et rebus plerumque novis student. César avait peur de la
versatilité des Gaulois, qui sont inconstants dans leurs
desseins et amoureux de changements.
—Vallum, v. *Agger*.
—Vallus, v. *Stipes*.
—Valvæ, v. *Ostium*.
Varius. Diversus. Contrarius. Versicolor. Variegare.
1. *Varium* exprime les différences qu’on remarque dans un seul
et même objet; *diversum*, celles qui distinguent un objet d’un
autre. Catull. 47, 10. Quos longe simul a domo profectos
*diverse* *variæ* viæ reportant, c’est-à-dire que toutes sortes
de voies ramènent chez eux dans des directions tout à fait
différentes. Tac. H. I, 25. Otho postquam *vario* sermone
callidos et audaces cognovit, pretio et promissis onerat...
Suspensos cæterorum animos *diversis* artibus (i. e. spe et
metu) stimulant. Othon cause avec eux, varie l’entretien,
s’assure qu’ils sont rusés et hardis, les achète à prix d’or et
les comble de promesses... Pour les autres, on aiguillonne par
divers moyens ces esprits incertains.
2. Les *diversa* n’ont rien de commun entre eux et s’en vont
dans des directions divergentes ou même opposées; les
*contraria* se font face et sont diamétralement opposés. D’où la
gradation Cic. Divin. II, 55. *Diversas* aut etiam *contrarias*.
Tout ce qui est du domaine de la conjecture... est sujet de la
part des hommes aux interprétations les plus diverses et souvent
les plus opposées[1]. Vell. P. II, 75. *Diversa* præsentibus et
*contraria* exspectatis sperare. Avoir des espérances qui
s’écartent des conjonctures et qui sont contraires aux
probabilités.
3. *Varium*, bigarré, qui offre plusieurs couleurs à la fois,
ποιϰίλον; *versicolor*, chatoyant, qui change autant de fois de
couleur qu’il y a de manières de l’exposer à la lumière, αἴολον.
Propert. III, 13, 32. Aut *variam* plumæ *versicoloris* avem. Un
oiseau bigarré dont le plumage chatoie. Pline (XXXVII, 10)
exprime les deux idées par des périphrases lorsqu’il appelle à
la fois la pierre mithrax *multicolor* et contra solem *varie*
refulgens.
4. *Variare* signifie en général donner un aspect varié;
*variegare* signifie en particulier donner un aspect dont la
variété est dans les couleurs, barioler.
—1 Traduction de la collection Panckoucke.
—Vas, v. *Sponsor*.
—Vasta, v. *Solitudo*.
Vastare. Populari. Diripere. Agere ferre. Expilare. Spoliare.
Peculari.
1. *Vastare*, ravager, détruire par fureur ou par politique la
propriété de l’ennemi, πέρθειν, πορθεῖν; *populari*, *diripere*
et *agere ferre*, piller par intérêt personnel: *populari*, en
grand, par exemple, enlever la moisson entière, emmener les
troupeaux; *diripere*, en petit, entrer dans les maisons, rompre
les armoires; *agere ferre*, des deux manières, comme ἄγειν ϰαὶ
φέρειν.
2. *Spoliare* et *populari*, s’approprier des dépouilles en
temps de guerre; *expilare* et *peculari*, *depeculari*, en
temps de paix: *expilare*, par violence; *peculari*, par
escroquerie et détournement de la propriété de l’État. Cic.
Parad. VI, 1. Si socios *spolias*, ærarium *expilas*. Si tu
dépouilles les alliés, si tu portes la main sur le trésor.
—Vates, v. *Canere*.
—Vaticinari, v. *Divinare* et *Hariolari*.
—Vecors, v. *Amens*.
—Vehemens, v. *Acer*.
—Vegetus, v. *Vigens*.
Velle. Optare. Expetere. Cupere. Avere. Gestire.
1. *Velle*, *optare* et *expetere* expriment des actes de la
raison qui se possède et se gouverne; *cupere*, *avere* et
*gestire*, des actes du sentiment surexcité et de la passion.
Sen. Ep. 116. Cum tibi *cupere* interdixero, *velle* permittam.
Après t’avoir interdit les désirs, je te permettrai d’avoir des
volontés.
2. *Velle*, vouloir et coopérer à la réalisation de sa propre
volonté, θέλειν et ϐούλεσθαι; *optare*, souhaiter et s’en
remettre à d’autres ou au destin pour la réalisation du souhait,
ποθεῖν; *expetere*, exiger et mettre les autres en demeure de
remplir cette exigence, ὀρέγεσθαι. Sen. Ep. 95. Sæpe aliud
*volumus*, aliud *optamus*. Nos volontés sont souvent en
désaccord avec nos souhaits. Cic. Off. I, 20. Nihil nisi quod
honestum sit homines aut admirari, aut *optare*, aut *expetere*
oportet. Il convient que les hommes n’admirent, ne souhaitent,
n’exigent rien qui ne soit honorable.
3. *Cupere* exprime un désir violent, passionné; *gestire*, un
désir vif qui se manifeste par des gestes; *avere*, *havere*, un
désir impatient, pressant. *Cupidus*, désireux, ἐπιθυμῶν;
*gestiens*, qui se réjouit à l’idée d’avoir une chose, χρῄζων;
*avidus*, avide. Cic. Sen. 8. Græcas litteras sic *avide*
arripui, quasi diuturnam sitim explere *cupiens*. Je me suis
jeté sur la littérature grecque avec avidité, avec la passion
d’apaiser une soif qui durait depuis longtemps. Comparez avec
Att. II, 18. Intellexi quam suspenso animo et sollicito scire
*averes*, quid esset novi. J’ai compris tes incertitudes et tes
soucis, ton impatience de connaître les nouvelles. Et IV, 11.
Perge reliqua; *gestio* scire ista omnia. Continue, je me fais
une fête de savoir tous ces détails.
—Vellus, v. *Tergus*.
—Velox, v. *Citus*.
Vendere. Venundare. Mancipare.
*Vendere* et *venundare* présentent la vente comme une
transaction commerciale: dans *vendere*, l’idée principale est,
comme dans vendre, la livraison de l’objet, et le prix d’achat
n’est qu’un accessoire; il est opposé à *emere*; c’est le grec
ἀποδόσθαι; *venundare* fait ressortir, comme étaler, la mise en
vente, l’offre de la marchandise, πιπράσϰειν, πωλεῖν, ἀπεμπολᾷν.
*Mancipare*, aliéner, présente la vente comme un acte juridique
par lequel on cède et transporte à un autre la propriété d’une
chose avec toutes les prétentions qu’on y avait jusque-là, en
due forme.
—Venditatio, v. *Jactatio*.
—Venenum, v. *Toxicum*.
—Venerari, v. *Vereri*.
—Veniam dare, v. *Ignoscere*.
Ventus. Procella. Tempestas. Vortex. Turbo.
*Ventus*, le vent, comme terme générique; *procella* et
*tempestas*, vent violent: *procella*, bourrasque, coup de vent;
*tempestas*, tempête, orage complet, accompagné d’éclairs, de
tonnerre, de pluie ou de grêle. *Vortex* et *turbo*, tourbillon:
*vortex*, tourbillon faible qui ne soulève que la poussière;
*turbo*, tourbillon impétueux qui cause des dégâts.
—Venundare, v. *Vendere*.
—Vepres, v. *Dumi*.
—Venustus, v. *Formosus*.
Verberare. Icere. Ferire. Cedere. Pulsare. Mulcare. Pavire.
Cudere.
1. *Verberare*, *ferire* et *icere*, frapper en général, de
loin, de près, de toute manière. Le *verberans* porte un coup
qui rebondit; l’*iciens* et le *feriens*, un coup qui pénètre,
blesse ou brise: l’*iciens* lance son coup, par exemple,
*fulmine ictus*; le *feriens* pousse et heurte, par exemple,
*murum ariete ferire*. *Cædere*, *pulsare* et *mulcare* sont des
termes plus particuliers et signifient battre avec un instrument
fait exprès: *cædere*, avec un instrument tranchant qui fait une
blessure, hache, sabre, fouet, verges, étrivières; *pulsare* et
*mulcare*, avec un instrument contondant, un bâton ou le poing.
*Pulsare* prend, comme battre, un complément quelconque;
*mulcare*, comme bâtonner, ne peut avoir pour complément que le
nom d’un être sensible à la douleur, surtout l’homme.
2. Au sens restreint, *verberare* exprime un châtiment
administré de sang-froid et qui consiste en coups de bâton,
c’est une punition en forme infligée par l’autorité compétente;
*pulsare* et *mulcare* signifient un mauvais traitement par
coups ou bourrades, exercé par des personnes qui n’y sont point
autorisées, c’est une vengeance. *Pulsare* s’entend d’un
traitement grossier; on frappe avec la main ou avec une canne,
on n’en veut guère qu’à l’honneur et à la dignité des gens;
*mulcare* marque un traitement brutal; on se sert pour frapper
des poings ou d’un gourdin; on a surtout en vue de causer des
douleurs physiques, on rosse.
3. *Pavire*, battre, pour solidifier à force de coups une masse
molle; *cudere*, pour aplatir et élargir une masse dure.
*Fulgere*, *battuere* et *cajare* sont des termes vieillis ou
communs pour battre.
—Verbosus, v. *Garrire*.
Verbum. Vocabulum. Vox. Dictum. Dicterium.
1. *Verbum*, le mot considéré comme une partie de la phrase;
*vocabulum*, comme un élément de la langue. Les mots, *verba*,
sont du ressort de l’usage; les termes, *vocabula*, sont du
ressort du dictionnaire.
2. *Verba*, les mots par rapport à leur signification; *voces*,
par rapport à leur forme et à leur son.
3. Comme terme technique de grammaire, *vox* comprend toutes les
huit parties du discours; *vocabulum*, tous les mots proprement
dits, à l’exception des interjections ou sons naturels; *nomen*,
seulement les noms appellatifs, adjectifs, substantifs et
pronoms; et *verbum*, seulement les verbes.
4. Au sens collectif, *verbum* s’entend d’une pensée générale,
comme sentence; *vox*, *dictum* et *dicterium*, d’une saillie
qui appartient à telle ou telle personne: *vox* est l’expression
du sentiment ou de la passion, c’est une exclamation; *dictum*
est un trait d’esprit et d’intelligence, comme un bon mot. Tac.
H. III, 39. Audita est *sævissima* Vitellii *vox*, qua se
pavisse oculos spectata inimici morte jactavit. Vitellius eut
une exclamation cruelle; on l’entendit qui se vantait crûment
d’avoir rassasié ses yeux au spectacle de la mort d’un de ses
ennemis particuliers. Comparez avec Ann. VI, 20. Scitum Passieni
*dictum* percrebuit, neque meliorem unquam servum, neque
deteriorem dominum fuisse. Un trait spirituel de l’orateur
Passiénus et qui courut partout, c’est qu’il n’y avait jamais eu
ni de meilleur esclave ni de plus mauvais maître.
5. *Dictum*, terme général et populaire pour toute parole
piquante; *dicterium*, terme savant d’une époque postérieure
pour une parole piquante par excellence qui est le fruit de
l’esprit naturel développé par l’étude des lettres et le
commerce de la bonne société.
—Verecundia, v. *Castus*.
Vereri. Timere. Metuere. Spes. Fiducia. Timor. Timiditas.
Ignavia. Formido. Horror.
1. *Vereri* exprime, comme αἰδεῖσθαι, un effet qui a sa raison
d’être dans une dignité qui nous impose; *metuere* et *timere*
expriment, comme δεῖσαι et φοϐεῖσθαι, un effet qui résulte du
caractère dangereux et menaçant d’un objet. Le *timens* et le
*metuens* craignent de courir un danger; le *verens* craint
d’être couvert de honte et de confusion. Cic. Phil. XII, 12:
Quid? veteranos non *veremur*? nam timeri ne ipsi quidem volunt.
Eh quoi! est-ce que nous ne révérons point les vétérans? car,
pour aller jusqu’à la peur, c’est ce qu’ils ne veulent point eux-
mêmes. Sen. II, 37. *Metuebant* eum servi, *verebantur* liberi,
carum omnes habebant. Ses esclaves le craignaient, ses enfants
le révéraient, tout le monde le chérissait. Liv. XXXIX, 37.
*Veremur* quidem vos, Romani, et si ita vultis etiam *timemus*.
Nous vous révérons, ô Romains, et nous avons même peur de vous,
si c’est là ce que vous voulez. Afran. ap. Gell. XV, 13. Ubi
malunt *metui* quam *vereri* se ab suis. Dès qu’ils aiment mieux
être craints que révérés par les leurs. Sen. Ir. III, 32.
Quibusdam *timeamus* irasci, quibusdam *vereamur*. Ne nous
fâchons point contre certains personnages, contre ceux-là par
peur, contre ceux-ci par une crainte respectueuse.
2. *Metus*, la crainte prise comme l’attente d’un mal qu’on a en
perspective, auquel on songe, l’inquiétude par prévoyance et
prudence, comme δέος, synonyme de *cautio*; *timor*, la peur par
lâcheté et faiblesse. En d’autres termes, la crainte, *metus*,
est une affaire d’intelligence, elle occupe la pensée; la peur,
*timor*, est une affaire de sentiment, elle saisit le cœur.
*Metus* s’oppose à *spes*; *timor*, à *fiducia*, *animus*. Cic.
Tusc. IV, 31. *Confidere* decet, *timere* non decet. Il s’agit
d’avoir pleine confiance, il ne s’agit point d’avoir peur.
3. Même différence entre *spes*, l’espérance, et *fiducia*, la
confiance. Sen. Ep. 16. Jam de te *spem* habeo, nondum
*fiduciam*. Tu me donnes déjà des espérances, tu ne m’inspires
pas encore de confiance. Tac. Agr. 3. Nec *spem* modo ac votum
securitas publica, sed ipsius voti *fiduciam* ac robur
assumpserit. On ne se borne plus à espérer et à appeler de ses
vœux la sécurité publique, mais on en jouit avec un sentiment de
confiance et de stabilité. Suet, Cl. 10. Aliquanto minore *spe*
quam *fiducia*. Il y avait un peu moins d’espérance que de
confiance.
4. *Timor* présente la peur comme un état passager; *timiditas*
présente la timidité comme une qualité habituelle qui se
comporte, par rapport à l’*ignavia*, comme le terme précis par
rapport au terme général. Lactant. III, 17. Epicurus...
*ignavum* prohibet accedere ad rem publicam, pigrum exercere,
*timidum militare*. Epicure ôte aux gens incapables l’accès des
affaires, aux gens paresseux leur maniement, aux gens timides la
guerre. L’*ignavia* est l’incapacité de faire aucune action
noble et particulièrement aucun exploit courageux; la
*timiditas* est excusable dans certaines circonstances;
l’*ignavia* est toujours condamnable.
5. La crainte, *metus*, et la peur, *timor*, naissent de la
réflexion qui distingue nettement l’objet et la cause de
l’inquiétude. L’effroi, *horror*, et l’épouvante, *formido*,
naissent d’une émotion vive et subite qui accable l’esprit en
lui présentant des images pénibles, des visions affreuses et qui
le rend incapable de se raisonner: mais *formido*, l’épouvante,
exprime directement un état de l’âme, ὀῤῥωδία; *horror*,
l’effroi, n’exprime que la manifestation de cet état lorsqu’il
se révèle par des cheveux qui se dressent, par des yeux égarés,
etc., comme φρίϰη. Tac. H. IV, 46. *Metus* per omnes ac præcipua
Germanici militis *formido*. La crainte partout, l’épouvante au
plus haut chez les troupes de Germanie.
Vereri. Revereri. Venerari. Colere. Observare. Adorare.
Admirari. Suspicere.
1. *Vereri* et *revereri*, avoir du respect; *venerari*,
témoigner du respect. Tac. Ann. XIV, 13. *Venerationem sui*, les
respects qu’on lui rendrait; comparez avec *matris reverentia*,
le respect que lui inspirait sa mère.
2. *Vereri* marque la considération poussée jusqu’à la crainte
et à la timidité; *revereri*, la crainte et la timidité
inspirées par la considération. Dans *vereri*, c’est la crainte;
dans *revereri*, la considération qui est l’idée principale.
*Verecundia* signifie la peur de se mettre dans son tort vis-à-
vis d’une personne que l’on considère; *reverentia*, la
conviction intime que le mérite de la personne justifie cette
peur.
3. *Venerari* ne s’emploie (du moins dans Cicéron) qu’en parlant
des honneurs qu’on rend aux dieux ou à des êtres supérieurs;
*observare* se dit de ceux qu’on rend aux hommes; *colere*, des
deux. Cic. Rep. I, 12. Ut... Africanum ut *deum coleret* Lælius,
domi vicissim Lælium *observaret* in parentis loco Scipio.
Lélius honorerait comme un dieu Scipion l’Africain; à Rome,
Scipion à son tour aurait pour Lélius toutes les attentions
qu’on a pour un père. Le *venerans* ne vise qu’à exprimer le
respect qu’il doit, et à détourner de lui par son humilité la
colère des dieux; le *colens* vise par des complaisances, des
services et des égards de toute sorte, à gagner la faveur de
quelqu’un et à en retirer des fruits comme d’un champ cultivé.
La *veneratio* se marque surtout par la prière, le *cultus* par
le sacrifice; la *veneratio* est un acte isolé, passager, le
*cultus*, une manifestation permanente de respect. Tac. H. I,
10. Vespasianus... Titum filium ad *venerationem* *cultum*que
(Galbæ) miserat, c’est-à-dire que Titus devait présenter au
nouvel empereur l’hommage de Vespasien et rester à la cour.
4. *Observare* comparé à *colere* donne à la pensée un tour
indirect et se dit des égards auxquels on ne manque pas, par
opposition à la négligence; mais il ne suit point de là que l’un
des deux termes soit plus fort et l’autre plus faible. *Colere*
s’entend de démonstrations palpables, *operam*; *observare*,
d’attentions délicates, *pietatem*, et c’est tantôt aux unes,
tantôt aux autres qu’on attache le plus de prix.
5. *Adorare*, terme général pour toute espèce de culte rendu aux
dieux; la *veneratio* tend à se restreindre aux gestes, la
*precatio* aux formules.
6. *Reveremur* validas auctoritates; *admiramur* raras virtutes;
*suspicimus* excellentia dignitate. Nous respectons l’autorité,
nous admirons la vertu, nous levons les yeux vers les grandeurs.
Je me représente d’ailleurs le *reverens* dans un état de
crainte silencieuse; l’*admirans*, dans un enthousiasme bruyant
ou du moins visible; le *suspiciens*, sous les traits d’une
personne étonnée qui sent humblement sa propre infériorité.
*Revereri* se rapporte particulièrement à une supériorité
morale; *admirari*, à une supériorité intellectuelle et morale;
*suspicere*, à une supériorité quelconque, même de hasard.
Vernalis. Vernilis.
*Vernaliter* contient un éloge: avec l’adresse et la prestesse
d’un serviteur bien appris et zélé; il est synonyme de *sedulo*.
*Verniliter* contient un blâme: d’une manière ignoble et commune
qui sent l’esclavage; il est synonyme de *serviliter*; mais
*verniliter* se rapporte à la grossièreté des façons, comme
rustiquement; *serviliter*, à la bassesse des sentiments, comme
servilement.
—Verres, v. *Sus*.
—Versutus, v. *Astutus*.
—Versicolor, v. *Varius*.
Vertere. Torquere. Convertere. Invertere. Pervertere.
1. *Vertere*, tourner ou retourner, c’est-à-dire remuer un objet
pour lui donner une autre position ou une autre place, τρέπειν;
*torquere*, tourner dans le sens de mouvoir autour d’un point
fixe ou d’un axe, στρέφειν.
2. *Convertere* signifie 1º avec un sujet au pluriel: tourner
tous à la fois, par exemple Cæs. B. C. I, 80. Ut pæne terga
*convertant*, peu s’en faut qu’ils ne tournent le dos tous à la
fois; 2º par rapport à l’achèvement de l’action: tourner tout à
fait. *Invertere* veut dire seulement tourner à moitié, en sorte
que l’objet prenne la position inverse et montre l’envers;
enfin, *pervertere*, tourner en sorte que l’objet prenne une
fausse position, soit hors d’usage, ou perdu, mettre sens dessus
dessous.
—Verutum, v. *Missile*.
—Vesanus, v. *Amens*.
Vestis. Vestitus. Vestimentum. Amictus. Amiculum. Cultus.
Habitus.
1. *Vestis*, terme général qui signifie tantôt l’habillement
entier, *vestitus*, tantôt une pièce de l’habillement,
*vestimentum*. *Vestem mutare* veut dire prendre le deuil;
*vestimenta mutare*, changer d’habits.
2. *Vestis* et *vestimentum*, vêtement qui couvre le corps par
raison de nécessité ou de décence; *amictus* et *amiculum*,
vêtement qu’on met par-dessus les autres pour avoir plus chaud
ou pour se parer: *amictus*, tout l’habillement de dessus;
*amiculum*, pièce détachée, surtout. Tac. G. 17. Feminæ sæpius
lineis *amictibus* velantur, partemque *vestitus* superioris in
manicas non extendunt. Les femmes portent plus souvent que les
hommes des vêtements de dessus en lin, et il n’y a point de
manches dans le haut de leur habillement.
3. *Cultus* et *habitus* expriment des idées plus complexes que
*vestis*: *cultus* comprend tout ce qui se rattache à la mise,
ceinture, chapeau, parures, armes; *habitus*, tout ce qui touche
de près ou de loin à la toilette, propreté, coiffure, tenue.
Suet. Cæs. 44. Dicam ea quæ ad formam et *habitum* et *cultum*
et mores pertineant. Je vais esquisser son portrait et dire un
mot de sa toilette, de sa mise, de ses mœurs. Cal. 52. *Vestitu*
calceatuque cæteroque *habitu*. Dans son habillement, dans sa
chaussure, dans toute sa toilette.
Vetare. Interdicere.
*Vetare*, défendre au nom de la loi par opposition à *jubere*;
*interdicere*, interdire en vertu des pouvoirs qu’on tient de sa
charge par opposition à *addicere*, *permittere*.
—Veternus, v. *Antiquus*.
—Vetula, v. *Anus*.
Vetus. Senex. Grandævus. Longævus. Senecta. Senectus. Senium.
1. *Vetus homo*, l’homme vieux à partir de la cinquantaine, par
opposition à *juvenis*, l’homme jeune, comme γέρων; *senex*, le
vieillard à partir de la soixantième année avec une idée
accessoire de dignité, comme πρεσϐυτής: enfin *grandævus* et
*longævus*, vieillard chargé de jours qui a dépassé la durée
ordinaire de la vie, c’est-à-dire à partir à peu près de la
quatre-vingtième année.
2. *Senecta*, la vieillesse au sens indifférent, comme degré de
la vie; *senectus*, la vieillesse vénérable et expérimentée qui
impose du respect et des égards; *senium*, le grand âge qui
affaiblit, accable et qu’on peut regarder comme une infirmité.
—Vetus, vetustus, v. *Antiquus* et *Puer*.
—Via, v. *Iter*.
—Vibrare, v. *Librare*.
Vicinus. Finitimus. Confinis.
*Vicini*, voisins, d’une maison, d’une cour à l’autre;
*finitimi* et *confines*, d’un pays à l’autre: *finitimi*, au
sens simple et incomplexe, nos voisins, ceux qui habitent à
notre frontière, c’est un simple terme géographique; *confines*,
exprime une relation réciproque, il s’agit de peuples
mutuellement voisins qui ont une frontière en commun, avec une
idée morale accessoire, celle d’une amitié qui se joint au
voisinage. Les *finitimi* sont séparés par une démarcation,
*finibus diremti*; les *confines* ou *confinio conjuncti* ont
des points de contact.
Vicissim. Invicem. Mutuo.
*Vicissim* marque comme alternativement et vice versa que deux
personnes ou deux objets font ou éprouvent successivement
quelque chose: *invicem* et *mutuo*, qu’ils le font ou
l’éprouvent en même temps: *invicem* a plus de rapport à des
actions; *mutuo*, à des situations réciproques. Ils répondent à
réciproquement et mutuellement.
—Victus, v. *Vita*.
Videre. Cernere. Spectare. Intueri. Conspicere. Adspicere.
Adspectus. Conspectus. Obtutus.
1. *Videre* et *cernere*, voir, prendre connaissance par
l’organe de la vue: *videre*, prendre connaissance en gros,
comme ὁρᾷν, par opposition à ne pas voir à cause de quelque
obstacle qui boucherait la vue; *cernere*, prendre une
connaissance précise et claire, par opposition à une vue
incertaine et troublée. *Spectare*, *intueri*, *tueri* et
*contueri*, regarder, arrêter les yeux sur un objet: *spectare*,
regarder tranquillement un objet qui intéresse l’esprit et s’y
arrêter comme à un spectacle, considérer, θεᾶσθαι; *intueri*,
fixer son regard sur un objet qui attire l’imagination ou le
cœur, contempler, θεωρεῖν. Cic. Famm. VII, 1. Neque nos qui hæc
*spectavimus*, quidquam novi *vidimus*. Et nous-mêmes qui avions
les yeux ouverts sur cela, nous n’avons rien vu de nouveau.
2. *Intueri* signifie simplement contempler avec attention, mais
*contueri*, contempler avec fixité, avec pénétration et avec de
grands yeux.
3. *Conspicere*, apercevoir, c’est-à-dire avoir la vue frappée
d’un objet et le plus souvent sans s’y attendre; *adspicere*,
regarder, c’est-à-dire jeter les yeux sur un objet, qu’on ait ou
non conscience de la sensation.
4. *Adspectus* a le sens actif, c’est le sujet qui regarde;
*conspectus* a le sens passif, c’est le sujet qui est vu, qui
fait tableau, c’est encore et souvent le cercle que la vue
embrasse. *Obtutus*, le regard, a le sens neutre. Suet. Tib. 43.
Ut *adspectu* deficientes libidines excitaret. Pour rallumer par
cette vue ses feux épuisés. Comparez avec Cal. 9. Tumultuantes
*conspectu* suo flexit. Sa vue fit reculer les soldats soulevés.
Et avec Cic. Orat. III, 5. Qui vultum ejus quum ei dicendum
esset, *obtutum*que *oculorum* in cogitando probe nosset. Lui
qui connaissait parfaitement l’air qu’il prenait au moment de
parler et le regard qu’il avait quand il réfléchissait.
—Viere, v. *Ligare*.
Vigens. Vegetus. Vividus. Vivus. Animans. Vitalis. Vivax.
1. *Vigens* se dit d’un homme frais et vigoureux de corps et
d’esprit; *vegetus*, d’un homme éveillé et vif sous le rapport
de l’esprit; *vividus*, d’un homme plein de vie et d’énergie au
moral. Liv. VI, 22. Exactæ jam ætatis Camillus erat... sed
*vegetum* ingenium in *vivido* pectore vigebat, virebatque
integris sensibus. Camille conservait dans un âge avancé un
esprit vif et frais, un cœur énergique, une constitution intacte
et florissante.
2. *Vivus*, vivant par opposition à mort; *animans*, animé par
opposition à inanimé.