2. *Perlegere*, lire d’un bout à l’autre; *pellegere*,
parcourir, feuilleter.
3. *Perlicere*, attirer avec une force irrésistible;
*pellicere*, séduire.
4. *Perjurare*, prêter un faux serment; *pejerare*, violer un
serment.
—Permittere, v. *Concedere* et *Fidere*.
—Pernegare, v. Negare.
—Pernicies, v. *Lues*.
—Pernix, v. *Citus*.
Perperam. Falso. False. Fallaciter.
1. *Perperam* s’entend de la fausseté du fait, comme
inexactement; *falso*, de la personne qui se trompe, comme par
erreur, par méprise...
2. *Falso agere* ne se dit que d’une erreur où l’on est ou d’une
illusion qu’on se fait; *false* et *fallaciter agere* supposent
qu’on va contre ce qu’on sait et contre sa conscience: *false*,
comme faussement, par crainte et faiblesse de caractère;
*fallaciter*, comme fallacieusement, avec la mauvaise intention
de duper et de trahir. Comparez Tacite, Ann. I, 1. Tiberii
res... ob metum *false* compositæ sunt (d’après le texte de
Wolf). La peur a dicté des faussetés aux historiens de Tibère;
avec Germ. 36. Inter impotentes et validos *falso* quiescas.
Entre des voisins puissants et forts un peuple ne goûte qu’un
repos trompeur.
3. Les idées exprimées par *falso* et *false* sont réunies dans
l’adjectif *falsus*, qui ne se distingue que de *fallax*. Cic.
Phil. XII, 2. Spes *falsa* et *fallax*. Fausse et perfide
espérance. Tac. Ann. XVI, 32. Specie bonorum *falsos* et
amicitiæ *fallaces*. La fausseté sous un semblant de vertu, la
perfidie sous un semblant d’amitié.
—Perpeti, v. *Ferre*.
—Perpetuus, v. *Continuus*.
Perquam. Valde. Admodum. Magnopere.
*Perquam*, extraordinairement, avec une nuance de surprise chez
la personne qui parle; *valde*, très, *admodum*, assez, et
*multum*, servent simplement à renforcer le sens de l’attribut
ou du verbe, *magnopere*, du verbe seul.
—Perseverantia, v. *Pervicacia*.
—Persona, v. *Larva*.
—Pertinacia, v. *Pervicacia*.
—Pervertere, v. *Vertere* et *Perdere*.
Pervicacia. Perseverantia. Pertinacia. Contumacia. Destinatio.
Obstinatio.
1. *Pervicacia* et *perseverantia* présentent comme une vertu
l’attachement à un sentiment dans lequel on est entré: la
*pervicacia* est fondée sur une énergie naturelle, c’est
l’ardeur opposée à la lassitude; la *perseverantia*, sur le
développement des qualités sérieuses, c’est la persistance
opposée à la versatilité. *Pertinacia* et *contumacia* expriment
un défaut: la *pertinacia* provient d’un attachement opiniâtre à
une résolution prise comme l’entêtement et la présomption, par
opposition à la condescendance; la *contumacia*, de l’orgueil
qu’on met à défendre son libre arbitre, même contre une autorité
compétente et légitime, comme l’arrogance et l’esprit de
résistance par opposition à la docilité ou *obsequium*. Accius
dans Non. Tu *pertinaciam* esse, Antiloche, hanc prædicas, ego
*pervicaciam* esse aio et a me uti volo. Tu soutiens que c’est
de l’entêtement; je dis que c’est une fermeté généreuse que je
tiens à montrer. Cic. Inv. II, 54. Unicuique virtuti finitimum
vitium reperietur, ut *pertinacia* quæ finitima *perseverantiæ*
est. On rencontrera un défaut dans le voisinage de toutes les
vertus; c’est ainsi que l’entêtement est voisin de la
persévérance.
2. *Pervicacia*, etc., marquent la stabilité dans une résolution
prise; *destinatio* et *obstinatio* ont plus de rapport à l’acte
qui consiste à la prendre: *destinatio*, lorsqu’elle est
irrévocable, c’est de la décision; *obstinatio*, lorsqu’on s’y
attache en dépit de tous les obstacles, même insurmontables, et
de toutes les représentations raisonnables, c’est de
l’endurcissement.
—Pessulus, v. *Sera*.
—Pestilentia, pestis, v. *Lues*.
—Pessundare, v. *Perdere*.
Petere. Rogare. Postulare. Exigere. Poscere. Flagitare.
1. *Petere* et *rogare*, termes généraux pour toute espèce de
demande, soit qu’on prie, soit qu’on exige; ils tiennent le
milieu entre *poscere* et *orare*, sauf à se rapprocher quelque
peu du dernier: *petere* se rapporte à l’objet qu’on souhaite;
*rogare*, à la personne à laquelle on s’adresse, d’où *petere
aliquid ab aliquo*, mais *rogare aliquem aliquid*. Cic. Verr.
IV, 28, 64. Iste *petit* a rege et eum pluribus verbis *rogat*,
ut id ad se mittat. Il tâche d’obtenir cela du roi et l’en
sollicite longuement. Famm. II, 6. Ne id quod *petat*, *exigere*
magis quam *rogare* videatur. Pour tâcher d’en venir à ses fins
sans se donner des airs de créancier plutôt que de solliciteur.
2. *Postulare* et *exigere* se disent d’une demande pure et
simple par laquelle on fait tranquillement connaître sa volonté:
*postulare* s’entend plutôt de ce qu’on veut et souhaite;
*exigere*, de ce qu’on prétend. *Poscere* et *flagitare* se
disent d’une demande pressante: *poscere*, d’une demande faite
d’un ton décidé, avec le sentiment de son droit ou de sa
puissance; *flagitare*, d’une demande faite avec impétuosité
dans la passion et dans l’impatience du désir. Tac. H. II, 39.
Othone per literas *flagitante* ut maturarent, militibus ut
imperator pugnæ adesset *poscentibus*; plerique copias trans
Padum agentes acciri *postulabant*. La lettre d’Othon exprimait
une vive impatience d’en finir; les soldats exigeaient que
l’empereur payât de sa personne au jour de la bataille; un très-
grand nombre souhaitaient qu’on fît venir les troupes établies
au delà du Pô. Cic. Verr. III, 34. Incipiunt *postulare*,
*poscere*, minari. Viennent les demandes, les exigences, les
menaces. Planc. 19. *Poscere* atque etiam *flagitare* crimen.
Exiger, vouloir emporter une accusation. Legg. I, 5.
*Postulatur* a te jam diu vel *flagitatur* potius historia.
Voilà longtemps qu’on te demande ou plutôt qu’on brûle de
t’arracher cette histoire.
—Petra, v. *Saxum*.
Petulans. Procax. Protervus. Lascivus.
Le *petulans* blesse le sentiment des convenances, *modestia*,
par caprice, par des agaceries et des provocations inutiles; le
*procax*, par indiscrétion, impertinence et importunité; le
*protervus*, par impétuosité, par un laisser-aller qui ne
respecte rien; le *lascivus*, par une joie bruyante et folâtre.
Il faut chercher l’origine de la *petulantia* dans l’aversion
pour le repos et la paix ou même dans la méchanceté; celle de la
*procacitas* dans la hardiesse ou l’impudence; celle de la
*protervitas* dans le sentiment exagéré de sa force ou dans
l’orgueil; celle de la *lascivia* dans la gaieté du caractère ou
dans le défaut de gravité. Liv. XXXVIII, 24. Flagitatum quoque
stipendium, *procacius* quam ex more et *modestia* militari
erat. On réclama vivement la solde avec une impudence contraire
à tous les usages et à la subordination.
—Pietas, v. *Diligere*.
Piget. Tædet. Pœnitet.
*Piget* se dit en général de ce qu’on ne se soucie ni de faire
ni de souffrir; *tædet*, de ce qu’on ne se soucie point de faire
ni de souffrir plus longtemps; *pænitet*, de ce qu’on aimerait
mieux n’avoir jamais fait ni souffert.
—Pigritia, v. *Ignavia*.
—Pilum, v. *Missile*.
—Pilus, v. *Crinis*.
Pinguis. Opimus. Obesus. Corpulentus.
1. *Pinguis*, gras dans un sens indifférent ou défavorable, la
graisse étant de toutes les parties constituantes du corps la
plus insensible et la moins élastique, d’où au figuré mou;
*opimus*, gras dans le bon sens, quand c’est un signe que les
chairs sont pleines et qu’on est bien nourri, d’où au figuré
abondant.
2. *Obesus* se dit de l’embonpoint, mais en associant à l’idée
principale une idée accessoire de pesanteur par opposition à
*gracilis*; *corpulentus* se dit de l’embonpoint pris par son
beau côté, par rapport à la prestance qui l’accompagne.
—Pinna, v. *Ala*.
—Placidus, v. *Mitis*.
—Pirata, v. *Præda*.
—Plaga, v. *Locus*, *Rete* et *Vulnus*.
—Plancæ, v. *Axes*.
Plane. Omnino. Prorsus. Penitus. Utique.
*Plane*, nettement, *netto* par opposition à *pæne* ou à *vix*;
*omnino*, entièrement, et en général par opposition aux
subdivisions, aux cas isolés, aux exceptions, à *magna ex parte*
ou à *separatim*, comme ὅλως; *prorsus*, précisément, par
opposition à en quelque sorte ou à pour ainsi dire; *penitus*,
de fond en comble, jusqu’au fond, par opposition à dans une
certaine mesure ou à superficiellement, πάντως; *utique*, dans
tous les cas, il a pour opposés à tout hasard, peut-être,
ὁπωσδήποτε.
Plerique. Plurimi.
*Plerique*, superlatif absolu, un très-grand nombre; *plurimi*,
superlatif relatif, la plupart. Tac. Ann. XIII, 27. *Plurimis*
equitum, *plerisque* senatorum non aliunde originem trahi. La
plupart des chevaliers, un très-grand nombre de sénateurs
n’avaient pas d’autre origine.
—Plorare, v. *Lacrimare*.
—Plurimi, v. *Plerique*.
—Pluma, v. *Ala*.
Pluvia. Imber. Nimbus.
*Pluvia*, phénomène bienfaisant, pluie générale qui abreuve le
sol altéré, ὑετός; *imber* et *nimbus*, phénomène désagréable,
pluie locale qui vient gâter une belle journée: *imber*,
lorsqu’elle est accompagnée d’un temps froid et orageux;
*nimbus*, d’un temps couvert.
Poculum. Calix. Scyphus. Simpuvium. Cyathus. Crater.
1. *Poculum* et *calix*, qui appartiennent à la vieille langue
latine, se disent de tout vase à boire, sans autre idée que
celle de l’usage auquel il sert: *poculum*, vase ordinaire pour
les repas; *calix*, vase, coupe plus riche pour les festins.
*Scyphus*, *cantharus*, *cymbium*, *culigna*, mots étrangers
empruntés au grec, se disent de certaines espèces de vases par
rapport à leur forme.
2. *Poculum*, etc. servent tous de vases à boire; le vieux mot
romain *simpuvium* et *cyathus* qui est venu plus tard, vases à
puiser pour remplir les *pocula* en prenant au *crater*, comme
on remplit les verres à punch en puisant avec la cuiller dans le
bol.
—Poema, v. *Canere*.
—Pœnitet, v. *Piget*.
—Poena, v. *Vindicta*.
—Poeta, v. *Canere*.
—Pollere, v. *Posse*.
Polliceri. Promittere. Spondere. Recipere.
*Polliceri*, promettre de plein gré, par un acte de complaisance
et de prévenance, ἐπαγγέλλεσθαι; *promittere*, à la suite d’une
demande, par un acte de consentement, avec l’intention de tenir,
ὑπισχνεῖσθαι; *spondere* et *despondere*, promettre
formellement, à la suite d’une *stipulatio* par un engagement
qui lie en justice, ἐγγυᾶν; *recipere*, prendre sur soi et
s’engager d’honneur pour tranquilliser une personne qui est dans
la peine, ἀναδέχεσθαι. Le *pollicens* fait des offres agréables;
le *promittens* ouvre une perspective satisfaisante; le
*spondens* donne une garantie judiciaire; le *recipiens* nous
ôte nos soucis. Cic. Att. XIII, 1. Quoniam de æstate
*polliceris* vel potius recipis. Puisque tu t’avances sur ce
sujet ou plutôt puisque tu te fais fort; car le *pollicens*
n’engage que sa bonne volonté, le *recipiens* répond du succès.
Sen. Ep. 19. Jam non *promittunt* de te sed *spondent*. Ils ne
se bornent plus à promettre, ils s’engagent pour toi. Cic. Famm.
VII, 5. Neque minus ei prolixe de tua voluntate *promisi* quam
eram solitus de mea *polliceri*. Et je lui ai promis ta
bienveillance avec autant d’assurance que si je n’avais eu qu’à
m’avancer pour mon compte: car Cicéron ne pouvait donner au nom
de Trébatius que des espérances, mais il pouvait faire de son
chef des promesses positives.
—Polluere, v. *Contaminare*.
—Pondo, v. *Libra*.
—Pontus, v. *Mare*.
—Populari, v. *Vastare*.
—Pompa, v. *Funus*.
—Pondus, v. *Moles*.
—Popina, v. *Deversorium*.
—Populus, v. *Gens*.
Porca. Sulcus. Lira.
*Porca*, billon, terre relevée entre deux sillons; *sulcus*,
creux du sillon, trace faite dans la terre par la charrue;
*lira*, tantôt l’un, tantôt l’autre.
—Porcus, v. *Sus*.
—Portenta, v. *Auguria*.
—Poscere, v. *Petere*.
—Portare, v. *Ferre*.
—Portio, v. *Pars*.
Posse. Quire. Valere. Pollere.
1. *Posse* et *quire* sont originairement transitifs: *posse*,
être apte par vigueur et par force, δύνασθαι; *quire*, par le
concours de toutes les qualités qu’on possède, comme οἷόν τ’
εἶναι. Cic. Tusc. II, 27. Barbari ferro decertare acerrime
*possunt*, viriliter ægrotare non *queunt*. Les barbares peuvent
bien se battre à outrance le fer à la main; aux prises avec la
maladie, ils sont incapables d’être hommes. *Valere* et
*pollere* sont neutres, d’où *possum* ou *queo* vincere, mais
*valeo* ou *polleo* ad vincendum.
2. *Valere*, posséder une juste mesure de forces, valoir un
autre homme, par opposition à des forces insuffisantes, comme
σθένειν; *pollere*, avoir un excès de forces et de ressources et
se distinguer par là de la foule, par opposition à des forces
ordinaires, comme ἰσχύειν.
—Possidere, v. *Tenere*.
—Posteritas, v. *Stirps*.
—Postremus, v. *Extremus*.
—Postulare, v. *Petere*.
—Potare, v. *Bibere*.
Potentia. Potentatus. Potestas. Vis. Robur.
*Potentia*, *potentatus* et *potestas*, puissance qui vient du
dehors, qui a des hommes pour instruments et pour sujets; *vis*
et *robur*, puissance, force intérieure, indépendante du
concours et de la bonne volonté d’autrui. *Potentia*, pouvoir de
fait qui se fait sentir à volonté, δύναμις; *potentatus*, rang
du souverain reconnu par le peuple, δυναστεία; *potestas*,
autorité légitime et légalement déférée, ἐξουσία. Tac. Ann.
XIII, 19. Nihil tam fluxum est quam fama *potentiæ* non sua vi
nixæ. Rien de si fragile que le crédit d’un pouvoir qui n’a
point en lui-même les éléments de sa force. *Vis*, la force
active et agressive, comme faculté de contraindre les autres,
ϰράτος; *robur*, la force au repos, comme faculté de résister et
de durer, ῥώμη.
—Potestas, v. *Occasio*.
Præbere. Exhibere. Præstare. Repræsentare.
*Præbere* et *exhibere*, aller spontanément au-devant d’un
besoin ou d’un désir: le *præbens* cède son bien à quelqu’un;
l’*exhibens* se dessaisit du sien en faveur du public.
*Præstare* et *repræsentare*, s’exécuter pour remplir un devoir:
le *præstans* se libère, pour ainsi dire, d’une dette en se
rangeant à son devoir; le *repræsentans* accomplit une promesse,
au lieu de tarder encore à la tenir.
—Præceptor, v. *Doctor*.
—Præclarus, v. *Eminens*.
—Præcipere, v. *Jubere*.
Præda. Manubiæ. Spolia. Exuviæ. Rapina. Prædo. Latro. Pirata.
1. *Præda* et *manubiæ*, le butin considéré comme un bien de
conquête et comme un profit; *spolia* et *exuviæ*, considéré en
outre comme une marque de victoire et d’honneur.
2. *Præda*, toute espèce de butin; *manubiæ*, le butin légitime
du soldat, fait à la guerre; *rapina*, le butin illégitime du
*prædo*, qui trouble la paix publique, le fruit du vol.
3. *Prædo*, brigand en général, celui qui exerce le brigandage
comme un métier, ληστής. C’est le terme générique, par rapport à
*latro*, le voleur de grands chemins, σίνις, et à *pirata*, le
pirate. *Raptor*, le ravisseur d’une personne ou d’un objet
déterminé, ἁρπαϰτήρ.
—Prædicere, v. *Divinare*.
Præditus. Instructus. Exstructus. Ornatus.
1. *Præditus* s’entend d’une qualité éminente qui est un titre
d’honneur; *instructus* et *exstructus*, d’une qualité solide
qui rend propre à certains usages. Les deux idées sont réunies
dans *ornatus*. L’*instrumentum* sert, le *decus* donne de
l’éclat, l’*ornamentum* semble tirer son lustre d’une utilité
éminente. *Instructus* suggérera, par exemple, l’image d’un
armement complet qui est un gage de protection et de sécurité;
*ornatus*, celle d’un armement parfait et imposant. Il faut se
placer à un point de vue élevé et viser à l’idéal pour juger
l’*ornatus* indispensable; c’est du luxe, par rapport aux
besoins ordinaires de la vie. Cic. Phil. X, 4. Græcia copiis non
*instructa* solum, sed etiam *ornata*. La Grèce, qui abonde en
ressources solides et même apparentes. Sen. Tranq. 9. Sicut
plerisque libri non studiorum *instrumenta*, sed cœnationum
*ornamenta* sunt. Pour beaucoup de gens, une bibliothèque n’est
point un instrument d’étude, c’est un décor indispensable dans
une salle à manger.
2. *Instructus* se rapporte à des personnes et à des objets
destinés à jouer un rôle offensif ou défensif; *exstructus*, à
des objets dont la destination est passive, par exemple,
*instructæ naves*, mais *exstructæ mensæ*. Les *exstructa* ne
laissent plus rien à faire; les *instructa* ont reçu un premier
achèvement, une préparation complète et n’ont plus qu’à remplir
leur destination.
3. *Instructus* se rapporte à la simple possession des moyens;
*paratus*, au propriétaire de ces moyens, prêt lui-même à en
tirer parti.
—Prædium, v. *Villa*.
Præmium. Pretium. Merces.
*Præmium*, récompense honorable destinée à distinguer celui qui
la reçoit, par opposition à *pœna*, ἆθλον, γέρας; *pretium* et
*merces*, payement destiné à acquitter une dette: *pretium*,
prix d’achat pour une marchandise qu’on nous cède, par
opposition à *gratia*, ὦνος; *merces*, ce qu’on paye pour tout
ce qu’on prend ou tient à louage, hommes et choses, μισθός.
—Præs, v. *Sponsor*.
—Præsentem esse, v. *Adesse*.
—Præstans, v. *Eminens*.
—Præsagire, v. *Divinare*.
—Præsentire, v. *Divinare*.
—Præstolari, v. *Manere*.
Præterea. Insuper. Ultro.
*Præterea*, de plus, marque simplement qu’on ajoute ce qu’il
faut pour compléter un compte, comme πρὸς τούτοις; *insuper*, en
sus, par-dessus le marché, qu’on fait mesure comble, comme
προσέτι; enfin, *ultro*, en outre, que ce qu’on ajoute va fort
au delà de ce qu’on avait déjà fait, en sorte que tout ce qui a
précédé n’a plus aucune valeur.
—Prævidere, v. *Divinare*.
—Pravitas, v. *Malitia*.
—Precari, v. *Rogare*.
—Prehendere, v. *Sumere*.
—Pretium, v. *Præmium*.
Pridem. Diu. Dudum. Diuturnus. Diutinus.
1. *Pridem* marque un point dans le temps, une époque, comme il
y a longtemps; *diu* et *dudum* marquent un espace, une période,
comme depuis longtemps: *diu*, depuis bien des jours, des mois,
des années; *dudum*, depuis plusieurs minutes ou plusieurs
heures. *Jam pridem mortuus est* veut dire: il est mort il y a
très-longtemps, c’est un aoriste; mais *jam diu mortuus est*: il
est depuis longtemps dans la tombe, c’est un parfait. Cic. Cat.
I, 1. Ad mortem te duci *jam pridem* oportebat; in te conferri
pestem illam quam tu in nos omnes *jam diu* machinaris. Il y a
longtemps que j’aurais dû te faire conduire au supplice et
amasser sur ta tête tous les maux que tu nous prépares depuis
longtemps. Tac. Ann. XV, 64. Seneca Statium Annæum *diu* sibi
amicitiæ fide et arte medicinæ probatum orat, provisum *pridem*
venenum promeret. Sénèque prie Statius Annæus, qui avait depuis
longtemps sa confiance comme ami et comme médecin, de lui
apporter le poison dont ils étaient autrefois convenus.
2. *Diuturnus* se dit d’une longue durée, soit indifféremment,
comme de quelque chose de long, en général, soit par éloge,
comme de quelque chose de durable et de solide, par opposition à
ce qui passe vite, χρόνιος; *diutinus* exprime un blâme et se
dit de ce qui pèse ou ennuie, comme αἰανός. Cic. Senect. 19.
Nihil mihi *diuturnum* videtur, in quo est aliquid extremum. Une
durée dont je vois le terme ne me paraît jamais longue. Comparez
avec Famm. XI, 8. Libertatis desiderio et odio *diutinæ*
servitutis. Par regret de la liberté et par haine d’un esclavage
prolongé.
—Primordium, v. *Initium*.
Primores. Principes. Proceres. Optimates.
*Primores* et *principes*, les personnages qui jouent un rôle
dans l’État, la classe des citoyens influents et notables, par
opposition à la foule: *primores*, ceux qui sont tout portés à
cette hauteur par le privilége de la naissance, de la fortune et
du rang; *principes*, ceux qui, par leur esprit, leurs talents
politiques, leur activité, deviennent orateurs, chefs de parti,
et s’élèvent aux premières places parmi les *primores* même et
dans tout l’État. *Proceres*, les grands envisagés dans leur
condition naturelle, comme noblesse, par opposition au commun du
peuple; *optimates*, les mêmes grands considérés comme parti
politique, comme aristocrates, par opposition aux démocrates.
Accius dans Non. *Primores procerum* provocaret nomine. Nommer,
en les défiant, les premiers personnages de la noblesse.
Primus. Princeps. Imperator. Cæsar.
1. *Primus*, le premier à paraître dans l’espace ou dans le
temps, en sorte que les autres lui succèdent; *princeps*, le
premier à faire une chose, celui dont les autres suivent
l’exemple.
2. *Princeps*, l’empereur investi en matière civile de
l’autorité suprême qui lui avait été insensiblement dévolue en
sa qualité de prince du sénat, *princeps senatus*; *imperator*,
l’empereur investi de la plus haute autorité militaire,
personne, hors lui et les membres de sa famille, ne pouvant plus
être proclamé *imperator*; enfin, *Cæsar*, l’empereur, comme
membre, et à partir de Galba, comme simple successeur de la
famille et de la dynastie de César.
—Principium, v. *Initium*.
—Priscus, pristinus, v. *Antiquus*.
Privus. Proprius. Peculiaris.
*Privus* se dit de la propriété de fait, par opposition à ce que
les autres possèdent, à *alienus*, comme οἰϰεῖος; *proprius*, de
la propriété exclusive, par opposition aux biens de droit
commun, à *communis*, comme ἴδιος; enfin *peculiaris*, des biens
qu’on a en propre, par opposition à ceux qu’on partage avec tout
le monde, à *universalis*.
—Probrum, v. *Ignominia* et *Maledictum*.
—Probus, v. *Bonus*.
—Procax, v. *Petulans*.
—Procella, v. *Ventus*.
—Proceres, v. *Primores*.
—Procerus, v. *Altus*.
—Proclivis, v. *Pronus*.
—Procrastinare, v. *Differre*.
Procul. Longe. Eminus. E longinquo.
1. *Procul*, à une certaine distance qui permet encore de voir
les objets, par opposition à *juxta*, comme ἄποθεν; *longe*, à
une grande distance, hors de la portée de la vue, par opposition
à *prope*, comme τῆλε.
2. *Eminus*, de loin, d’une distance dont la mesure est donnée
par la portée des traits; il est opposé à *cominus*, comme
πόῤῥωθεν; *e longinquo*, de très-loin, d’une forte distance, par
opposition à *e propinquo*, comme τηλόθεν.
—Prodigia, v. *Auguria*.
Prodigus. Profusus. Helluo. Nepos.
*Prodigus* et *profusus* présentent la dissipation comme un
trait de caractère: *prodigus*, en ce sens qu’on ne connaît pas
la valeur de l’argent et du bien, qu’on n’est ni désireux ni
capable de les faire valoir parcimonieusement, comme le
prodigue; *profusus*, en ce sens que rien ne paraît trop cher
pour satisfaire des fantaisies, par frivolité, comme le
dissipateur. *Helluo* et *nepos* s’entendent d’un caractère qui
se résume tout entier en une seule manie, celle de la
dissipation: *helluo*, le viveur et le libertin émérite;
*nepos*, le fils de famille qui mange son avoir et celui de ses
parents.
—Prælium, v. *Pugna*.
—Prorogare, v. *Differre*.
Proficisci. Iter facere. Peregrinari.
1. *Proficisci* désigne le commencement du voyage, comme partir,
πορεύεσθαι; *iter facere* et *peregrinari* en comprennent toute
la durée, comme voyager, ὁδοιπορεῖν.
2. *Iter facere* se dit également d’un voyage dans le pays ou à
l’étranger; mais *peregrinari*, ἐϰδημεῖν, suppose toujours qu’on
passe la frontière; dans ce dernier cas, la *peregrinatio*
continue même quand on est arrivé à destination et que l’*iter*
est fini.
—Profiteri, v. *Fateri*.
—Profusus, v. *Prodigus*.
—Progenies, v. *Stirps*.
—Prohibere, v. *Arcere*.
—Proles, v. *Stirps*.
—Prolixi, v. *Passi*.
—Proloqui, v. *Eloqui*.
—Promittere, v. *Polliceri*.
—Profugus, v. *Perfuga*.
—Pronuntiare, v. *Eloqui*.
Pronus. Proclivis. Propensus.
*Pronus*, au sens moral, marque un penchant en général;
*proclivis* marque le plus souvent un penchant au bien;
*propensus*, au mal.
—Propalam, v. *Aperire*.
—Prope, v. *Pæne*.
—Propensus, v. *Pronus*.
—Properus, v. *Citus*.
—Propinquus, v. *Necessarius*.
—Prorogare, v. *Differre*.
—Prosapia, v. *Stirps*.
—Prosper, v. *Felix*.
—Protinus, v. *Repente*.
—Psallere, v. *Canere*.
—Proprius, v. *Privus*.
—Prorsus, v. *Plane*.
—Prosequi, v. *Comitari*.
—Protervus, v. *Petulans*.
—Prudens, v. *Sapiens*.
—Pudens, pudibundus, pudicus, v. *Castus*.
—Puella, v. *Virgo*.
Puer. Infans. Adolescens. Juvenis. Vir. Vetus. Senex.
*Puer*, dans son acception générale, l’homme dans ses années de
dépendance, tant qu’il n’est ni ne peut être père de famille, en
trois périodes: 1º comme *infans*, enfant, νήπιος, παιδίον, à
partir de la première année; 2º comme *puer*, au sens restreint,
jeune garçon, παῖς, à partir de la septième; 3º comme
*adolescens*, à l’ouverture de l’adolescence, jeune homme,
μειράϰιον, νεανίας, à partir de la seizième. *Juvenis*, dans son
acception générale, l’homme tant que durent les années pendant
lesquelles il possède et retient la plénitude de ses forces, à
peu près depuis l’époque de la majorité jusqu’aux premières
atteintes de l’âge, l’homme jeune, νέος, en trois périodes: 1º
comme *adolescens*, au déclin de l’adolescence, à partir de la
dix-huitième année; 2º comme *juvenis*, au sens restreint,
νεανίας, à partir de la vingt-quatrième; 3º comme *vir*, homme
fait, ἀνὴρ, à l’ouverture de la virilité, à partir de la
trentième. *Maturus* se dit des années de maturité avancée quand
le feu de la jeunesse s’est évaporé, en trois périodes: 1º de
l’homme fait, *vir*, ἀνὴρ, au déclin de la virilité, à partir de
la quarantième année; 2º de l’homme âgé, *vetus*, γέρων, à
partir de la cinquantaine; 3º du vieillard, *senex*, πρεσϐύτης,
à partir de la soixantaine.
—Pugio, v. *Gladius*.
Pugna. Acies. Prœlium.
*Pugna*, terme général pour toute espèce de combat, depuis le
duel jusqu’à la bataille rangée la plus sanglante, μάχη;
*acies*, action décisive, conduite selon les règles de la
tactique entre les parties belligérantes, bataille rangée;
*prælium*, combat d’occasion entre des détachements, rencontre,
engagement, escarmouche, comme συμϐολή.
Pugnare. Confligere. Dimicare. Digladiari.
1. *Pugnare* et *confligere*, vider un différend de vive force;
ils s’appliquent presque toujours à l’emploi des masses, à une
bataille; *dimicare* et *digladiari*, le vider par la voie des
armes et presque toujours en combat singulier.
2. *Pugnare* marque de préférence une bataille en règle, livrée
à dessein et envisagée par son beau côté, comme exigeant à la
fois de l’art et du courage; *confligere*, un combat de
rencontre, pris du vilain côté, comme occasion de meurtre et de
carnage. Cic. Balb. 9. Qui cum hoste nostro cominus sæpe in acie
*pugnavit*. Il s’est souvent mesuré de près avec notre ennemi en
bataille rangée. Comparez avec Off. I, 23. Temere in acie
versari et manu cum hoste *confligere* immane quiddam et
belluarum simile est. Se jeter follement dans la mêlée d’une
bataille et se prendre corps à corps avec l’ennemi, c’est un
excès de courage qui tient de la brute.
3. *Dimicare* présente l’image d’une lutte soutenue à l’aide de
la première arme venue, épée, lance, pique, massue, par un homme
qui défend sa vie; il se prend indifféremment en bonne et en
mauvaise part; *digladiari* se dit d’un combat à l’épée ou au
poignard et présente l’image odieuse d’un gladiateur consommé
dont la vocation et l’art consistent dans l’escrime et dans le
meurtre. Cic. Tusc. IV, 19. Convenit *dimicare* pro legibus, pro
libertate, pro patria. Il faut savoir se battre pour les lois,
la liberté, la patrie. Comparez avec Legg. III, 9. Iis sicis,
quas ipse se projecisse dicit in forum, quibus inter se
*digladientur* cives. Ces poignards qu’il se vante d’avoir jetés
dans le Forum pour forcer ses concitoyens à s’entr’égorger.
—Pulcher, v. *Formosus*.
—Pulpa, v. *Caro*.
—Pulvinar, v. *Culcita*.
—Pullus, v. *Ater*.
—Pulsare, v. *Verberare*.
Pungere. Stimulare.
*Pungere*, piquer pour blesser, pour faire mal; *stimulare*,
aiguillonner pour réveiller et stimuler par la douleur.
—Punire, v. *Vindicta*.
Purgatio. Excusatio. Satisfactio.
La *purgatio* consiste, comme la justification, à se laver par
des raisons péremptoires d’un soupçon ou d’une accusation;
l’*excusatio* ou excuse à reconnaître qu’il y a eu une faute de
commise, mais en donnant des assurances ou des preuves de
l’innocence de ses intentions; la *satisfactio* ou satisfaction,
à apaiser la partie offensée ou lésée, en cas d’innocence, par
la *purgatio* ou l’*excusatio*, en cas de culpabilité, par la
*veniæ petitio* ou par la *pœna*.
Purus. Mundus. Merus. Putus. Meracus.
1. *Purus*, synonyme d’*integer* et opposé de *contaminatus*,
pur et sans tache, ϰαθαρός; *mundus*, synonyme de *nitidus* et
opposé de *spurcus* et de *sordidus*, pur et net, ϰομψός; enfin,
*merus*, synonyme de *simplex* et opposé de *mixtus*, pur et
sans mélange, comme ἀϰήρατος, ἀϰέραιος.
2. *Purus*, terme général et populaire; *putus* ou ordinairement
*purus putus*, *purus ac putus*, terme technique pour exprimer
la pureté de l’or et de l’argent massifs.
3. *Merus* se dit de tout ce qui est pur, soit indifféremment,
soit avec éloge, comme si tout mélange était une falsification;
*meracus* se dit particulièrement de la pureté du vin qui n’est
point trempé et, transporté au figuré à d’autres objets, il
exprime une idée de blâme, comme si la matière pure et sans
addition n’était pas comme elle doit être, par opposition à
*temperatus*. C’est le sens de l’ancien allemand eitel.
—Pus, v. *Sanies*.
—Putare, v. *Censere*.
—Pusillus, v. *Parvus*.
—Putus, v. *Purus*.
Q
Quærere. Scrutari. Rimari. Investigare. Indagare.
1. *Quærere*, chercher, en général, on éprouve le désir ou le
besoin de trouver; *scrutari*, *rimari*, *investigare* et
*indagare* ajoutent à ce sens une idée accessoire de peine et de
difficulté.
2. *Scrutari* et *rimari*, se mettre à la recherche d’un objet
caché: *scrutari*, en fouillant de tous les côtés, on
s’intéresse à la découverte, on se passionne; *rimari*, en
creusant pour déterrer, la découverte exige des efforts et de la
sagacité. *Investigare* et *indagare*, se mettre à la recherche
d’un objet éloigné: *investigare*, à la façon du chasseur qui
suit en connaissance de cause la piste ou la trace visible du
gibier; *indagare*, à la façon du limier qui suit l’odeur guidé
par son instinct. Curt. IX, 10, 11. Famem sentire cœperunt,
radices palmarum ubique *rimantes*. Ils éprouvèrent les
atteintes de la faim et ils cherchaient partout, pour les
déterrer, des racines de palmiste. Comparez avec IX, 9, 5.
*Scrutati* omnia tuguria tandem latentes reperere. A force de
fouiller toutes les cabanes, ils finirent par les trouver dans
leur cachette. Tac. Ann. VI, 3. *Rimans* secreta omnium.
Déterrant les secrets de tout le monde. Et XII, 52. Quasi finem
principis per Chaldæos *scrutaretur*. Furius Scribonianus est
exilé sous prétexte qu’il avait eu la curiosité de s’adresser
aux Chaldéens pour découvrir quand et comment l’empereur
mourrait. Il n’y avait pas d’obstacles à surmonter.
—Quæstus, v. *Lucrum*.
—Que, v. *Et*.
—Quare, v. *Cur*.
Questus. Quiritatio. Querimonia. Querela.
*Questus* et *quiritatio*, expression de la douleur: *questus*,
par des gémissements rares; *quiritatio*, par des gémissements
suivis. *Querimonia* et *querela*, expressions du chagrin: la
*querimonia* part d’un sentiment estimable, celui d’une personne
lésée qui ne veut pas souffrir une injustice; la *querela*, d’un
sentiment presque toujours blâmable, celui du mécontent qui ne
sait supporter aucune contrariété. La *querimonia* est une
affaire de raisonnement, elle vise à obtenir assistance ou
satisfaction, comme la plainte; la *querela* est une affaire de
sentiment; elle ne tend guère qu’à soulager le cœur, comme les
lamentations. Cic. Cæcil. 3. In populi Romani quotidiana
*querimonia*. La plainte journalière du peuple romain. Comparez
avec Famm. V, 14. Tu non intelliges te *querelis* quotidianis
nihil proficere? Ne veux-tu point comprendre que tu ne gagnes
rien à tes lamentations journalières?
Quies. Tranquillitas. Requies.
1. *Quies*, le repos, l’inaction absolue, par opposition à toute
espèce d’activité, ἡσυχία; *tranquillitas*, le calme dans le
mouvement opposé à l’agitation et à la passion, comme ἑϰηλία.
Sen. Ep. 3. Et quiescenti agendum et agenti quiescendum est. Il
faut que l’action succède au repos et le repos à l’action.
Comparez avec Cic. Top. 3. Ut aut *perturbentur* animi aut
*tranquillentur*. Pour remuer ou calmer les esprits. *Quietus*
offre une analogie de signification avec *otiosus*, *segnis*,
*languidus*, et *tranquillus* avec *lenis*, *placidus*,
*moderatus*.
2. *Quies*, le repos en lui-même, indépendamment de toute
relation; *requies*, le repos par lequel on se délasse au sortir
de l’action ou de la fatigue. Curt. IX, 6, § 2. Ne *quies*
corpori invalido adhuc necessaria pulsu remorum impediretur.
Pour ne point déranger par le bruit des rames le repos dont la
faiblesse du malade avait toujours besoin. Comparez avec § 3.
Placuit hic locus ad suam et militum *requiem*. Il trouva le
lieu à son gré pour se livrer au repos avec son armée.
—Quire, v. *Posse*.
—Quiritatio, v. *Questus*.
Quisque. Quivis. Quilibet. Unusquisque. Omnes. Universi. Cuncti.
Totus.
1. *Quisque*, *quivis* et *quilibet* désignent la totalité des
individus qui constituent l’espèce; *omnes*, *universi* et
*cuncti*, la totalité de l’espèce qui comprend et réunit les
individus.
2. *Quisque*, tout individu pris à part; *quivis*, tout individu
choisi par préférence entre tous les autres, sans exclure
personne de ce choix, qui n’en est que plus marqué, comme πᾶς
τις; *quilibet*, le premier venu, sans choix, avec une nuance de
mépris, comme ὁστισοῦν; il est synonyme de *primus quisque*, ὁ
τυχών. Cic. Famm. VIII, 10. *Quidvis* *quamlibet*, tenue
munusculum. Ce que vous voudrez, le moindre petit présent.
3. *Quisque* est enclitique; on ne le trouve jamais en prose à
la tête de la proposition; *unusquisque* est accentué et se
place partout.
4. *Unusquisque*, chacun en particulier, par opposition à
quelques individus; *singuli*, les individus, par opposition à
un tout indivisible, comme ἕϰαστος.
5. *Omnes*, tout le monde, sans exception; ce n’est qu’une
totalité physique, par opposition à *nemo*, *unus*, *aliquot*,
comme πάντες; *universi*, l’universalité des êtres que l’espèce
peut embrasser et contenir; c’est une totalité morale, par
opposition à *singuli* et *unusquisque*, comme σύμπαντες; enfin,
*cuncti*, tous ceux qui sont rassemblés et réunis; c’est une
totalité de rencontre et de fait, par opposition à *dispersi*,
comme ἅπαντες. Liv. VII, 35. Admiratione paventibus cunctis,
quum *omnium* in se convertisset oculos Decius. Toute
l’assistance était étonnée et émue, tous les regards tournés
vers Décius. Nep. Dat. 5. Qui illum *unum* pluris quam se
*omnes* fieri videbant. Quo facto *cuncti* ad eum opprimendum
consenserunt. Les courtisans voyaient qu’à lui seul il les
effaçait tous auprès du roi. Ils entrèrent tous tant qu’ils
étaient dans une conspiration qui devait l’accabler.
6. *Totus*, *solidus* et *integer* s’appliquent à un tout
primitif qui ne vient que par extraordinaire à se diviser en
parties, comme ὅλος; *omnis*, *universus* et *cunctus*, à des
individus primitivement isolés qui ne forment un tout que par
leur réunion, πᾶς, σύμπας, ἅπας.
Quotidie. In singulos dies.
*Quotidie* s’entend de ce qui revient tous les jours; *in
singulos dies*, de ce qui va tous les jours en augmentant. Cic.
Att. V, 7. *Quotidie* vel potius *in singulos dies* breviores
litteras ad te mitto. Les lettres que je t’envoie deviennent
plus courtes tous les jours ou plutôt de jour en jour.
R
—Rabies, v. *Amens*.
—Radiare, v. *Lucere*.
Rami. Ramalia. Virga. Termes. Turio. Surculus. Sarmentum. Stolo.
Virgultum. Fruticetum.
1. *Rami* et *ramalia*, les branches de l’arbre: *rami*, les
branches vivantes et vertes, θαλλοί; *ramalia*, les branches
mortes et sèches. *Virga*, *termes*, *turio*, *surculus*,
*talea*, *sarmentum* et *stolo* ne se disent que des rameaux:
*virga* et les termes rares de *termes olivæ* et *turio lauri*,
simples rameaux sans idée accessoire, ϰλάδος, ϰλὼν, ϰλῆμα;
*surculus* et *talea*, rameaux considérés comme des membres et
des rejetons de l’arbre qui servent à la propagation en qualité
de greffes et de boutures, les pousses, ὀρσός; *sarmentum* et
*stolo*, rameaux considérés comme des excroissances dont il faut
débarrasser l’arbre et qui ne sont bonnes qu’à jeter:
*sarmentum*, rameau inutile, sauvage; *stolo*, branche folle,
gourmande, parasite.
2. *Virgultum*, lieu couvert de buissons, qui n’est point nu;
*fruticetum*, lieu embarrassé de halliers, impraticable.
—Rapina, raptor, v. *Præda*.
—Recens, v. *Novus*.
—Recipere, v. *Polliceri* et *Sumere*.
—Recondere, v. *Celare*.
—Recuperare, v. *Sumere*.
—Recusare, v. *Negare* et *Spernere*.
—Redire, v. *Reverti*.
—Reduncus, v. *Curvus*.
—Recitare, v. *Eloqui*.
—Recordari, v. *Meminisse*.
—Recurvus, v. *Curvus*.
—Redimere, v. *Emere*.
—Redolere, v. *Olere*.
—Redundare, v. *Abundare*.
—Refellere, v. *Refutare*.
—Refugium, v. *Perfuga*.
Refutare. Confutare. Refellere.
1. *Refutare* et *confutare*, réfuter par toute sorte de moyens;
*refellere*, par des raisons solides et par une discussion
lumineuse. Cic. Orat. II, 50, 203. Neque hæc solum in
defensione, sed etiam in Scauro cæterisque meis testibus, quorum
testimonia non *refellendo*, sed ad eumdem impetum populi
confugiendo *refutasti*. C’est toujours le même artifice et dans
ta défense et à propos de Scaurus et de mes autres témoins; ce
n’est point par une vraie réfutation, mais par un nouveau
recours aux passions populaires que tu réponds à leurs
témoignages.
2. Le *refutans* se tient sur la défensive et rétorque les
arguments qu’on lui oppose; le *confutans* prend l’offensive; il
en fait voir la nullité et les réduit en poussière. Cic. Font.
1. Plus laboris consumo in poscendis testibus quam defensores in
*refutandis*. Je me donne plus de peine pour interroger les
témoins que les défenseurs pour leur répondre. Comparez avec N.
D. II, 17. Cujus opinionis levitas *confutata* a Cotta non
desiderat orationem meam. Ce sentiment n’a aucun poids, et Cotta
l’a pulvérisé de manière à me dispenser de parler. Top. 25.
*Refutatio* accusationis in qua est depulsio criminis. Répondre
à un acte d’accusation en repoussant les charges. Comparez avec
Rhet. ad Her. I, 13. *Confutatio* est contrariorum locorum
dissolutio. La réfutation consiste à réduire à néant les
arguments contraires.
—Regalis, v. *Regius*.
—Regio, v. *Locus*.
Regius. Regalis.
*Regius*, ce qui appartient à un roi, ce qui vient d’une suite
de rois; *regalis*, ce qui convient à un roi, ce qui est digne
de lui.
Religio. Fides.
*Religio*, probité scrupuleuse fondée sur une obligation
intérieure, toute de conscience; *fides*, même qualité fondée
sur une obligation extérieure, sur une promesse.
Relinquere. Deserere. Omittere. Destituere. Desolatus.
1. *Relinquere*, quitter, s’applique à un objet auquel on ne
tient que par un rapport de lieu et de voisinage; *deserere* et
*omittere*, à un objet auquel on tient par une obligation morale
en qualité de possesseur ou d’ami. Il y a au fond de la
*desertio*, de l’abandon, une lâcheté, un oubli de quelque
devoir, par opposition à *defensio*, *tutatio*; au fond de
l’*omissio* une conviction que l’on a d’être autorisé à
s’abstenir, comme dans renoncer, par opposition à *obtinere*.
Tac. Dial. 16. Partes quas intellexerimus te non tam *omisisse*
quam nobis *reliquisse*, ce qui ne veut pas dire qu’on renonce à
voir le sujet traité, mais qu’on le quitte pour le laisser
traiter par un autre. Et 9. *Relinquenda* conversatio amicorum
et jucunditas urbis, *deserenda* cætera officia. Il faut quitter
le commerce de ses amis, les plaisirs de la ville; il faut
abandonner ses devoirs. Cic. Verr. I, 4, 11. *Desertum*
exercitum, *relictam* provinciam. Abandonner l’armée, quitter la
province.
2. *Deserere*, quitter et trahir dans un danger possible et
éloigné; *destituere*, dans un danger réel et prochain. Curt.
IV, 2, 32. *Desertus*, *destitutus*, hostibus deditus.
Abandonné, délaissé, livré aux ennemis. Liv. VI, 2. Quod
defensores suos in ipso discrimine periculi *destituat*. Il
délaisse ses défenseurs dans la crise même du péril.
3. *Desertus* et *destitutus* marquent particulièrement l’oubli
du devoir; *desolatus*, la dureté impitoyable de cet oubli.
Suet. Cal. 12. *Deserta* *desolata*que reliquis subsidiis aula.
La cour abandonnée et anéantie par l’abandon de ses derniers
appuis.
—Reliqui, v. *Cæteri*.
—Reminisci, v. *Meminisse*.
—Renuere, v. *Negare*.
—Repandus, v. *Curvus*.
—Remedium, v. *Mederi*.
—Renidere, v. *Ridere*.
—Repagulum, v. *Sera*.
Repente. Subito. Extemplo. E vestigio. Illico. Statim. Protinus.
Confestim. Continuo.
*Repente* et *subito*, tout à coup: *repens*, par opposition à
l’attente, à *exspectatus*, à *sensim*, comme ἐξαπίνης;
*subitus*, par opposition à des préparatifs, à *ante provisus*,
*meditatus*, *paratus*, comme παραχρῆμα. *Extemplo* et *e
vestigio* se disent par opposition à un délai: *extemplo* marque
un rapport de temps, comme dans l’instant; *e vestigio*, un
rapport de lieu, comme sur-le-champ. *Illico*, *ilicet*, à la
hâte, se prennent par opposition à la lenteur: *illico*, en
prose, comme παραυτίϰα; *ilicet*, chez les comiques et les
poëtes. *Statim* et *protinus* s’opposent au temps qui suit:
*statim*, aussitôt, à *deinde*, *postea*, comme εὐθύς;
*protinus*, de suite, comme πρόϰα. Enfin, *confestim* et
*continuo* s’opposent à *ex intervallo*.
Repere. Serpere. Serpens. Anguis. Coluber.
1. *Repere*, avancer à l’aide de pieds très-courts, à petits
pas, lentement, se traîner; *serpere*, sans pieds, par une
ondulation du corps entier, et sans bruit, ramper.
2. *Serpens*, nom général pour tout ce qui rampe, à la façon des
serpents, ἑρπετόν; *anguis*, serpent redoutable par la grandeur
de sa taille, ὄφις; *coluber*, serpent dangereux, quoique de
petite taille, ἔχις, ἔχιδνα.
—Reperire, v. *Invenire*.
—Repetere, v. *Iterum*.
Reprehensio. Vituperatio.
*Reprehensio*, blâme destiné à corriger, à ramener dans la bonne
voie, remontrance, μέμψις; *vituperatio*, blâme destiné à servir
de châtiment, à reprocher une faute à celui qui l’a commise,
réprimande, ψόγος. La *reprehensio* a son opposé dans la
*probatio*, la *vituperatio* dans la *laudatio*.
—Repudiare, v. *Negare*.
Repudium. Divortium.
*Repudium*, renvoi de la fiancée ou de l’épouse du chef du mari
futur ou actuel; *divortium*, dissolution du mariage ou divorce
en forme fondé sur un consentement réciproque, à la suite duquel
chacune des deux parties tire de son côté. La formule du
*repudii* était: Conditione tua non utor; celle du *divortii*:
Res tuas tibi habeto. On dit *repudium* mittere, remittere,
renunciare, dicere alicui, mais *divortium* facere cum aliqua.
—Requies, v. *Quies*.
Requirere. Desiderare.
*Requirere*, réclamer, par un mouvement de l’esprit qui voit le
côté utile des choses; *desiderare*, regretter, par un mouvement
du cœur qui s’attache avec amour et sympathie. Le *requirens* a
des prétentions, il espère qu’on fera droit à sa réclamation; le
*desiderans* choie un désir et en attend l’accomplissement du
cours des choses, de la fortune. Cic. Famm. VII, 26. Magis tuum
officium *desiderari*, quam abs te *requiri* putavi meum. On est
plus porté selon moi à regretter ton intervention que tu ne l’es
à réclamer la mienne.
—Reri, v. *Censere*.
—Reserare, v. *Aperire*.
Respectum. Rationem habere.
*Respectum habere*, tenir compte de quelque chose par la pensée
et par la réflexion, juger digne d’attention; *rationem habere*,
en tenir compte dans sa conduite et dans ses mesures, comme d’un
moyen qui peut concourir à conduire au but.
Restare. Superesse.
*Restare* modifie l’idée exprimée par rester en y associant
celle d’une tâche qui n’est point achevée; *superesse*, en y
associant celle d’une réserve qui n’est point épuisée. Cic. Cat.
III, 10. Cum hostes vestri tantum civium *superfuturum*
putassent, quantum infinitæ cædi *restitisset*. Quand vos
ennemis avaient réduit dans leur calcul le surplus des citoyens
à ce qui échapperait au massacre général. Hor. Sat. I, 9, 28.
Nunc ego *resto*, confice. C’est moi qui vais te servir à
présent de victime, achève.
—Restaurare, v. *Instituere*.
—Restis, v. *Laqueus*.
—Restituere, v. *Instituere*.
Rete. Cassis. Plaga.
*Retia*, rets, terme général pour les filets de pêche et de
chasse; *casses* et *plagæ*, engins réservés à la chasse:
*casses*, filets destinés à s’emparer du petit gibier qui y
entre comme dans un sac; *plagæ*, à s’emparer du gros gibier qui
s’y empêtre. Hor. Ep. 2, 32. Aut trudit acres... apros in
obstantes *plagas*, aut amite levi rara tendit *retia*. Il
pousse l’impétueux sanglier vers les rets qui lui barrent le
passage, il tend au bout d’une perche légère des filets déliés.
—Reticere, v. *Silere*.
—Reterare, v. *Aperire*.
—Revereri, v. *Vereri*.
—Retinacula, v. *Laqueus*.
Reverti. Revenire. Redire.
*Reverti* et *revenire*, pris au propre, marquent des actions
qui ne durent qu’un moment: *reverti*, opposé à *proficisci*,
celle qui consiste à se retourner pour revenir sur ses pas;
*revenire*, opposé à *advenire*, celle qui consiste à rattraper
le point d’où on était parti. *Redire*, opposé à *porro ire*,
s’entend de toute la durée de l’action comprise entre ces deux
extrêmes, comme revenir. Cic. Att. XVI, 7. p. m. Quam valde ille
*reditu* vel potius *reversione* mea lætatus effudit ille omnia
quæ tacuerat. Dans le transport qu’il éprouvait à me voir
revenir ou plutôt faire le premier pas pour revenir, il épancha
tout ce qu’il n’avait jamais voulu dire.
Ridere. Cachinnare. Renidere. Subridere. Irridere. Deridere.
1. *Ridere* et *cachinnare* se disent d’un rire qu’on entend:
*ridere*, d’un rire gai et modéré, comme γελᾷν; *cachinnare*,
d’éclats de rire immodérés et discordants, comme ϰαγχάζειν.
*Subridere* et *renidere* désignent un sourire qu’on peut bien
voir, mais non pas entendre: *subridere*, un sourire espiègle ou
satirique; *renidere*, amical ou mielleux, μειδιᾷν. Cic. Tusc.
IV, 31. Si *ridere* concessum sit, vituperatur tamen
*cachinnatio*. On nous permet de rire, mais on nous reprocherait
de rire aux éclats.
2. *Deridere* s’entend, comme ϰαταγελᾷν, d’un rire moqueur
considéré comme un trait d’orgueil et de mépris; on rit du haut
de sa grandeur; *irridere*, comme un trait d’insolence ou de
malignité; on rit à la barbe des gens, ἐγγελᾷν. Cic. Orat. III,
14. Istos omnes *deridete* atque contemnite. Riez
dédaigneusement de tous ces gens-là et méprisez-les. N. D. II,
3. Claudius etiam per jocum deos *irridens*. Claudius, qui osait
plaisanter et rire à la barbe des dieux.
—Rimari, v. *Quærere*.
Ripa. Littus. Ora. Acta.
1. *Ripa*, bord d’une rivière, ὄχθη; *littus*, *ora*, *acta*,
bord de la mer. Mela. III, 9. *Oras* ad Eurum sequentibus nihil
memorabile occurrit; vasta omnia vastis præcisa montibus ripæ
potius sunt quam *littora*. Le rivage suivi dans la direction de
l’est n’a rien de remarquable; des espaces arides coupés par des
montagnes nues font songer aux bords d’un torrent et ne
rappellent guère les bords de la mer. Vitruv. II, 9, 14. Circa
*ripam* fluminis Padi et *littora* maris Adriatici. Au bord du
Pô et sur les côtes de l’Adriatique.
2. *Littus*, bord conçu comme une ligne qui sépare la terre de
la mer, ἠιὼν et ῥηγμὶν, la côte; *ora* et *acta*, comme un
espace et une zone qui s’étend le long de la mer, le rivage,
ἀϰτὴ et αἰγιαλός: *ora*, au sens géographique, comme terre
riveraine, par opposition à l’intérieur des terres; mais *acta*,
au sens esthétique, celui d’un rivage qui offre des paysages
charmants et un séjour agréable. Liv. XXIV, 8. Classem paravimus
ut Africæ *oram* popularemur, ut tuta nobis Italiæ *littora*
essent. Nous avons équipé une flotte: c’est pour dévaster le
rivage de l’Afrique et pour mettre à l’abri de toute insulte les
côtes de l’Italie, Plin. Ep. V, 6, 2. Gravis et pestilens *ora*
Tuscorum, quæ per *littus* extenditur. Il y a en Toscane, le
long de la côte, une zone malsaine et empestée. On trouve
*littoris* *ora*, c’est-à-dire *ora per littus extensa*.
Prudent. contr. Symm. IV, 136. Invenit expositum secreti in
*littoris* *acta*. Il le trouve exposé dans un enfoncement sur
une côte retirée. Cic. Famm. IX, 6. Ea tractes quorum et usus et
delectatio est omnibus illis *actis* et voluptatibus
anteponenda. Faites-vous des occupations utiles et attrayantes,
préférables à tous les paysages, à tous les plaisirs qu’on
demande aux bords de la mer. C’est un mot emprunté au grec que
Tacite préfère remplacer, H. III, 76, par la périphrase *amœna
littorum*.
—Ritus, v. *Consuetudo*.
—Rixa, v. *Disceptatio*.
—Robustus, v. *Validus*.
—Rivalitas, v. *Imitatio*.
—Robur, v. *Potentia*.
Rogare. Orare. Obsecrare. Obtestari. Precari. Supplicare.
1. *Rogare* et *orare* se disent d’une demande, d’une requête;
on exprime tranquillement un désir: le *rogans* se sent l’égal
de celui auquel il s’adresse et ne veut qu’une complaisance,
comme l’αἰτῶν; l’*orans* reconnaît la supériorité de l’autre et
demande un bienfait, comme le δεόμενος. *Obsecrare* et
*obtestari* expriment une requête passionnée, comme conjurer:
l’*obsecrans* est vif, comme le λιπαρῶν; l’*obtestans* est
pressant. Cic. Att. XVI, 16. Igitur, mi Plance, *rogo* te atque
etiam *oro*. Oui, mon cher Plancus, c’est une demande et même
une requête. Pseudocic. Red. 16. Pro mea vos salute non
*rogavit* solum, verum etiam *obsecravit*. Il ne vous a pas
demandé, il vous a adjurés de me sauver.
2. *Precari* se dit d’une prière faite avec calme en levant les
mains au ciel, comme εὔχεσθαι; *supplicare*, d’une invocation
passionnée, comme ἱϰετεύειν; on se jette à genoux ou par terre,
on se tord les mains. Mais *precor* se dit aussi par hyperbole
de toute sollicitation, et *supplicare*, de toute humble requête
adressée à des hommes. Cic. Parad. V, 3. Noctu venire domum ad
eum, *precari*, denique *supplicare*. Aller le trouver la nuit
dans sa maison, prier, supplier.
Rogare. Interrogare. Percontari. Sciscitari.
*Rogare*, *interrogare* et *quærere*, faire des questions:
*rogare*, en comptant sur une réponse, on veut savoir;
*interrogare*, en espérant une réponse, on souhaite de savoir.
*Percontari* et *sciscitari*, presser de questions:
*percontari*, par envie de s’instruire, d’un ton sérieux et
posé, il s’agit de s’éclairer; *sciscitari*, avec un air de
curiosité, d’indiscrétion, de précipitation, de finesse; il
s’agit de se renseigner.
—Rogare, v. *Petere*.
—Rudis, v. *Fustis*.
—Rudentes, v. *Laqueus*.
Ruina. Strages.
*Ruina*, écroulement de matériaux superposés avec ordre, dont la
base vient à céder; *strages*, chute d’un corps qui se tenait
debout et qu’un choc renverse. Liv. IV, 33. *Strages* *ruinæ*
similis. Un abatis qui ressemble à un écroulement.
Rumor. Fama.
*Rumor*, bruit ou nouvelle qui se propage par des voies
incertaines, obscures, clandestines, par opposition à la
certitude; *fama*, tradition que répand la voix publique, par
opposition à ce qu’on sait pour l’avoir vu de ses propres yeux.
Le bruit, *rumor*, intéresse par sa nouveauté; c’est un sujet de
curiosité, il passe avec la génération au milieu de laquelle il
est né; la tradition, *fama*, intéresse par son importance; elle
entre dans le domaine de la science et se transmet comme un
héritage à la postérité.
—Rumpere, v. *Frangere*.
—Rursus, v. *Iterum*.
—Rupes, v. *Saxum*.
—Rus, v. *Villa*.
Rus. Ager. Rusticus. Agrestis. Rusticanus.
1. *Rus*, la campagne, par opposition à la ville, le village
avec sa banlieue; *ager*, la campagne, par opposition à une
localité quelconque, les champs. Cels. Med. 1. Sanum oportet...
modo *ruri* esse, modo in urbe, sæpiusque in *agro*. Il faut,
pour se porter bien, vivre tantôt à la campagne, tantôt à la
ville, surtout aux champs.
2. *Rusticus*, ἀγροῖϰος, celui qui habite le village;
*agrestis*, ἄγριος, celui qui a grandi aux champs, en sauvage,
comme *ferus*: le terme est cependant plus doux, car *ferus*
exprime directement la sauvagerie comme faisant le fond du
caractère, et *agrestis* en rappelle seulement l’idée par la
désignation du séjour ou de l’origine.
3. Transportant ces termes aux qualités de l’esprit, *rusticus*
désigne plutôt la grossièreté intellectuelle; *agrestis*, la
grossièreté morale. *Rusticus* s’entend, comme champêtre, de la
timidité et de la simplicité; il se rapproche dans le bon sens
de l’innocence et dans le mauvais de la gaucherie; *agrestis*
marque, comme rustique, l’effronterie et la bassesse; il ne se
prend jamais en bonne part, il confine à la *feritas*. Le
*rusticus* (opposé *urbanus*) ne blesse que les conventions du
savoir-vivre; l’*agrestis* (opposé *humanus*) blesse les lois
naturelles de la décence.
4. Quand Cicéron veut adoucir encore l’idée exprimée par
*rusticus* et prévenir toute équivoque, il emploie de préférence
*rusticanus*. *Rusticus* désigne alors le paysan qui naît, vit
et meurt au village; *rusticanus*, le citadin que les
circonstances y relèguent. On peut ranger parmi ces derniers les
provinciaux, *municipes*, en qualité de *rusticorum similes*.
S
Sabulo. Harena. Sabura.
*Sabulo*, et dans Pline *sabulum*, le sable considéré comme une
espèce de terre légère; *harena*, *arena*, comme une terre
sèche, pierreuse, comme des parcelles ou de la poussière de
pierre, par opposition à un sol fertile; enfin, *sabura*,
*saburra* se rapporte particulièrement à l’usage qu’on fait du
sable pour lester les vaisseaux.
—Sacellum, v. *Templum*.
Sacer. Sanctus.
*Sacer*, sacré, s’entend, comme ἱερὸς, de ce qui est la
propriété des dieux, par opposition à *profanus*; *sanctus*,
saint, de ce qui est sous leur protection, à l’abri de toute
souillure, pur et sans tache, par opposition à *pollutus*, comme
ὅσιος. *Sanctus homo*, âme pure, agréable aux dieux; *sacer*,
mortel maudit, dévoué aux dieux à titre de victime expiatoire.
Et de même *sancire* signifie mettre sous la protection
immédiate des dieux, en parlant, par exemple, de lois et de
traités d’alliance; *sacrare*, dédier aux dieux, en parlant, par
exemple, de temples et d’autels.
—Sacramentum, v. *Jusjurandum*.
Sacrare. Consecrare. Dicare. Dedicare.
*Sacrare*, *consecrare*, mettre au nombre des choses saintes, on
tient à marquer que tout usage profane de ces choses est et
demeure retiré et interdit aux hommes; *dicare* et *dedicare*,
consacrer, on tient à marquer qu’on attribue aux dieux la
propriété de la chose. *Consecrare* peut s’employer absolument,
mais *dedicare* exige qu’on nomme le nouveau propriétaire.
Sæpe. Crebro. Frequenter. Frequentare. Celebrare.
1. *Sæpe*, souvent, par opposition à *semel*, à *nonnunquam*, à
*semper*, comme πολλάϰις; il s’agit de la répétition des mêmes
actes en des temps différents; *crebro* et *frequenter*,
fréquemment, par opposition à *raro*; il s’agit de la pluralité
des objets ou des événements: *crebro*, coup sur coup et plutôt
trop que trop peu, comme θαμά; *frequenter*, bien des fois.
*Creber* se dit en général d’une multitude pressée et entassée;
*frequens*, d’une foule nombreuse. *Frequens* contient un éloge,
comme *largus*; *creber*, un blâme, comme *spissus*. Et on dit
du sénat *frequentes senatores*, lorsqu’il s’agit de marquer
qu’il est au complet; on emploierait *crebri*, si la place
manquait à cause de la presse et si les sénateurs étaient à
l’étroit sur leurs siéges.
2. *Frequentare*, visiter souvent un lieu, ne le point négliger;
*celebrare*, le visiter souvent et le rendre par là animé et
bruyant.
Sævitia. Crudelitas.
*Sævitia*, cruauté sanguinaire du tyran qui a, comme la bête
féroce, du plaisir à tuer et à faire souffrir, par opposition à
*mansuetudo*; *crudelitas*, cruauté froide du juge ou du
souverain qui applique la loi dans toute sa sévérité, par
opposition à *clementia*.
—Sævus, v. *Atrox*.
—Saltus, v. *Silva*.
—Salsus, v. *Lepidus*.
—Saluber, v. *Salus*.
Salus. Sanitas. Valens. Saluber. Sanus. Salutaris.
1. *Salus* marque en général la prolongation de l’existence, par
opposition à *interitus*; *sanitas*, un état de bonne santé, par
opposition à *ægritudo*; il s’entend du corps dans son acception
primitive, de l’âme dans son acception usuelle.
2. *Sanus* et *valens*, qui approchent du sens d’*integer*,
marquent un état sain, mais temporaire; *saluber* et *validus*,
qui approchent du sens de *robustus*, un état sain et constant.
*Salubris oratio*, langue saine par excellence, pleine d’une
vigueur naturelle; *sana oratio*, langage sobre et réfléchi.
3. *Sanus* et *saluber* présentent la santé comme un état de
bien-être; *valens* et *validus*, comme une faculté qui rend
propre à l’action.
4. Au sens transitif, *saluber*, salubre, se dit de ce qui
procure et conserve la santé, *sanitatem*, par opposition à
*pestilens*, comme ὑγιεινός; *salutaris*, salutaire, de ce qui
sauve et conserve la vie, *salutem*, par opposition à
*pestiferus*, comme σωτήριος. Caton, dans Plin., H. N. XVIII, 6.
Nihil *salutare* est nisi quod toto anno *salubre*. Le seul
régime salutaire, c’est un régime salubre d’un bout de l’année à
l’autre.
—Salus, v. *Vita*.
—Salve, v. *Ave*.
—Salutaris, v. *Salus*.
Salvus. Sospes. Incolumis. Integer.
*Salvus* et *sospes*, σῶς, conservé et sauvé, par opposition à
perdu: *salvus*, en langage ordinaire; *sospes*, dans le style
élevé. *Incolumis* et *integer*, ἀσϰηθὴς, sain et sauf, entier,
intact: *incolumis*, par opposition à une blessure, etc.;
*integer*, par opposition à une insulte. Tac. H. I, 84. Mea cum
vestra *salus* *incolumitate* senatus firmatur, c’est-à-dire
notre salut dépend de ce qu’on ne touche pas à un seul cheveu du
sénat. Et I, 66. Verba Fabii *salutem* *incolumitatem*que
Viennensium commendantis: *salus* se rapporte au danger de mort,
*incolumitas*, au danger du pillage. Cic. Dejot. 15. Sunt tuæ
clementiæ monumenta... eorum *incolumitates* quibus *salutem*
dedisti. La preuve la plus solide de ta clémence, c’est que les
personnes qui te doivent leur salut n’ont pas souffert le
moindre dommage.
—Sanare, v. *Mederi*.
—Sanctus, v. *Sacer* et *Bonus*.
Sanguis. Cruor. Sanguineus. Sanguinolentus. Cruentus.
1. *Sanguis*, le sang qui circule dans le corps et qui
entretient la vie, αἷμα; *cruor*, le sang qui coule ou qui a
coulé du corps, ϐρότος. Cic. N. D. II, 55. *Sanguis* per venas
in omne corpus diffunditur. Des vaisseaux distribuent le sang
dans tout le corps. Comparez avec Rosc. Am. VII, 19. Ut
*cruorem* inimici quam recentissimum ostenderet. Pour faire
parade du sang encore tout frais versé de son ennemi. Tac. Ann.
XII, 47. Mox ubi *sanguis* artus extremos suffuderit, levi ictu
*cruorem* eliciunt atque invicem lambunt. Dès que le sang s’est
porté aux extrémités, un coup léger le fait jaillir et chacun
des deux lèche celui de l’autre. *Sanguis* est le principe de la
vie physique, *cruor* le symbole du meurtre.
2. *Sanguineus*, qui se compose de sang; *sanguinolentus*, qui a
l’odeur ou l’aspect du sang; *cruentus*, taché de sang.
Sanies. Pus.
*Sanies*, pus liquide et dégoûtant; *pus*, rongeur et
pernicieux.
—Sanitas, sanus, v. *Salus*.
Sapiens. Prudens. Callidus. Scitus. Solers. Cordatus. Catus.
1. *Sapiens*, celui qui, n’ayant que des intentions pures,
choisit les bonnes routes et s’attache imperturbablement à les
suivre; *prudens* et *callidus*, celui qui sait choisir les
meilleurs moyens et s’en servir avec circonspection:
*prudentia*, sagacité ou prudence naturelle qui fait le fond du
caractère; *calliditas*, connaissance du monde et des hommes
acquise et gagnée par l’expérience et la pratique. Cic. Fr.
Scaur. 5. Hominis *prudentis natura*, *callidi usu*, doctrina
eruditi. Un homme que la nature a doué de finesse, que
l’expérience a mûri, à qui la science a tout appris.
2. *Prudens*, celui qui possède un coup d’œil juste et pratique,
par opposition à *stultus*, comme perspicace; *scitus*, celui
qui a du tact, de l’esprit naturel et du savoir-faire, comme
avisé; *solers*, *sollers*, celui qui possède un génie pratique
et inventif, comme ingénieux, par opposition à *iners*;
*cordatus*, celui qui a un sens droit, par opposition à
*excors*; *catus*, celui qui découvre et connaît des voies et
des moyens secrets, comme délié.
Sapor. Gustus. Gustare. Libare.
1. *Sapor*, la saveur propre et particulière à un corps, par
opposition à *odor*, etc.; *gustus* ou *gustatus*, la perception
de cette saveur ou le sens du goût, par opposition à *olfactus*,
etc. Sen. Ep. 109. Debet esse aptatus ad hujus modi *gustum*, ut
ille tali *sapore* capiatur. Il faut être accoutumé au goût du
miel pour en apprécier la saveur.
2. Le *libans* ne fait que porter les choses aux lèvres ou à la
bouche; le *gustans* en perçoit la saveur et en distingue le
goût. Ovid. Am. I, 4, 34. Si tibi forte dabit, quæ
*prægustaverit* ipse, rejice *libatas* illius ore dapes. S’il
arrive qu’il commence par goûter au morceau qu’il t’offre,
rejette le mets qui a effleuré ses lèvres.
—Sarmentum, v. *Rami*.
—Satiare, v. *Satis*.
Satelles. Stipator.
*Satelles*, garde du corps considéré comme un mercenaire;
*stipator*, comme un défenseur. Cic. Rull. II, 13. Ex equestri
loco ducentos in singulos annos *stipatores* corporis
constituit, eosdem ministros et *satellites* potestatis. Il tire
tous les ans de l’ordre des chevaliers une compagnie de deux
cents gardes qui deviennent les serviteurs et les satellites du
pouvoir.
Satis. Affatim. Abunde.
1. *Satis* désigne, comme suffisamment et ἱϰανῶς, la juste
mesure sans idée accessoire; *affatim* et *abunde* y ajoutent
cette idée qu’il y a plutôt trop que trop peu; mais *abunde*,
copieusement, ἅλις, se prend au sens absolu par rapport à la
chose, il y a assez; *affatim*, ἀφθόνως, jusqu’à pleine
satisfaction, se prend au sens relatif, par rapport à la
personne, on en a assez. On peut avoir à son avis assez
travaillé, *affatim*, sans que la quantité de travail soit
suffisante et que ce soit *satis*. Cic. Att. II, 16. Puto enim
me Dicæarcho *affatim* *satis* fecisse. Je me suis donné
suffisamment de mal pour Dicéarque, et je trouve que c’est
assez. Et XVI, 1. *Satis* est et *affatim* prorsus. Cela suffit
très-amplement. Liv. IV, 22. Frumentum non necessitati *satis*,
sed copiæ quoque *abunde* ex ante confecto sufficiebat. Les
anciens magasins fournissaient du blé en suffisance, et même
fort au-delà, en abondance.
2. *Satiare*, satisfaire, apaiser un besoin en général, la faim,
un désir vif; *saturare*, apaiser une envie contre nature,
manie, faim canine, haine, soif du sang.
Satis habere. Contentum esse. Boni consulere. Contentus. Æquus
animus.
1. *Satis habere*, estimer suffisant, exprime un jugement: il
n’y a point de passion qui soit en jeu et qui empêche
d’apprécier la juste mesure; *contentum esse*, se contenter,
exprime un sentiment: c’est une marque de modestie et d’empire
sur soi-même; enfin, *boni consulere*, se déclarer satisfait,
exprime un acte de volonté: on renonce à voir un vœu se
réaliser, on s’accommode résolument de ce qui ne peut être
évité. *Satis habere* se construit avec l’infinitif; *contentum
esse*, avec l’ablatif ou avec *quod*.
2. *Contentus animus* marque un contentement relatif: on prend
son parti d’une chose, on ne murmure point de ce que le bonheur
reste incomplet; *æquus animus* exprime le contentement absolu:
on se sent complétement satisfait et on n’aspire point à un état
plus heureux.
—Satisfactio, v. *Purgatio*.
—Saucius, v. *Vulnus*.
—Saturare, v. *Satis*.
Saxum. Rupes. Cautes. Petræ. Scopuli. Lapis. Calculus.
Scrupulus.
1. *Saxum*, *rupes* et *cautes*, grandes masses; *lapis*, *calx*
et *scrupus*, petites masses de pierre. Plin. H. N. XXXVI, 22.
Silex viridis ubi invenitur, *lapis*, non *saxum* est. Le jade
vert est une pierre qu’on ne trouve qu’en morceaux, ce n’est
point une roche.
2. *Saxa*, grandes masses de pierre de toute forme, πέτραι;
*rupes* et *petræ*, masses de pierre escarpées et hautes,
rochers qui peuvent être un obstacle; *cautes* et *scopuli*,
masses de pierre pleines d’aspérités et de pointes, dangereuses,
écueils: *cautes*, roches basses, invisibles sous l’eau,
perfides; *scopuli*, écueils qui se dressent au-dessus des eaux,
qui menacent, qui annoncent le danger, σϰόπελοι.
3. *Lapis*, terme général, la pierre comme matière, sans égard à
sa forme, λίθος; *calculus*, pierre polie et ronde, galet;
*scrupus*, *scrupulus*, pierre raboteuse et anguleuse, caillou;
mais ce sens de *scrupus* n’a pour lui que l’autorité des
grammairiens, et il ne se rencontre guère dans les auteurs qu’au
sens figuré de scrupule.
Scandere. Adscendere. Escendere. Conscendere. Inscendere.
*Scandere*, gravir une hauteur escarpée, grimper avec effort, en
s’aidant des pieds et des mains. *Adscendere*, *escendere*,
*conscendere* et *inscendere*, monter en général: *adscendere*,
sans idée accessoire, simplement par opposition à *descendere*;
*escendere*, escalader une hauteur qui sert de défense, comme un
rempart, des murailles, ou encore monter en quelque lieu où l’on
doit être en vue, comme une tribune aux harangues;
*conscendere*, monter à plusieurs, par exemple, sur un vaisseau;
*inscendere*, monter dans un lieu fermé, par exemple, dans une
voiture.
—Scapha, v. *Navigium*.
Scelestus. Sceleratus. Nefarius. Nefandus. Impius.
*Scelestus* se rapporte aux intentions, comme *ad scelera
pronus* et *promptus*; *sceleratus*, aux actions, comme
*sceleribus pollutus atque opertus*. C’est toujours l’adjectif
*sceleratus* qui accompagne des termes physiques, comme *porta*,
*campus*, *vicus*, porte, champ, quartier de ville où un crime a
été commis, et en général des objets ne peuvent pas s’appeler
*scelesta*, à moins d’être personnifiés. Et de même *nefarius*
et *impius* ont trait à l’impiété de la personne, avec cette
seule différence que la perversité: de l’*impius* éclate dans
ses sentiments, celle du *nefarius* dans ses sentiments et ses
actions; mais *nefandus* se rapporte exclusivement au caractère
exécrable de l’action.
—Scelus, v. *Delictum*.
—Scientia, v. *Cognitio*.
—Scipio, v. *Fustis*.
—Scitus, v. *Sapiens*.
—Scopuli, v. *Saxum*.
—Scrobs, v. *Specus*.
—Scrupulus, v. *Saxum*.
—Schola, v. *Ludus*.
—Scindere, v. *Findere*.
—Sciscitari, v. *Rogare*.
—Scobina, v. *Lima*.
—Scropha, v. *Sus*.
—Scrutari, v. *Quærere*.
Scutum. Clypeus. Parma.
*Scutum*, grand bouclier qui couvre l’homme entier, σάϰος;
*clypeus* et *parma*, bouclier de grandeur moyenne et de forme
ronde, ἀσπίς: *clypeus*, pour l’infanterie; *parma*, pour
l’infanterie et la cavalerie; enfin, *pelta*, petit bouclier en
forme de demi-lune; *cetra*, petit bouclier de cuir. Liv. IX,
19. Macedonibus *clupeus*... Romano *scutum*, majus corpori
tegumentum. Les Macédoniens ont le bouclier rond, les Romains le
grand bouclier droit, qui couvre bien mieux le corps. XXXI, 36.
*Cetratos*, quos *peltastas* vocant, in insidiis abdiderat. Il
avait mis en embuscade une troupe de ces soldats qui portent de
petits boucliers de cuir et qu’on appelle ordinairement
peltastes.
—Scyphus, v. *Poculum*.
—Secessio, v. *Turbæ*.
—Secreta, v. *Arcana*.
—Securis, v. *Ascia*.
—Securus, v. *Tutus*.
Sedes. Sedile. Sella.
*Sedes*, siége offert par la nature, ἕδος; *sedile* et *sella*,
meuble fait pour s’asseoir: *sedile*, quelle que soit la forme,
chaise ou banc, mobile ou à demeure, ἕδρα; *sella*, de forme
déterminée, chaise ou fauteuil, θρόνος.
—Seditio, v. *Turbæ*.
—Segnitia, v. *Ignavia*.
—Semita, v. *Iter*.
—Semo, v. *Numen*.
Semper. Usque.
*Semper*, toujours et éternellement, sans restriction ni limite,
au sens absolu; *usque*, toujours, mais dans des limites
déterminées, au sens relatif, *usque dum*, *donec*, etc.; on le
rencontre sans complément dans les poëtes, par exemple: Hor.
Sat. I, 9, 19. *Usque* sequar te. Je te suivrai jusqu’au bout.
—Sempiternus, v. *Continuus*.
—Senecta, senectus, senium, v. *Vetus*.
—Senex, v. *Puer* et *Vetus*.
—Sensim, v. *Paulatim*.
Sententia. Opinio. Suffragium.
1. *Sententia*, manière de voir fondée sur ce qu’on sait
clairement, conviction acquise, γνώμη; *opinio*, opinion fondée
sur un simple sentiment, δόξα.
2. *Sententia*, vote motivé du sénateur, etc., γνώμη;
*suffragium*, simple suffrage qui se réduit à un oui, à un non
ou à un nom propre, ψῆφος.
—Sentes, v. *Dumi*.
—Sentire, v. *Intelligere*.
Seorsum. Separatim.
*Seorsum*, à part, pour empêcher de tomber dans le domaine
commun, avec une idée accessoire de secret; *separatim*,
séparément, pour prévenir la confusion, avec une idée accessoire
d’ordre.
Sepelire. Condere.
*Sepelire* et *condere* s’entendent de la cérémonie funèbre
prise dans toute son étendue; c’est conduire un mort à sa
dernière demeure, avec plus ou moins de pompe, qu’on ait ou non
commencé par brûler les restes: *sepelire* est le terme propre
et technique; *condere*, le terme général et euphémique.
*Humare*, mettre en terre; c’est le dernier acte des
funérailles, par opposition à *cremare*.
Sera. Claustrum. Pessulus. Repagulum. Obex.
*Seræ* et *claustra*, serrures: *sera*, serrure mobile, cadenas;
*claustrum*, serrure fixe. *Pessuli*, *repagula* et *obices*,
verrous qui tiennent lieu de serrures: *pessulus*, petit verrou
pour les *fores*; *repagulum*, grand verrou pour les *valvas*,
et *obex* pour les *portas*.
Series. Ordo.
*Series*, série, succession mécanique, accidentelle d’objets de
même nature et de même espèce; *ordo*, suite, enchaînement
nécessaire, conçu comme tel, de choses qui vont ensemble par
destination. *Series* exprime une notion mathématique; *ordo*,
une idée morale.