—Maceria, v. *Murus*.
—Madidus, v. *Udus*.
—Magnopere, v. *Perquam*.
—Macer, v. *Exilis*.
—Macula, v. *Vitium*.
—Magister, v. *Doctor*.
Magnus. Grandis. Amplus. Ingens. Immanis. Vastus.
1. *Magnus*, *grandis* et *amplus* expriment une grandeur
convenable; *ingens*, *immanis* et *vastus*, une grandeur
excessive. Sen. Ir. I, 16, 26. Nec enim *magnitudo* ista est,
sed *immanitas*. Ce n’est pas le langage d’un grand homme, c’est
celui d’un monstre.
2. *Magnus* exprime la grandeur sans idée accessoire, par
opposition à *parvus*, comme μέγας; *grandis*, avec une idée
accessoire de force et de majesté naturelle, grandiose, par
opposition à *exilis*, *subtilis*, *tumidus*, *minutus*,
*exiguus*; enfin, *amplus*, avec l’idée accessoire d’une dignité
extérieure qui impose et fait impression.
3. *Ingens*, ἄπλετος, fait ressortir ce qu’il y a
d’extraordinaire; *immanis*, πελώριος, ce qu’il y a d’effrayant;
*vastus*, ἀχανὴς, ce qu’il y a de disgracieux dans une grandeur
excessive.
Mala. Maxilla. Gena.
1. *Mala*, la mâchoire supérieure; *maxilla*, la mâchoire
inférieure.
2. *Mala*, terme usuel, la joue au sens physiologique; *gena*,
terme archaïque et choisi, la joue, avec une idée accessoire de
beauté.
Maledictum. Probrum. Convicium.
*Maledictum*, tout ce qu’on dit pour nuire à autrui, soit en
forme de malédiction pour lui porter malheur, soit en forme de
paroles injurieuses pour le couvrir de honte, ϰαϰηγορία.
*Probrum* et *convicium*, ce qu’on dit pour couvrir quelqu’un de
honte: *probrum*, ὄνειδος, l’invective composée de phrases et de
propos déshonorants; *convicium*, λοιδορία, l’insulte composée
de mots détachés et de surnoms déshonorants. *Fur!* est un
*convicium*; *fur es!* un *probrum*; l’un et l’autre sont des
*maledicta*.
—Malefactum, maleficium, v. *Delictum*.
Malitia. Malignitas. Malevolentia. Malus. Nequam. Pravus.
1. *Malitia*, la méchanceté qui aime à mentir et à tromper parce
qu’elle est devenue insensible aux avertissements de la
conscience; *malignitas*, la malignité qui est une forme de
l’amour de soi, qui ne souhaite de bien qu’à soi, jamais aux
autres et provient d’un égoïsme qui court les rues;
*malevolentia*, la malveillance qui souhaite plutôt du mal que
du bien à quelqu’un par aversion personnelle. La *malitia* est
une façon de penser et d’agir punissable parce qu’elle compromet
la sécurité publique; la *malignitas*, un sentiment méprisable
qui annonce un fond de misanthropie; la *malevolentia* enfin est
un défaut haïssable parce qu’elle est portée à se réjouir du mal
qui arrive aux autres. La malice ne s’appelle jamais en latin
*malitia*, mais plutôt *malevolentia*, et mieux encore *studium
nocendi*.
2. *Malus homo*, homme immoral; *nequam*, homme qui n’est bon à
rien, dont le travers est de fuir les travaux utiles et de se
plaire aux mauvais tours, vaurien, par opposition à *frugi*;
enfin, *pravus*, homme qui a pris une mauvaise direction au sens
physique, intellectuel ou moral, par opposition à *rectus*.
Quintil. VIII, 3, 48. Nec parricidam *nequam* dixeris hominem,
nec meretrici forte deditum *nefarium*, quod alterum parum,
alterum nimium est. Vous ne traiterez ni un parricide de vaurien
ni un amoureux de monstre; le premier dit trop peu, le second
dit trop.
—Malignitas, v. *Invidia*.
—Mancipare, v. *Vendere*.
—Mandare, v. *Jubere*.
—Manare, v. *Fluere*.
—Mancipium, v. *Servus*.
Mane. Crepusculo. Diluculo.
*Mane*, le matin, ὄρθρῳ; il s’entend des premiers pas que le
jour fait dans sa carrière, par opposition, d’une part, à la
nuit, de l’autre, aux heures de la journée qui précèdent midi;
*crepusculo*, ἦρι, le matin, au crépuscule, par opposition au
grand jour; *diluculo*, enfin, le matin, à l’aube, par
opposition aux ténèbres de la nuit, λυϰόφως.
Manere. Morari. Tardare. Detinere.
1. *Manere*, rester, par opposition à partir; *morari*,
s’arrêter en route, interrompre un mouvement au lieu d’aller de
l’avant. Cic. Sen. 23. *Commorandi* natura deversorium nobis,
non *habitandi* dedit. C’est un asile passager, ce n’est point
une demeure fixe que nous a donné la nature. Dans Tac. H. II,
48. Irent *propere* neu *remanendo* iram victoris asperarent. Il
fallait se hâter d’y aller et éviter tous les retards qui
pourraient irriter le courroux du vainqueur: la variante
*remorando* mérite la préférence.
2. *Morari aliquem*, décider quelqu’un à s’arrêter de son plein
gré, διατρίϐειν; *tardare*, lui susciter des difficultés qui
l’empêchent de parcourir rapidement son chemin, ϐραδύνειν;
*detinere*, l’empêcher par force d’avancer, ϰατέχειν. *Tardare*
se rapporte par préférence à l’action; *detinere*, à la
personne; *morari*, aux deux.
Manere. Exspectare. Præstolari. Opperiri.
1. *Manere* n’exprime qu’une action physique, comme d’attendre
et de rester en un lieu jusqu’à ce qu’une chose arrive;
*exspectare*, *præstolari* et *opperiri* expriment une action de
l’âme, comme d’attendre quelque chose ou quelqu’un avec une
certaine tension d’esprit.
2. *Exspectare* présente l’attente comme un acte simple de
l’esprit, sans idée accessoire d’application pratique;
*præstolari* et *opperiri* expriment en outre cette idée
accessoire que celui qui attend compte agir quand la chose ou la
personne attendue sera arrivée.
3. Le *præstolans* attend une personne au service et à la
disposition de laquelle il veut se mettre; l’*opperiens*, un
événement par lequel il ne veut point se laisser surprendre. Le
*præstolans* est un inférieur; l’*opperiens*, un égal, soit ami,
soit ennemi, par rapport à la personne attendue. Enfin,
*præstolari* est un terme prosaïque, *opperiri*, un terme
poétique ou du moins choisi. Les Latins n’ont point de synonymes
qui correspondent à la distinction qu’on fait en allemand entre
warten et harren, entre l’attente paisible, calme, et l’attente
impatiente qui tend tous les ressorts de l’âme.
—Manes, v. *Spectrum*.
—Manifesto, v. *Aperire*.
—Manice, v. *Vincula*.
—Mannus, v. *Equus*.
Mansuetudo. Clementia.
*Mansuetudo*, la douceur et la magnanimité de l’homme et du
particulier qui ne tire point vengeance d’une injure, par
opposition à *iracundia*; *clementia*, l’indulgence et
l’humanité du souverain ou du juge qui ne fait point subir au
coupable un châtiment mérité, par opposition à *crudelitas*.
—Mansuetus, v. *Cicur*.
—Manubiæ, v. *Præda*.
Mare. Æquor. Pontus. Pelagus.
1. *Mare*, la mer prise comme un amas d’eau, par opposition à
*terra* et *aer*, ἄλς, θάλασσα; *æquor*, *pelagus* et *pontus*,
la mer au point de vue de ses dimensions: *æquor* et *pelagus*,
de sa dimension horizontale, la surface de la mer, comme
πέλαγος, d’où vient πελαγίζειν, inonder; *pontus*, de sa
dimension verticale, la profondeur de la mer, comme πόντος, d’où
ποντίζειν, submerger. Colum. VIII, 17. Ut in solo piscinæ posita
libella septem pedibus sublimius esset *maris* *æquor*. En sorte
qu’un niveau placé sur le fond du vivier marque sept pieds au-
dessous du niveau de la mer. Ovid. Met. II, 872. Mediique per
*æquora* *ponti* fert prædam. Il traverse les plaines de la
haute mer avec la proie qu’il emporte.
2. *Æquor*, la surface de la mer au simple sens physique;
*pelagus*, avec l’idée accessoire de sa vaste étendue, de son
immensité.
Margo. Ora.
*Margo*, le bord, la limite naturelle d’une surface conçue comme
une ligne mathématique, et ne comprenant que par extension la
partie extrême de la surface ou bordure; *ora*, la frange, la
bordure artificielle de la surface, ajoutée le plus souvent dans
un but d’ornement et occupant elle-même une certaine largeur.
Aussi dit-on *ora togæ* et non *margo*, et vice versa *margo
fluminis* et *ripæ*, quand il s’agit de désigner la ligne de
bord à l’exclusion de la rive.
—Marita, v. *Femina*.
—Mas, v. *Homo*.
—Matrimonium, v. *Conjugium*.
—Maxilla, v. *Mala*.
—Meare, v. *Ire*.
Mederi. Medicari. Sanare. Medicamen. Medicina. Remedium.
1. *Mederi* et en vers *medicari*, synonymes de *curare*,
ἰᾶσθαι, présentent la guérison comme le résultat obtenu par le
médecin et dû à ses soins, à sa prudence, à son art; *sanare*,
synonyme de *restituere*, ἀϰεῖσθαι, comme l’effet du remède qui
rend la santé au malade par une action physique.
2. *Medicamentum*, médecine considérée dans sa substance
matérielle, telle qu’elle sort des mains du pharmacien,
φάρμαϰον; *medicina*, médecine considérée au point de vue de sa
vertu curative, telle qu’elle est prescrite par le médecin:
c’est d’une maladie qu’il s’agit dans les deux cas. *Remedium*,
toute espèce de secours contre un mal donné, ἄϰος. CIC, N. D.
II, 53, *Medicamentorum* salutarium plenissimæ terræ. Terres qui
abondent en simples salutaires. Comparez avec Divin. II, 51. A
medico petere *medicinam*. Demander une ordonnance au médecin.
—Meditari, v. *Cogitare*.
Medius. Modicus. Mediocris.
*Medius* est toujours adjectif de lieu, au milieu, entre deux,
par opposition aux points extrêmes; *modicus* est un adjectif de
quantité qui se rapporte au nombre et à la grandeur, comme
modéré, par opposition à toute sorte d’excès; *mediocris* est un
adjectif de qualité qui se rapporte à la valeur d’un objet,
comme médiocre, par opposition à l’excellence. Il y a identité
entre *modicæ facultates*, une certaine dose de moyens, et
*mediocre ingenium*, un génie médiocre. Cic. Rep. II, 31. Haud
*mediocris* vir fuit, qui *modica* libertate populo data
facilius tenuit auctoritatem principum. Je ne saurais voir un
génie médiocre dans l’homme qui ne donna au peuple une liberté
modérée que pour mieux conserver l’autorité des grands.
—Medius dies, v. *Meridies*.
Membrum. Artus.
*Membrum*, le membre même constituant une partie du corps, comme
μέλος et χῶλον; *artus*, l’articulation du membre, comme ἄρθρον
et ἅψος. Sen. Contr. II, 13. Differebatur distortis manibus,
emotis *articulis*; nondum in sua *membra* *artus* redierant[1].
On la tiraillait encore quoique les mains fussent disloquées,
les articulations luxées; les jointures ne s’étaient pas encore
rapprochées des membres. Virg. Æn. V, 422. Magnos *artus*
*membrorum*. Les muscles puissants qui servaient d’attache aux
membres. Quintil. Decl. Ult. Ut per singulos *artus* *membra*
laxaret[2]. Afin de déboîter les membres à chaque jointure.
D’autre part, *membra* se dit de toutes les parties du corps,
même de la tête et du tronc; *artus* ne désigne que les
extrémités qui se rattachent par des jointures, *commissuræ*, au
corps proprement dit, composé de la tête et du tronc.
—1 Collection Lemaire. Tome CXXXIII, p. 219.
—2 Collection Lemaire, Tome XLIX, p. 406.
Meminisse. Reminisci. Recordari.
*Meminisse* présente le souvenir comme un état de l’esprit,
μεμνῆσθαι, on a conservé un fait dans sa mémoire, on sait encore
sans avoir jamais oublié, c’est le sens de *memorem esse*;
*reminisci* et *recordari* présentent le souvenir comme un acte
de l’esprit, ἀναμιμνήσϰεσθαι, on retrouve une idée qu’on avait
perdue de vue. Mais *reminisci* exprime, comme in *memoriam
revocare*, un acte momentané; *recordari* un acte durable, comme
*revocata in memoriam contemplari*. Cic. Lig. 12, 35. Equidem,
cum tuis omnibus negotiis interessem, *memoria teneo*, qualis T.
Ligarius, quæstor urbanus, fuerit erga te et dignitatem tuam;
sed parum est, me hoc *meminisse*; spero etiam te, qui oblivisci
nihil soles, nisi injurias, quoniam hoc est animi, quoniam etiam
ingenii tui, te aliquid de hujus illo quæstorio officio
cogitantem, etiam de aliis quibusdam quæstoribus *reminiscentem*
*recordari*. Témoin de tous tes embarras, j’ai la mémoire encore
pleine de ce que T. Ligarius a fait pour toi, pour ménager ta
dignité, dans sa questure civile. Mais c’est peu que je me
souvienne moi. Tu nous as habitués à ne te voir jamais oublier
que les injustices, c’est là que va la pente de ton âme et de
ton caractère; j’espère donc qu’en songeant à la manière dont il
a rempli cette charge, tu t’arrêteras aussi sur les souvenirs
qui se rapportent à quelques autres questeurs. Ce passage fait
voir 1º que *memoria tenere* n’est qu’une périphrase de
*meminisse*; 2° que *recordari* peut être une conséquence de
*reminisci*, sans que la réciproque soit vraie, car il y a entre
les deux le même rapport qu’entre *intueri* et *conspicere*.
Cic. Sen. 21. Pueri... ita. celeriter res innumerabiles
arripiunt, ut eas non tum primum accipere videantur, sed
*reminisci* et *recordari*. Les enfants saisissent si
promptement une foule d’idées qu’ils ont l’air de les retrouver
et de s’y arrêter par souvenir plutôt que de les recevoir pour
la première fois. Cicéron aurait pu ajouter: quæ non satis
*meminerint*, sed in aliquantum temporis obliti sint: idées qui
ne s’étaient point assez gravées dans leur mémoire, qu’ils
avaient oubliées pour un temps. Tusc. I, 24, 58. Animus, quum se
collegit atque recreavit, tum agnoscit illa *reminiscendo*; ita
nihil aliud est discere, quam *recordari*. L’esprit se recueille
et reprend des forces, après quoi il retrouve ces idées par un
effort de mémoire; apprendre, c’est donc s’arrêter sur des
souvenirs. Sen. Ep. 100. Magis *reminiscor* quam *teneo*. C’est
un souvenir que je retrouve plutôt qu’un souvenir qui m’est
resté.
—Menda, mendum, v. *Vitium*.
—Mendicitas, v. *Paupertas*.
—Meracus, v. *Purus*.
—Mens, v. *Anima*.
—Mercari, v. *Emere*.
Mercenarii. Operarii. Operæ.
*Mercenarii*, journaliers qui ne travaillent point à leur
compte, mais pour un salaire, par opposition au propriétaire qui
a le profit; *operarii* et *operæ*, manœuvres qui entreprennent
pour un autre un travail mécanique par opposition au maître qui
fournit l’idée. Les *mercenarii* sont relégués à un rang
inférieur par leurs mœurs; les *operarii*, par la grossièreté de
leur travail,
—Merces, v. *Præmium*.
—Merda, v. *Lutum*.
—Mercimonium, v. *Merx*.
Merere. Dignum esse. Mereri.
1. *Merere* et *mereri*, mériter par une action; *dignum esse*,
être digne par une qualité.
2. *Merere* est habituellement transitif, il se joint à un
accusatif ou à une proposition explicative; *mereri* est
intransitif, et se joint à une expression adverbiale. Cic. Rosc.
Com. 15. Fructum quem *meruerunt* retribuam. Je leur payerai le
tribut d’éloges qu’ils ont mérité. Comparez avec Catil. II, 2,
4. Si illum ut *erat* (sous-entendu: de me) *meritus* morte
mulctassem. Si je lui avais infligé la peine de mort comme je le
lui devais.
3. *Merere*, employé comme verbe intransitif ou sans complément,
signifie servir en qualité de soldat, par ellipse de
*stipendia*; *mereri*, employé comme verbe transitif ou avec un
complément signifie gagner, acquérir quelque chose, sans idée de
mérite.
Meridies. Medius dies.
*Meridies*, le coup de midi considéré comme un point qui sépare
la matinée de l’après-midi; *medius dies*, le milieu de la
journée considéré comme un espace qui est compris entre le matin
et le soir.
—Merus, v. *Purus*.
Merx. Mercimonium.
*Merx*, la marchandise qui est par le fait un article de
commerce; *mercimonium*, celle qui peut le devenir, la matière
première. Tac. A. XI, 5. Nec quidquam publicæ *mercis* tam
venale fuit. De toutes les marchandises qui sont dans le
commerce, aucune ne se vendait mieux. Comparez avec XV, 38.
*Mercimonium* quo flamma alitur. Les matières les plus propres à
servir d’aliment à la flamme.
Metiri. Metari. Dimetiri. Dimetari.
1. *Metiri*, mesurer un espace pour en connaître la grandeur;
*metari*, jalonner l’espace mesuré pour en indiquer les limites.
2. On emploie *dimetiri* et *dimetari* pour indiquer en outre
qu’on mesure et qu’on jalonne les subdivisions; *metari castra*
se rapporte simplement à l’enceinte des retranchements, mais
quand Tite-Live dit par préférence VIII, 38, Locum castris
*dimetari*, c’est qu’il marque expressément, ce qui d’ailleurs
va de soi, qu’on a aussi jalonné les places d’armes,
*principia*, l’emplacement de la tente du général, *prætorium*,
etc., dans l’intérieur du camp.
—Metuere, v. *Vereri*.
—Minime, v. *Neutiquam*.
—Minutus, v. *Parvus*.
—Micare, v. *Lucere*.
—Minister, v. *Servus*.
Misereri. Miserari. Miseret me.
1. *Misereri*, avoir le cœur plein de pitié, comme compatir et
ἐλεεῖν; *miserari*, montrer de la pitié en paroles, comme
plaindre et οἰϰτείρειν. Les Latins n’ont point de terme spécial
pour la pitié en action ou erbarmen de l’allemand.
2. *Misereor tui* présente la pitié comme un acte de libre
arbitre, il peint la générosité de la personne qui compatit,
comme si on disait en allemand: ich erbarme mich dein, j’ai
pitié de toi. *Miseret me tui* présente la pitié comme une
impression irrésistible, tout mérite moral disparaît, et la
grandeur du malheur d’autrui en ressort d’autant, comme si on
disait en allemand es erbarmt mich dein, tu me fais pitié. Car
*miserere* est un verbe causatif, comme οἰϰτίζειν.
—Miseria, v. *Infortunium*.
Missile. Hasta. Lancea. Jaculum. Verutum. Tragulum. Pilum.
*Missile*, terme général pour toute espèce d’arme qui sert à
combattre de loin, trait ou flèche; *hasta* et *lancea*, armes
de main et de jet, la pique: *hasta*, l’arme nationale des
Romains, δόρυ; *lancea*, arme étrangère attribuée aux Suèves,
λόγχη. *Pilum*, *jaculum*, *verutum*, sont plutôt des armes de
jet, le javelot: *jaculum*, terme général comprenant l’arme de
ce genre usitée à la chasse ou épieu, ϐέλος; *verutum* et
*tragulum*, termes techniques pour les javelots militaires,
ἄϰων; *pilum*, terme spécial pour le javelot du légionnaire
romain. Liv. IX, 19. Romano *pilum* haud paulo quam *hasta*
vehementius ictu missuque telum. Le légionnaire romain a son
javelot qui n’a guère moins de pénétration que la pique comme
arme de main et de jet.
Mitis. Lenis. Placidus.
*Mitis*, doux par caractère, par opposition à *acerbus*, comme
μείλιχος; *lenis*, doux dans ses actions, par opposition à
*vehemens*, comme πρᾶος; *placidus*, dans ses façons, par
opposition à *turbidus*, comme ἤπιος.
Mittere. Legare. Amittere. Dimittere. Omittere.
1. *Mittere*, exprime l’idée générique, comme envoyer; *legare*,
a un sens spécial et politique, comme déléguer. Le *missus* est
un serviteur ou un messager; le *legatus*, un représentant.
2. *Amittere* et *dimittere*, laisser échapper de ses mains ce
qu’on tenait en son pouvoir *amittere*, contre sa volonté, comme
perdre; *dimittere*, après en avoir usé, comme congédier.
*Omittere*, laisser passer quelque chose devant soi sans en
prendre possession. Et, pour préciser: *amittimus inviti et
casu*, *omittimus volentes et sponte*. *Amittere occasionem*,
c’est perdre une occasion et se mettre hors d’état de l’utiliser
par indolence, tandis qu’*omittere*, c’est renoncer à en tirer
parti et ne pas vouloir l’utiliser pour en faire peu de cas. Et
*vitam amittere*, c’est perdre la vie, mais *omittere*, c’est la
sacrifier.
—Moderatus, modestia, v. *Modus*.
—Modicus, v. *Medius*.
Modo—modo. Nunc—nunc.
*Modo—modo* ne devrait s’appliquer à la rigueur qu’à des actions
passées ou futures; *nunc—nunc* à des actions présentes. Cette
distinction est tombée en désuétude, mais *nunc—nunc* a du moins
un tour plus vif et appartient à la poésie et à la prose élevée,
comme tantôt... tantôt; *modo—modo* est, comme une fois... une
autre fois, le terme propre de la prose dont Cicéron se sert
constamment.
—Modo, v. *Nuper*.
Modus. Modestia. Moderatio. Temperatio. Continentia.
Abstinentia.
1. *Modus*, l’idée de la mesure et de la règle prise comme un
précepte moral indépendant de toute personnalité, ce que les
Grecs entendent par μέτριον, μηδὲν ἄγαν; *modestia* et
*moderatio*, la même idée par rapport au sujet qui la possède ou
la pratique: *modestia*, sous forme de sentiment, et *moderatio*
sous la forme d’une conduite que dirige ce sentiment de la
mesure et de la règle.
2. *Moderatio*, la modération qui est fille de l’intelligence,
du calcul et de la réflexion, elle est parente de la
*prudentia*; *temperatio* et *temperantia*, qualité qui pénètre
l’homme entier et ennoblit tout son être, elle est parente de la
*sapientia*. La *moderatio* suppose, comme l’empire sur soi-
même, une lutte des passions avec la raison dans laquelle la
raison a le dessus; la *temperatio* suppose, comme la
tranquillité d’esprit, une raison qui a déjà pris le dessus,
soit par un effet de la nature, soit par progrès moral.
3. *Temperatus*, *temperatio*, expriment simplement une qualité
louable qui peut appartenir aux choses; *temperans*,
*temperantia*, une vertu dont les êtres raisonnables sont seuls
susceptibles.
4. *Moderatio*, la modération dans l’action par opposition à
*cupiditas*; *continentia*, dans la jouissance par opposition à
*libido*.
5. *Continentia*, l’empire qu’on exerce sur les désirs sensuels,
la continence; *abstinentia*, sur la convoitise de la propriété
d’autrui, l’honnêteté stricte. Il est moins exact de traduire
*abstinentia* par désintéressement, cette dernière vertu n’étant
imposée que par la morale, tandis que l’*abstinentia* est
commandée par la loi.
6. La *modestia* craint de dépasser la juste mesure ou *modus*
par égard pour la morale qui la prescrit; la *verecundia* et la
*reverentia*, par égard pour des personnes auxquelles le
*verecundus* craint de déplaire et auxquelles le *reverens*
croit devoir du respect; enfin, la *pudor*, par égard pour elle-
même afin de ne pas s’exposer au mépris. Varron, dans Non. Non
te tui saltem *pudet*, si nihil mei revereare? N’as-tu point de
honte pour toi-même, si tu n’as plus aucun respect pour moi?
Terent. Phorm. I, 5, 3, ou II, 1, 3. Non simultatem meam
*revereri*? Saltem *pudere*? Ne pas reculer par respect devant
mon inimitié? Ne pas rougir pour lui-même?
—Mœnia, v. *Murus*.
—Mœstitia, v. *Dolor*.
Moles. Onus. Pondus. Gravitas.
*Moles* et *onus*, la pesanteur envisagée par son côté
désavantageux: *moles*, au sens absolu, comme un obstacle, en
parlant d’un objet difficile à remuer à cause de sa grandeur,
ὄγϰος; *onus*, au sens relatif, comme une charge ou un fardeau
qui accable le porteur, φόρτος. *Pondus*, la pesanteur envisagée
par son côté avantageux, comme puissance et comme force, le
poids, ἄχθος. Enfin, *gravitas* réunit ces deux rapports et
exprime tantôt la pesanteur qui est à charge, tantôt le poids
qui devient une force active, ϐάρος.
—Molestia, v. *Labor*.
—Monere, v. *Hortari*.
—Moliri, v. *Audere*.
—Moneta, v. *Pecunia*.
Mons. Jugum.
*Mons*, la montagne, par rapport à sa dimension en hauteur,
ὄρος; *jugum*, par rapport à ses dimensions en largeur et en
longueur. *Jugum* a deux sens. Il se dit de la courbe supérieure
de la montagne, courbe qui prend encore les noms plus précis de
*dorsum* et de *cacumen*, selon qu’elle est aplatie ou pointue,
par opposition à *radices montis*. Il se dit aussi des contre-
forts d’une montagne et particulièrement des hauteurs par
lesquelles différentes montagnes sont réunies de manière à
former une chaîne. Par opposition à *mons*. Liv. XXII, 18. Sub
*jugo* montis prælium fuit. Le combat eut lieu au-dessous de la
crête de la montagne. Comparez avec XLI, 18. Petilius adversus
Balistæ et Leti *jugum*, quod eos *montes* perpetuo *dorso*
conjungit, castra habuit. Pétilius campa en face des contre-
forts du Baliste et du Létus qui réunissent ces montagnes par
une crête continue.
—Monstra, v. *Auguria*.
—Morari, v. *Manere*.
—Monstrare, v. *Ostendere*.
—Morbidus, morbus, v. *Æger*.
—Morosus, v. *Austerus*.
—Morigerari, v. *Parere*.
Mors. Letum. Nex. Obitus. Interitus. Perire. Oppetere. Demori.
Intermori. Emori.
1. *Mors* et *letum*, la mort naturelle: *mors*, qui est le
terme ordinaire, se prend simplement au sens physique; c’est le
chemin qui mène à la dissolution, θάνατος; *letum* est le terme
choisi, solennel, la mort imposée par le destin, οἶτος; *nex*,
la mort violente, terme passif, par opposition au terme actif de
*cædes*.
2. *Mors*, *letum*, *nex*, sont des termes propres; *obitus* et
*interitus*, des euphémismes. *Obitus* désigne, comme *exitus*,
une mort naturelle; *interitus* et *perire* désignent
habituellement, comme *exitium*, une mort violente. Plin. Ep.
III, 7. Silius ultimus ex Neronianis consularibus *obiit*, quo
consule Nero *periit*. De tous les consulaires du règne de
Néron, Silius fut le dernier à partir; la mort violente de Néron
date de son consulat. Plaut. Epid. III, 4, 56. Malo cruciatu
*pereas* atque *obeas* cito. Va-t’en périr dans les tourments,
pars au plus vite.
3. *Perire* présente la mort comme une destruction et une
corruption; *interire*, comme une disparition, en sorte qu’à la
rigueur celui-là regarde plutôt le corps, celui-ci plutôt l’âme.
Plaut. Capt. III, 5, 32. Qui per virtutem periit, at non
interiit, c’est-à-dire celui qui meurt par un noble trépas, de
celui-là le corps seul périt, l’essence de son être (il ne
s’agit pas ici de l’âme, mais de la renommée et de la gloire) ne
passe point. En outre, *perire* désigne une mort prompte et
tragique, particulièrement par suicide; *interire*, une mort
lente et douloureuse ou encore une mort paisible. Tac. Ann. XV,
44. Et *pereuntibus* Christianis addita ludibria, ut ferarum
tergis contecti laniatu canum *interirent*. Et pour se faire un
jeu de la mort violente des chrétiens, on les couvrait de peaux
de bêtes sauvages, et ils mouraient lentement déchirés par les
chiens. Serv. ap. Cic Famm. IV, 5. Si quis nostrum *interiit*
aut *occisus* est. Si l’un de nous est mort tranquillement ou
s’il a été tué.
4. *Obire mortem* présente la mort comme un accident physique;
on reste tout à fait passif; *oppetere*, comme un acte moral: si
l’on ne va pas chercher la mort, on l’attend du moins avec une
fermeté méprisante.
5. *Demori*, sortir par la mort d’une société dans laquelle on
laisse un vide; *intermori*, être frappé pour un temps de mort
apparente, ἐϰθανεῖν; *emori*, mourir tout à fait, par opposition
à un semblant de vie passée dans le malheur, l’esclavage et la
honte, πανδίϰως θανεῖν. Cic. Pis. 7. Ut *emori* potius quam
servire præstaret. Plutôt mille morts que l’esclavage.
—Mos, v. *Consuetudo*.
—Mucro, v. *Acies*.
—Mostellum, v. *Spectrum*.
—Mulcare, v. *Verberare*.
Mulcere. Palpare.
*Mulcere*, passer légèrement la main sur un corps rude, par
exemple, sur des cheveux pour les lisser; au figuré, adoucir un
homme en colère, comme ϰαταψῆν; *palpare*, toucher légèrement un
corps lisse, par exemple, la peau nue, pour causer par
l’attouchement une sensation agréable; au figuré, se mettre en
frais d’amabilité, cajoler, comme ψηλαφᾷν.
—Mulcta, v. *Vindicta*.
—Mundus, v. *Purus*.
—Mulier, v. *Femina*.
—Munificus, v. *Largus*.
—Munimenta, v. *Murus*.
—Munus, v. *Donum* et *Officium*.
Murus. Paries. Mœnia. Maceria. Parietinæ. Munimenta.
1. *Murus*, toute espèce de bâtisse en forme de mur, au point de
vue exclusif de la forme, sans égard à la destination, τεῖχος;
*paries*, mur latéral, mur mitoyen ou cloison servant à établir
des séparations, τοῖχος; *mœnia*, murs d’une ville pour servir
de défense contre l’ennemi, περίϐολος; *maceria*, le mur qui
entoure une pièce de terre pour en marquer les limites et pour
la protéger contre les voleurs, la clôture d’un jardin, d’un
vignoble, θριγϰός. Virg. Æn. VI, 549. *Mœnia* lata videt
triplici circumdata muro. Il voit une vaste enceinte entourée
d’un triple mur. Tac. Ann. XV, 43. Nero instituit, ut urbis
domus non communione parietum sed propriis quæque muris
ambirentur. Néron décida que les maisons de Rome n’auraient plus
de murs mitoyens, que chacune aurait les siens.
2. *Muri*, *mœnia*, etc., murs en bon état d’entretien;
*parietinæ*, murs en ruine.
3. *Mœnia*, remparts d’une ville propres à résister à un coup de
main; *munimenta*, fortifications régulières d’une place forte
ou d’un camp retranché, capables de braver un assaut.
Mutilare. Truncare.
*Mutilare* se dit de mutilations légères, comme de briser les
cornes, de couper le nez, les doigts, etc.; *truncare*, de
mutilations graves, comme de trancher les bras, les pieds, les
mains. On peut comparer les *mutilata membra* à des rameaux et à
des scions rompus; les *truncata*, à de grosses branches
abattues.
—Mutuo, v. *Vicissim*.
—Mysteria, v. *Arcana*.
—Mutuum, v. *Commodare*.
N
—Nancisci, v. *Invenire*.
—Nares, v. *Nasus*.
Nasus. Nares.
*Nasus*, le nez, partie saillante du visage, ῥίν; *nares*, les
fosses nasales ou narines, organe actif du sens de l’odorat,
μυϰτῆρες.
—Natio, v. *Gens*.
Navigium. Navis. Celox. Lembus. Liburna. Scapha. Cymba. Linter.
*Navigium* est le terme général, comme bâtiment; *navis*,
véritable vaisseau destiné à de longues traversées; *celox*,
*lembus* et *liburna*, bateaux qu’on peut équiper et armer en
guerre; *scapha*, *cymba* et *linter*, canots ou nacelles
destinés à de courtes excursions et à un simple trajet d’un bord
à l’autre *scapha* et *cymba*, larges, en forme de chaloupe;
*linter*, long et effilé, en forme de pirogue.
Necessarius. Propinquus. Cognatus. Consanguineus. Affinis.
1. *Necessarius*, toute personne à laquelle on est lié par un
rapport durable, par des relations d’affaires en qualité de
*collega*, de *patronus*, de *cliens*, ou par des relations
privées en qualité de *familiaris*, d’*amicus*, comme
προσήϰοντες; *propinquus*, toute personne à laquelle on tient
par des rapports de famille, parent quelconque, comme ἀγχιστεῖς
et ἔται: c’est le terme générique qui comprend, outre le
*cognatus* et le *consanguineus* ou parents par le sang,
l’*affinis* ou parent par mariage ou alliance, comme ϰηδεστής.
2. *Cognatio*, la parenté par le sang entre membres de la
famille, comme σύναιμος; *consanguinitas*, celle de nations qui
appartiennent à la même race, comme συγγενής. Cæs. B. G. VII,
32. Hominem summæ potentiæ et magnæ *cognationis*. Personnage
très-puissant et de grande famille. Comparez avec I, 11. Ambarii
necessarii et *consanguinei* Æduorum. Les Ambarriens attachés
aux Éduens et de même race qu’eux.
Necesse est. Oportet. Opus est. Debere.
1. *Necesse est* exprime une exigence de la nature et de la
nécessité, comme ἀνάγϰη ἐστίν; *oportet*, une exigence de la
morale et de l’honneur, comme χρή; opus est, de la prudence,
comme δεῖ. Cic. Orat. II, 25. Jure omnia defenduntur quæ sunt
ejus generis, ut aut *oportuerit*, aut licuerit, aut *necesse
fuerit*. On excuse tous les faits de ce genre en se rejetant sur
une obligation morale, sur une liberté consacrée par l’usage ou
sur la nécessité. Att. IV, 6. Si loquor de republica quod
*oportet*, insanus, si quod *opus est*, servus existimor. Si je
parle honneur à propos des affaires publiques, je passe pour un
insensé; si je parle prudence, je passe pour un esclave. Sen.
Ep. 94. Emo non quod *opus est*, sed quod *necesse est*; quod
non *opus est*, asse carum est. Je ne fais point tous les achats
qu’exigerait la prudence, mais seulement ceux qu’exige la
nécessité; pour une acquisition que la prudence ne commande pas,
c’est trop d’une pièce de cuivre. Sall. Jug. 31. Nihil vi, nihil
secessione *opus est*; *necesse est* suomet ipsi more præcipites
eant. La prudence n’exige de vous ni violence ni retraite sur le
mont sacré; il faut de toute nécessité que leur propre conduite
les entraîne à leur perte.
2. *Oportet* exprime le droit que les autres exercent sur nous
au nom de la morale; *debere*, l’obligation morale à laquelle
nous nous sentons soumis, comme ὀφείλειν. Tac. H. IV, 7.
Accusatores etiamsi puniri non *oporteat*, ostentari non
*debere*. Si on n’était point obligé en droit à punir les
accusateurs, du moins ne devait-on pas les montrer au public.
—Nectere, v. *Ligare*.
—Nefandus, nefarius, v. *Scelestus*.
—Nefas, v. *Delictum*.
Negare. Infitiari. Infitias ire. Denegare. Pernegare. Recusare.
Abnuere. Renuere. Repudiare.
1. *Negare*, nier au nom de la vérité qu’on voit ou qu’on
prétend voir, comme ἀποφάναι, οὐ φάναι; *infiteri*, *infitiari*
et *infitias ire*, renier, désavouer pour quelque raison
d’intérêt personnel, comme ἀρνεῖσθαι. Cic. Fr. Tog. cand. p.
525. Or. Denique illi negare potuerunt et *negarunt*; tu tibi ne
*infitiandæ* quidem impudentiæ locum reliquisti. Pour eux, ils
pouvaient nier et ils ont nié le fait; pour toi, tu ne t’es même
pas réservé le moyen de désavouer ton effronterie.
2. *Infiteri*, terme vieilli; *infitiari*, terme usuel et
général. *Infitias ire* ne se construit en prose qu’avec une
négation et répond alors à ne pas disconvenir.
3. *Negatio*, négation qui a pour but ou pour effet d’instruire
l’auditeur; *pernegatio* ou *negitatio*, de le convaincre quand
il se montre incrédule; *denegatio*, de le chagriner,
particulièrement à propos d’une prière qu’on n’exauce pas. Mart.
Ep. IV, 82. *Negare* jussi, *pernegare* non jussi. J’ai voulu un
non tout court, je n’ai pas voulu de non répétés. Cic. Phil. XI,
8, 19. In quo maximum nobis onus imposuit; *assensero*:
ambitionem induxero in curiam; *negaro*: videbor suffragio meo
tanquam comitiis honorem homini amicissimo *denegasse*. L. César
nous a mis là sur les épaules un pesant fardeau. Dire oui, c’est
introduire des cabales dans le palais du sénat; dire non, c’est
paraître dénier par mon vote, comme par une décision des
comices, cet honneur à mon meilleur ami.
4. *Negare* ne suppose qu’une demande, ou faite ou faisable, à
laquelle on répond non; *recusare* suppose une insinuation qu’on
repousse, d’où il résulte que *negare* est une manière de parler
plus répandue et plus douce que *recusare*; car le *negans*,
qu’on questionne ou qu’on prie, nie simplement la possibilité de
la chose; le *recusans* se retranche sur-le-champ dans son
droit, il proteste contre l’insinuation en homme qu’on menace ou
sur lequel on empiète. Aussi *negare*, *denegare*, sont-ils plus
usités à propos d’affaires particulières; *recusare*, à propos
d’affaires publiques.
5. *Negare* et *recusare* exigent des paroles ou des discours;
*abnuere* et *renuere* n’exigent guère que des signes ou des
gestes: *abnuere*, un geste de la main pour congédier, comme
ἀπονεύω; *renuere*, un signe qui consiste à retirer la tête en
arrière, comme ἀνανεύω.
6. *Abnuere* est une manière amicale; *renuere*, une manière
hautaine de dire non.
7. *Recusare* se rapporte à un objet qui s’annonce comme un
fardeau et qui entreprend sur la résignation des gens, par
opposition à *suscipere*; *repudiare*, à un objet qui s’annonce
comme un bien et qui promet du profit ou du plaisir, par
opposition à *assumere*. Cic. Finn. I, 10,33. Sæpe eveniet ut et
*voluptates repudiandæ* sint et *molestia* non recusanda. Il y
aura souvent lieu et de congédier les plaisirs et de ne pas
repousser la peine.
—Negligere, v. *Spernere*.
—Nepos, v. *Prodigus*.
—Nequidquam, v. *Frustra*.
—Nescius, v. *Cognitio*.
—Nemus, v. *Silva*.
—Nequaquam, v. *Neutiquam*.
—Nequitia, v. *Malitia*.
Neutiquam. Nequaquam. Minime.
*Neutiquam*, en aucun cas, par opposition à *utique*;
*nequaquam*, en aucune façon; *minime*, pas le moins du monde.
—Nex, v. *Mors*.
—Niger, v. *Teter*.
—Nihil agere, v. *Vacare*.
Nihil est. Nihili est. Nullus est.
*Nihil est* exprime le comble de l’impuissance et de
l’incapacité, comme être autant que rien; *nihili est*, le
défaut absolu de valeur, l’inutilité complète, comme ne compter
pour rien; enfin, *nullus est*, la négation de l’existence:
n’être plus.
—Nitere, v. *Lucere*.
—Nobilis, v. *Celeber*.
—Niti, v. *Fulciri*.
—Nocens, v. *Culpa*.
Nominare. Nuncupare. Vocare. Appellare.
*Nominare* et *nuncupare*, désigner une personne par son nom:
*nominare*, par un nom qui lui appartient de vieille date;
*nuncupare*, donner un nom à un objet qui n’en a pas encore,
dénommer, surnommer. *Appellare* et *vocare*, désigner une
personne ou un objet par un nom, un titre ou un attribut
quelconque.
Nonnunquam. Interdum. Aliquando.
*Nonnunquam*, de temps à autre, opposé à *nunquam* et *semper*,
se rapproche de l’idée exprimée par *sæpius*, comme ἔσθ’ ὅτε;
*interdum*, parfois, opposé à *crebro*, se rapproche de l’idée
exprimée par *rarius*, comme ἐνίοτε; enfin, *aliquando*,
quelquefois, une ou deux fois, opposé à *semel*, se rapproche de
l’idée exprimée par *propenunquam*, comme ποτέ. Les *interdum
facta* sont des faits isolés; les *nonnunquam facta*, des faits
qui se répètent; les *aliquando facta*, des faits rares. Cic.
Sext. 54. *Comitiorum* et *concionum* significationes interdum
veræ sunt, nonnunquam vitiatæ et corruptæ. Les manifestations de
comices et des autres assemblées sont parfois vraies; ne sont-
elles pas, de temps à autre, entachées de fraude et de violence?
—Notare, v. *Animadvertere*.
—Novissimus, v. *Extremus*.
—Notitia, v. *Cognitio*.
Novus. Recens. Novicius.
1. *Novus*, nouveau, se dit de ce qui n’existait pas
précédemment, par opposition à *antiquus*, comme νέος; *recens*,
récent, de ce qui n’existe pas depuis longtemps, comme ϰαινός.
2. *Novus* se prend généralement pour tout ce qui est nouveau;
il y a, de plus, dans *novicius*, l’idée accessoire du novice
qui a de nouvelles habitudes à prendre ou du nouveau venu auquel
il faut que les autres s’habituent.
—Noxia, noxius, v. *Culpa*.
—Nullus sum, v. *Nihil est*.
Numen. Deus. Divus. Semo. Heros.
*Numen*, pris dans son acception générale, tout être divin,
δαίμων. C’est le terme générique, par rapport à *deus*,
anciennement *divus*, le dieu, θεός, et à *semideus*, le demi-
dieu, ἡμίθεος, ou *semo*, moitié homme, moitié dieu. L’usage a
donné pour équivalent à ces deux mots, outre *heros*, qui est
d’origine étrangère, *numen*, pris dans son acception
restreinte. Plin. Pan. 2, 3. Nusquam ut *deo*, nusquam ut
*numini* blandimur. Nous ne cherchons aucune occasion de lui
complaire comme à un dieu, ni même comme à un demi-dieu.
—Nummus, v. *Pecunia*.
—Nuncupare, v. *Nominare*.
—Nunc—nunc, v. *Modo—modo*.
Nuper. Modo.
*Nuper*, il y a quelques jours, quelques mois, même quelques
années, dernièrement, νεωστί; *modo*, il y a quelques instants,
à l’instant même, ἄ ρτι. Cic. Verr. IV, 3, 6. *Nuper* homines
nobiles ejusmodi; sed quid dico *nuper*? imo vero *modo* ac
plane paulo ante vidimus. De ces hommes illustres nous en avons
vu dernièrement. Et que signifie ce dernièrement? Ne les voyions-
nous pas encore tout à l’heure, à l’instant? Tusc. I, 24. Quanta
memoria fuit *nuper* Charmadas! quanta qui *modo* fuit Scepsius
Metrodorus! Et, dans ces derniers temps, quelle mémoire chez
Charmadas! quelle encore chez Scepsius Métrodorus, qui vient à
peine de s’éteindre!
—Nuptiæ, v. *Conjugium*.
—Nutrire, v. *Alere*.
—Nutare, v. *Labare*.
O
—Obambulare, v. *Ambulare*.
—Obesus, v. *Pinguis*.
—Obedire, v. *Parere*.
—Obex, v. *Sera*.
Objicere. Exprobrare.
*Objicere*, adresser à quelqu’un un reproche dont il peut se
justifier comme d’une accusation; *exprobrare*, un blâme qu’il
est obligé de laisser peser sur lui. L’*objiciens* entend qu’on
s’explique; l’*exprobrans* ne cherche qu’à couvrir de honte.
Cic. Verr. V, 50, 132. Num casus bellicos tibi *exprobrare* aut
*objicere* videor? Est-ce que j’ai l’air de tirer contre toi des
hasards de la guerre un sujet de blâme ou de reproche?
—Obitus, v. *Mors*.
Oblectatio. Delectatio.
*Oblectatio*, occupation agréable, passe-temps, amusement qui
préserve de l’ennui et procure quelque plaisir; *delectatio*,
véritable divertissement qui procure une jouissance positive et
un plaisir solide. Cic. Orat. I, 26. In iis artibus, in quibus
non utilitas quæritur necessaria, sed animi libera quædam
*oblectatio*. Dans les études qui n’ont point un but d’utilité
et de nécessité, qui amusent l’esprit sans l’assujettir. Et Ep.
Qu. Fr. II, 14. Satis commode me *oblectabam*. J’étais assez
agréablement occupé. Comparez avec Famm. IX, 24. Magna te
*delectatione* et voluptate privavisti. Tu as perdu par ta faute
un plaisir vif et charmant.
—Obligare, v. *Ligare*.
—Obliquus, v. *Transversus*.
—Oblitus, v. *Delibutus*.
Obscurum. Tenebræ. Caligo. Tenebricosus. Opacus. Umbrosus.
1. *Obscurum*, sombre, s’entend d’une simple privation
d’éclairage, comme σϰότος, par opposition à *illustre*;
*tenebræ*, d’une privation de lumière, c’est l’obscurité, ζόφος,
ϰνέφας, par opposition à *lux*; enfin, *caligo* signifie quelque
chose de réel et d’opposé à la lumière et à la clarté, les
ténèbres, ἄχλυς. *Caligo* renchérit sur *tenebræ*, qui renchérit
sur *obscuritas*, qui renchérit sur *opacum* et *umbrosum*. Cic.
Acadd. IV, 23, 72. Sensus quidem non *obscuros* facit sed
*tenebricosos*. Les sens, loin de nous éclairer, nous retiennent
dans l’obscurité. Plin. Ep. VII, 21. Cubicula obductis velis
*opaca*, nec tamen *obscura* facio. Mes tentures donnent de
l’ombre à mes pièces sans les rendre sombres. Tac. H. II, 32.
Senatum et populum nunquam *obscurari* nomina, etsi aliquando
*obumbrentur*. Rien ne ternira jamais les noms du sénat et du
peuple, quoiqu’une ombre puisse passer dessus. Au figuré,
*obscurus* désigne ce qui n’a point de prix, ce que personne ne
remarque; *tenebricosum* marque quelque chose de positivement
mauvais qui recherche l’obscurité pour passer inaperçu.
2. *Opacus*, ombragé, avec l’idée d’une fraîcheur agréable et
bienfaisante, par opposition à *apertus* et *apricus*, comme
εὔσϰιος; *umbrosus*, plein d’ombre, presque sombre, σϰιόεις.
—Obsecrare, v. *Rogare*.
—Obsecundare, obsequi, v. *Parere*.
—Observare, v. *Vereri*.
—Obstinare, v. *Destinare*.
—Obstringere, v. *Ligare*.
—Obtestari, v. *Rogare*.
—Obtrectatio, v. *Invidia*.
—Obtutus, v. *Videre*.
—Obstinatio, v. *Pervicacia*.
—Obtemperare, v. *Parere*.
—Obtingere, v. *Accidere*.
—Obtruncare, v. *Interficere*.
—Obvenire, v. *Accidere*.
Occasio. Opportunitas. Potestas. Copia. Facultas.
*Occasio* et *opportunitas*, l’occasion offerte par la fortune
et le hasard: *occasio*, en général, celle d’entreprendre
quelque chose, ϰαιρός; *opportunitas*, celle d’entreprendre une
chose avec facilité et avec des probabilités de succès, comme
εὐϰαιρία. *Potestas* et *copia*, l’occasion offerte par les
hommes et par leur complaisance: *potestas*, la possibilité de
faire quelque chose légitimement; *copia*, celle de le faire
commodément; enfin, *facultas*, qui est le terme le plus
général, la simple possibilité.
—Occidere, v. *Interficere*.
—Occulere, v. *Celare*.
—Oculi, v. *Facies*.
Odium. Invidia. Inimicitia. Simultas.
1. *Odium* et *invidia* expriment le sentiment de l’aversion;
*inimicitia* et *simultas*, les rapports extérieurs qui dérivent
de ce sentiment.
2. L’*invidia* a un caractère négatif, comme la malveillance,
δύσνοια, c’est un sentiment temporaire qui s’oppose à *gratia*
ou *favor*; l’*odium* a un caractère positif, comme la haine,
μῖσος, c’est un sentiment profondément enraciné qui s’oppose à
*amor*. L’*invidia* est le commencement de l’*odii*. L’*invidia*
ne s’attache qu’aux personnes; l’*odium* s’attache aux personnes
et aux choses. Tac. Ann. II, 56. Armenii... sæpius discordes
sunt, adversus Romanos *odio* et in Parthum *invidia*. Les
Arméniens sont très-souvent partagés entre leur haine pour les
Romains et leur malveillance pour les Parthes. XIII, 15. Nero
intellecta *invidia* *odium* intendit. Ces symptômes de
malveillance que Néron discerna portèrent sa haine au comble.
Plin. Pan. 84, 2. Exardescit *invidia* cujus finis est *odium*.
Elle s’enflamme au contact de la malveillance qui aboutit à la
haine.
3. *Inimicitia*, toute espèce d’inimitié fondée sur l’antipathie
ou sur de mauvais rapports, δυσμένεια, ἔχθρα; *simultas*,
inimitié politique entre rivaux de pouvoir, φιλονειϰία. Suet.
Vesp. 6. *Simultas* quam ex *æmulatione* non obscure gerebat.
Licinius Mucianus, qui ne se cachait point d’être par esprit de
rivalité l’ennemi politique de Vespasien.
—Odorari, odorus, v. *Olere*.
—Offendere, v. *Lædere*.
—Offensio, v. *Contumelia*.
Officium. Munus.
*Officium*, tâche considérée comme une obligation morale qu’on
remplit par conscience; *munus*, comme une obligation politique
imposée par délégation. Cic. Mur. 35. Hæc sunt *officia*
necessariorum, commoda tenuiorum, *munia* candidatorum. C’est un
devoir d’affection pour les parents, un profit pour les petites
gens, une charge imposée aux candidats.
Olere. Olfacere. Fragrare. Odorari. Olidus. Odorus. Redolere.
Perolere.
1. *Odor* et *olere* expriment l’odeur qu’un corps répand, par
opposition à *sapor*, etc., comme ὀσμή; *olfactus* et
*olfacere*, la sensation de cette odeur ou le sens de l’odorat,
par opposition à *gustus*, etc., comme ὄσφρησις.
2. *Olere*, sentir, par opposition à n’avoir point d’odeur, et
par préférence sentir fort et mauvais, empester; *fragrare*,
sentir bon, embaumer. *Redolere* et *perolere* jouent le rôle de
fréquentatifs; mais *redolere* marque une odeur forte, bonne ou
mauvaise, indifféremment; *perolere* se prend en mauvaise part
pour une odeur pénétrante.
3. *Olfactus*, l’odeur perçue par un effet involontaire du sens
de l’odorat; *odoratus*, odeur saisie par un effort du même
sens.
4. *Olfacere*, sentir et flairer, est passif, comme *audire*,
l’odeur monte au nez d’elle-même; *odorari*, aspirer, renifler,
ῥινηλατεῖν est actif, comme *auscultare*, on attire soi-même
l’odeur au nez. *Olfaciens* sentit *odorem*, *odorans* captat.
5. *Olidus*, qui sent, et par préférence qui sent mauvais;
*odorus*, qui parfume. Par rapport à puer, *bene olidus* n’est
qu’un opposé négatif, comme qui ne sent pas mauvais; *odorus*
est l’opposé positif, comme: qui sent bon. Et de même, le vieux
mot *olor* désignait la puanteur, comme *oletum*; *odor* ne
marque que l’odeur.
—Oletum, v. *Lutum*.
—Omina, v. *Auguria*.
—Omittere, v. *Intermittere*, *Mittere* et *Relinquere*.
—Omnes, v. *Quisque*.
—Onus, v. *Moles*.
—Opem ferre, v. *Auxilium*.
—Olfacere, olidus, v. *Olere*.
—Omnino, v. *Plane*.
—Opacus, v. *Obscurum*.
Opera. Labor. Industria. Gnavitas. Assiduitas. Diligentia.
1. *Opera*, activité qui est loin d’astreindre, simple action,
simple occupation matérielle, par opposition aux moments
d’inaction ou encore à la pensée, au discours, au conseil, comme
ἐργασία; *labor*, activité pleine d’efforts et suivie de
fatigue, le travail, par opposition au plaisir, comme πόνος.
Plaut. Aul. II, 3, 7. *Opera* huc est conducta vestra, non
*oratio*. On a loué vos bras, non votre langue. Cic. Rep. I, 9.
Otiosiorem *opera* quam *animo*. Plutôt désœuvré que libre
d’esprit. Liv. XXII, 22. Ut *opera* quoque impensa *consilium*
adjuvem meum. Pour mettre la main à l’exécution de mon dessein.
Mais V, 4. *Labor* *voluptas*que dissimillima natura, societate
quadam naturali inter se sunt conjuncta. Le travail et le
plaisir dont la nature a fait deux extrêmes et qu’elle n’a pas
laissé d’unir entre eux par une sorte d’association.
2. *Industria*, *gnavitas* et *sedulitas* présentent l’activité
comme une qualité habituelle, par opposition à la paresse:
*industria*, activité qui se déploie dans de grandes
entreprises, celle qui anime le héros et l’homme d’État, par
opposition à *ignavia*; *gnavitas*, activité utile, application
de l’homme rangé et de l’industriel; enfin, *sedulitas*,
l’activité dans les petites choses qui risque souvent de
paraître comique, l’agitation perpétuelle d’une ménagère
diligente, d’une nourrice dévouée, de l’homme qui fait sa cour.
Colum. XII, præf. 8. Ut cum forensibus negotiis matronalis
*sedulitas* *industriæ* rationem parem faceret. La femme
attentive au détail d’une maison vaut l’homme qui consacre ses
forces aux affaires publiques.
3. *Assiduitas* et *diligentia*, l’application: mais
*assiduitus* marque plutôt, comme συνέχεια, la continuité: on
arrive au but par des efforts longs et soutenus; *diligentia*
marque plutôt l’intensité, comme ἀϰρίϐεια: on arrive par un
travail soigneux et exact.
4. *Studium*, le zèle, marque exclusivement le goût et l’amour
de la chose, le penchant intérieur.
—Operæ, v. *Mercenarii*.
—Opifex, v. *Faber*.
—Opinari, v. *Censere*.
—Opitulari, v. *Auxilium*.
—Opperiri, v. *Manere*.
—Opes, v. *Divitiæ*.
—Opimus, v. *Pinguis*.
—Opinio, v. *Sententia*.
—Oportet, v. *Necesse est*.
—Oppetere, v. *Mors*.
—Opportunitas, v. *Occasio*.
—Opprobrium, v. *Ignominia*.
—Optimates, v. *Primores*.
—Opus est, v. *Necesse est*.
—Ora, v. *Margo* et *Ripa*.
—Optare, v. *Velle*.
—Opulentia, v. *Divitiæ*.
—Opus, v. *Agere*.
—Orare, v. *Rogare*.
—Opprimere, v. *Vincere*.
—Oræ, v. *Laqueus*.
—Oratio, v. *Sermo*.
Orbis. Circulus. Gyrus.
*Orbis*, mouvement circulaire, périphérie décrite dans le cours
de ce mouvement; *circulus*, surface circulaire; *gyrus*, ligne
courbe et particulièrement ligne serpentine. L’expression in
*orbem* consistere (serrer les rangs sur la circonférence d’un
cercle) ne pourrait pas être échangée contre in *circulum* (se
masser dans l’intérieur d’un cercle), et le cercle formé par une
société close, *circulus*, ne pourrait point s’appeler *orbis*.
Tac. G. 6. Equi nec variare *gyros* nostrum in modum docentur;
in rectum aut uno flexu dextros agunt, ita conjuncto *orbe* ut
nemo posterior sit. Les Germains ne dressent point, comme nous,
les chevaux à suivre différentes courbes; ils les poussent droit
devant eux; quand ils les font tourner, c’est toujours par la
droite, et ils se suivent alors de si près sur une ligne
circulaire, qu’on ne distingue pas le premier cavalier du
dernier.
—Ordiri, v. *Incipere*.
—Oreæ, v. *Frenum*.
—Ornatus, v. *Præditus*.
—Ordo, v. *Series*.
—Ornare, v. *Comere*.
—Os, v. *Facies*.
Osculum. Suavium.
*Osculum*, baiser d’amitié; *suavium*, de tendresse.
Ostendere. Monstrare. Declarare.
*Ostendere*, montrer en ce sens qu’on fait remarquer une chose,
qu’on la fait voir, qu’on ne la tient pas cachée, comme φῆναι,
ἐμφανίσαι; *monstrare*, indiquer en ce sens qu’on communique un
renseignement, comme δεῖξαι; enfin, *declarare*, mettre en
évidence en ce sens qu’on tire quelque chose au clair et qu’on
dissipe des doutes, comme δηλῶσαι.
—Ostenta, v. *Auguria*.
—Ostentatio, v. *Jactatio*.
Ostium. Janua. Fores. Valvæ.
*Ostium* et *janua*, porte, ouverture qui sert à entrer et à
sortir: *ostium*, terme général pour toute espèce de porte,
θύρα; *janua*, terme spécial, porte de maison. *Fores* et
*valvæ*, battants destinés à fermer l’ouverture: *fores*, à des
portes ordinaires, comme θυρίδες; *valvæ*, à des édifices et à
des temples qui ont des portes doubles, à deux battants. Tac.
Ann. XIV, 8. Anicetus refracta *janua* obvios servorum adripit;
donec ad *fores* cubiculi veniret. Anicétus enfonce la porte de
la maison et se fait suivre par les esclaves qu’il rencontre
jusqu’à la porte de la chambre d’Agrippine.
—Otiari, v. *Vacare*.
Otium. Pax. Concordia.
*Otium*, la tranquillité en général, tandis que *pax* se
rapporte aux relations extérieures et *concordia* à la situation
intérieure.
P
—Pædor, v. *Lutum*.
Pæne. Prope. Fere. Ferme.
*Pæne* et *prope* servent à adoucir une expression trop forte et
à faire passer une hyperbole: *pæne*, qui est opposé à *plane*,
se traduit par presque; *prope*, par peu s’en faut que. *Fere*
et *ferme* ne servent qu’à se précautionner contre la lettre de
l’assertion, comme à peu près, environ.
—Pætus, v. *Strabo*.
—Palam, v. *Aperire*.
—Palari, v. *Errare*.
—Palus, v. *Lacuna*.
—Pandus, v. *Curvus*.
—Palpare, v. *Mulcere*.
—Palus, v. *Stipes*.
—Par, v. *Æquus*.
—Parere, v. *Creare*.
—Paratus, v. *Præditus*.
Parere. Obedire. Dicto audientem esse. Obsequi. Obsecundare.
Morigerari. Obtemperare.
*Parere*, *obedire* et *dicto audientem esse* présentent
l’obéissance comme une obligation, un devoir, une sujétion:
*parere*, avec une idée d’humilité, l’obéissance du serviteur à
son maître, du sujet à son prince, par opposition à *imperare*;
*obedire*, *obedire*, avec un certain air de liberté, celle de
l’inférieur au supérieur, du citoyen à la loi et à l’autorité;
*dicto audientem esse*, avec l’idée de la subordination stricte,
l’obéissance passive du soldat à son général. *Obsequi*,
*obsecundare*, *obtemperare* et *morigerari* expriment une
obéissance volontaire et libre, comme être docile. L’*obsequens*
et l’*obsecundans* sont dociles par amour et complaisance; ils
se montrent pleins de bonne volonté; le *morigerans* et
l’*obtemperans* le sont par conviction, estime ou crainte; ils
font preuve de déférence. Hirt. B. Afr. 57. Jubæ barbaro potius
*obedientem fuisse* quam nuntio Scipionis *obtemperasse*. Obéir
à un barbare, à Juba, plutôt que d’écouter le messager de
Scipion. Tac. H. II, 14. Parata non arma modo, sed *obsequium*
et *parendi* amor, c’est-à-dire de la docilité inspirée par
l’estime et l’amour qu’ils portaient au général et du plaisir à
obéir, parce qu’ils sentaient que leur cause ne pouvait pas se
soutenir sans subordination et sans ordre. Cic. Orat. 71. Dum
tibi *roganti* voluerim *obsequi*. Voulant aller au-devant de ta
prière. Comparez avec Famm. IX, 25. *Obtemperare* cogito
*præceptis* tuis. Je pense me conformer à tes prescriptions.
—Paries, parietinæ, v. *Murus*.
—Parilis, v. *Æquus*.
—Parma, v. *Scutum*.
Pars. Portio.
*Pars*, la partie, par rapport au tout; *portio*, la portion ou
la part, par rapport à celui qui en a la jouissance. Plin. H. N.
XI, 15. Æstiva mellatione decimam *partem* apibus relinqui
placet, si plenæ fuerint alvi; sin minus, pro rata *portione*.
Cassius Dionysius veut qu’on laisse aux abeilles le dixième de
la récolte d’été, lorsque les ruches sont pleines, et une part
proportionnée lorsqu’elles ne sont pas entièrement remplies.
(Traduction de Guéroult.)
Partes. Factio.
*Partes*, parti qui se forme de lui-même en vertu de la
différence des principes et des intérêts; *factio*, faction qui
se forme par une association étroite entre ses membres, et qui
agit de concert avec une ardeur aveugle jusqu’à recourir à la
violence pour assurer la suprématie de sa cause. Sall. Jug. 31.
Inter bonos *amicitia*, inter malos *factio* est. Cette union,
qui serait amitié entre des gens de bien, n’est qu’une faction
entre des scélérats.
—Particeps, v. *Socius*.
—Partiri, v. *Dividere*.
—Participare, v. *Impertire*.
Parumper. Paulisper.
*Parumper*, pour un peu de temps; *paulisper*, pendant un peu de
temps. Il suit de là que *parumper* se dit par préférence des
actes de l’esprit, *paulisper*, des faits matériels, parce que
l’idée de futur contenue dans *parumper* s’associe presque
nécessairement à ces actes de l’esprit, tandis que *paulisper*
marque un état et une simple durée, par exemple *paulisper
morari*, s’arrêter quelque temps, mais *parumper dubitare*,
hésiter pour un temps.
Parvus. Minutus. Exiguus. Pusillus.
*Parvus* et *minutus* expriment la petitesse dans un sens
indifférent et purement mathématique, sans idée accessoire:
*parvus*, une petitesse naturelle et inhérente, par opposition à
*magnus*, comme μιϰρός; *minutus*, une petitesse factice,
artificielle. *Exiguus* et *pusillus* expriment en outre une
idée accessoire de mépris: *exiguus*, avec une nuance de pitié,
comme misérable, insignifiant, par opposition à *amplus* ou à
*grandis*; *pusillus*, avec une nuance de ridicule, comme tout
petit, nain, par opposition à *ingens*, comme τυτθός.
—Pascere, v. *Alimenta*.
Passi. Prolixi. Sparsi.
*Passi capilli*, cheveux dénoués par opposition à ceux qui sont
retenus par un nœud, *cohibiti nodo*; *prolixi*, cheveux
flottants par opposition à ceux qui sont relevés sur le haut de
la tête, *religati in verticem*; enfin *sparsi*, cheveux épars
et en désordre par opposition à des cheveux bien peignés,
*pexi*.
—Passus, v. *Gradus*.
—Pati, v. *Ferre*.
—Patefacere, v. *Aperire*.
Paternus. Patrius.
*Paternus*, πατρῷος, ce qui appartient au père et ce qui vient
de lui, comme paternel; *patrius*, πάτριος, ce qui appartient
aux ancêtres ou à la patrie et ce qui vient d’eux.
Paulatim. Sensim. Gradatim. Pedetentim.
*Paulatim* et *sensim* présentent la gradation sous l’image d’un
progrès qui passe inaperçu: *paulatim*, comme peu à peu, par
opposition à *semel* d’une seule fois; mais *sensim* comme
insensiblement, par opposition à *repente*, tout à coup;
*gradatim* et *pedetentim*, sous l’image d’un progrès visible:
*gradatim*, comme pas à pas et ϐάδην, par opposition à *cursim*,
*saltuatim*, etc.; *pedetentim*, en avançant avec peine et pied
à pied par opposition à *cursu*, *equo*, *volatu*, *velis*.
—Paulisper, v. *Parumper*.
Paupertas. Inopia. Egestas. Mendicitas.
*Paupertas*, modicité de ressources qui oblige à se restreindre,
par opposition à *dives*, comme πενία; *inopia* et *egestas*,
pauvreté accablante qui impose des souffrances et des
privations: mais *inopia* exprime comme ἀπορία le dénûment en
lui-même, le défaut de ressources qui empêche de se tirer
d’affaire, par opposition à *copia* ou *opulentia*; et *egestas*
comme ἔνδεια la pauvreté besoigneuse et nécessiteuse, par
opposition à *abundantia*; enfin *mendicitas*, l’indigence qui
réduit les gens à mendier, πτωχεία. Le *pauper* n’a pas
grand’chose, l’*inops* et l’*egenus* ont trop peu de chose, le
*mendicus* n’a rien du tout. Dans la classification des rangs
par échelle de richesse les *pauperes* forment la classe moyenne
qui est obligée de vivre bourgeoisement et parcimonieusement;
les *inopes* et les *egeni*, quand ces deux mots ne s’appliquent
point à une gêne passagère, forment la classe des pauvres qui
vivent au jour le jour de leur travail et sont même exposés à
souffrir la faim; les *mendici*, la classe des mendiants qui ne
vivent que d’aumônes, également dépourvus de toute propriété et
de toute industrie. Cic. Parad. 6. Istam *paupertatem* vel
potius *egestatem* et *mendicitatem* tuam nunquam obscure
tulisti. Médiocrité de fortune, pauvreté besoigneuse, indigence,
tu as constamment porté ton sort au grand jour. Suet. Gr. 14.
Vixit in summa pauperie et pæne inopia. Il vécut dans une
extrême médiocrité qui était presque du dénûment. Plin. Ep. IV,
18. *Inopia* vel potius, ut Lucretius ait, *egestas* patrii
sermonis. La stérilité ou plutôt, comme parle Lucrèce,
l’impuissance de la langue maternelle. Cic. Inv. I, 47. Propter
*inopiam* in *egestate* esse. Tomber du dénûment dans la gêne.
—Pax, v. *Otium*.
—Pavire, v. *Verberare*.
—Peccatum, v. *Delictum*.
—Peculari, v. *Vastare*.
—Peculiaris, v. *Privus*.
Pecunia. Nummus. Moneta.
*Pecunia*, terme collectif, somme d’argent; *nummus*, la pièce
d’argent par rapport à sa valeur et à son usage; *moneta*, la
monnaie par rapport à son empreinte et à son aspect.
Pecus. Jumentum. Armentum. Grex.
1. *Pecus*, *pecoris*, terme général pour tous les animaux
domestiques; *jumenta* et *armenta*, gros bétail, bœufs, ânes,
chevaux; *pecus*, *pecudis*, petit bétail, cochons, chèvres, et
par préférence les moutons.
2. *Jumenta*, bêtes de trait, bœufs, ânes, chevaux; *armenta*,
bêtes de labour, bœufs et chevaux, à l’exclusion des vaches, des
ânes de bât, des chevaux de selle qui ne vont ni à la voiture ni
à la charrue.
3. Pris au singulier et comme nom collectif, *armentum* signifie
un troupeau de gros bétail, ἀγέλη; *grex* est un troupeau de
petit bétail, comme ποίμνη, πῶϋ. Plin. Ep. II, 16. Multi
*greges* ovium, multa ibi equorum boumque *armenta*. De nombreux
troupeaux de petit et de gros bétail, moutons, chevaux, bœufs.
—Pecus, v. *Animal*.
—Pedica, v. *Vincula*.
—Pejor, v. *Deterior*.
—Pellucidus, v. *Perlucidus*.
—Penitus, v. *Plane*.
—Penus, v. *Alimenta*.
—Percussor, v. *Homicida*.
—Pedetentim, v. *Paulatim*.
—Pejerare, v. *Perlucidus*.
—Pelagus, v. *Mare*.
—Pellegere, pellicere, v. *Perlucidus*.
—Pellis, v. *Tergus*.
—Pendere, v. *Hærere*.
—Penna, v. *Ala*.
—Percontari, v. *Rogare*.
—Percutere, v. *Interficere*.
Perdere. Pessundare. Pervertere. Evertere.
*Perdere* et *pessundare*, anéantir: *perdere*, en brisant
l’objet, par destruction; *pessundare*, par submersion ou par
quelque autre manière de faire disparaître l’objet. *Evertere*,
*pervertere* et *subvertere*, renverser: *evertere*, en
déterrant ou en arrachant ce qui est assujetti par le pied, il
est opposé à *fundare*; *pervertere*, en jetant à bas ce qui se
tient debout; *subvertere*, par une voie secrète et souterraine,
en sapant la base. Cic. Pis. 24. Provincia tibi ista manupretium
fuerit non eversæ per te sed *perditæ* civitatis. Ce sera ton
salaire pour avoir causé la chute et même la ruine de l’État.
—Perdere, v. *Amittere*.
—Peregrinus, v. *Exterus*.
—Perferre, v. *Ferre*.
—Perfidiosus, perfidus, v. *Fidus*.
—Peregrinari, v. *Proficisci*.
—Peremtor, v. *Homicida*.
—Perficere, v. *Finire*.
Perfuga. Transfuga. Profugus. Fugitivus. Extorris. Exul.
Perfugium. Suffugium. Refugium.
1. *Perfuga* et *transfuga*, le déserteur qui fuit d’un parti
vers l’autre, αὐτόμολος: mais le transfuge, *perfuga*, passe à
l’ennemi en criminel qui trahit son parti; le *transfuga* n’est
qu’un homme irrésolu qui abandonne les siens pour aller
ailleurs. *Profugus* et *fugitivus*, le fugitif qui abandonne sa
demeure: le *profugus* est un infortuné qui cède à la force en
fuyant sa patrie et qui court le monde comme un banni, φυγάς; le
*fugitivus* est un coupable qui se dérobe à son devoir, à son
poste, à sa prison, à son maître, δραπέτης. On entend
généralement par *perfuga* et *transfuga* un soldat, par
*profugus* un citoyen, par *fugitivus* un esclave. Liv. XXX, 43.
De *perfugis* gravius quam de *fugitivis* consultum. Les
transfuges furent plus sévèrement traités que les esclaves
fugitifs.
2. *Perfugium*, asile public et sûr dans des dangers sérieux;
*suffugium*, asile sinon secret, du moins fortuit et temporaire
contre des contrariétés; *refugium*, asile préparé ou du moins
choisi d’avance en cas de retraite.
3. *Profugus* marque un état de fait, celui d’un homme qui fuit
hors de son pays; *extorris*, un état politique, comme proscrit;
*exul*, un état légal comme exilé. L’*extorris* subit un
malheur, il ne peut plus rester dans sa patrie; l’*exul* subit
un châtiment, il n’a plus le droit d’y rester. Appul. Met. V, p.
101. *Extorres* et... velut *exulantes*. Proscrits et comme
exilés.
—Periclitari, periculum, v. *Tentare*.
—Perimere, v. *Interficere*.
—Perire, v. *Mors*.
Perlucidus. Pellucidus. Perlegere. Pellegere. Perlicere.
Pellicere. Perjurare. Pejerare.
Examinant ces mots par couples, le premier des deux, qui est la
forme primitive, a chaque fois l’accent sur l’adverbe *per*; le
second, qui est une forme adoucie par l’assimilation de l’r en l
ou par l’élimination de l’r, a l’accent sur le nom ou sur le
verbe, et la racine accentuée prédomine dans la signification du
composé.