I-J

—Jacere, v. *Cubare*.

Jactatio. Gloriatio. Ostentatio. Venditatio.

*Jactatio* et *gloriatio*, défauts qui ont leur origine dans la

vanité et la suffisance: *jactatio*, défaut du fat qui se donne

de grands airs, qui fait étalage de ses avantages et de ses

mérites, qui les fait ressortir par ses paroles et ses gestes,

avec une idée accessoire d’étourderie; *gloriatio*, défaut du

fanfaron qui publie hautement ses avantages ou ses mérites, avec

une idée accessoire d’impertinence. L’*ostentatio* et la

*venditatio* ont leur origine dans un calcul habile de l’effet

qu’on peut tirer d’une fausseté: l’ostentation, *ostentatio*,

cherche à déguiser sous des apparences brillantes une pauvreté

réelle; la représentation, *venditatio*, veut paraître en

faisant valoir outre mesure certains avantages.

—Jactura, v. *Mittere* et *Damnum*.

—Jaculum, v. Missile.

—Janua, v. *Ostium*.

—Icere, v. *Verberare*.

Idoneus. Aptus.

*Idoneus*, qui a ce qu’il faut pour être employé à quelque

chose, *aptus*, pour le faire, F. A. Wolf. En d’autres termes,

l’*idoneus* est propre à un emploi par des qualités quelconques

et par le concours des circonstances, ἐπιτήδειος; l’*aptus*, par

sa valeur personnelle, par sa capacité, ἱϰανός. L’*idoneus* est

inactif par lui-même; on se sert de lui pour atteindre un but,

parce qu’il est un instrument commode; l’*aptus* entre de lui-

même dans une affaire, parce qu’il a les dispositions

nécessaires pour réussir.

—Ignarus, v. *Cognitio*.

Ignavia. Inertia. Segnitia. Desidia. Socordia. Pigritia.

1. *Ignavia*, opposé à *industria*, l’amour du désœuvrement

considéré comme une dérogation à la loi du devoir, en ce sens

qu’on n’est homme, qu’on ne se distingue du vulgaire, qu’on ne

vaut par soi-même que si on est doué du goût de l’action;

*inertia*, le même amour envisagé comme une infraction à la loi

du travail, en ce sens que l’homme ne devient un membre utile,

plus ou moins estimable de la société, que par son activité

pratique. L’oisiveté, *ignavia*, est entée sur le naturel;

l’action lui répugne; la fainéantise, *inertia*, est affaire

d’habitude et de caractère; elle ne se soucie point de

travailler. Un méchant esclave est un fainéant, *iners*; un

noble qui vit sans rien faire est un oisif, *ignavus*.

2. *Segnitia*, *desidia*, *socordia* et *pigritia*, défauts

divers d’un tempérament trop tranquille. La nonchalance,

*segnitia*, attend qu’on l’excite, qu’on la contraigne, qu’on la

prenne corps à corps avant de renoncer au repos; elle a pour

opposé *promptus*. L’indifférence, *desidia*, se croise les bras

et attend que les choses se fassent d’elles-mêmes. L’apathie,

*socordia*, est incapable de prendre à quoi que ce soit un vif

intérêt et néglige ses devoirs faute d’y songer. La paresse,

*pigritia*, a une horreur naturelle de toute espèce de mouvement

et n’est heureuse que dans les bras du repos.

—Ignavia, v. *Vereri*.

Ignominia. Infamia. Dedecus. Probrum. Opprobrium.

1. L’*ignominia* ôte l’honneur légal dont la perte ne dépend

point des propos du public, mais d’une juste réprimande infligée

par un magistrat, un censeur, par exemple, ἀτιμία; l’*infamia*

ôte l’honneur moral, la bonne réputation; elle tient au mépris

public, elle est la suite d’une conduite honteuse et

déshonorante, δυσφημία.

2. *Ignominia* et *infamia* sont des termes abstraits qui

marquent l’état d’une personne déshonorée; *dedecus* et

*probrum*, des termes concrets qui marquent la cause de cet

état, l’acte déshonorant. Le *dedecus* s’écarte des façons d’un

homme d’honneur, de la noblesse qu’on s’attendait à retrouver

dans toutes ses actions; le *probrum* entache la moralité d’un

homme qu’on croyait du moins capable de se conduire honnêtement.

La bassesse expose au *dedecus* dans les fonctions publiques;

l’inconduite, au *probrum* dans les relations privées.

3. *Probrum*, reproche qu’on serait en droit de nous adresser;

*opprobrium*, reproche formulé. *Probrum* appelle l’attention

sur la honte qui a été encourue; *opprobrium*, sur le blâme qui

s’exprime hautement.

Ignoscere. Veniam dare.

*Ignoscere* est un acte moral: c’est pardonner de tout cœur,

remettre et oublier, par opposition à garder rancune, comme

συγγιγνώσϰειν; *veniam dare* est un acte politique; c’est

substituer la clémence à la justice, par opposition à châtier,

comme μεθιέναι. L’ami, l’égal pardonne, *ignoscit*; le

supérieur, le puissant fait grâce, *veniam dat*. Cic. Man. 3.

Illis imperatoribus laus est tribuenda quod egerunt; *venia

danda* quod reliquerunt. Il faut louer ces généraux de ce qu’ils

ont fait; il faut leur faire grâce pour ce qu’ils ont laissé

inachevé. Comparez avec Att. XVI, 16. *Ignosce* mihi quod eadem

de re sæpius scribam. Pardonne-moi de revenir si souvent sur le

même sujet.

—Ilia, v. *Caro*.

—Illico, v. *Repente*.

—Illustris, v. *Celeber* et *Luculentus*.

Imago. Simulacrum. Statua. Signum.

1. *Imago* et *simulacrum*, termes généraux, représentation d’un

objet par la première œuvre venue de sculpture ou de peinture:

l’*imago* se rattache à l’original, comme la copie au modèle,

par une ressemblance frappante, εἰϰών; le *simulacrum* s’oppose

à l’original, à l’être véritable, c’est une imitation qui fait

illusion, εἴδωλον. *Statua*, *signum* et *effigies* sont

exclusivement des ouvrages de sculpture; *tabula* et *pictura*,

exclusivement des tableaux.

2. *Simulacrum* et *statua* s’entendent de la reproduction

complète d’une forme donnée, comme les statues en pied de la

sculpture; *effigies* et *imago* marquent par préférence la

reproduction des parties caractéristiques, nommément des traits

du visage; *effigies*, dans la sculpture; ce sont des bustes;

*imago*, dans la peinture; ce sont des têtes. Tac. Ann. I, 74.

Alia in *statua* amputato capite Augusti *effigiem* Tiberii

inditam. Il avait coupé la tête à une autre statue qui

représentait Auguste et remplacé cette tête par un buste de

Tibère. XIV, 61. *Effigies* Poppææ proruunt, Octaviæ *imagines*

gestant humeris. Le peuple renverse les bustes de Poppée et

promène sur ses épaules les portraits d’Octavie. H. II, 3.

*Simulacrum* deæ non *effigie* humana. La déesse est représentée

avec des traits qui s’écartent de la nature humaine. Cic. Tusc.

III, 2, 3. Optimus quisque consectatur nullam eminentem

*effigiem* (virtutis) sed adumbratam *imaginem* gloriæ. Ce n’est

point la vertu avec ses traits frappants et sculptés, c’est un

portrait indécis de la gloire qui entraîne à sa suite les

meilleurs d’entre nous.

3. *Signum*, toute espèce de sculpture, par opposition à

*tabulæ* et *picturæ*; *simulacrum*, statue sacrée, celle d’un

dieu, ἄγαλμα; *statua*, statue profane, celle d’un homme,

ἀνδριάς. Cic. Cat. III, 8. *Simulacra deorum* immortalium

depulsa sunt et statuæ veterum hominum dejectæ. Les statues

sacrées des dieux immortels furent expulsées, les statues

profanes des anciens héros abattues. Verr. I, 22. Legati *deorum

simulacra* venerabantur, itemque *cætera signa* et ornamenta

lacrimantes intuebantur. Les députés adoraient les statues

sacrées des dieux, et la vue des autres œuvres de sculpture et

de décoration leur arrachait des larmes.

—Imbecillis, imbecillitas, v. *Validus*.

—Imber, v. *Pluvia*.

—Infirmus, infirmitas, v. *Validus*.

Imitatio. Æmulatio. Certatio. Rivalitas. Simulatio.

1. *Imitari* marque simplement, sans idée morale accessoire, un

effort pour produire quelque chose qui ressemble à un objet

donné; *æmulari* marque, outre l’effort d’imitation, le désir

d’égaler ou de surpasser celui qu’on imite en considération, en

honneur, en succès. L’*imitatio* n’a en vue que l’objet donné;

c’est une tendance généralement modérée et louable; l’*æmulatio*

n’a d’yeux que pour la personne ornée de la qualité qui vaut la

peine d’être imitée; elle se montre toujours sous les traits

d’une passion plus ou moins vive, louable ou blâmable, suivant

qu’elle tire son origine d’un amour honnête ou d’un amour

désordonné des honneurs. Plin. Ep. VII, 30. Demosthenis

orationem habui in manibus non ut *æmularer* (improbum enim ac

pæne furiosum), at tamen *imitarer* ac *sequerer* tantum. J’ai

étudié ce discours de Démosthène. Je n’ai point la prétention

téméraire et presque folle d’être son émule, mais je veux être

du moins son imitateur et son élève.

2. L’*æmulus* est au-dessous de son adversaire, il vise à

l’atteindre et à l’égaler un jour; le *certator* et le

*concertator* lui sont égaux, ils visent à le battre et à le

vaincre.

3. L’*æmulatio* dispute une supériorité quelconque; la

*rivalitas* soutient une lutte pour emporter la première place

dans le cœur d’une personne. Cic. Tusc. IV, 26, 56. Illa vitiosa

*æmulatione* quæ *rivalitati* similis est, æmulari quid habet

utilitatis? A quoi bon poursuivre une personne de cette

émulation fâcheuse qui ressemble à de la jalousie?

4. L’*imitatio* est un effort pour devenir ce qu’on n’est pas

encore, mais ce qu’on deviendrait volontiers et ce qu’on peut

devenir en effet; la *simulatio*, un effort pour paraître ou

devenir ce qu’on n’est point, ne peut ni ne doit être, parce que

la nature s’y oppose. L’*imitatio* est le chemin qui conduit à

un idéal réel ou imaginaire; la *simulatio* reste toujours un

plagiat.

—Immanis, v. *Magnus*.

—Impensa, v. *Sumptus*.

—Impar, v. *Æquus*.

—Imperare, v. *Jubere*.

Impertire. Tribuere. Participare. Communicare.

*Impertire* et *tribuere* signifient partager, distribuer, sans

donner à entendre que le donateur réserve une part pour lui:

*impertire* présente ce partage comme un acte libre, volontaire,

de pure bonté; *tribuere*, comme un acte de justice et de

prudence. *Participare* et *communicare*, admettre les autres à

un partage dont on profite soi-même: *participare*, faire

participer, se rapporte généralement à la personne qui reçoit,

qui est appelée à prendre part, *communicare*, mettre en commun,

à la chose dont on fait part et à l’usage de laquelle cette

personne doit participer.

—Impietas, v. *Delictum*.

—Impius, v. *Scelestus*.

—Imponere, v. *Fallere*.

Imus. Infimus.

*Imum*, la partie la plus basse dans un tout indivisible;

*infimum*, la base ou le dessous dans un tout divisible.

L’*imum* est en bas; l’*infimum*, en dessous. Cic. Rosc. com. 7.

Ab *imis* unguibus usque ad summum verticem. De la plante des

pieds au sommet de la tête. Comparez avec Divin. I, 33. Ut ab

*infima* ara subito anguis emergeret. Un serpent sortit tout à

coup de dessous l’autel. Et avec N. D. II, 20. Luna *infima* est

quinque errantium. Des cinq planètes, c’est la lune qui est en

dessous. *Imus* n’exprime d’ailleurs qu’un rapport de lieu;

*infimus* contient une idée accessoire, celle du dernier rang.

—Inambulare, v. *Ambulare*.

Inanis. Vacuus.

*Inanis*, ce qui est vide au lieu d’être rempli, ce qui ne

contient rien, par opposition à *plenus*; *vacuus*, ce qui est

vacant et peut encore se remplir, ce qui n’a point de maître,

par opposition à *occupatus* ou à *obsessus*. Tac. Ann. VI, 34.

Jason post avectam Medeam genitosque ex ea liberos *inanem* mox

regiam *vacuos*que Colchos repetivit, c’est-à-dire le palais

désert, mort, et le peuple sans maître. Au figuré: *inane*,

c’est ce qui n’existe point, *vacuum* ce qui est libre.

—Incassum, v. *Frustra*.

—Incedere, v. *Ire*.

—Incestus, v. *Inficetus*.

—Incastus. v. Inficetus,

—Incendere, v. *Accendere*.

—Inchoare, v. *Incipere*.

Incipere. Ordiri. Inchoare. Coepisse.

1. *Incipere*, marque le commencement par opposition à

l’inaction qui précède et qui suit, c’est-à-dire, à *cessare* et

à *desinere*, *desistere*, *finire*; *ordiri*, par opposition à

la continuation de l’action, c’est-à-dire à *continuare*, et à

son correspondant intransitif *pergere*; enfin, *inchoare*,

*incohare*, par opposition à l’achèvement ou à l’accomplissement

de l’action, c’est-à-dire à *perficere*, *consummare*,

*peragere*, *absolvere*, etc. Cic. Off. I, 37. Ut incipiendi

ratio fuerit, ita sit desinendi modus. Sachez entrer en matière,

sachez aussi vous arrêter. Varron. R. R. III, 16. Apes cum

*evolaturæ* sunt, aut etiam *inceperunt*, consonant vehementer.

Lorsque les abeilles vont s’envoler ou qu’elles viennent de

partir, elles font entendre un fort bourdonnement. Cic. Finn.

IV, 6. Hoc *inchoati* cujusdam officii est, non *perfecti*. Ceci

n’est encore qu’une ébauche et non point une œuvre achevée. Cic.

Fr. ap. Non. *Perge*, quæso, nec enim imperite *exorsus* es.

Continuez, je vous prie, votre début n’est point maladroit.

2. *Cœpi* a le même opposé qu’*incipere*. Sen. Cons. Polyb. 20.

Quicquid *cœpit* et *desinit*; mais *cœpi* appelle plus

fortement l’attention sur l’action qui commence, et *incepi* sur

le commencement que prend l’action. *Cœpi* est une sorte de

verbe auxiliaire, *incepi* est emphatique; *cœpi* se rapporte

d’habitude à un infinitif et *incipere* à un substantif. Cic.

Verr. V, 10. Quum *ver esse cœperat* (sed quum rosam viderat,

tum ver *incipere* arbitrabatur), dabat se labori. Quand le

printemps revenait, mais le printemps ne datait pour lui que des

roses, il affrontait la fatigue.

Incitare. Instigare. Irritare. Instinctus.

1. *Incitare*, synonyme d’*hortari*, porter un paresseux par de

bonnes paroles, par des encouragements, des apostrophes à une

action presque toujours louable; *instigare*, synonyme de

*stimulare*, pousser bon gré, mal gré une personne à une action

hardie par des moyens énergiques comparables à des coups

d’aiguillon, par reproches, promesses, menaces; *irritare*,

synonyme d’*exacerbare*, exciter à un acte de violence un

personnage paisible en remuant ses passions, son ambition, ses

désirs de vengeance. Ter. Andr. IV, 2, 9. Age si hic non insanit

satis sua sponte, *instiga*. Va, s’il ne s’emporte pas assez

tout seul, pousse à la roue. Lucr. IV, 1075. Et *stimuli*

subsunt qui *instigant* lædere id ipsum. Et des aiguillons

secrets les poussent à blesser ce qu’ils aiment.

2. *Instigatus*, aiguillonné par une cause extérieure et

profane, par des paroles, des ordres; *instinctus*, poussé par

une cause intérieure d’un ordre élevé, inspiration, amour, voix

de Dieu.

—Inclytus, v. *Celeber*.

Incolere. Habitare. Incola. Inquilinus. Colonus.

1. *Incolere* est transitif comme habiter; *habitare*, neutre

comme demeurer. En outre, *incolere* rappelle l’idée du pays

auquel on appartient en qualité de citoyen ou de sujet;

*habitare*, celle de la maison où l’on est établi à demeure en

qualité de propriétaire ou de locataire.

2. *Incola*, au sens restreint, le sujet par opposition au

citoyen, μέτοιϰος; *inquilinus*, le locataire par opposition au

propriétaire de la maison ou *dominus*, σύνοιϰος; *colonus*, le

fermier par opposition au propriétaire foncier, à peu près comme

θής.

—Incolumis, v. *Salvus*.

—Incurvus, v. *Curvus*.

—Indagare, v. *Quærere*.

—Indignari, v. *Succensere*.

—Indulgere, v. *Concedere*.

—Incuriosus, v. *Tutus*.

—Incusare, v. *Arguere*.

—Indigere, v. *Carere*.

—Indoles, v. *Ingenium*.

—Industria, v. *Opera*.

—Inedia, v. *Fames*.

—Inertia, v. *Ignavia*.

—Infamia, v. *Ignominia*.

—Infans, v. *Puer*.

—Infensus, infestus, v. *Adversarius*.

Inficetus. Infacetus. Incestus. Incastus.

1. *Inficetus* exprime un blâme positif et se dit d’un homme

lourd et sans goût; *infacetus* n’exprime qu’un blâme négatif,

c’est un homme qui n’a point d’esprit à revendre.

2. Et de même *incestus* celui qui a souillé son propre sang;

*incestus*, celui qui n’est point chaste.

—Infidelis, infidus, v. *Fidus*.

—Infitiari, infitias ire, v. *Negare*.

—Infimus, v. *Imus*.

—Inflammare, v. *Accendere*.

Infortunium. Calamitas. Infelicitas. Miseria.

*Infortunium* et *calamitas* désignent un accident isolé:

*infortunium* un accident fâcheux, un petit malheur, par exemple

la perte d’une bourse, des coups qu’on a reçus; *calamitas* un

accident tragique comme la perte d’une personne qu’on aime, de

la fortune. *Infelicitas* et *miseria* expriment une position

malheureuse et durable: *infelicitas* comme une simple privation

de bonheur; *miseria* comme une misère réelle et accablante.

Ingenium. Natura. Indoles.

*Ingenium* et *natura*, le naturel considéré comme la base

inébranlable de l’individualité humaine et comme rebelle à toute

altération: *ingenium* se rapporte de préférence aux dons de

l’esprit, *natura* à ceux du cœur. *Indoles*, le naturel

considéré comme le germe de l’individualité et comme susceptible

de culture.

—Ingluvies, v. *Faux*.

—Ingruere, v. *Irruere*.

—Inimicus, v. *Adversarius*.

—Ingredi, v. *Inire* et *Ire*.

—Inimicitia, v. *Odium*.

Inire. Intrare. Introire. Ingredi.

1. *Inire* ne s’emploie guère qu’au figuré, c’est se mettre à

quelque chose, par exemple, *inire pugnam*, *numerum*, engager

le combat, chercher un nombre; *intrare*, *introire*, *ingredi*

expriment l’action d’entrer au sens propre; mais *intrare* est

d’ordinaire transitif, il a l’accent sur sa racine verbale,

*introire* est neutre, il a l’accent sur sa racine adverbiale.

Dans *intrare curiam* on songe surtout au seuil qu’on franchit,

dans *introire*, aux quatre murs entre lesquels on va

s’enfermer.

2. *Intrare* et *introire* supposent un espace fermé à dessein

par des murailles, des barrières, des bornes; *ingredi* ne

suppose qu’un espace étranglé, une route, *viam*, un pont,

*pontem*.

Initium. Principium. Primordium.

1. *Initium*, commencement au sens abstrait, comme simple point

de départ, par opposition à *exitus*; *principium*, au sens

concret, comme la partie qui se présente avant les autres

lorsqu’il s’agit de choses, qui précède lorsqu’il s’agit

d’actions, par opposition à *extremum*. *Initium* n’est qu’un

commencement dans le temps, *principium* est en outre une base

posée dans l’espace. L’*initium* disparaît dans ce qui suit, le

*principium* sert de fondement aux progrès ultérieurs. Les

*initia philosophiæ* sont les rudiments au-dessus desquels le

disciple s’élève dans le cours de ses études, les *principia*

sont les principes auxquels il faut toujours revenir. *Initio*

signifie ordinairement d’abord comme ceci et ensuite autrement;

*principio*, dès l’abord et toujours de même.

2. *Primordium* est un augmentatif emphatique de *principium*,

et suppose un vaste système dont l’origine est assez reculée

pour qu’on puisse distinguer entre un commencement apparent et

un commencement réel, primordial, élémentaire.

—Injuria, v. *Contumelia*.

—Innocentia, v. *Virtus*.

Innumerus. Innumerabilis.

*Innumerus*, terme poétique et choisi, comme sans nombre,

ἀνήριθμος; *innumerabilis*, terme prosaïque et usuel, comme

innombrable, ἀναρίθμητος.

—Inopia, v. *Paupertas*.

—Inquilinus, v. *Incolere*.

—Insanus, v. *Amens*.

—Inscius, v. *Cognitio*.

—Insimulare, v. *Arguere*.

—Insomnis, v. *Vigil*.

—Instigare, v. *Incitare*.

—Inquam, v. *Dicere*.

—Inquinare, v. *Contaminare*.

—Inscendere, v. *Scandere*.

—Insignis, v. *Eminens*.

—Insolentia, v. *Superbia*.

—Insomnium, v. *Somnus*.

Instituere. Instaurare. Restituere. Restaurare.

*Instituere*, prendre un arrangement profane; *instaurare*,

organiser une cérémonie sainte, vénérable ou du moins une

entreprise importante, par exemple un sacrifice, des jeux sacrés

ou des fêtes, la guerre ou une bataille. *Instituere* est un

terme usuel, *instaurare* un terme pompeux et choisi. Même

différence entre *restituere* et *restaurare*.

—Instituere, v. *Erudire*.

—Insuper, v. *Præterea*.

—Integrare, v. *Iterum*.

—Instructus, v. *Præditus*.

—Integer, v. *Salvus*.

Intelligere. Sentire. Cognoscere.

*Intelligere* se dit des notions rationnelles dues à la

réflexion qui combine des idées; *sentire*, des notions

naturelles qui s’acquièrent par voie de sentiment, par des

perceptions ou des impressions instantanées des sens ou de

l’esprit; enfin, *cognoscere*, des notions historiques fondées

sur le témoignage des sens et de la tradition, Sen. Ir. III, 13.

Quidni gauderet, quod iram suam multi *intelligerent*, nemo

*sentiret*? Je conçois que Socrate ait ressenti un mouvement de

joie quand sa colère que tous ses familiers discernaient ne

frappait les yeux de personne. Cic. N. D. III, 24. Quare autem

in his vis deorum insit tum *intelligam* quum *cognovero*. Quant

à leur divinité, je la comprendrai quand j’aurai appris à la

connaître.

Intercapedo. Interruptio. Interpellatio. Interlocutio.

*Intercapedo* et *interruptio*, interruption d’une action, d’une

affaire: l’*intercapedo* est polie, souvent même bienveillante;

l’*interruptio* est violente, elle trouble. *Interpellatio* et

*interlocutio*, interruption d’un discours par un autre discours

qui vient à la traverse: l’*interpellator* n’a d’autre but que

d’empêcher l’orateur de continuer; l’*interlocutor* veut se

faire entendre lui-même au beau milieu du discours d’un autre.

—Interdicere, v. *Vetare*.

—Interdum, v. *Nonnunquam*.

—Interdiu, v. *Dies*.

Interea. Interim.

*Interea* se rapporte à une action durable qui tombe dans une

période, comme cependant; *interim* à une action momentanée,

comme là-dessus. Il y a entre eux la même corrélation qu’entre

un temps passé et l’aoriste, entre un instant et une période.

Cic. Quint. 6. Hæc dum Romæ geruntur... Quintius *interea* de

agro detruditur. Voilà ce qui se passait à Rome; cependant

Quintius est évincé de son champ: c’est-à-dire que la chose se

fait peu à peu. Comparez avec Famm. X, 12. *Interim* ad me venit

Manutius noster. Là-dessus je vois venir chez moi notre cher

Manutius. Tac. Ann. XI, 32. Non rumor *interea* sed undique

nuntii incedunt... Atque *interim* Ostiensem viam intrat.

Cependant ce ne sont plus des bruits, ce sont des messagers qui

arrivent de tous les côtés... Et là-dessus elle prend la route

d’Ostie.

—Interemptor, v. *Homicida*.

—Interfector, v. *Homicida*.

—Interesse, v. *Adesse*.

Interficere. Perimere. Interimere. Negare. Occidere. Jugulare.

Obtruncare. Trucidare. Percutere.

1. *Interficere* et *perimere*, termes généraux, mettre à mort,

faire mourir, tuer pour quelque motif et par quelque moyen que

ce soit, faim, poison, corde, fer, supplice, ϰτείνειν: mais

*interficere* est un terme ordinaire, *perimere* un terme

archaïque, choisi, poétique. *Interimere* suppose accessoirement

que la chose passe inaperçue, comme se défaire de quelqu’un,

ἀναιρεῖν; *necare* implique une idée d’injustice ou du moins de

cruauté, comme assassiner, φονεύειν. Cic. Tusc. V, 20. Dionysius

alterum jussit *interfici*, quia viam demonstravisset

*interimendi* sui. Denys le fit mettre à mort pour avoir montré

comment on pouvait se défaire de lui. Fr. Arat. 11. Quem neque

tempestas *perimet*, nec longa vetustas *interimet*. Il ne

périra point sous l’effort d’une saison, il ne succombera point

à la lente action des siècles. Curt. IX, 7, 8. Boxum *protinus*

placuit *interfici*; Biconem etiam per cruciatus *necari*. Il

voulut qu’on mit sur-le-champ Boxus à mort, mais qu’on fît périr

Bicon dans les tourments.

2. *Occidere*, *jugulare*, *trucidare*, *obtruncare*,

*percutere*, expriment une mort sanglante: *occidere*, porter

par terre, c’est le fait du soldat dans un combat franc et

loyal; *jugulare*, couper la gorge ou le cou, ou plutôt tuer

d’un coup savant sous la clavicule, c’est le fait du bandit qui

veut imiter le gladiateur, σφάξαι; *obtruncare*, tailler en

pièces, massacrer, couper en morceaux comme un meurtrier

maladroit; *trucidare*, tuer à loisir comme un boucher, en homme

avide de sang qui met à mort sans rencontrer de résistance et

triomphe d’une victime sans défense; *percutere*, exécuter,

simple action mécanique, office du bourreau ou de tout autre

exécuteur d’une condamnation ou d’un ordre. Senec. Contr. III,

21. Nec dominum *occidit*, nec domino *venenum* dedit. Il n’a ni

poignardé ni empoisonné son maître. Hor. Ep. 1, 2, 32. Ut

*jugulent* homines surgunt de nocte latrones. Les brigands

sortent de l’ombre pour égorger le monde. Sall. Fr. Cæteri vice

pecorum *obtruncantur*: en sorte qu’on voyait à terre comme sur

un étal des membres détachés. Tac. Hist.... Juberet *interfici*;

offerre se corpora iræ; *trucidaret*. Il n’avait qu’à les faire

mourir; ils étaient prêts à servir de victimes à sa colère: il

pouvait les tuer à son aise. Cic. Rosc. Am. 34. Cujus consilio

*occisus* sit invenio; cujus manu *percussus* sit non invenio.

Je discerne l’auteur, je ne découvre pas l’instrument de cette

mort sanglante.

—Interitus, v. *Lues* et *Mors*.

—Interlocutio, v. *Intercapedo*.

Intermittere. Omittere.

*Intermittere*, suspendre, remettre une affaire à un autre temps

dans l’espérance et dans le dessein de la reprendre: *in tempus

mittere* cum spe consilioque resumendi; *omittere*, abandonner.

Varron. Fr. Studia tantum *intermittantur*, ne *omittantur*.

Interrompez vos études, ne les abandonnez jamais.

—Intermori, v. *Mors*.

—Interrogare, v. *Rogare*.

—Intestina, v. *Caro*.

—Intueri, v. *Videre*.

—Invadere, v. *Irruere*.

—Interpellatio, v. *Intercapedo*.

—Interruptio, v. *Intercapedo*.

—Intrare, introire, v. *Inire*.

—I nunc, v. *Agere*.

Invenire. Reperire. Deprehendere. Nancisci. Adipisci. Consequi.

Assequi.

1. *Invenire*, terme général, trouver dans toutes les

conjonctures; *reperire* et *deprehendere* supposent un objet

caché qu’on songe et qu’on s’applique à trouver: mais le

*reperiens* se borne à découvrir ce qu’il ne voyait point

d’abord et qui s’offre ensuite à ses yeux, ἀνευρεῖν; le

*deprehendens* découvre ce qui voulait se cacher ou échapper et

qui tombe en son pouvoir. Tac. Ann. I, 74. Perniciem aliis ac

postremo sibi *invenere*. De bourreaux qu’ils étaient, ils

finirent par se trouver victimes. Comparez avec XIV, 3. Cædes

quonam modo occultaretur nemo *reperit*. Personne ne vit jour à

cacher le meurtre.

2. *Invenire*, *reperire*, *deprehendere* ont pour terme un

objet caché qu’on découvre; *nancisci*, *adipisci*, *assequi* et

*consequi*, un objet éloigné qu’on atteint: le *nanciscens*

arrive au terme avec ou sans peine, parfois même sans le

souhaiter; c’est une rencontre; l’*adipiscens* a une lutte à

soutenir; c’est une victoire; le *consequens* voit ses désirs

comblés, qu’il y ait ou non mis du sien; c’est un bonheur;

l’*assequens* voit sa constance et ses efforts couronnés; c’est

un succès. Suet. Tib. 10. Titus ad primam statim mansionem

febrim *nactus*. Titus prit la fièvre à la première halte.

Comparez avec Dom. 15. Nero in *adipiscenda* morte manu

Epaphroditi adjutus est. Néron ne parvint à se donner la mort

qu’en se faisant aider par la main d’Epaphroditus. Cic. Att. X,

12. *Nactus* Curionem omnia me consecutum putavi. J’avais eu la

chance de trouver Curion, je crus avoir tout gagné. Rosc. Com.

4. Ut neque nihil neque tantum quantum *postulavimus

consequamur*. Il ne s’agit plus de recevoir tout ce que nous

avons demandé, il s’agit de ne pas être réduits à rien. Dans

Cicéron, Mil. 11: Nihil dico quid respublica *consecuta* sit,

nihil quod vos, nihil quod omnes boni. Je ne tiens aucun compte

de ce que gagne la république, de ce que vous gagnez vous-mêmes,

de ce que gagnent tous les gens de bien (à la mort de Clodius à

laquelle Milon a seul contribué); *assecuta sit* ne serait pas à

sa place, et réciproquement *consequuntur* serait faible dans ce

passage de Sen. Brev. 17. Operose assequuntur quæ volunt, anxie

tenent quæ *assecuti* sunt. Ce qu’ils désirent est pénible à

acquérir, ce qu’ils ont acquis est inquiétant à garder. Cic.

Fam. I, 7, 10. Omnia quæ ne per populum quidem sine seditione se

*assequi* arbitrabantur, per senatum *consecuti sunt*. Ils ont

reçu des mains du sénat tous les avantages qu’ils désespéraient

d’acquérir par l’appui du peuple à moins de le soulever.

—Invertere, v. *Vertere*.

—Investigare, v. *Quærere*.

—Invicem, v. *Vicissim*.

Invidia. Livor. Invidentia. Malignitas. Obtrectatio.

Detrectatio.

1. *Invidia*, envie qui fait qu’on regarde les gens de travers

et qu’on leur en veut pour des motifs tantôt avouables, tantôt

immoraux, le plus souvent, mais non point toujours par égoïsme,

ὑποψία; *livor*, envie dévorante qui infecte l’âme entière et

qui ôte au corps même les fraîches couleurs de la vie.

2. *Invidia*, terme usuel qui se prend au sens actif pour

l’envie qu’on porte aux autres, et au sens passif pour l’envie

dont on est l’objet de leur part; *invidentia*, néologisme de

Cicéron pour l’envie qu’on porte.

3. *Invidia* et *livor* présentent l’envie comme un accès

passager; *malignitas*, comme un défaut d’habitude et de nature,

par opposition à la bonté d’âme ou de cœur. L’*invidus* et le

*lividus* envient certains biens à certaines personnes dans

certaines circonstances; le *malignus* est incapable de rien

souhaiter d’heureux à tout autre qu’à lui-même.

4. *Invidia*, *livor*, *malignitas*, ne marquent qu’un sentiment

ou un tour d’esprit; *obtrectatio* marque une action ou une

façon d’agir qui procède de ce sentiment et qui tend à nuire à

celui qu’on envie par des moyens honteux, comme le dénigrement,

par exemple. On ne conçoit point l’*obtrectatio* sans *invidia*,

mais on peut concevoir l’*invidia* sans *obtrectatio* quand

l’envie est trop lâche pour s’engager dans une lutte.

5. L’*obtrectatio* suppose un rival et tire son origine de la

jalousie; la *detrectatio* ne suppose qu’un adversaire et

provient de l’aversion.

—Invidia, v. *Odium*.

—Jocus, v. *Ludus*.

—Irasci, v. *Succensere*.

Ire. Meare. Gradiri. Ingredi. Incedere. Vadere.

1. *Ire* et *meare* expriment la marche, en général, comme

mouvement d’un lieu vers un autre, *ire*, ἰέναι, se disant

particulièrement des hommes, c’est la suite d’un acte de

volonté; *meare*, φοιτᾷν, se dit particulièrement des bêtes, des

vaisseaux, des cours d’eau, des astres: c’est un mouvement

mécanique auquel la volonté n’a point de part. *Gradiri* et

*ingredi*, *incedere* et *vadere* ajoutent à l’idée générale des

idées accessoires et précises sur la manière de marcher:

*gradiri* et *ingredi*, une idée de calme et de régularité, par

opposition à *serpere*, *currere*, *stare*, comme ϐαδίζειν;

*incedere*, une idée de fierté, de mesure et de convenance à

propos d’une cérémonie, d’une revue, par opposition à

*ambulare*, comme ἐμϐαίνειν; *vadere*, une idée de bonne volonté

et de vivacité, en voyage, dans une attaque de vive force, par

opposition à *repere*? comme χωρεῖν.

2. *Ingressus*, la marche en général; *incessus*, la démarche

qui tient à l’individu et à laquelle on le reconnaît comme à une

seconde physionomie. *Ingressus* est un terme purement physique;

*incessus*, un terme moral et esthétique.

—Irridere, v. *Ridere*.

—Irritus, v. *Frustra*.

—Irritare, v. *Incitare* et *Lacessere*.

Irruere. Irrumpere. Ingruere. Invadere.

*Irruere*, entrer en courant, à la hâte et à l’étourdie;

*irrumpere*, pénétrer par force et violence; *ingruere*, avec

menaces et importunité; *invadere*, tomber quelque part avec

audace et brusquerie.

Iter. Meatus. Via. Trames. Semita. Callis.

1. *Iter* et *meatus* expriment, au sens abstrait, le chemin

qu’on fait, la marche, le voyage: *iter*, le chemin que fait un

être raisonnable; *meatus*, celui que fait un être sans raison

et sans volonté; mais *via*, c’est le chemin sur lequel on

marche, c’est un terme concret. Hor. Od. III, 2, 22. Virtus

negata tentat *iter via*. La vertu se fraye des routes

nouvelles. Cic. Att. V, 14. *Iter* conficiebamus æstuosa et

pulverulenta via. Nous cheminions sur une route brûlante et

poudreuse.

2. *Iter*, pris comme terme concret, chemin, direction qui mène

au but, comme ϰέλευθος; il n’est pas nécessaire que ce soit une

voie frayée et fréquentée. *Via*, voie sinon construite, du

moins régulière et battue, comme ὁδός. César entend, par

*viarum* atque *itinerum* duces, des guides tenus de montrer les

routes et les sentiers praticables et d’indiquer la direction à

suivre quand les voies frayées venaient à manquer.

3. *Via* et *iter* peuvent être étroits ou larges; *trames*,

*callis* et *semita* ne désignent qu’un chemin ou un sentier

étroit: *trames*, un chemin ou une rue de traverse, à la

campagne ou à la ville, propre à conduire au but plus

promptement ou plus secrètement que la grand’route; *semita*, un

sentier pour les piétons, souvent un trottoir qui court à côté

de la route carrossable, οἶμος; *callis*, un chemin de montagne

ou de forêt qui n’est guère praticable que pour le bétail,

ἀτραπός. Plaut. Cas. III, 5, 42. De *via* in *semitam* degredi.

Quitter la route pour un sentier. Cic. Phil. XIII, 9, 19.

Egressus est non *viis* sed *tramitibus* paludatus. Il n’osa

suivre les rues et prit les ruelles pour sortir de Rome en tenue

de général. Virg. Æn. IX, 383. Rara per occultos lucebat

*semita* *calles*, c’est-à-dire qu’Euryale et Nisus cherchent à

s’échapper par des sentiers, *semita*, mais qu’ils ont de la

peine à en découvrir faute de clarté, d’autant que les ombres de

la nuit et de la forêt leur cachent même les chemins, *calles*.

—Iter facere, v. *Proficisci*.

Iterum. Rursus. Denuo. De integro. Repetere. Integrare.

1. *Iterum* veut dire, comme δεύτερον, pour la seconde fois;

*rursum* ou *rursus*, αὖθις et πάλιν, une fois de plus, encore

une fois; *denuo*, νέοθεν, de nouveau: il semble qu’on n’ait

encore rien fait; *de integro*, αὖθις ἐξ ὑπαρχῆς, derechef, sur

de nouveaux frais: c’est l’idée précédente exprimée avec plus de

force. Justin, XXI, 4, 6. Нос consilio præventus *iterum*

servitia concitat statutaque *rursus* cædium die, quum *denuo*

se proditum videret. Prévenu dans ce dessein, il soulève une

seconde fois les esclaves, fixe encore une fois le jour du

massacre, et, se voyant de nouveau trahi...

2. De même, *pugnam iterare* signifie livrer une seconde

bataille; *pugnam repetere*, reprendre le combat; *pugnam

renovare*, le renouveler, et *pugnam integrare*, recommencer la

bataille sur de nouveaux frais. Auct. Herenn. II, 3, 47.

Enumeratio est per quam colligimus et commonemus quibus de rebus

verba fecerimus, breviter, ut *renovetur*, non *redintegretur*

oratio. L’énumération résume et rappelle les points sur lesquels

on a parlé; elle est courte, il s’agit de reprendre, non de

recommencer le discours.

Jubere. Imperare. Præcipere. Mandare.

*Jubere*, ordonner une chose parce qu’on souhaite et qu’on veut

qu’elle soit faite, par opposition à *vetare*, comme ϰελεύειν;

*imperare*, commander militairement en vertu de la supériorité

de grade, ἄρχειν; *præcipere*, prescrire en vertu de l’autorité

de précepteur, de gouverneur, à peu près comme ἐντέλλεσθαι;

*mandare*, charger d’une affaire une personne qui a toute notre

confiance, ἐφίεσθαι.

—Jucundus, v. *Gratus*.

—Jugum, v. *Mons*.

—Jugulare, v. *Interficere*.

—Jumentum, v. *Pecus*.

—Jurgium, v. *Disceptatio*.

Jusjurandum. Juramentum. Sacramentum.

*Jusjurandum* et *juramentum*, qui est d’une époque postérieure,

serment civil par lequel on confirme ou promet quelque chose;

*sacramentum*, serment militaire par lequel le soldat s’engage

et se lie au drapeau. Liv. XXII, 38. Milites tunc quod nunquam

antea factum erat *jurejurando* a tribunis militum adacti jussu

consulum conventuros neque injussu abituros; nam ad eam diem

nihil præter *sacramentum* fuerat. Les tribuns militaires firent

jurer aux soldats qu’ils se réuniraient sur l’ordre des consuls

et ne se retireraient point sans leur ordre. Cela ne s’était pas

encore vu; il n’y avait jamais eu jusqu’à ce jour que le serment

aux aigles.

—Juvare, v. *Auxilium*.

—Juvenis, v. *Puer*.

Juventa. Juventus. Juventas. Juvenalis. Juvenilis.

1. *Juventa*, la jeunesse considérée comme une période de la

vie; *juventus*, comme la classe des jeunes gens; *juventas*,

comme une déesse.

2. *Juvenalis*, terme indifférent pour tout ce qui se rapporte

aux jeunes gens ou élogieux, par opposition à la faiblesse de

l’âge; *juvenilis* contient une idée morale accessoire, celle

des goûts que comporte le caractère des jeunes gens, la plupart

du temps avec une teinte de blâme, par opposition à la maturité

de l’âge.

L

Labare. Titubare. Vacillare. Nutare.

*Labare* caractérise le chancellement par rapport au corps

entier qui ne pose point sur une base solide; *titubare*, par

rapport aux jambes qui refusent le service et se dérobent;

*vacillare*, par rapport au haut du corps qui n’a point une

attitude droite, tranquille, sûre; enfin, *nutare*, par rapport

à la tête qui ne se soutient plus. Le *titubans* menace de

s’affaisser sur lui-même; le *vacillans*, de tomber à la

renverse. La *titubatio* est l’indice de la faiblesse

corporelle; la *vacillatio*, d’un manque de dignité extérieure,

de calme et de décence.

—Labes, v. *Vitium*.

Labi. Cadere.

*Labi*, tomber, par rapport au point de départ et à l’espace que

le corps traverse dans sa chute, tendre vers la terre, ὀλισθεῖν;

*cadere*, tomber, par rapport au point que le corps atteint au

bout de sa chute, arriver à terre, πεσεῖν. Virg. Æn. VI, 310.

*Lapsa* *cadunt* folia. Les feuilles se détachent, glissent et

tombent. Cic. Brut. 49. Quibus vitiis *labatur* aut *cadat*

orator. Les défauts qui égarent ou renversent l’orateur.

Labor. Molestia. Ærumna.

1. *Labor*, le travail qui met les forces en jeu et fatigue,

πόνος; *molestia*, la peine qui fait naître la mauvaise humeur

parce qu’elle est trop grande ou qu’elle vient mal à propos,

χαλεπότης; *ærumna*, l’accablement qui surpasse presque les

forces humaines et terrasse le héros même, ταλαιπωρία; c’est un

terme archaïque et à demi poétique. Cic. Finn. V, 32. Ut ubi

virtus sit resque magnæ et summe laudabiles virtute res gestæ,

ibi esse miseria et *ærumna* non possit, tamen *labor* possit,

possit *molestia*. Soyez vertueux, accomplissez par vertu de

grandes choses dignes du plus haut éloge, vous ne succomberez

jamais sous le poids du malheur, mais vous serez toujours

sensible à la fatigue et à la peine.

2. *Laborare*, verbe intransitif, être au fort de la peine et du

travail; *elaborare*, verbe transitif, produire quelque chose

par sa peine et son travail.

—Labor, v. *Opera*.

Lacerare. Laniare.

*Lacerare*, déchirer de vive force avec les mains, les griffes,

les serres, les dents; *laniare*, découper à l’aide d’un

instrument tranchant, les dents, griffes et serres pouvant

d’ailleurs être considérées comme des instruments de ce genre.

Appul. Metam. IV, p. 84. Morsibus *laceratus* ferroque

*laniatus*. Déchiré par les morsures, tailladé par le fer.

—Lacertus, v. *Ulna*.

Lacessere. Irritare. Sollicitare.

1. *Lacessere*, pousser à la contradiction, à la résistance la

raison et la volonté; *irritare*, exciter jusqu’à la colère les

sentiments ou les passions. Cic. Mil. 31. Ut vi *irritare*

ferroque *lacessere* fortissimum virum auderet. Il osa irriter

par la violence, provoquer par la vue des armes le plus

courageux des hommes.

2. *Lacessere*, exciter en troublant la paix d’une façon

grossière; *sollicitare*, en troublant par finesse le repos des

gens.

Lacrimare. Plorare. Flere. Lamentari. Ejulare. Deflere.

Deplorare.

1. *Lacrimare* exprime la conséquence physique d’un mouvement de

l’âme joyeux ou triste, comme δαϰρύειν, répandre des larmes;

*plorare* est l’expression passionnée de la douleur, comme

θρηνεῖν, hurler et crier. Entre les deux se trouve *flere*, qui

a pour opposé *ridere*; il a de commun avec *lacrimare*

l’absence de passion, et avec *plorare* le ressentiment de la

douleur, c’est le grec ϰλαίειν, pleurer. Sen. Ep. 63. Nec sicci

sint oculi amisso amico, nec fluant; *lacrimandum* est, non

*plorandum*. Vous perdez un ami je n’exige pas que vos yeux

soient secs, mais ne fondez pas en pleurs; versez des larmes, ne

criez pas.

2. *Lamentari* et *ejulare* sont encore des augmentatifs de

*ploratus*: *lamentari* marque, comme ϰωχύειν, un hurlement

prolongé; *ejulare*, un hurlement interrompu par des cris et des

sanglots, comme ὀλολύζειν.

3. *Plorare* et *flere* sont intransitifs; *deplorare* et

*deflere*, transitifs.

Lacuna. Lacus. Stagnum. Palus. Uligo. Lama. Lustrum.

*Lacuna* signifie en langage poétique toute espèce d’eau

dormante depuis la mer jusqu’à la mare; *lacus* et *stagnum*,

eaux dormantes, mais salubres, entretenues et rafraîchies par

des sources ou par un cours d’eau qui s’y jette et qui en sort:

*lacus*, lac de taille à rappeler l’image de la mer et opposé à

la mer, λίμνη; *stagnum*, étang assez grand pour ne point

ressembler à une simple mare, par opposition à une rivière,

τέναγος. *Palus* et *uligo*, eaux dormantes altérées et

corrompues: *palus*, marais, contrée recouverte d’une eau

corrompue, ἔλος; *uligo*, fondrière, terrain pénétré par une eau

corrompue. Le marais, *palus*, offre l’aspect d’une masse d’eau

troublée par la vase et le limon, où on peut se noyer; la

fondrière, *uligo*, celui d’un sol amolli par l’eau, où on peut

enfoncer. Enfin *lamæ* et *lustra* signifient des eaux dormantes

de peu de circuit: *lamæ*, de simples flaques, humides et

boueuses, sur des routes; *lustra*, des mares croupissantes qui

blessent l’odorat et la vue, dans des forêts et ailleurs.

Lædere. Violare. Offendere.

*Lædere*, endommager, blesser, exprime une atteinte physique;

*violare*, faire violence, une atteinte au droit; *offendere*,

choquer, offenser, une atteinte au sentiment. *Lædere* se

rapporte à un objet auquel il y a quelque chose à gâter;

*violare*, à un objet pour lequel on a le droit de prétendre à

des ménagements; *offendere*, à un être doué de raison et de

sentiment. Cic. Off. I, 28, 99. Justitiæ partes sunt non

*violare* homines, verecundiæ non *offendere*. Ne pas

entreprendre sur les autres, c’est justice; ne les choquer en

rien, c’est délicatesse. Sen. Ir. III, 18. Pleraque eorum

propter quæ irascimur *offendunt* nos magis quam *lædunt*. Nos

colères viennent très-souvent de ce qui nous choque plutôt que

de ce qui nous nuit. Const. 4. Contumelia tantum delicatis

gravis est, qua non *læduntur*, sed *offenduntur*. Une offense

ne pèse qu’aux gens chatouilleux on ne leur a pas nui, mais on

les a choqués. Ovid. Am. III, 3, 31. Formosas superi metuunt

*offendere* *læsi*. Les dieux craignent d’offenser la beauté qui

les a blessés.

—Lætari, v. *Gaudere*.

Lævis. Glaber. Fricare. Terere.

1. *Lævis*, *levis*, lisse par opposition à ce qui est rude et

raboteux, cela est joli et cause une impression agréable;

*glaber*, nu et uni, par opposition à ce qui est garni de poils

ou de cheveux, couvert d’une végétation; cela constitue un

défaut et cause une impression désagréable.

2. *Fricare*, polir pour rendre lisse, ψήχειν; *terere*, frotter

pour diminuer le volume, τρίϐειν.

—Lævus, v. *Sinister*.

—Lama, v. *Lacuna*.

Lambere. Lingere.

*Lambere*, lécher lorsque la langue sert d’instrument comme la

main pour saisir ou toucher un objet, que ce soit ou non un

aliment, qu’il ait du goût ou qu’il n’en ait pas; *lingere*,

lécher lorsqu’on emploie la langue comme organe du goût pour

apprécier une saveur. Plin. H. N. XXXV, 7. Canem ex ære vulnus

suum *lambentem*. Un chien de bronze qui passe la langue sur sa

blessure. Comparez avec XXI, 4. Pecoribus sal datur *lingendus*.

On donne au bétail du sel à lécher.

—Lamentari, v. *Lacrimare*.

—Laniare, v. *Lacerare*.

—Lancea, v. *Missile*.

Laniena. Macellum.

*Laniena*, étal sur lequel le boucher, *lanius*, expose en vente

des bêtes tuées et dépecées; *macellum*, marché où le

*macellarius* débite toute sorte de viandes, menue viande,

charcuterie, gibier, volaille, poisson.

—Lapis, v. *Saxum*.

Laqueus. Funis. Restis.

1. *Laqueus*, nœud coulant fait à une corde; *funis* et

*restis*, la corde même: *funis*, grosse corde destinée à tirer,

à haler, et qui doit pour cette raison avoir une certaine

longueur, σχοῖνος; *restis*, corde mince qui servait plutôt à

lier et à suspendre et qui pouvait être courte, σπάρτη. Le trait

qui attache le cheval de volée, *equus funalis*, la corde sur

laquelle danse le funambule, le câble qui remorque la chaloupe

d’un vaisseau, ne s’appellent jamais *restis* en prose; par

contre une corde bonne pour se pendre, pour fouetter un esclave,

pour servir de ceinture, ne prendra guère le nom de *funis*, à

moins qu’un poète ne s’avise de préférer ce dernier terme comme

le plus noble.

2. *Rudentes*, les écoutes; *retinacula* et *oræ*, les câbles

des ancres: *retinacula*, comme terme usuel et populaire; *oræ*,

dans *oras solvere*, comme terme technique.

—Largitio, v. *Donum*.

Largus. Benignus. Liberalis. Munificus.

*Largus* se dit de toute personne qui donne beaucoup, n’importe

à qui, n’importe dans quelle vue, par opposition à *parcus*;

*benignus*, *liberalis* et *munificus* n’expriment que des

vertus. Le *benignus* obéit à un penchant de pure humanité, à

l’amour du prochain; le *liberalis*, à un noble orgueil, à une

juste estime de soi-même; le *munificus*, à une vanité bien

placée qui ferait honneur à un prince. La *benignitas* donne

abondamment parce qu’elle ne veut ni posséder ni jouir seule,

c’est de la bonté d’âme; la *liberalitas* fait bien les choses,

elle consiste à donner en proportion du rang qu’on tient et du

mérite d’autrui, c’est le fait du galant homme chez lequel on ne

retrouve aucune trace des calculs méticuleux du marchand; la

*munificentia* donne plutôt trop que trop peu par plaisir de

rendre heureux et de surprendre, comme la générosité.

Larva. Persona.

*Larva*, masque grotesque et effrayant; *persona*, masque bien

fait qui représente un personnage connu.

—Lascivus, v. *Petulans*.

—Lassus, v. *Fatigatus*.

Latebra. Latibulum.

*Latebra*, lieu écarté ou obscur où l’on peut se cacher

décemment; *latibulum*, réduit où il faut se glisser en rampant,

comme une bête.

Latrare. Gannire. Baubari.

*Latrare* se dit de l’aboiement hostile d’un gros chien, et au

figuré d’une querelle, ὑλαϰτεῖν; *gannire*, des jappements

inoffensifs d’un petit chien, et au figuré du clabaudage,

ϰνυζᾶσθαι; enfin, *baubari*, des hurlements et gémissements du

chien, ϐαΰζειν.

—Latro, v. *Præda*.

—Latus, v. *Coxa*.

—Lectus, v. *Cubile*.

—Lembus, v. *Navigium*.

—Legare, v. *Mittere*.

—Lemures, v. *Spectrum*.

—Lenis, v. *Mitis*.

—Lentus, v. *Tardus*.

Lepidus. Facetus. Festivus. Salsus. Dicax. Cavillator.

*Lepos*, *facetiæ* et *festivitas* expriment un genre d’esprit

inoffensif, la bonne humeur opposée à la gravité et propre à une

âme bienveillante: *lepos*, l’esprit dispos et léger par

opposition à la pesanteur; *festivitas*, la gaieté d’esprit par

opposition à une gravité sombre; *facetiæ*, l’enjouement par

opposition à un tour d’esprit grave et sérieux. *Sales*,

*dicacitas*, *cavillatio*, expriment un genre d’esprit vif,

caustique et pénétrant: *sales*, c’est le piquant opposé au fade

et au trivial, voué à la recherche du trait, causant au hasard

du plaisir ou de la peine; *dicacitas*, l’esprit satirique qui

s’exerce aux dépens d’autrui, mais en sorte que la plaisanterie

reste le but principal et que la moquerie ne soit qu’un

accessoire; *cavillatio*, l’esprit moqueur pour lequel la

blessure à faire est le point important, la plaisanterie un

simple instrument et une forme comme une autre. Cic. Orat. 30.

Demosthenes non tam *dicax* fuit quam *facetus*. Est autem illud

acrioris ingenii, hoc majoris artis. Démosthène est plutôt un

esprit enjoué qu’un esprit satirique. La satire exige plus de

vivacité naturelle, l’enjouement plus de savoir-faire.

—Letum, v. *Mors*.

—Libare, v. *Sapor*.

—Liberalis, v. *Largus*.

—Levis, v. *Lævis*.

—Libenter, v. *Sponte*.

—Liberalitas, v. *Donum*.

Libertus. Libertinus.

*Libertus*, l’affranchi par rapport à son maître et par

opposition à *servus*; *libertinus*, par rapport à sa condition

et par opposition à *civis* et *ingenuus*. Sen. Contr. III, 21.

Quærendus mihi gener erat *libertinus*; quid ergo? alieno potius

*liberto*? J’étais réduit à chercher un gendre dans la classe

des affranchis. Eh bien, pourquoi pas le mien, plutôt que celui

d’un autre? Cic. Verr. I, 47. Trebonius fecit heredem *libertum*

suum... Equiti Romano *libertinus* homo fit heres. Trébonius

prit son affranchi pour héritier. Un homme de la classe des

affranchis devient héritier d’un chevalier romain. Tac. Ann.

XIII, 27. Si separarentur *libertini*, manifestam fore penuriam

ingenuorum. On n’avait qu’à compter tout ce qui appartenait à la

classe des affranchis; on ne verrait que trop clairement combien

on manquait d’hommes libres.

—Libido, v. *Cupido*.

Libra. Pondo.

L’expression complète est *libra pondo*, mot à mot une balance,

un plateau de balance chargé de manière à faire équilibre à

l’unité de poids, une livre pesant; *libra* est la formule la

plus vague: l’ellipse de *pondo* ouvre la porte à une équivoque,

on pourrait croire qu’il s’agit de la balance même; *pondo* est

une expression elliptique, en ce sens que l’idée accessoire,

celle du poids, représente en même temps l’idée principale,

celle de l’unité de poids. Il y a la même différence entre

*operæ pretium est* d’une part, et *operæ est*, *pretium est*,

de l’autre.

Librare. Vibrare.

*Librare hastam*, balancer une pique horizontalement afin de la

lancer avec plus de force et de justesse; *vibrare*, la brandir

d’avant en arrière, ou de haut en bas pour témoigner de l’envie

qu’on a de combattre.

—Liburna, v. *Navigium*.

—Licet, v. *Concessum est*.

Ligare. Viere. Vincire. Nectere. Obligare. Obstringere.

Devincire.

1. *Ligare* et *viere*, synonymes de *copulare*, lier pour

empêcher que les parties ne se séparent, δέειν; *vincire* et

*nectere*, synonymes de *coercere*, enchaîner pour prévenir la

liberté des mouvements, δεσμεύειν.

2. *Ligare* est le terme général; *viere*, le terme technique à

l’usage du tonnelier, du vannier, etc.

3. *Obligare*, attacher par des prévenances; *obstringere*, lier

par des bienfaits; *devincire*, enchaîner à soi par des

relations intimes et durables. L’*obligatus* se sent engagé par

les devoirs conventionnels de la vie du monde; l’*obstrictus*,

par des devoirs de morale ou de religion; le *devinctus*, par

des devoirs de piété.

Lima. Scobina.

*Lima*, outil pour polir; *scobina*, pour dégrossir.

—Limes, v. *Finis*.

—Lingere, v. *Lambere*.

—Limus, v. *Lutum*.

Lingua. Sermo.

*Lingua*, langage du premier peuple venu, même le plus grossier,

*gentis* ou *nationis*, pourvu qu’il ait un vocabulaire

particulier pour rendre ses idées; *sermo*, langue d’un peuple

civilisé, *populi*, servant d’expression à des pensées suivies.

Notre idiome, *lingua*, nous est donné quand nous venons au

monde comme la langue que nous avons dans la bouche, et ce terme

se rapporte par préférence au matériel des mots; le *sermo*

suppose comme le discours une certaine initiative personnelle,

il comprend les règles de la grammaire et du style. Cic. Finn.

3, 10. Sæpe disserui latinam *linguam* non modo non inopem, sed

locupletiorem etiam esse quam græcam. J’ai souvent essayé de

démontrer que le latin, qui est notre idiome, n’est rien moins

que pauvre, qu’il offre même plus de ressources que le grec.

Comparez avec Off. I, 31. *Sermone* debemus uti eo qui notus est

nobis. Employons la langue que nous savons.

—Linter, v. *Navigium*.

—Lira, v. *Porca*.

—Liquere, v. *Fluere* et *Constat*.

Littera. Elementum.

*Littera*, la lettre comme élément indivisible de l’écriture,

γράμμα; *elementum*, comme élément indivisible de la langue

parlée, comme un des sons simples que la science grammaticale

étudie, στοιχεῖον.

Litteræ. Epistola. Codicilli.

*Litteræ*, terme général, lettre; *epistola*, lettre adressée à

un ami éloigné et envoyée par un messager, missive; *codicilli*,

billet adressé dans l’enceinte d’une ville. Sen. Ep. 55. Adeo

tecum sum ut dubitem an incipiam non *epistolas*, sed

*codicillos* tibi scribere. Je vis si parfaitement avec toi en

imagination, qu’il me prend des envies de t’écrire au lieu de

longues missives de simples billets. Cic. Fam. VI, 18. Simul

accepi a Seleuco tuo *litteras*; statim quæsivi e Balbo per

*codicillos* quid esset in lege. Aussitôt ta lettre reçue des

mains de Séleucus, j’écrivis un billet à Balbus pour savoir de

lui la teneur de la loi.

Litteræ. Artes. Doctrinæ. Disciplinæ.

*Litteræ* et *artes*, les lettres et les sciences considérées en

général comme le but des études: *litteræ*, au sens restreint,

la littérature d’imagination ou de raisonnement consignée dans

les livres, comme moyen direct d’enrichir la mémoire, et moyen

indirect d’aiguiser l’intelligence et de former le goût;

*artes*, les lettres et les sciences dans l’acception la plus

haute quand les connaissances qu’on acquiert servent

immédiatement à développer l’esprit et le talent. *Doctrinæ* et

*disciplinæ*, les diverses branches du domaine général de la

science réduites en systèmes: *doctrinæ*, se disant par

préférence des sciences spéculatives, abstraites, des études

philosophiques et savantes; *disciplinæ*, des sciences pratiques

appliquées aux usages de la vie.

—Litigatio, v. *Disceptatio*.

—Livor, v. *Invidia*.

—Littus, v. *Ripa*.

—Locuples, v. *Divitiæ*.

Locus. Tractus. Regio. Plaga.

*Locus*, espace pris comme un point isolé, endroit, τόπος;

*tractus*, espace considéré comme une ligne, bande, zone qui

s’étend au loin, c’est à peu près le grec ϰλίμα; *regio*, espace

pris comme un cercle, comprenant les environs d’un centre,

contrée, χῶρος; *plaga*, espace pris comme une surface en

général.

—Longævus, v. *Vetus*.

—Loquax, v. *Garrire*.

—Longe, v. *Procul*.

—Loqui, v. *Dicere*.

Lucere. Fulgere. Splendere. Nitere. Renidere. Coruscare. Micare.

Radiare.

1. *Lucere*, *fulgere*, *splendere*, *nitere*, désignent une

clarté fixe et permanente: *fulgere*, celle d’une lumière

intense ou d’une couleur de feu qui éblouit, comme φλέγω;

*lucere*, celle d’une lumière bienfaisante et d’une couleur de

feu plus douce, comme φαίνω, φέγγω; *splendere*, l’éclat d’une

surface polie et nette, par opposition à *sordere*, comme λάμπω;

*nitere* en prose et en vers *renidere*, le lustre d’un corps

humide, huilé, graissé, verni ou lavé, par opposition à

*squalere*, comme στίλϐω.

2. *Coruscare*, *micare*, *radiare*, désignent une clarté

intermittente et mobile comme étinceler et scintiller:

*coruscare*, briller comme l’éclair qui sort brusquement de la

nue; *micare*, étinceler comme le métal qu’on agite au soleil;

*radiare*, lancer des jets de lumière comme le soleil qui darde

ses rayons. Cic. Cat. II, 3. Qui *nitent* unguentis, qui

*fulgent* purpura. Ceux qui empruntent le lustre des parfums,

l’éclat de la pourpre. Auct. ad Herenn. IV, 33. Tantus erat in

*armis splendor* ut *solis fulgor* obscurior videretur. Ses

armes resplendissantes semblaient obscurcir les feux ardents du

soleil. Plin. H. N. XXXVII, 2. *Splendor* murrhinis sine

viribus, *nitor*que verius quam *splendor*. Il n’y a rien qui

frappe dans l’éclat de ces vases, et ils ont même, à vrai dire,

plus de lustre que d’éclat. *Splendor* présente en effet l’éclat

sous son aspect majestueux, *nitor* sous son aspect aimable,

comme dans Auct. ad Herenn. IV, 50. Gemmæ *nitore* et auri

*splendore*. Par le lustre des pierreries et par l’éclat de

l’or. Au figuré *splendor* marque la magnificence, *nitor*

l’élégance.

—Lucerna, v. *Candela*.

Lucrum. Emolumentum. Quæstus. Compendium.

*Lucrum* et *emolumentum*, gain dans toutes les circonstances de

la vie: *lucrum*, gain qu’on doit à ses propres efforts, par

opposition à *damnum*, ϰέρδος; *emolumentum*, avantage qui

échoit à quelqu’un, par opposition à *detrimentum*, ὠφέλημα.

*Quæstus* et *compendium*, bénéfice dans le domaine du commerce:

*quæstus*, bénéfice soutenu, permanent, par opposition à

*sumptus*, χρηματισμός; *compendium*, profit accidentel et

considérable, par opposition à *dispendium*.

—Luctus, v. *Dolor*.

Luculentus. Illustris.

*Luculentus*, synonyme de *probabilis*, ce qui supporte les

regards et n’a point de raison de fuir la lumière, ce qui est

comme il faut; *illustris*, synonyme d’*excellens*, ce qui

attire les regards, ce qui saute aux yeux et brille au soleil.

*Luculentus* ne contient jamais un éloge emphatique. Cic. Off.

III, 14, 60. Нос quidem satis luculente, c’est-à-dire cela

s’entend. Et Finn. I, 5, 15: Cum græce, ut videor, *luculenter*

sciam. Je crois savoir convenablement le grec, ce qui n’est

nullement prétentieux. C’est comme si on disait: *sic satis*.

—Lucus, v. *Silva*.

—Ludio, v. *Actor*.

Ludus. Schola.

*Ludus*, école élémentaire pour les enfants qui ont besoin

d’apprendre et qu’on y oblige; *schola*, école d’enseignement

supérieur pour les jeunes gens et les hommes qui veulent

s’instruire. Le *ludus* suppose des écoliers, *discipulos*, un

maître, *ludi magistrum*, et une discipline classique; la

*schola* suppose des auditeurs, *auditores*, un professeur,

*doctorem*, et un genre d’exposition académique.

Ludus. Lusus. Ludicrum. Jocus.

1. *Ludus*, le jeu qui offre à l’homme un moyen de

divertissement; *lusus*, le jeu auquel l’homme se livre, qu’il

met en train, qu’il imagine. *Ludus* présente le jeu comme une

récréation, par opposition à la peine; *lusus*, comme une action

puérile et vaine, par opposition aux occupations sérieuses.

Plin. Ep. IX, 33, 3. Pueri quos otium *ludus*que sollicitat. Les

enfants que dérangent le désœuvrement et le jeu. Comparez avec

IX, 25: *Lusus* et ineptias nostras legis. Tu lis les bagatelles

et les sottises auxquelles nous nous sommes amusés. Cic. Flacc.

5, 12. Græci quibus jusjurandum jocus est, testimonium *ludus*,

c’est-à-dire les Grecs pour lesquels c’est fort peu de chose que

de porter un faux témoignage. Comparez avec Sen. Contr. I, 2.

Piratas... quibus omne fas nefasque *lusus* est, c’est-à-dire

les pirates aux yeux desquels la différence entre le juste et

l’injuste n’est qu’un amusement, un jeu de mots sans

conséquence.

2. Le pluriel *ludi* prend la signification particulière de

spectacles publics, et, dans cette acception, il a pour

singulier *ludicrum*.

3. *Ludus* et *lusus* ont un tour négatif; ce sont de simples

passe-temps, des distractions, comme moyen préservatif contre

l’ennui; *jocus* est un terme positif, amusements,

plaisanteries, comme manifestation de la bonne humeur et de la

vivacité d’esprit. Le *ludens* ne demande qu’à n’être point

astreint, à ne rien faire de sérieux et à se délasser; le

*jocans* dépense en frivolités autant d’ardeur qu’on en peut

mettre aux affaires.

Lues. Contagium. Pestilentia. Pestis. Pernicies. Exitium.

Interitus. Exitus.

1. *Lues*, terme général, miasme, principe impur et délétère;

*contagium*, mal contagieux; *pestilentia*, maladie contagieuse,

et de plus régnante, ou au sens restreint, la peste proprement

dite. Sall. Cat. 10. Post ubi *contagio* quasi *pestilentia*

invasit. Puis, quand ce mal contagieux eut fait, comme la peste,

d’irrésistibles progrès. Plin. H. N. XXIII, 28. Laurus folia

*pestilentiæ* contagia prohibent. Les feuilles du laurier de

Delphes préservent des atteintes contagieuses de la peste.

Lucan. VI, 89. Fluidæ *contagia* *pestis*. L’air se charge

d’exhalaisons pestilentielles[1].

2. La poésie seule emploie *pestis* pour la peste même; hors de

là, *pestis* exprime, comme *exitium* et *pernicies*, un fléau

en général, sans qu’il soit question de maladie; mais *pestis*

s’emploie régulièrement comme terme concret, *exitium* et

*pernicies* comme termes abstraits. Sen. N. Q. III, pr. Philippi

aut Alexandri... qui *exitio* gentium clari non minores fuere

*pestes* mortalium quam inundatio. Les Philippe et les

Alexandre, fameux par la destruction de tant de peuples, fléaux

de l’humanité aussi désastreux qu’un déluge.

3. *Pernicies* a la signification active; il exprime qu’on fait

périr par meurtre des êtres vivants; *exitium* a la

signification passive et s’entend même de la destruction

d’objets inanimés; enfin, *interitus* a, comme *exitus*, la

signification neutre et se dit d’êtres animés ou inanimés qui

tombent en décadence. Tac. Ann. XVI, 63. Poppæa non nisi in

*perniciem* uxoris nupta; postremo crimen omni *exitio* gravius.

Poppée, qui ne s’était fait épouser que pour perdre la femme

légitime; une accusation enfin plus pénible que mille morts.

Cic. Cat. IV, 3. Cum de *pernicie* populi Romani, *exitio* hujus

urbis cogitarit. L’extermination du peuple romain, la

destruction de la ville à laquelle il songeait sans cesse. Rull.

II, 4, 10. Extremi *exitiorum* *exitus*.

4. *Exitium*, fin violente; *exitus*, fin naturelle. Cic. Rull.

II, 4, 10. Qui civitatum afflictarum perditis jam rebus extremi

*exitiorum* solent esse *exitus*. Cela exprime pour ainsi dire

le dernier soupir d’un État qui périt dans les convulsions.

Verr. V, 6, 12. *Exitus* *exitiales*.

—1 Traduction de la collection Panckoucke. Lucain, tome II, p.

9.

Lumen. Lux.

*Lumen*, le corps lumineux qui éclaire, φέγγος; *lux*, la

lumière émise, φάος. Cic. Finn. III, 14, 45. Ut obscuratur et

offunditur *luce* solis *lumen* lucernæ. De même que la simple

lumière du soleil fait pâlir et presque évanouir la flamme d’une

lampe. Curt. VIII, 2, 21. Sed aditus specus accipit *lucem*;

interiora nisi allato *lumine* obscura sunt. L’entrée de la

caverne est accessible à la lumière; l’intérieur est plongé dans

les ténèbres tant qu’on n’y porte point de flambeaux. Cic.

Acadd. pr. II, 8, 26. Si ista vera sunt, ratio omnis tollitur,

quasi quædam *lux* *lumen*que vitæ, c’est-à-dire que la raison,

qui est seule claire et lumineuse en elle-même et par elle-même,

répand sur la vie sa clarté et sa lumière. Et au sens figuré,

*lumen* se rapporte au principe, *lux*, au simple fait de la

célébrité. Cicéron, Man. 5, appelle Corinthe: Græciæ totius

*lumen*, mais Rome, Cat. IV, 6: *lucem* orbis terrarum. C’est

comparer Corinthe à un foyer de lumières; c’est dire de Rome que

toutes les autres villes ne sont en comparaison que des cités

obscures. *Lucida* oratio, discours plein de clarté, aisé à

entendre; *luminosa*, discours lumineux, plein de beautés

éclatantes.

—Luridus, v. *Luteus*.

—Lusus, v. *Ludus*.

—Lustrum, v. *Lacuna*.

Luteus. Gilvus. Helvus. Flavus. Luridus.

*Luteus*, jaune par excellence, par exemple, jaune d’œuf;

*gilvus* et *helvus*, jaune obscur qui tire sur le rouge, celui

du miel; *flavus* et *luridus*, jaune clair qui tire sur le

blanc; *flavus*, jaune agréable et brillant, celui des cheveux

blonds; *luridus*, jaune pâle, désagréable, le jaune livide de

la mort.

Lutum. Limus. Cœnum. Sordes. Squalor. Pædor. Situs. Stercus.

Fimus. Oletum. Merda.

1. *Lutum*, *limus*, *cœnum*, matière malpropre et humide

*lutum*, boue des rues et des routes, πηλός; *limus*, limon des

fleuves, ἴλυς; *cœnum*, vase des marais, ϐόρϐορος. Tac. Ann. I,

63. Cætera *limosa*, tenacia gravi *cœno* aut rivis incerta

erant. Hors de là des terrains limoneux où l’on reste fortement

engagé dans la vase ou des terrains coupés par des ruisseaux.

*Sordes*, *squalor*, *pædor*, *situs*, matière malpropre et

sèche: *sordes*, opposé à *splendor*, crasse des pauvres, de la

populace, des avares qui porteront, par exemple, des vêtements

hors d’usage, ῥύπος; *squalor*, opposé à *nitor*, malpropreté

des gens qui manquent de savoir-vivre et de goût, qui

oublieront, par exemple, de se peigner les cheveux, αὐχμός;

*pædor*, opposé à *munditiæ*, saleté des gens qui ne prennent

aucun soin de leur personne, vermine, gale, πίνος; *situs*,

opposé à *usus*, moisissure, rouille, qui proviennent d’un

abandon prolongé, ἄζη. De là viennent les formes différentes des

adjectifs: *lutosus*, *limosus*, *cœnosus*, c’est-à-dire plein

de boue, de limon, de vase; mais *sordidus*, *squalidus*,

*pædidus*, c’est-à-dire qui se sent des *sordibus*, etc.; et

dans les périphrases: *oblitus luto*, *limo*, *cœno*, mais

*obsitus sordibus*, *squalore*, *pædore*.

2. *Stercus*, le femier considéré par son vilain côté, comme

amas d’immondices, ϰόπρος; *fimus*, par son côté utile, comme

engrais.

3. *Cœnum*, terme général pour les excréments qui inspirent du

dégoût; *oletum*, excréments de l’homme; *merda*, des animaux.

—Lux, v. *Lumen*.

Luxus. Luxuria.

*Luxus*, usage ou étalage du luxe, parfois même objet de luxe;

*luxuria* met toujours l’homme en jeu; c’est une disposition,

une inclination, un penchant au luxe. Sen. Ir. I, 11. Animis

delicias, *luxum*, opes ignorantibus. Ces âmes auxquelles les

jouissances, le luxe, les richesses sont inconnues. Et un peu

plus loin: Opinionem *luxuriæ* segnitiæque. Les lenteurs de

Scipion le firent soupçonner d’aimer le luxe et le repos. Sall.

Cat. 13. Romani famem aut sitim... *luxu* ante capere, c’est-à-

dire par un raffinement que le luxe avait introduit. Comparez

avec Jug. 90 (ou 85[1], vers la fin du discours de Marius).

*Luxuria* atque ignavia, pessimæ artes, *luxuria*, c’est-à-dire

la manie du plaisir.

—1 Dans la collection Lemaire et la collection Panckoucke.

—Lymphatus, v. *Amens*.

M

Manuel de synonymie Latine · 第 9 / 14 题