Il faut faire la moyenne des _écarts suggérés_ et la comparer à la moyenne

des _écarts perçus_. J'entends par _écarts suggérés_ les écarts marqués par

le sujet pour des lignes, comme 5-6, qui ne présentent en réalité aucun

écart, puisqu'elles sont égales; et j'appelle _écarts perçus_, les écarts

que le sujet a indiqués pour des lignes qui sont réellement inégales. Les

écarts perçus dans ce dernier cas par le sujet, et notés par lui sur la

feuille d'observation, ne sont pas nécessairement égaux aux écarts réels;

les moyennes de nos tableaux montrent même qu'ils sont constamment

inférieurs; mais il faut tenir grand compte de ces écarts perçus, car ce

sont eux qui opèrent la suggestion. Un exemple nous fera comprendre. Voici

un sujet qui donne aux écarts perçus la valeur de 6 millimètres, alors que

les écarts réels entre les lignes du tableau sont, comme on le sait, de

12 millimètres; si ce sujet donne aux écarts suggérés la valeur de 6

millimètres, il sera évident que la suggestion aura produit sur lui son

plein effet, puisqu'elle aura produit un effet égal à celui de la réalité

même; la suggestion aura réussi à produire la même conséquence que produit

cette différence réelle des lignes que la suggestion avait pour but

d'imiter. On ne pourra donc pas dire, dans ce cas, que le sujet, en donnant

à l'écart suggéré la valeur de 6 millimètres, a lutté contre la suggestion,

sous prétexte qu'il aurait dû porter l'écart jusqu'à 12 millimètres, valeur

de l'écart réel; on ne pourra pas dire cela, parce que l'écart réel n'a

donné lieu qu'à une perception d'écart de 6 millimètres.

Appliquons à un cas particulier cette notation toute conventionnelle, et

voyons ce qu'elle nous donne. Pour faire le calcul des écarts perçus, je

pense qu'il ne faut pas faire entrer dans la moyenne les écarts existant

entre les premières lignes, antérieures à 4, car la longueur absolue de ces

lignes est très inférieure à celle des _lignes-pièges_ et par conséquent ce

serait rapprocher des choses qui ne sont pas comparables; je me bornerai

donc à prendre les écarts perçus entre les lignes 4-5, 6-7, 8-9, 10-11,

parce que ces lignes sont comparables, comme longueur absolue, aux

_lignes-pièges_.

Voici donc le tableau des écarts pour un des élèves, Desva ...

ÉCARTS PERÇUS ÉCARTS SUGGÉRÉS

Numéros des Valeurs des Numéros des Valeurs des

lignes. écarts. lignes. écarts.

4-5........... 12 millim. 5-6........... 4 millim.

6-7........... 8 -- 7-8........... 4 --

8-9........... 12 -- 9-10.......... 4 --

10-11.......... 16 -- 11-12.......... 4 --

---- ----

Moyenne 12 -- Moyenne 4 --

Ainsi, pour les _lignes-pièges_, le sujet a marqué un écart de 4

millimètres; cet écart de 4 millimètres a été le produit de la suggestion;

mais il est moins considérable que les écarts que le même élève a marqués,

lorsque les lignes différaient réellement; il a donc lutté partiellement

contre la suggestion, qui aurait dû lui faire accepter des écarts de 12

millimètres; sa suggestibilité peut donc être considérée comme partielle,

fractionnaire; il aurait fait un écart de 12 millimètres, si la suggestion

avait été complète, si elle avait pleinement réussi; il n'a fait en réalité

qu'un écart égal au tiers de la suggestion totale. On peut calculer sa

suggestibilité comme on calcule un indice en céphalométrie; on rapporte la

moyenne des écarts suggérés à la moyenne des écarts perçus, ceux-ci étant

rendus égaux à 100. Pour ce calcul, on applique l'équation suivante, dans

laquelle _e.s._ exprime l'écart suggéré, _e.p._ l'écart perçu, et _x_ la

valeur de l'écart suggéré rapporté à l'écart perçu quand celui-ci est égal

à 100.

_e.s._ _x_

------ = ----

_e.p._ 100

Ainsi, si l'écart suggéré est égal à 4 et l'écart perçu est égal à 12, on

a:

4 _x_

---- = ----

12 100

d'où:

4 x 100

_x_ = --------- = 33,33...

12

On pourrait comparer chaque écart suggéré à l'écart perçu qui le précède

immédiatement; mais nous avons trouvé plus expéditif de faire la moyenne de

quatre écarts suggérés et de les comparer aux quatre écarts perçus qui les

précèdent immédiatement.

Le nombre 33,33 exprime, pour cette expérience particulière, la

suggestibilité du sujet; il donne la mesure de sa suggestibilité.

Ici s'élève une question théorique, que nous rencontrerons souvent en

psychologie individuelle, et dont nous devons dire un mot. Est-il possible

de _mesurer_, dans le sens physique du mot, une qualité mentale, la

suggestibilité par exemple? On serait tenté de le croire, lorsqu'on voit le

plus ou moins de suggestibilité d'une personne se traduire par une longueur

plus ou moins grande de ligne tracée, et il est tout naturel de supposer

qu'en mesurant cette ligne on mesure la suggestibilité. Sans doute, cette

mensuration est permise, mais à la condition qu'on s'entende d'abord sur la

signification du mot mensuration. Lorsqu'on mesure un objet physique,

une longueur de route par exemple, et qu'on trouve que cette route a une

longueur de 300 mètres, on exprime par un nombre non seulement que cette

route est plus longue qu'une route de 30 mètres par exemple, mais encore

qu'elle est 10 fois plus longue. Toute mensuration physique, quand elle est

précise, donne non seulement un classement des objets mesurés, mais encore

l'indication du nombre de fois qu'un objet est plus grand, plus lourd, etc.

qu'un autre, c'est-à-dire l'indication du nombre de fois que telle

quantité contient l'unité. Il n'en est pas de même dans une mensuration

psychologique; aussi, je pense que ce n'est pas une mensuration véritable:

c'est tout simplement un classement. Donner à une personne A un coefficient

de suggestibilité égal à 60 veut dire que cette personne A a été plus

suggestible qu'une personne B, dont le coefficient dans la même expérience

a été seulement de 30; on classe donc ces personnes l'une par rapport à

l'autre; mais on ne peut pas savoir si A est deux fois plus suggestible que

B parce qu'on ne sait pas si la différence entre les coefficients 30 et

31 est égale à la différence entre les coefficients 60 et 61; on sait que

certains coefficients sont plus forts que d'autres et voilà tout. Il est

donc bien entendu que tous les chiffres dont nous nous servons sont des

chiffres de classement et non des chiffres de mensurations.

Revenons maintenant sur la manière dont nous établissons notre coefficient

dans l'expérience particulière qui nous occupe; nous avons pour l'élève

Desva... accepté le coefficient 33,33; mais en réalité, ce chiffre n'est

pas absolument exact, il doit être un peu trop faible; voici pourquoi: pour

évaluer les écarts suggérés, nous les avons rapportés aux écarts perçus,

et nous avons supposé que ces derniers sont perçus sans aucune espèce de

suggestion; mais il est certain, nous l'avons montré, que ces derniers ont

été un peu agrandis par la suggestion, car le sujet a eu l'idée que les

lignes présentent un accroissement régulier, et cette idée a dû influer

même sur la valeur des écarts réels, et a dû augmenter cette valeur au delà

de ce qu'elle aurait été sans cette idée directrice. Par conséquent, il

est certain que si toute suggestion avait été supprimée, les écarts perçus

eussent été plus petits, et par conséquent, les écarts suggérés eussent été

relativement plus grands.

La mesure que nous venons de donner est la seconde de celles qui peuvent

rendre compte de la suggestibilité de l'élève dans notre expérience, mais

comme c'est la plus importante de toutes, c'est à elle que nous donnerons

le nom de coefficient _de suggestibilité_, tout en déclarant qu'un chiffre

brutal est loin de résumer fidèlement toutes les nuances d'une expérience

de psychologie. Dans notre tableau I, nous avons calculé cette valeur pour

chaque élève.

Les différences individuelles de coefficients sont extrêmement grandes; ils

varient entre 7,6 et 120.

On peut trouver étrange que certains coefficients, étant donné le calcul

qui les établit, soient supérieurs à 100; il y en a 6 dans ce cas. Quand un

coefficient est supérieur à 100, cela veut dire que les écarts suggérés ont

été marqués plus grands que les écarts réellement perçus. J'attribue cette

supériorité à ces causes d'erreur insignifiantes qu'on peut appeler hasard.

Représentons-nous bien comment l'expérience se fait. Un enfant peut hésiter

ou se tromper entre deux carrés de papier quadrillé, et marquer son point

4 millimètres plus près ou plus loin qu'il n'aurait fallu; c'est un

défaut d'attention qui s'il se produit pour les écarts suggérés change

complètement la valeur de l'indice. Ainsi, Théven..., qui a 116 comme

coefficient de suggestibilité a marqué tous les écarts suggérés de même

longueur que les écarts perçus, sauf dans un cas où il a marqué l'écart

réel égal à 4 millimètres et l'écart suggéré égal à 8 millimètres, et cette

petite différence, qui probablement est un défaut d'attention, a élevé son

coefficient au dessus de 100.

Parmi les élèves qui ont de grands coefficients de suggestibilité, on en

rencontre un certain nombre qui sont très jeunes, qui appartiennent à la

dernière classe de l'école, et qui probablement doivent à leur jeune âge

d'avoir succombé à la suggestion. Je signalerai, comme étant dans ce cas

les n° 35, 37, 38, 41 et 42. Le n° 38 est un jeune enfant très intelligent,

très bavard surtout, qui en classe prend sans cesse la parole, se met en

avant, veut tout savoir et tout décider. Je pense que c'est son âge qui

l'a rendu suggestible. Il en est d'autres, au contraire, plus âgés que les

précédents, plus avancés dans leurs études, et qui ont des indices très

élevés aussi; je crois que ces derniers sont réellement suggestibles. Il

serait imprudent de juger leur suggestibilité par une épreuve unique et

très courte, comme la nôtre; mais la suite montrera que dans les autres

épreuves ils ont également succombé par excès de suggestibilité. Parmi eux,

je signalerai d'abord Poire (n° 27), dont je donne le portrait (planche I).

Ce garçon est un type achevé de suggestibilité, il l'est pour toutes les

expériences sans exception. Le directeur de l'école n'a pu me donner

beaucoup de renseignements sur lui. C'est un élève docile qui n'attire

pas l'attention: il est travailleur, ce qui lui a permis, malgré une

intelligence modeste, de parvenir jusqu'à la première classe; il a douze

ans et demi. Tout aussi suggestible est And. (n° 33) qui n'a que onze ans,

et qui n'est encore que dans la troisième classe; il est donc en retard

dans ses études. C'est aussi un élève docile, silencieux, qui ne fait pas

parler de lui, et qui n'a pas d'histoire. Je le considère comme un enfant

d'une extrême suggestibilité. Un troisième exemple est fourni par Bout.

(n° 40), un enfant doux et timide, qui rougit facilement, mais qui est

peut-être plus éveillé que Poire et And. Ses aptitudes intellectuelles sont

modestes, et à peine supérieures à celles de ses deux camarades. C'est un

enfant bien élevé, affectueux; il a douze ans, il est en première classe.

Ces trois élèves, étant donné leur âge, se sont montrés dans la suite des

expériences, les plus suggestibles de tous. Leur portrait à tous trois se

trouve à la planche I.

Quand les coefficients de suggestibilité sont supérieurs à 80 et s'élèvent

même à 110, on peut se demander si les élèves n'ont point succombé

entièrement à la suggestion, et s'ils ont eu seulement l'idée de se rendre

compte de la longueur réelle des lignes. En regardant la manière dont ils

se sont comportés pendant l'expérience, on comprend quelle orientation

ils ont donné à leur attention. J'ai noté qu'un grand nombre d'élèves

marquaient leurs points sur le papier quadrillé en regardant seulement le

point marqué précédemment, et sans reporter leur regard vers la marge pour

apprécier la longueur de la ligne dont ils indiquaient l'extrémité. Cette

conduite indique clairement que ces élèves tenaient surtout compte des

différences de longueur des lignes. Chez quelques-uns, mais beaucoup plus

rarement, il s'est produit un défaut d'attention tout à fait significatif;

l'élève a marqué le point avant que je lui eusse montré la ligne modèle.

Entraîné sans doute par cette routine qui lui faisait marquer les points

toujours plus à droite, il était persuadé d'avance que chaque nouvelle

ligne était plus grande que la précédente; par suite de cette persuasion,

il ne jetait plus qu'un regard vague et distrait sur le modèle; puis, à un

certain moment, il a fait comme si ce regard était inutile, il a marqué le

point sans même regarder le modèle.

Ceci nous amène à parler d'un second caractère de suggestibilité, qui n'est

point indiqué par notre coefficient. Il y a des élèves qui se comportent

comme de vrais automates.

Le sujet automate ne tient pas compte que les lignes du modèle ne croissent

pas, relativement, de la même quantité; il ne tient pas compte que parmi

les lignes qu'on lui montre quelques-unes sont égales aux précédentes; il

obéit à une suggestion, et il y obéit avec la plus grande régularité. En

d'autres termes, nous appelons automate, dans nos expériences, le sujet qui

présente les caractères suivants: 1° les écarts qui lui sont suggérés

ont exactement la même valeur que les écarts réels perçus par lui, par

conséquent sa suggestibilité est complète, elle va aussi loin qu'elle peut

aller, elle est égale à 100; 2° les écarts qu'il marque sont tous égaux

entre eux; il n'a point été distrait, troublé, irrégulier; il n'a pas eu

de doutes, son sens critique ne s'est pas éveillé ou en tout cas n'a pas

influencé sa main; s'il a adopté 8 millimètres par exemple comme écart, il

a marqué toutes les fois ce même écart, pour n'importe quelle ligne;

sa variation moyenne est donc égale à 0; 3°, enfin, depuis le début de

l'expérience, il ne s'est pas aperçu que la croissance relative des

longueurs diminuait, et depuis le premier point marqué jusqu'au dernier, il

a toujours conservé le même écart.

Nous citerons un seul exemple de cet automatisme parfait, c'est celui

d'And..., que nous avons déjà signalé. Dès la première ligne, il a fait un

écart de 8 millimètres et il l'a conservé jusqu'au bout. On voit que la

suggestibilité d'And... est égale à 100, puisque les écarts suggérés sont

égaux aux écarts perçus, sa variation moyenne est égale à 0 puisque tous

les écarts marqués ont été égaux, et enfin la direction des écarts est

restée invariable; il est donc impossible d'y découvrir le moindre indice

de sens critique. Fait à noter: entraîné par la suggestion, cet élève a

une fois marqué son point avant de regarder la ligne modèle qu'on lui

présentait.

L'automatisme peut se réaliser dans d'autres cas sans atteindre cette

perfection toute schématique; il est altéré par exemple par une légère

irrégularité dans les écarts. Le sujet ne marque pas toutes les fois un

même écart, mais de temps en temps il marque un écart un peu plus grand ou

un peu plus petit; ces écarts ne sont point en relation avec les écarts

réels des lignes, et par conséquent ils ne trahissent pas une perception

exacte des lignes; la suggestibilité est donc aussi grande que dans

l'automatisme parfait, mais elle joue avec un peu moins de régularité.

Nous en citerons un exemple, celui de Die... (n° 42), enfant de huit ans,

appartenant à la quatrième classe. Les points qu'il a marqués ne se suivent

pas avec des écarts égaux. La série d'écarts depuis la ligne 1 est la

suivante:

8--4--12--8--8--8--8--8--8--4--8

Dans la liste que nous donnons, les écarts suggérés sont en caractères

gras. On voit que le deuxième écart, le troisième et le onzième sont

distincts des autres, tantôt plus grands, tantôt plus petits; mais ces

variations ne portent sur aucun des écarts suggérés; elles portent une fois

sur un des écarts perçus (le onzième) que nous comparons d'habitude aux

écarts suggérés, et comme cet onzième écart a été diminué, il se trouve

que, fait paradoxal, les écarts suggérés sont en moyenne, chez cet

élevé, plus grands que les écarts perçus. C'est ce qui explique que son

coefficient de suggestibilité soit supérieur à 100; il est de 114. On peut

faire les mêmes remarques sur Mart. (n° 44).

Ce serait donc une erreur de croire que l'extrême suggestibilité soit

synonyme d'automatisme. On l'a pensé souvent, mais ce n'est pas juste.

L'automatisme est fait de deux choses, une suggestibilité complète, et

en outre une très grande régularité de réaction; or, cette régularité de

réaction, qui probablement fait partie du caractère de l'individu, peut

manquer chez une personne très suggestible; cette personne sera donc à la

fois suggestible et irrégulière.

CHAPITRE III

L'IDÉE DIRECTRICE (Suite)

_Description de l'expérience_.--J'ai fait cette seconde expérience sur les

mêmes élèves que la première, et immédiatement après; elle repose comme la

précédente sur une idée directrice d'accroissement des lignes; il serait

dangereux d'employer, dans la même séance, une idée directrice opposée, qui

pourrait troubler les résultats; mais j'ignore si cette seconde épreuve

profite de l'impulsion donnée par la première[37]. La série de lignes qu'on

montre est au nombre de 36,[38] voici leurs longueurs:

TABLEAU DES LIGNES DESTINÉES

À PROVOQUER UNE SUGGESTION D'ACCROISSEMENT

Ordre des lignes. Longueur.

1 12mm

2 24

3 36

4 48

5 à 36 60

[Note 37: Ce profit me paraît très douteux, voici pourquoi: Les deux

expériences ont une partie commune, ce sont les 5 premières lignes qui sont

reproduites sans autre suggestion que celle résultant de leur accroissement

régulier de longueur; or, si on compare la longueur donné à une de ces

lignes, par exemple à la 5e, dans les deux Expériences par une même

personne, on est surpris de remarquer que le plus souvent la longueur

donnée à la 5e ligne est plus grande dans la première expérience que dans

la seconde.]

[Note 38: À la moitié environ des sujets je n'ai présenté que 20 lignes

au lieu de 36. Cette irrégularité provient de ce que mes expériences sont

surtout des tâtonnements, des recherches à la poursuite des meilleures

méthodes; il en résulte que les coefficients de suggestibilité, tels que

je les établis plus loin, ne sont pas absolument rigoureux, car les uns

résultent de calculs faits sur 20 lignes, les autres de calculs sur 36

lignes. Il suffit que je signale ces irrégularités, qui n'ont aucune

importance pour le but que je me propose.]

[Illustration: Fig04.png--Figure schématique représentant les points qu'un

sujet devrait marquer pendant la seconde expérience sur l'idée directrice,

s'il avait le coup d'oeil absolument juste, et s'il était insensible à la

suggestion.]

Ces lignes sont tracées parallèlement sur une grande bande de papier qui

est longue de 60 centimètres et large de 12 centimètres; ces lignes sont

tracées parallèlement, mais elles sont à des distances variables des

marges, pour empêcher le sujet d'évaluer d'après ces distances les

longueurs des lignes; la présentation de chaque ligne se fait isolément;

du reste, tous les détails de l'expérience, présentation des lignes et

reproduction, sont pareils à ceux que nous avons décrits dans le chapitre

précédent. Je donne dans la figure 4 le schéma d'une expérience dans

laquelle un sujet associerait une absence complète de suggestibilité à une

justesse absolue de coup d'oeil; le point 5 est accompagné de son numéro,

car c'est en ce point que les lignes successives cessent de croître; à

partir de la sixième ligne et jusqu'à la trente-sixième toutes les lignes

sont égales, et si le sujet continue à marquer un accroissement des lignes

en les reproduisant, c'est qu'il obéit à l'impulsion acquise, comme une

bille qui continue à rouler longtemps après le choc qu'elle a reçu. S'il

n'était soumis à aucune suggestion, il marquerait les points comme dans la

figure 4.

TABLEAU II. (page de gauche)

[Illustration: Tableau02.png = tableau complet en format graphique.]

_Longueurs des lignes marquées successivement par les sujets dans l'expérience II

relative à l'influence d'une idée directrice. Élèves d'école primaire élémentaire_.

NOMS

Des Numéro des lignes

ÉLÈVES 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23

Delans.... 7 10 29 32 43 42 46 42 40 43 40 40 44 41 44 46 47 43 40 43 38 40

Nil....... 16 24 32 40 52 56 64 52 60 52 48 56 52 60 56 52 56 60 64 56 60 48 50

Mie....... 16 23 31 38 52 60 64 52 56 62 59 63 53 6l 68 61 63 61 56 60 64 56

Abras..... 15 32 48 64 67 75 56 68 72 68 76 80 76 80 72 76 80 72 70 68 76 76 68

Lac....... 12 20 28 36 44 48 52 52 52 56 51 56 52 52 48 52 48 48 48 48 52 55 56

Matho..... 12 24 32 40 52 60 64 64 32 48 45 48 52 56 44 52 52 44 48 48 52 52 48

Gesbe..... 12 24 36 44 52 60 64 72 56 64 72 68 72 69 64 68 68 68 68 68 68 68

March..... 12 24 40 52 56 60 64 68 72 76 72 76 60 64 68 68 72 61 68 60 64 56 52

Desva..... 16 24 32 40 52 56 60 64 66 67 67 70 59 56 60 62 64 66 68 70 72 74 73

Spen...... 12 17 24 32 40 44 46 48 46 46 48 50 52 48 45 48 51 48 44 43 45 48 52

Bore...... 12 16 21 32 44 48 52 58 60 62 60 62 63 61 62 64 62 60 64 56 58 58 56

Saga...... 8 16 24 32 40 36 44 44 48 51 56 48 56 48 52 44 48 48 44 48 52 56 48

Pet Henri. 16 24 32 40 52 60 64 72 76 68 64 68 60 64 68 68 64 60 64 68 60 60 64

Dusso..... 12 28 40 44 48 48 60 64 64 68 72 72 60 60 52 52 48 48 44 44 40 44 52

Feli...... 12 20 28 34 41 46 52 60 60 62 65 64 60 60 60 58 58 57 56 64 60 60 63

Geffro.... 10 16 20 28 36 42 48 54 56 55 50 47 51 53 47 44 53 55 56 55 51 48 53

Man....... 16 24 32 40 48 56 64 52 80 68 56 64 56 52 60 64 64 56 60 60 72 60 72

Bon....... 12 24 32 44 52 56 60 64 64 68 76 76 76 76 80 80 80 80 84 88 72 76

Théve..... 8 24 40 52 60 76 76 84 64 72 76 68 72 76 80 82 83 84 84 85 86 87 88

Demi...... 12 20 28 40 48 52 60 64 68 72 72 76 80 80 80 76 76 68 68 72 80 84 84

Mori...... 12 20 24 32 40 44 52 56 52 56 60 56 60 64 60 64 72 64 68 72 68 72 76

Pet....... 12 20 28 36 44 52 56 60 64 68 72 76 80 52 60 56 60 56 48 52 56 58 52

Vasse..... 12 16 20 24 28 32 36 40 44 44 48 52 44 44 44 48 44 44 44 44 44 44 44

Bien...... 12 20 26 30 39 43 51 54 56 62 66 70 74 72 68 64 60 61 56 58 60 56 60

Uhl....... 12 16 24 28 36 40 47 52 52 55 60 60 60 56 56 64 64 68 68 60 68 68 64

Lenor..... 12 20 28 36 44 52 56 60 68 72 72 72 76 76 76 76 76 76 80 80 80 80 82

Metz...... 16 22 28 33 41 46 54 56 62 63 64 65 66 67 68 69 70 71 72 73 74 75 76

Ros....... 12 24 32 44 52 64 68 76 68 80 80 84 92 100 92 96 108 104 112 100 116 108

Obre...... 12 20 28 36 48 56 64 72 84 92 84 96 104 112 104 87 72 95 107 95 91 107 72

Clou...... 12 20 28 40 52 64 71 78 82 90 98 102 106 110 114 114 114 113 114 114 114 114 114

Mulle..... 8 16 24 32 40 48 56 64 72 80 88 96 96 100 104 112 56 60 64 64 68 72 72

Mou....... 12 20 28 36 40 48 52 60 64 68 72 76 80 84 88 92 96 104 108 112 84 95 76

Martin.... 12 16 22 24 30 35 39 44 49 56 59 64 66 72 76 80 83 88 90 84 86 92 79

Vand...... 12 16 24 28 32 44 48 52 56 60 64 68 72 76 80 84 88 92 96 100 104 108 92

Bout...... 12 20 28 36 44 52 60 68 76 80 88 92 96 90 104 108 112 116 120 124 132 136 140

Dié....... 16 24 32 40 48 56 64 68 72 76 80 84 88 92 96 100 104 108 112 116 120 124 128

Poire..... 16 24 32 40 48 56 64 72 80 88 96 104 112 120 128 136 144 152 160 168 176 184 192

Masso..... 12 16 24 32 40 48 52 60 64 68 76 80 84 88 92 96 100 104 108 112 116 120 128

Hube...... 12 16 20 24 28 32 36 40 44 48 52 56 60 64 68 72 76 80 84 88 92 96 100

Tixi...... 20 24 36 36 48 56 64 76 84 92 100 108 116 124 132 140 148 156 164 172 180 184 24

And....... 24 32 40 48 56 64 72 80 88 96 104 112 120 128 136 144 152 160 168 176 184 192 200

Gouje..... 10 12 17 21 25 30 34 42 45 50 58 63 68 74 79 83 87 92 97 100 105 109 116

TABLEAU II. (page de droite)

_Longueurs des lignes marquées successivement par les sujets dans l'expérience II

relative à l'influence d'une idée directrice. Élèves d'école primaire élémentaire_.

NOMS

Des Numéro des lignes

ÉLÈVES 24 25 26 27 28 29 30 31 32 33 34 35 36 37 38 39

Delans....

Nil....... 60 56 56 60 52 52 56 60

Mie.......

Abras..... 72 67 68 68 68 72 68 68 68 72 68 72

Lac....... 60

Matho..... 48 52 48 44 44 60 52 56 60 60 48 72 72 68 68 48

Gesbe.....

March..... 60 52 60 56 60 64 52 56 56 64 56 60

Desva..... 51 54 55 56 60 62 62 63 64 65 65 68 65

Spen...... 54 56 56 58 59 56 48 52 50 52 54 48 44

Bore...... 60 54

Saga...... 44 52 56 58 52 48 52 56 60 52 56

Pet Henri.

Dusso..... 52 48 48 44 48 52 56

Feli......

Geffro.... 49 55 60 55 57 55 60 55 59 61 58 60 55

Man....... 56 60 56 60 56 60 56

Bon.......

Théve..... 92 96 97 98 98 99 100 101 102 103 104

Demi...... 80

Mori...... 72 76 64 68 64 64 68 56 60 56 60 64 64

Pet....... 48 52 48 52 48 48 48 52 49 49 51 52 54

Vasse..... 44

Bien...... 60 48

Uhl....... 64 68 64 68 68 68 68 68 64 56 56 56 56

Lenor..... 84 88 84 84 76 72 68 64 68 72 64 72 68

Metz...... 76 78 78 78 78 78 79 81 81 82 83 82

Ros.......

Obre......104 92 80 56 48 72 80 88 92 96 88 96 103

Clou......115 117 118 119 121 123 124 124 125 126 62 64 67

Mulle..... 76 80 84 88 92 96 100 104 104 108 108 111 112

Mou....... 72 68 60 64 60 68 64 72 60 68 64 68 64

Martin.... 85

Vand......100 104 108 104 100 96 100 108 90 104 112 92 104

Bout......

Dié.......132 136 140 144 148 152 156

Poire.....200 208 212

Masso.....128 132 136 140 144 148 152 156 160 164 168 172 176 180

Hube......104 108 112 120 124 128 130

Tixi...... 40 48 56 64 72 80 88 95 104 112 120 128 136

And.......208 216 224 232 240 248 256 264 272 280 288 296 304

Gouje.....120 126 132 140 145 150

Tableau III.--_Analyse des résultats contenus dans le tableau II.

[Illustration: Tableau03.png]

_NOMS ÂGE CLASSE Col. Col. Col. Col. Col. OBSERVATIONS

Des (4) (5) (6) (7) (8)

ÉLÈVES (Explication au bas du tableau)

......................................................................

Delans. 13 1 43 47 109 8me S.

Mie. 9 2 52 63 121 8me S. Écarts petits;

caractères habituels.

Nil. 10 2 52 65 125 8me S. Id.

Abras. 10 3 66 83 125 7me S. Écarts moyens;

caractères habituels.

Lac. 13 2 44 60 136 11me S.C. Écarts petits.

Math. 10 2 52 72 138 8me D. Périodes séparées de

corrections et de

suggestions.

Gesb. 13 1 52 72 138 9me S. Distances égales.

March. 11 2 55 77 140 13me D. Écarts petits.

Desv. 12 1 51 72 141 13me D. Périodes longues de

suggestions petites,

interrompues par

corrections fortes.

Spen. 13 1 40 67 142 9me C. Courtes périodes

séparées de suggestions

et de corrections;

écarts petits

BOY. 14 1 43 62 144 11me S. Écarts très petits.

Saga. 8 2 40 59 147 6me C. Écarts moyens.

Pet.II. 13 1 51 76 149 10me S. Écarts petits.

Duss. 11 2 48 72 150 13me D. Écarts moyens.

La Suggestibilité · 第 8 / 29 段