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celle de Bulbul faisant ses aveux à la rose bien-aimée.

Cependant, il ne faudrait pas trop mépriser cette pauvre

Ayesha, qui me ressemble tant.»

Pour toute réponse, M~oud-Ben-Ahmed pressa la

[5]jeune esclave sur son coeur. Mais quel fut son étonnement

lorsqu'il vit la figure de Leila s'illuminer, l'escarboucle

magique s'allumer sur son front, et des ailes, semées

d'yeux de paon, se développer sur ses charmantes épaules!

Leila était une péri!

[10]«Je ne suis, mon cher Mahmoud-Ben-Ahmed, ni la

princesse Ayesha, ni Leila l'esclave. Mon véritable nom

est Boudroulboudour. Je suis péri du premier ordre,

comme vous pouvez le voir par mon escarboucle et par

mes ailes. Un soir, passant dans l'air à côté de votre

[15]terrasse, je vous entendis émettre le voeu d'être aimé d'une

péri. Cette ambition me plut; les mortels ignorants,

grossiers et perdus dans les plaisirs terrestres, ne songent

pas à de si rares voluptés. J'ai voulu vous éprouver, et

j'ai pris le déguisement d'Ayesha et de Leila pour voir si

[20]vous sauriez me reconnaître et m'aimer sous cette

enveloppe humaine. Votre coeur a été plus clairvoyant que

votre esprit, et vous avez eu plus de bonté que d'orgueil.

Le dévouement de l'esclave vous l'a fait préférer à la

sultane; c'était là que je vous attendais. Un moment

[25]séduite par la beauté de vos vers, j'ai été sur le point de

me trahir; mais j'avais peur que vous ne fussiez qu'un

poète amoureux seulement de votre imagination et de vos

rimes, et je me suis retirée, affectant un dédain superbe.

Vous avez voulu épouser Leila l'esclave, Boudroulboudour

[20]la péri se charge de la remplacer. Je serai Leila pour tous,

et péri pour vous seul; car je veux votre bonheur, et le

monde ne vous pardonnerait pas de jouir d'une félicité

Contes Français · 第 272 / 396 题